‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 184 sur 205 · SOIXANTE-DIX-NEUVIÈMB BULLETIN · texte numérisé non relu

SOIXANTE-DIX-NEUVIÈMB BULLETIN

Wehlau, le 18 juin 1807.

Les oomfaats de Spanden, de Lomitten, les joQcnées de Oustadt et de Heilriierg, n'étaient que èe piiélude de plus grands événements.

Le 12, à quatre heures du matin, l'armée française entra à Heiisberg. Le général Latour-liaubourg, avec sa division de dragons, et les brigades de cavalerie légère des généraux Durosnel et Wattier, poursuivirent l'ennemi sur la rive droite de l'iile, dans la direction de Bartenstein, pendant que les corps d'armée aq mettaient en marche dans différentes directions pour iMboider l'ennemi ettai couper

sa retraite sur Keenigsberg, en arrivant avant lui sur ses magasins. La fortune a souri à ce projet.

Le 12, à cinq heures après midi, TEmpereur porta son quartier-général à Eytau. te n'étaient plus ces champs couverts de neige; c'était le plus beau pays de la nature, entrecoupé de beaux bois, de beaux lacs, et peuple de jolis villages.

Le grand-duc de Berg se porta, le 13, sur KoBntgsberg, avec sa cavalerie: le maréchal Davout marcha derrière pour le soutenir; le maréchal Soult se porta sur Creutzbourg; le maréchal Lannes sur Domnau: les maréchaux Ney et Mortier sur Lampasch.

Cependant le général Latonr-Maubourg écrivait qu'il avait poursuivi l'arrièregarde ennemie ; que les Russes abandonnaient beaucoup de blessés ; qtf'ils avaient évacué Bartenstein, et continuaient leur retraite sur Schippenbeil , par la rive droite de l'Aile. L Empereur se mit sur le champ en marche sur Friedland. H ordonna au grand-duc de Berg, aux maréchaux Soult et Davout, de manœuvrer sur Kœnigsberg ; et avec les corps des maréchaux Ney, Lannes, Mortier, avec la garde impériale et le premier corps commandé parle général Victor, il marcha en personne sur Friedland.

Le 13, le 9° de hussards entra à Friedland; mais il en fut chassé par trois mille hommes de cavalerie.

Le li, rennemi déboucha sur le pont de Friedland. A trois heures du matin, des coups de canon se firent entendre. « C'est » un jour de bonheur, dit l'Empereur ; c'est » l'anniversaire de Marengo. »

Les maréchaux Lannes et Mortier furent les premiers engagés ; ils étaient soutenus par la division de dragons du général Grouchy, et par les cuirassiers du général Nansouty. Différents mouvementSj différentes actions eurent lieu. L'ennemi fut contenu, et ne put pas dépasser le village de Posthenem. Croyant qu'il n'avait devant lui qu'un corps de quinze mille hommes, l'ennemi continua son mouvement pour ^ler sur Kœnigsberg. Dans cette occasion, les dragons et les cuirassiers français et saxons firent les plus beHes charges, et prirent quatre pièces de canon à l'ennemi.

A cinq heures du soir, les différents corps d'armée étaient à leur place. A la droite, le maréchal Ney; au centre, le maréchal Lannes; à la gauche, le maréchal Mortier; à la réserve, Je corps du général Victor et la garde.

La cavalerie, sous les ordres du général Orouchy , soutenait la eauche. La division de dragons du général Latour- Maubourg était en réserve derrière la dr<Hte; la division^ général Lahoussaye

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LVIPIIB.

avac ]6i c«^des ntféehanxNey, Daront et Lannes, avec sa garde et la cavalerie de résenre ; une partie de rarrîère-garde ennemie, forsaot dix mille hommes de caralerie et guinie milie hoiiHiies d*infaaterie, prit position à Glottau, et vonitti disputer le passage. Le grand-doc de Ber(^, après des manœuvres lort habiles, la debasqua siioeessivemeat de toutes ses positions. Les brigades de cavalerie légère des généraux Pajol, Bruyères et Durosnel, et la division de grosse cavalerie du général Nansouty, trioinpIièreBt de tous les efforts de l'ennemi. Le soir, à huit heures, nous entrimes de vive force à Gustadt : un millier de prisonniers, la prise de toutes les positions en avant de Gustadt, et la déroute de rintanterie ennemie, furent les suites de cette journée. Les régiments de cavalerie de la garde russe ont surtout élë très maltraités.

Le 10, Tarmée se dirigea sur Heilsberg. Elle enleva les divers camps de lennemi. Un quart de lieue au-delà de ces camps, i'arrière-prde se montra en position.

£Ue avait quinze à dix-huit mille hommes de cavalerie et plusieurs lignes d infanterie. Les cuirassiers de la division d'Espagne, la division de dragons Latour- Maubourg, et les brigades de cavalerie légère, enlreprirent différeutes charges, et gagnèrent du terrain. A deux heures, le corps du maréchal SouU se trouva formé. Deux divisions marchèrent sur la droite, tandis que la division Logrand marchait sur la jçauchc pour s'emparer de la |M)inte d'un bois dont Toccupation était nécessaire, aûn d'appuyer la gauche de la cavalerie. Toute 1 armée russe se trouvait alors à Heilsl>exg; elle alimenta ses colonnes d'infanterie et de cavalerie, (H fit de nombreux efforts pour se maintenir dans ses positions en avant de cette ville. Plusieurs divisions russes furent mises en déroute , et à neuf heures du soir on se trouva sous les retranchements ennemis. Les fusiliers de la garde, commandés par le général Savary,^ furent mis en mouvement pour soutenir la division Saint-IIîlaire, et firent des nrodiges. La division Verdier, du corps ainfanlerie de réserve du maréchal Lannes,s'engagea, la nuit étant dcyà tombée, et déborda Tennemi, afin de lui couper le chemin de Landshcrg ; elle réussit parfaitenant. L*ardeur des troupes élait telle, que plusieurs compagnies (îinfaulerie légère furent insulter les ouvrages retranchés des fossés. Quelques braves trouvèrent la mort dans les fossés des rcilontcs et au pied des palissades.

L Empereur passa la journée du 11 sur le champ de bataille. Il y plaça les corps d'armée et les divisions pour donner une | bataille qui fût décisive, et telle, qu'elle | I^Mltreinà la guêtre. loute r«rmée 1

nuse était lémie. lUe 9,rwi à Beibberg tous ses magasifts; nie oocni|iaM une superbe position q«e la nature avait rendue très rarte, et que Tenneiu avait encore inlifiée par un travail de quitvn mois.

À quatre heures après nidi , l'Empereur ordonna au maréchal Davout de faire un changement de front par son exirémité de droite, la gauche en avant; ce mouvement le porta sur la basse Aile, et intercepta complètement le chemin d'Eylau. Chaque corps d'armée avait ses postes assignes ; ils étaient tous réunis, hormis le premier corps, qui contiouait à manœuvrer aur la basse Pasaarge. Ainsi les Russes, qui avaient les premiers reoonuneMé les hostilités, se trouvaient comme bloqués dans leur camp retranché ; on venait leur présenter la bataille dans la position qu'ils avaient eux-mêmes cheiaie. On crut longtemps qu'ils attaqueraient dans la journée du il. Au moment ou Tarmée française faisait ses dispositions , ils se laissaient voir rangés en coAonnes au milieu de leurs retrancnements, fards de canons.

Mais soit que ces retranchements ne leur parussent pas assez formidables à J'aspect des préparatifs qu'ils voyaient faire devant eux, soit que cette impétuosité qu'avait montrée l'armée française dans la journée du 10, leur en imposât, ils commencèrent, à dix heures du soir, à passer sur la rive droite de l'Aile, abandonnant tous les pays de la gauche, et laissant à la disposition du vainqueur leurs blessés, leurs magasins et ces retranclioments, fruit d'un travail si long et si pénible.

Le 12, ô la pointe du jour, tous les corps d'armée s'ébranlèrent, et prirent différentes directions.

Les maisons d'Heilsberg et celles des villages voisins sont remplies de blessés russes.

Le résultat de ces différentes journées , depuis le 5 jusqu'au 12, a été de priver l'armée russe d'environ trente miHe combattants. Elle a laissé dans nos mains trois ou quatre mille hommes, sept ou huit drapeaux, et neuf pièces de canon. Au dire des paysans et des prisonniers, plusieurs des généraux russes les plus marquants ont été tués ou blessés.

Notre perle se monte à six ou sept cents hommes ; deux mille ou deux mille deux cents blessés, deux ou trois cents prisonniers. Le général de division Espagne a été blessé. Le général Roussel, chef de rélat-major de la garde, qui se trouvait au milieu des fusiliers, a eu la tète emportée par un boulet de canon. C'était un officier très distingué.

Le graâhlac de Berg a eu dsux ehe<-

BULLETINS D8 hk GRàNDE-ARMÉË.

VMX taés «m lai. M. Ségnr, ud et let aidesHte-camp, a ea ua bras emporté.

M. LaflMtb, aide^de-<;amp du maréchal Souli, a été blessé. M« Lagrange, cokmel du V régimeat de obassevre à cheval , a été attéiot par lue balle. Dans les rappcMTts détaillés que rédigera letat-major, oa fera connaitre les traits de bravoure par lesquels se eoui signalés un grand nombre d'officiers et de soldats, et les noms de ceux gui ont été blessés dans la mémorable journée du 10 juin.

On a trouvé dans les magasins d'Heîlsberg plusieurs milliers de quintaux de farine et beaucoq» de denrées de diverses sortes. L'impuissance de l'armée russe, démontrée par la prise de DanUig , vient de Fèire encore paur l'évacuaiion du camp de Heilsberg; elfe Test par sa retraite; elle le sera d'une manière plus éclatante encore, si les Russes attendent l'armée française: mais dans de si grandes armées, qui exilât vingt-quatre heures pour mettre tous les corps en position, on ne peut avoir que des aiEaires partielles, lorsque Tune d'elles n'est pas disposée à inir bravement la querelle dans iine affaire généntle.

Il parait que rempoeur Alexandre avait quitté son année quelques jours avant la remise des hostilités : plusieurs personnes piétendem que le parti anglais la éloigné pour qu'il ne fût pas témoin des malheurs qu'entraîne la guerre, et des désastres de son année, prévus par ceux mêmes qui TiNit excité a rentrer en campagne. On a craint qu'un si déplorable spectacle ne lui rappelât les véritables intérêts de son pays, ne le fit revenir aux conseils des nommes sages et désintéressés, et ne le ramenât enfin, par les sentiments les plus propres à toucher un souverain, à repousser la funeste influence que la corruption anglaise exerce autour de lui.

SOIXâNTE-DIX-NëUVIÈM E BULLETIN

WeMau, le 18 juin 1807.

Les combats de Spanden, de Lomitten, les journées de Gustadt et de Heilriierg, n'étaient que èe prélude de plus grands événements.

Le 12, à quatre heures du matin, Tarnée française entra à Heilsberg. Le général Latour-liaubonrg, avec sa division de dragons, et les brigades de cavalerie légère des généraux Durosnd et Watlier, poursuivirent l'ennemi sur la rive droite de l'iile, dans la direction de Bartenstein, pendant que les corps d'année se mettaient en marche dans différentes direclions pour 46bonler l'ennemi et tai couper

sa retraite sur Keenigsberg, en arrivant avant lui sur ses magasins. La fortune a souri à ce projet.

Le IS, à cinq heures après midi, l'Empereur |>orta son quartier-général à Eytau. te n'étaient plus ces champs couverts de neige; c'était le plus beau pays de la nature, entrecoupé de beaux bois, de beaux lacs, et peuple de jolis villages.

Le grand-duc de Berg se porta, le 13, sur Koesiigsberg , avec sa cavalerie: le maréchal Davout marcha derrière pour le soutenir; le maréchal Soultse porta sur Creutzbourg; le maréchal Lannes mr Doinnau: les maréchaux Ney et Mortier sur Lampasch.

Cependant le général Latour-Maubonrg écrivait qu'il avait poursuivi l'arrièregarde ennemie; que les Russes abandonnaient beaucoup de blessés; qu'ils avaient évacué Bartenstein, et continuaient leur retraite sur Schippenbeii , par la rive droite de l'Aile. L Empereur se mit sur le champ en marche sur Friediand. 11 ordonna au grand-duc de Berg, aux maréchaux Souitei Davout, de manœuvrer sur Kœnigsberg; et avec les corps des maréchaux Ney, Lannes, Mortier, avec la garde impériale et le premier corps commandé parle général Victor, il marcha en personne sur Friediand.

Le 13; le 9" de hussards entra à Friediand; mais il en fut chassé par trois mille hommes de cavalerie.

Le li, l'ennemi déboucha sur le pont de Friediand. A trois heures du matin, des coups de canon se firent entendre. « C'est » un jour de bonheur, dit TEmpereur ; c'est » Tanniversaire de Marcngo. »

Les maréchaux Lannes et Mortier furent les premiers engagés; ils étaient soutenus par la division de dragons du général Grouchy, et par les cuirassiers du général Nansouty. UiflTérents mouvements, ifférentes actions eurent lieu. L'ennemi fut contenu, et ne put pas dépasser le village de Posthenem. Croyant qu'il n'avait devant lui qu^un corps de quinze mille hommes, l'ennemi continua son mouvement pour filer sur Kœnigsberg. Dans cette occasion, les dragons et les cuirassiers français et saxons firent les plus beHcs charges, et prirent quatre pièces de canon à l'ennemi.

A cinq heures du soir, les différents corps d'armée étaient à leur place. A la droite, le maréchal Ney; au centre, le maréchal Lannes; à la gauche , le maréchal Mortier; à la réserve, Je corps du général Victor et la garde.

La cavalerie, sous les ordres du général Grouchy , soutenait la ^uche. La division de dragons du général Latour- Maubourg était en réserve derrière la dnNte; la division^ général Lahoussaye

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