‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 186 sur 205 · NM · texte numérisé non relu

NM

Le général m chef Bennigsm à S. Exe, le prince Bagration.

Mon Prince,

Après les flots de sang qui ont coulé ces jours derniers dans les combats aussi meurtriers que souvent répétés, je désirerais soulager les maux de cette guerre destructive, en proposant un armistice, avant que d'entrer dans une lutte, dans une guerre nouvelle, peut-être encore plus terrible que la première. Je vous prie, mou Prince, de faire connaître aux dieCs de l'armée française cette intention de naa part, dont les suites pourraient peut-être avoir des effets d'autant plus salutaires, qu'il est déjà question d'un congrès général, et pourraient prévenir une effusion inutile (le sang humain. Vous voudrez bien ensuite me faire parvenir les résultats de votre démarche, et me croire, avec la considération la plus distinguée.

Mon Prince,

De Votre Excellence, Le très humble et très obéissant serviteur,

Signé, 6. BsirifresKif.

NMI.

Monsieur le Général, M. le Général commandant en chef vient de m'adresser une lettre relativement aux ordres que Son Excellence a reçu de S, M. l'Empereur, en me chargeant de vous faire part do son contenu. Je ne crois pas pouvoir mieux répondre à ses intentions, qu'en vous la faisant tenir en original. Je vous prie en même temps de me faire parvenir votre réponse, et d'agréer l'assurance de la considération distinguée avec laquelle j'ai l'honneur d'être, Monsieur le Général,

Votre très humble et très obéissant serviteur,

Signée BA«nATi<Hf.

Le 6-18 juin.

BULLETINS Dl U GRANDE-ARMfiE.

QVATRE-YINGT-VNIÈMS FOLIETIN.

A la journée d'Heilsberg, le grandklac de Berg passa snr la ligne de la troisiènH; division de cuirassiers, an moment où le 6' régiment de cuirassiers venait de faire une charge. Le cotonel d'Avenay, commandant ce régiment, son sabre dégouttant de sang, lai dit : « Prince, faites la revne démon régiment, vous verrez qn'ii n'est ancun soldat dont le sabre ne soit comme le mien. >

Les colonels Golbert, du 7« de hussards, Lery, du 5', se sont fait également remarquer par la plus brillante intrépidité. Le colonel Borde-Soult , du 2i* de cnasseurs, a été blessé. M. Gueheneuc, aide-de-camp du maréchal Lannes, a été blessé d'une balle au bras.

Les généraux aides-de*campde VEmpereur , Reille et Bertrand , ont rendu des services importants, (-es officiers d'ordonnance de 1 Empereur, Bongars, Montesquioy, Labiffe, ont mérité des éloges pour leur conduite.

Les aides-de-camp du prince de Nenchàtel, Louis de Pérlgord, capitaine, et Pire, chef d'escadron, se sont fait remarquer.

Le colonel Gurial, commandant les fusiliers de la garde, a été nommé général de brigade.

Le général de division Dupas, commandant une division sous les ordres du maréchal Mortier, a rendu d'importants services à la bataille de Friedland.

Les fils des sénateurs Périguon, Clément de Ris et Garran de Goulon , sont morts avec honneur sur le champ de bataille.

Le maréchal Ney s^étant porté à Gumbinnen , a arrêté quelques parcs d'artillerie ennemie, beaucoup de convois de blessés, et fait un grand nombre de prisonniers.

QUATRE-VINGT-DEUXIÈME BULLETIN

TiltiU, U^jw'niSVT.

En conséquence de la proposition qui a été faite par le commandant de Tarmée russe, un armistice a été conclu dans les termes suivants :

ARMTSTIGB.

S. M. l'Empereur des Français, etc., etc., et S. M. l'empereur de Russie, voulant mettre un terme à la guerre qui divise les deux nations, et conclure, en attendant, un annisticey on! nommé et moni de leurs

|Mb8 pouvoirs, savoir: d'une part, le prince ae Neuchâtd, major-général de ia Grande-Armée; et de Pautre, le lieutenant-général prince Labanoff de Rostow, chevalier des ordres de Sainte -Anne, grand'croix. e(c. , lesquels sont convenus des dispositions suivantes :

Art. 1*". Il y aura armistice entre l'armée française et l'armée russe , afin de pouvoir, dans cet intervalle, négocier, conclure et signer une paix qui mette fin à une effusion de sang si contraire à l'humanité. -

H. Celle des deux parties contractantes qui voudra rompre l'armistice, ce que Dieu ne veuille, sera tenue de prévenir au quartier-général de Pautre amiée; et ce ne sera qu'après un mois de la date des notifications que les hostilités pourront reconunencer.

IIL L'armée française et Parmée prussienne concluront un armistice sépare ; et à cet effet des officiers seront nommés de part et d'autre. Pendant ks quatre ou cinq jours nécessaires à la conclusion <faidit armistice, Parmée française ne commettra aucune hostilité contre Parmée prussienne.

IV. Les limites de Parmée française et de Parmée russe, pendant le temps de Parmistice, seront depuis le Currisch-Haff, le Thalweg du Niémen ; et en remontant la rive gauche de ce fleuve jusqu'à Tembouchure de Lorasna à Schaim, et montant cette rivière jusqu'à Pembouchure du Bobra, suivant ce ruisseau par Bogari, Lipsk, Stabin, Dolistowo, Goniondz et Wizna jusqu'à l'embouchure du Bobra dans la Narew: et de là remontant la rive gauche de la Narew par Tykoczyn, Suras-Narew , jusqu'à la frontière de la Prusse et de la Russie : la limite dans le Frisch-Neirung sera à Nidden.

y. s. M. PEmpereur des Français et S. M. Pempereur de Russie nommeront, dans le plus court délai, des plénipotentiaires munis des pouvoirs nécessaires pour négocier, conclure et signer la paix définitive entre ces deux grandes et puissantes nations.

YI. Des commissaires seront nommés de part et d'autre , à l'effet de procéder sur-le-champ à l'échange, grade par grade, et homme par honmie, des prisonniers de guerre.

YII. L'échange des ratifications du présent armistice sera fait au quartier-général de Parmée russe dans quarante-huit hélires, et plus tôt, si faire se peut.

Fait à Tilsitt, le 21 juin.

Signé, h prince de Ntuckâtel, mmriehai,

Alexandre Bbithieb ; Le prince Labanoff de Rostow.

LUMPIIE.

L'année françaue occupe tout le Thalweg (hi Niémen ; de sorte qu'il ne reste eus au roi de Prasse que la peUto ville et terhloiredeMemel.

Proclamation de S. M. VEmpereur et Roi à la Grandes-Armée.

Soldats!

Le 5 jain nous avons été attaaués dans nos cantonnements par Tarmee russe.

L'ennemi s'est mépris sur les ciatuses de notr^ inactivité. Il s'est aperçu trop tard que notre repos était celui du lion : il se repent de l'avoir troublé.

Dans les journées de Gustadt, de Heilsberg, dans celle à jamais mémorable de FriedTand, dans dix jours de campagnes enfin, nous avons pris cent vin^ Ëièces de canon, sept drapeaux; tue, lessé ou fait prisonniers soixante mille Russes, enlevé à l'armée ennemie tous ses magasins, ses hôpitaux, ses ambulances ; la place de Kœnigsberg, les trois cents bâtiments qui étaient dans ce port, chargés de toute espèce de munitions; cent soixante mille fusils que l'Angleterre envovait pour armer nos ennemis.

Des bords de la Yistule, nous sommes arrivés sur ceux du Niémen avec la rapidité de raijg;le. Vous célébrâtes à Austerlitz Tanniversaire du couronnement ; vous avez cette année dignement célébré celui de la bataille de Marengo , qui mit fin à la guerre de la seconde coalition.

Français ! vous avez été dignes de vous et de moi. Vous rentrerez en France couverts de tous vos lauriers, et après avoir obtenu une paix glorieuse qui porte avec elle la garantie de sa durée* II est temps que notre patrie vive en repos, à l'abri de la maligne influence de l'Angleterre. Mes bienfaits vous prouveront ma reconnaissance et toute retendue de Tamour que Je vous porte.

Au camp impérial de Tilsitt , le 22 juin

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