‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 169 sur 205 · DE LA GRANDE ■ ARMÉE · texte numérisé non relu

DE LA GRANDE ■ ARMÉE

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S'il est un document dans lequel le génie de TEmpereur est empreint tout entier, c'est bien celui que nous présentons ici. Écrites sur le champ de bataillei au moment même de la victoire, ces pages brûlantes d'éloquence semblent refléter, en quelque sorte, les inspirations de ce grand maître de l'art. Sous l'apparence d'une simple narration, ne renferment-ils pas souvent les plus hautes leçons de tactique? Et qui oserait écrire aujourd'hui notre histoire, sans consulter, sans étudier ces Bulletins. •

Dictés au moment de l'action, dit une de nos grandes autorités militaires, ces pages devaient se ressentir de la chaleur des combats, et môme de l'exaltation des premières époques ; aussi les a-t-on* accusées d'exagération : mais, en les soumettant à la critique historique, ajoute le général Pelet, en les comparant aux relations des autres temps et des autres gouvernements, on est surpris de leur modération et de leur exactitude.

Ce fut en 1820, que, pour la première fois, on osa réunir ces Bulletins et les publier. On aura peine à croire aujourd'hui de quelles précautions il fallut alors envelopper ce livre. « Maintenant, disait l'éditeur, que l'on va rendre aux régi- » ments des numéros illustrés par vingt ans de travaux, j'ai cru qu'il fallait, » pour l'honneur et pour l'exemple du soldat français , rappeler les titres » authentiques qui ont valu à ces régiments de si glorieux surnoms. J'ai con~ » serve partout le texte et la forme des Bulletins, et je pense ne pouvoir pour » cela encourir aucun blâme. Les braves aiment les braves, de quelque pays )) qu'ils soient : on sait que le grand Henri aimait à voir, parmi ses gardes 9 ce » soldat qui lui avait porté de si rudes coups à la journée d'Àumale. »

Chez un peuple comme le nôtre, vingt années devaient apporter de grandes modifications dans les idées ; aussi les Bulletins , ayant été reproduits en 1840, le nouvel éditeur s'écriait : a L'œuvre que nous publions aujourd'hui, est une 2» œuvre nationale : c'est l'histoire de Napoléon, écrite par lui-même ; c'est cette D grande épopée qui commence à Toulon pour finir à Waterloo ; c'est ce style 1» magique qui électrisait nos soldats au froid sommet des Alpes, et sous le ciel » dévorant de l'Egypte , aux champs d* Austerlitz et sur les bords de la Bérésina. » Ce sont les Bulletins de ces batailles homériques tracés par la main même de 3> celui qui faisait et débisait les royautés; ce sont ces pages, cent fois plus su- 3> blimes, cent fois plus authentiques que tout ce qui a 'été écrit jusqu'à ce » jour. »

Ce que nous nommons proprement les Bulletins de la Grande-Armée , ne commence qu'à la campagne d'Austerlitz. A partir de 1813, ces Bulletins cessent d'être numérotés ; les nouvelles de l'armée sont adressées à l'Impératrice; nous avons dû nous conformer à cette marche adoptée par l'Empereur.

Les trois derniers Bulletins, ayant été interceptés par l'ennemi, ne purent arriver dans la capitale, où, l'on attendait avec tant d'impatience les nouvelles de l'armée. Nous les donnons ici. Ils ont été reproduits d'ailleurs dans VHistoire de la Régence de Marie^Louiee^ un de ces livres, qu'aucune époque, aucune opinion politique ne peuvent excuser.

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