‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 183 sur 205 · BOIXANTE-DIX-SEPTIÈME BULLETIN · texte numérisé non relu

BOIXANTE-DIX-SEPTIÈME BULLETIN

Fanefonf tem» le S9 mai 1807.

Dantzig a capitulé. Cette belle place est en notre pouvoir. Huit cents pièces d'artillerie, des magasins de toute espèce, plus de cinq cent mille quintaux de grains, des caves considérables , do grands approvisionnements de draps et d'épiceries « des

reseoveês deloote espèce pour Farmée, el enfin une place farte du premier ordre appuyant notre gauche, comme Thom appuie notre centre et Prag notre droite ; ce sont les avantages obtenus pendant l'hiver, et qui ont signalé les loisirs de la grande armée : c'est le premier, le plus oeau fruit de la victoire d'Eylau. La rigueur de la saison, la neige, qui a souvent couvert nos tranchées, la gelée qui y ajoute de nouvelles difiicultés, n'ont pas été des obstacles pour nos travaux. Le maréchal L&iebvre a tout bravé. Il a animé d'un même esprit les Saxons, les Polonais, les Badois, et les a fait marcher à son but. Les.difficultes que l'artillerie aeu à vaincre étaient considérables. Cent bouches à feu, cinq à six milliers de poudre, une immense quantité de boulets ont été tirés de Stettin et des places de la Silésie. Il a fallu vaincre bien des difficultés de transport, mais la Yistule a offert on moyen facile et prompt. Les marins de la garde ont fait passer les bateaux sous le ibrt de Graudentz avec leur habileté et leur résolution ordkiaires. Le général Ghasseloup , le général Kirgener , le colonel Lacoste , et en général tous les officiers du génie, ont servi de la manière la plus distinguée. Les sapeurs ont montré une rare intrépidité. Tout le corps d'artillerie, commandé par le général Lariboisière, a soutenu sa réputation. Le 2" régiment d'inranterie légère, le 12« elles troupes de Paris, le général Schramm et le (général Puthod, se sont fait remarquer. Un journal détaillé de ce siège sera rédigé avec soin. Il consacrera un grand nombre de faits de bravoure dignes d'être offerts comme exemples, et faits pour exciter l'enthousiasme et l'admiration.

Le 17, la mine fit sauter un blockhausen de la place d'armes du chemin couvert. Le 19 , la descente et le passage du fossé furent exécutés à sent heures du soir. Le 21, le maréchal Lefeovre ayant tout préparé pour l'assaut, on y montait, lorsque le colonel Lacoste, qui avait été envoyé le matin dans la place pour affaires de service, fit connaître que le général Kalkreoth demandait à capituler aux mêmes conditions qu'il avait autrefois accordées à la garnison de Mayence. On y consentit. Le Hakelsberg aurait été enlevé d'assaut sans une grande perte ; mais le corps de place était encore entier. Un large fossé, rempli d'eau courante, offrait assez de difficultés pour que les assiégés prolongeassent leur défense pendant une quinzaine de jours.

Dans cette situation, il a paru convenable de leur accorder une capitulation honorable.

Le 27, la garnison a défilé, le général Kalkreuth à sa tête. Cette forte garnison , qui d'abord était de sttze mille hommes, est réduite à neuf mille , et sur oe Mmbre

L'EMPIRE

qvaire mille ont déserté. Il y a même des offlciers parmi les déserteurs. « Nous ne voulons pas, disent-ils, aller en Sibérie.» Plusieurs milliers de chevaux d'artillerie nous ont été remis, mais ils sont en fort mauvais état. On dresse en oe moment les inventaires des magasins. Le général Rapp est nommé gouverneur de Dantzig.

Le lieutenant-général russe Kamenski, après avoir été battu le 15, s'était acculé sous les fortifications de \Veisclielmunde; il y est demeuré sans oser rien entreprendre, et il a été spectoteur de la redaition de la place. Lorsqu'il a vu que Ton établissait des batteries à boulets rouges pour brûler ses vaisseaux , il est monte à bord et s'est retiré. Il est retourné à Pillau.

Le fort de Weischelmunde tenait encore.

Le maréchal Lefebvre l'a fait sommer le 26 ; et pendant que l'on réglait la capitulation, la garnison est sortie du fort et s'est rendue. Le commandant, abandonné, s'est sauvé par mer. Ainsi, nous sommes maîtres de la ville et du port de Dantzig. Ces événements sont d'un heureux présage pour la campagne. L'empereur de Russie et le roi de Prusse étaient à Heiiin^enbel. Us ont pu conjecturer de la reddition de la place par la cessation du feu. Le canon s'entendait jusque-là.

L'Empereur, pour témoigner sa satisfaction à l'armée assiégeante, a accordé une gratification à chaque soldat.

Le siège de Graudentz commence sous le commandement du général Victor. Le général Lazowski commande le génie , et le général Danthouard l'artillerie. Graudentz est fort par sa grande quantité de mines. La cavalerie de l'armée est belle. Les divisions de cavalerie légère, deux divisions de cuirassiers et une de dragons , ont été passées en revue à Elbing, le 26, par le fi;rand-ducde Berg. Lemème iour, Sa Majesté s'est rendue à Bischonverder et à Straslburg, où elle a passé en revue la division de cuirassiers d'Hautpoul et la division de dragons du général Grouchy.

Elle a été satisfaite de leur tenue et du bon état des chevaux.

L'ambassadeur de la Porte, Seid-Mohammed-Emen-Vahid , a été présenté le 28, à deux heures après midi , par M. le prince de Bénévent, à l'Empereur, auquel il a remis ses lettres de créance. Il est resté une heure dans le cabinet de Sa Majesté. 11 est logé au château, et occupe l'appartement du grand-duc de Berg , absent pour la revue. On assure que l'Empereur lui a dit que lui et Tempereur Sélim étaient désor* mais inséparables comme la main droite et la main gauche. Toutes les bonnes nouvelies des succès d'Ismaïl et de Valachie venaient d'arriver. Les Russes ont été obligés de lever le siège d'Ismaïl et d'évacuer la Valachie.

SOIXANTEDIX-HUITIÈME BULLETIN.

BeiUbêrg^ U iS/ntii 1807.

Des négociatioùs de paix avaient eu liea pendant tout l'hiver. On avait proposé à la France un congrès général, auquel toutes les puissances beiligârantes auraient été admises , la Turquie seule exceptée. L'Empereur avait été justement révolté d'une telle proposition. Après quelques mois de pourparlers, il fut convenu que toutes les puissances belligérantes, sans exception, enverraient des plénipotentiaires au congrès qui se tiendrait a Copenhague. L'Empereur avait fait connaître que la Turquie étant admise à faire cause commune dans les négociations avec la France , il n'y avait pas d'inconvénient à ce que l'Angleterre fît cause commune avec la Russie. Les ennemis demandèrent aknrs sur quelles bases le congrès aurait à négocier. Ils n'en proposaient aucune, et voulaient cependant que l'Empereur en proposât. L'Empereur ne fit point de difiiculté de déclarer que, selon lui, la base des négociations devait être égalité et réciprocité entre les deux masses belligérantes, et que les deux masses belligérantes entreraient en commun dans un syst^ de compensation.

La modération, la clarté, la promptitude de cette réponse, ne laissèrent aucun doute aux ennemis de la paix sur les dispositions

{pacifiques de TEmpercur. Ils en craignaient es effets ; et au moment même où 1 on répondait qu'il n'y avait plus d'obstacles a l'ouverture du congrès, Vannée sortit de ses cantonnements et vint attaquer l'armée française. Le sang a donc été de nouveau répandu, mais au moins la France en est innocente. Il n'est aucune ouverture pacifique que l'Empereur n'ait écoutée; il n'est aucune proposition à laquelle il ait différé de répondre ; il n'est aucun piège tendu par les fauteurs de la guerre, que sa volonté n'ait écarté. Ils ont inconsidérément fait courir l'armée russe aux armes, quand ils ont vu leurs démarches déjouées, et ces coupables entreprises, que désavouait la justice, ont été confondues. De nouveaux échecs ont été attirés sur les armes de la Russie; de nouveaux trophées ont couronné celles de la France. Rien ne prouve davantage que la passion et des intérêts étrangers a ceux de la Russie et de la Prusse dirigent le cabinet de ces deux puissances, et conduisent leurs braves armées à de nouveaux malheurs, en les forçant à de nouveaux combats : quelle est la circonstance où l'armée russe reprend les hostilités ? c'est quinze jours après que Dantzig s'est rendu ; c'est lorsqu'il ne s'agit plus de faire lever le siège

BULLETINS DE Là 6RANDE-ABMÉE.

de oeboolevart, dont Timportance aurait Justifié toutes les tentatives, et pour la conservation duquel aucun militaire n'aurait été blâmé d*avoir tenté le sort de trois batailles. Ces considérations sont étrangères aux passions qui ont préparé les événements qui viennent de se passer. Empêcher les négociations de s'ouvrir, éloigner deux princes prêts à se rapprocher et à s'entendre, tel est le but qu on s'est proposé. Quel sera le résultat d'une telle démarche ? où est la probabilité du succès ? Toutes ces questions sont indifférentes à ceux qui soufflent la guerre. Que leur importent les malheurs (tes armées russes et prussiennes ? S'ils peuvent prolonger encordes calamités qui pèsent sur l'Europe, leur but est rempli.

Si l'Empereur n'avait eu en vue d'autre intérêt que celui de sa gloire, s'il n'avait fait Œautres calculs que ceux qui étaient relatifs à l'avantage de ses opérations militaires, il aurait ouvert la cam- Kigne immédiatement après la prise de antzig ; et cependant, auoiqu'il n'existât ni trêve ni armistice, il ne s'est occupé que de l'espérance de voir arriver à bien les négociations commencées.

Combat de Spanden.

Le 5 juin, Tarmée nisse se mit en mouvement. Ses divisions de droite attaquèrent la tête de pont de Spanden, que le général Frère défendait avec le âT** régiment d'infanterie léjjère, douze régiments russes et prussiens firent de vains efforts ; sept fois ils les renouvelèrent et sept fois ils furent repoussés. Cependant, le prince de Ponte-Corvo avait réuni son corps d'armée ; mais avant qu'il pût déboucher, une seule charge du i7* de dragons , faite immédiatement après le septième assaut donné à la tête de pont, avait forcé l'ennemi à abandonner le champ de bataille et à battre en retraite. Ainsi, pciidant tout un jour, deux divisions ont attaqué sans succès un régiment qui, à la vérité , était retranché.

Le prince de Ponte-Corvo , visitant en personne les retranchements dans l'intervalle des attaques, pour s'assurer de l'état des batteries, a reçu une blessure légère, gui le tiendra pendant une quinzaine de jours éloigné de son commandement. Notre perte, dans cette affaire, a été peu considérable : l'ennemi a perdu douze cents hommes, et a eu beaucoup de blessés.

ouaient au même moment la lête du pont de Lomitten. La brigade du général Fer* rey, du corps du maréchal Soult , défendait cette position. Le 46% le 57* et le 24* d'infanterie légère repoussèrent l'ennemi pendant toute la journée. Les abattis et les ouvrages restèrent couverts de Russes. Leur général fut tué. La perte de l'ennemi fut de onze cents hommes tués, cent prisonniers et un grand nombre de blessés. Nous avons eu deux cents hommes tués ou

Combat de Lomitten»

Deux divisions russes du centre atla-

Pendant ce temps, le général en chef russe, avec le grand -duc Constantin , la garde impériale russe et trois divisions* attaqua à la fois les positions du maréchal Neysur Altkirken,Amt,Gustadt et Yolfsdorff; il fut partout repoussé ; mais lorsaue le maréchal Ney s'aperçut gue les forces qui lui étaient opposées étaient de plus de quarante mille hommes, il suivit ses instructions , et porta son corps sur Ackendorff.

Combat de Deppen.

Le lendemain 6, l'ennemi attaqua le sixième corps dans sa position de Deppea sur la Passarge. Il y fut culbuté. Les manœuvres du maréchal Ney, l'intrépidité qu'il a montrée et qu'il a communiquée à toutes ses troupes, les talents déployés dans cette circonstance par le général de division Marchand et par les autres officiers généraux, sont dignes des plus grands éloges. L'ennemi, de son propre aveu, a eu dans celte journée deux mille hommes tués et plus de trois mille blessés ; notre perte a été de cent soixante hommes tués, deux cents blessés et deux cent cinquante faits prisonniers. Ceux-ci ont été pour la plupart enlevés par les Cosaques, qui , le matin de l'attagnc, s'étaient portés sur les derrières de 1 armée. Le général Roger ajrant été blessé, est tombé de cheval et a été fait prisonnier dans une charge. Le général de brigade Dutaillis a eu le bras emporté par un boulet.

L'Empereur arriva le 8 à Deppen au camp du maréchal Ney. Il donna sur-lechamp les ordres nécessaires. Le quatrième corps se porta sur Volfsdorff, où, ayant rencontre une division russe de Kamenski, qui rejoignait le corps d'armée, il Tattaqua, lui mit nors de combat quatre ou cinq cents hommes, lui fit cent cinquante prisonniers, et vînt prendre position le soir à Altkirken.

Journée du 9.

Le 9, l'Empereur se porta sur Goatadl

tu

L'EVriBB.

avec les c«^ des nttféeham Ney, Dtf ont et Lanoes, avec sa garde et la cavalerie de réserve ; uae partie de i'arrière-garde ennemie, formant dix mille bomanes de cavalerie et quinze mille hommes dlnfaaterie, prit position à Glottau, et voulut disputer le passage. Le srand-duc de Ber^, après des manœuvres fort habiles, la debusuua successivement de toutes ses positions. Les brigades de cavalerie légère des généraux Pajol, Bruyères et Durosnel, et la division de grosse cavalerie du général Nansouty, triomphèrent de tous les efforts de l'ennemi. Le soir, à huit heures, nous entrâmes de vive force à Gusladt : un miUier de prisonniers, la prise de toutes les positions en avant de Gustadt, et la déroute de rinfanterie ennemie, furent les suites de cette journée. Les régiments de cavalerie de la garde russe ont surtout été très maltraités.

Le 10, Tarmée se dirigea sur Heilsher^. Elle enleva les divers camps de 1 ennemi. Un quart de lieue au-delà de ces camps, rarnère-^arde se montra en position.

Elle avait quinze à dix-huit mille hommes de cavalerie et plusieurs lignes d'infanlerlc. Les cuirassiers de la division d'Espagne, la division de dragons Latour- Maubourg, et les brigades de cavalerie légère, entreprirent différentes charges, et gagnèrent du terrain. A deux heuies, le corps du maréchal Soult se trouva formée Deux divisions marchèrent sur la droite, tandis que la division Legrand marchait sur la gauche pour s'emparer de la pointe d'un bois dont l'occupation était nécessaire, afin d'appuyer la gauche de la cavalerie. Toute Farmée russe se trouvait alors à Heilsberg; elle alimenta ses colonnes d'infanterie et de cavalerie, et fit de nombreux efforts pour se maintenir dans ses positions en avant de cette ville. Plusieurs divisions russes furent mises en déroute , et à neuf heures du soir on se trouva sous les retranchements ennemis. Les fusiliers de la garde, commandés par le général Savary,^ jfurent mis en mouvement pour soutenir la division Sainl-Hilaire, et firent des nrodiges. La division Verdier, du corps u'infanterie de réserve du maréchal Lannes,s'engagea, la nuit étant déjà tombée, et déborda l'ennemi, afin de lui couper le chemin de Landsherg ; elle réussit parfaitement. L'ardeur des troupes était telle, que plusieurs compagnies ci infanterie légère furent insulter les ouvrages retranchés des fossés. Quelques braves trouvèrent la mort dans les fossés des redoutes et au pied

L Empereur passa la journée du 11 sur le champ de bataille. Il y plaça les corps d'armée et les divisions pour donner une bataille qui fût décisive, et telle, qu'elle pAt Mettre fin à la guerre. loute i'année

nuse était réuie. BUe av«l i Beiisberg tous ses magasins; ele occupait une superbe position que la nature avait rendue très rarte, et que l'ennemi avait encore fortifiée par un travail de qualie mois.

À quatre heures après midi , i'Empereir ordonna au maréchal Davout de faire un changement de front par son extrémité de droite, la gauche eu avant ; ce mouvement le porta sur la basse Aile, et intercepta complètement le chemin d'Eylan. Chagoe corps d'armée avait ses postes assignes ; ils étaient tous réunis, hormis le premier corps, qui continuait à manœuvrer sur la basse Passarge. Ainsi les Russes, qai avaient les j^emiers recommencé les hostilités, se trouvaient comme bloqués dans leur camp retranché ; on venait lear présenter la bataille dans la position qu'ils avaient eux-mêmes choisie. On crut longtemps qu'ils attaqueraient dans la journée du il. Au moment où l'araiée française faisait ses dispositions, ils se laissaient voir rangés en cotonnes ao milieu de leurs retranchements, fards de canons.

Mais soit que ces retranchements ne leur parussent pas assez formidables à l'aspect des préparatifs qu'ils voyaient faire devant eux, soit que cette impélaosite qu'avait montrée l'armée française dans la journée du 10, leur en imposât, ils commencèrent, à dix heures du soir, à passer sur ia rive droite de l'Aile, abandonnant tous les pays de la gauche, et laissant à la disposition du vainqueur leurs blessés, leurs magasins et ces retrancliements, fruit d'un travail si long et si i)énible.

Le 12, à ia pointe du jour, tous les corps d'armée s'ébranlèrent, et prirent différentes directions.

Les maisons d'Heilsberg et celles des villages voisins sont remplies de blessés russes.

Le résultat de ces différentes journées, depuis le 5 jusqu'au 12, a été de priver l'armée russe d'environ trente mille combattants. Elle a laissé dans nos mains trois ou quatre mille hommes, sept oa huit drapeaux, et neuf pièces de canon. Au dire des paysans et des prisoimiers, plusieurs des généraux russes les plus marquants ont été tués ou blessés.

Notre perte se monte à six ou sept cents hommes ; deux mille ou deux mille deux cents blessés, deux ou trois cents prisonniers. Le général de division Espagne a été blessé. Le général Roussel, chef de l'état-major de la garde, qui se trouvait au milieu des fusiliers, a eu la tète emportée par un boulet de canon. C'était un officier très distingué.

Le grand-duc de Berg a m deux che-

BULLETINS DE U CRàNDE-àRMÉE.

VMX taés mm loi. M. Ségiir, ud 4e tes «Mes-de-canip, a ea ua bras enoporté.

M. Lameth, aide-<jk»-camp du maréchal Soult» a été bleseé. M. Lagraage, colonel du T*' régiment de càaseevrs à cheval , a été atteint par «ne balle. Dans les rapports détaillés que rédigera i état-major, on fera connaître les traits de bravoure par lesquels se «mt signalés un grand nombre d'officiers et de soldats, et les noms de ceux gui ont été blessés dans la mémorable journée du 10 juin.

On a trouvé dans les magasins d'Heilsberg plusieurs milliers de quintaux de iarine et beaucaq» de deurées de diverses sortes. L'impuissance de Tarmée russe, démontrée par la prise de Dantuff , vient de rètre encore par l'évacuation au camp deHeilsberg; elto Test par sa retraite; elle le sera aune maaière plus éclatante encore^ si les Russes attendent l'armée française: mais dans de si grandes armées, qui exilât vingt-quatre heures pour mettre tous les corps en position, on ne peut avoir que des affaires partielles, lorsqne l'une d'elles n'est pas oisposée a finir bravement la querelle dans ime affaire générale.

Il parattque l'empereur JUexandre avait quitté son armée quelques jours avant la re^se des hostilités : plusieurs personnes prétendent que le parti anglais la éloigné pour qu'il ne fût pas témoin des malheurs qu'entraîne la guerre, et des désastres de son armée, prévus par ceux mêmes qui l'Mit excité a rentrer en campagne. On a craint qu'un si déplorable spectacle ne lui rappelât les véritables intérêts de son pays, ne le fit revenir aux conseils des nommes sages et désintéressés, et ne le ramenât enfin, par les sentiments les plus propres à toucher un souverain, à repousser la funeste influence que la oorruption anglaise exerce autour de lui.

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