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L'BMPIBB«
et 8'60t emparé da pont. Le général Bertrand s'est porté snr les ponts de Wartenbourg et s'en est empare. Le prince de la Moskowa s'est porte sar la ville de Dessau , il a rencontré ane division prussienne ; le général Delmas Ta culbuté, et loi a pris trois mille bommes et six pièces de canon.
Plusieurs courriers du cabinet, entre autres le sieur Kraft, avec des dépèches de haute importance, ont été pris.
Après s'être ainsi emparé de tous les ponts de Tennemi, le projet de l'Empereur était de passer TElbe, de manœuvrer sur la rive droite, depuis Hambourg jusqu'à Dresde; de menacer Potsdam et Berlin, et de prendre pour centre d'opération Magdebour^, qui. dans ce dessein, avait été approvisionne en munitions de guerre et de bouche. Mais le 13, l'Empereur apprit à Deïben que l'armée bavaroise était réunie à l'armée autrichienne et menaçait le Bas-Rhin. Cette inconcevable défection fit prévoir la défection d'autres princes, et fit prendre à TEmpereur le parti de retourner sur le Rhin ; changement fâcheux, puisque tout avait été préparé pour opérer sur Magdebourg, mais il aurait fallu rester séparé et sans communication avec la France pendant un mois; ce n'avait pas d'inconvénient au moment où l'Empereur avait arrêté ses projets; il n'en était plus de même lorsque 'Autriche allait se trouver avoir deux nouvelles armées disponibles : l'armée bavaroise et Tarmée opposée à la Bavière.
L*£mpereur changea donc, ces circonstances imprévues, et porta son quartier-général a Leipsig.
Cependant le roi de Naples, qui était resté en observation à Freyberg, avait reçu le 7 l'ordre de faire un changement de front, et de se porter sur Gernig et Frohbours, opérant sur Wurzen et Wittemberg. Une division autrichienne, qui occupait Augustusbourg, rendant difficile ce mouvement, le roi reçut l'ordre de l'attaquer, la défit, lui prit plusieurs bataillons, et aprè» cela opéra sa eonversion à droite. Cependant la droite de l'armée ennemie de Bohème , composée du corps russe de Wittgenstein, s'était portée sur Altenbourg, à la nouvelle du changement de front du roi de Naples. Elle se porta sur Frohbourg, et ensuite par la gauche sur Borna, se plaçant entre le roi de Naples et Leipsig. Le roi n'hésita pas sur la manœuvre qu'il devait faire; il fit volte-face, marcha sur l'ennemi, le culbuta, lui prit neuf pièces de canon, un millier de prisonniers, et le jeta au-delà de l'Elster, après lui avoir fait éprouver une perte de quatre à cinq mille hommes.
Le 15, la position de l'armée était la suivante :
Le quartier-^néral de l'Empereur était à Reidnitz, à une demi^leue de Leipsig.
Le quatrième corps, commandé par le général Bertrand, était au village de Lindenau.
1^ sixième corps était à Libenthal.
Le roi de Naples, avec les deuxième, huitième et cinquième corps, avait sa droite à Délits et sa gauche à Liberwolkowitz.
Les troisième et septième corps étaient en marche d'Eulenbourg pour flanquer le sixième corps.
La grande armée autrichienne de Bohème avait le corps de Giulay vis-à-vis Lindenau; un corps à Zwenckau, et le reste de l'armée, la gauche appuyée à Grobern et la droite à Naumdorf.
Les ponts de Wurzen et d'Eulenbourg sur la Mulde, et la position deTaucha sur la Partha , étaient occupés par dos troupes. Tout annonçait une grande bataille.
Le résultat de nos divers mouvements dans ces six jours, a été cinq mille prisonniers, plusieurs pièces de canon, et beaucoup de mal fait à l'ennemi. Le prince Poniatowski s'est, dans ces circonstances;, couvert de gloire.
S. M. rintpératricc-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation de l'armée, le 16 octobre au soir :
Le 15, le prince de Schwarzenberg, commandant l'armée ennemie, annonça à l'ordre du jour, que le lendemain 16 il y aurait une bataille générale et décisive.
EfTeclivemcnt le 16 , h neuf heures du matin, la grande armée alliée déboucha sur nous. Elle opérait constamment pour s'étendre sur sa droite On vit d'abord tniis gnissos colonnes se porter, l'une le long de la rivière de l'Elster , contre le village de Dœlitz ; la seconde contre le village de Wachau, et la troisième contre r -elui de Liberwolkowitz. Ces trois colonnes étaient précédées par deux œnts pièces de canon.
L'Empereur fit aussitôt ses dispositions.
A dix heures, la canonnade était des plus fortes, et à onze heures les deux armées étaient engagées aux villages de Dœlitz, Wachau et Liberwolkowitz. Ces villages furent attaqués six à sept fois; l'ennemi fut constamment repoussé et couvrit les avenues de ses cadavres. Le comte Lauriston. avec le cinquième corps, défendait le village de gauche (Liberswc^kowitz); le prince Poniatowski, avec ses braves Polonais, défendait le village de droite (Dœlitz), et le duc de Bellune défendait Wachau.
A midi, la sixième attaque de l'ennemi avait été repoussée , nous étions maîtres des trois villaji;es, et nous avions fait deux mille prisonniers.
BULLETINS DELA GEANDE-ARMËE.
A pea prto au même moment, le duc de
Tarente dâ)Ouchait par Holzhausen, se
I)ortant sur une redoute de 1 ennemi , que e général Charpentier enleva au pas de char^çe, en s'emparant de l'artillene et faisant quelques prisonniers.
Le moment parut décisif.
L'Empereur ordonna au duc de Re^gio de se porter sur Wachau avec deux divisions de la jeune garde. Il ordonna également au duc de Trévise de se porter sur Liberswolkowitz avec deux autres divisions de la jeune garde, et de s'emparer d'un grand bois qui est sur la gauche du village. En même temps, il fit avancer sur le centre une batterie de cent cinquante
Bièces de canon, qi^e dirigea le général rouot.
L'ensemble de ces dispositions eut le succès qu'on en attendait. L'artillerie ennemie s'éloigna. L'ennemi se relira, et le <3hamp de bataille nous resta en entier.
Il était trois heures après midi. Toutes les troupes de Tennemi avaient été enga-
Sées. Il eut recours à sa réserve. Le comte e Merfeld, qui lommandait en chef la réserve autrichienm^ releva avec six divisions toutes les troupes sur toutes les attaques, et la garde impériale russe , qui formait la réserve de Tarmée russe, les releva au centre.
La cavalerie de la garde russe et les cuirassiers autrichiens se précipitèrent par leur gauche sur notre droite, s emparèrent de Dœlilz et vinrent caracoler autour des carrés du duc de Bellune.
Le roi de Naples marcha avec les cuirassiers de Latour-Maubourg, et chargea la cavalerie ennemie par la gauche do Wachau, dans le temps que la cavalerie polonaise et les dragons de la garde, commandés par le général Letort, chargeaient par la droite. La cavalerie ennemie fut défaite ; deux régiments entiers restèrent sur le champ de bataille. Le général Letort fît trois cents prisonniers russes et autrichiens. Le général Latour-Maubourg prit quelques centaines d'hommes de la gar« le russe.
L'Empereur fit sur le champ avancer la division Gurial de la garde , pour renforcer le prince Poniatowski. Le général Curial se porta au village de Dœlitz, l'attaqna, à la baïonnette, le prit sans coup férir , et fit douze cents prisonniers , parmi lesquels s'est trouvé le général en chef Merfeld.
Les affaires ainsi rétablies à notre droite, Tennemi se mit en retraite, et le champ de bataille ne nous l'ut pas disputé.
Les pièces de la réserve de la garde, que commandait le général Drouot, étaient avec les tirailleurs; la cavalerie ennemie vint les charger. Les canonniers rangèrent en carré leurs pièces, qu'ils avaient
eu la précaution de charger à mHrailte, et tirèrent avec tant d'agilité, qu'en un instant l'ennemi fut repoussé. Sur ces entrefaites, la cavalerie française s'avança pour soutenir ces batteries.'
Le général Maison, commandant une division du cinquième corps, officier de la plus grande distinction, fut blessé. Le général Latour-Maubourg, commandant la cavalerie, eut la cuisse emportée d'un boulet. Pïotre perte dans cette journée a été de deux mille cinq cents hommes , tant tués que blessés. Ce n'est pas exagérer que de
Sorter celle de l'ennemi à vingt-cinq mille ommes.
On ne saurait trop faire l'éloge do la conduite du comte Lauriston et du prince Poniatowski dans cette journée. Pour donner il ce dernier une preuve de sa satisfaction, l'Empereur Ta nommé sur le champ de bataille maréchal de France , et a accordé un grand nombre de décorations aux régiments de son corps.
Le général Bertrand était en même temps attaqué au villa<re de Lindenau par les généraux Giulay, Thielmann et Lichtenstein. On déploya de part et d'autre une cinquantaine de pièces de canon. Le combat dura six heures sans que l'ennemi pût gagner un pouC'O de terrain. A cinq heures (iu soir, le général Bertrand décida la victoire en faisant une charge avec sa réserve, et non seulement il rendit vains les projets de l'ennemi, qui voulait s'emparer des ponts de Lindenau et des faubourgs de Leipsig, mais encore il le contraignit à évacuer son champ de bataille.
Sur la droite de la Partha, à une lieue de Leipsig, et à peu près à quatre lieues du champ de bataille, où se trouvait l'Empereur, le duc de Raguse fut engagé. Par une de ces circonstances fatales, qui influent souvent sur les affaires les plus importantes, le troisième corps, qui devait soutenir le duc de Raguse, n'entendant rien de ce côté, à dix heures du matin, et entendant au contraire une effroyable canonnade du côté où se trouvait l'Empereur, crut bien faire de s'y porter, et perdit ainsi sa journée en marches. Le duc du Raguse, fîvré à ses propres forces, défendit Leipsig et soutint sa position, pendant toute la journée, mais il éprouva des pertes, qui n'ont point été compensées par celles qu'il a fait éprouver à l'ennemi, quelque grandes qu'elles fussent. Des bataillons de canonniers de la marine se sont faiblement comportés. Les généraux Compans et Frederichs ont été blessés. Le soir, le duc de Raguse, légèrement blessé lui-môme, a été obligé de resserrer.sa position sur la Partha. Il a dû abandonner dans ce mouvement plusieurs pièces dé-> ^lontées et plusieurs voitures.
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LtMflBk.
S. If. nmpérAtrioe-Beine 6t Régente a reça les nouvelles suivantes sur la situation de Tannée, le 24 octobre :
La bataille de Wachau avait déconcerté tous les projets de 1 ennemi ; mais son armée était tellement nombreuse» qu'il avait encore des ressources. Il rappela en toute hAte, dans la nuit, les corps qu'il avait laissés sur sa ligne d'opération et les divisions restées sur la Saale ; et il pressa la marthc du général Bennigsen, qui arrivait avec quarante mille hommes.
Après Je mouvement de retraite qu'il avait fait le 16 au soir et pendant la nuit, l'ennemi occupa une belle position à deux lieues en arrière. Il fallut employer la journée du 1 7 à le reconnaître et a bien déterminer le point d'attaque. Cette journée était d'ailleurs nécessaire pour faire venir les parcs de réserve et remplacer les quatre-vingt mille coups de canon qui avaient été consommés dans la bataille.
L'ennemi eut donc le temps de rassembler se§ troupes qu'il avait disséminées lorsqu'il se livrait à des projets chimériques, et de recevoir les renforts qu'il attendait.
Ayant eu avis de l'arrivée de ces renforts , et ayant reconnu que la position de l'ennemi était très forte , l'Empereur résolut de l'attirer sur un autre terrain. Le 18, à deux heures du matin, il se rapprocha de Leipsij; de deux lieues et plaça son armée, la droite à Connewitz, le centre à Probstheide, la gauche à Stœttcritz , en se plaçant do sa personne au moulin de Ta.
De son côlé, le prince de la Moskowa avait placé ses troupes vis-à-vis rarmée de Silesie, sur la Parlha : le sixième corps à Schœnfeld, et le troisième et le septième le long de la Partha à Neutsch et à Teckla. Le duc (le Padoue , avec le général Dombrowski, gardait la position et le faubourg de I^ipsig, sur la route de Halle.
A trois heures du matin, TEmpercur était au village de Lindenau. Il ordonna au général fiertrand de se porter sur Lutzen et Weissenfels, de balayer la plaine et de s'assurer des débouchés sUr la Saale et de la communication avec Erfurl, Les troupes légères de Tennemi se dispersèrent ; et a midi, le général Bertrand était maître de Weissenfels et du pont sur la Saale.
Ayant ainsi assuré ses communications, l'Empereur attendit de pied ferme l'ennemi.
A neuf heures, les coureurs annoncèrent qu'il marchait sur toute la ligne. A dix heures, la canonnade s'engagea.
Le prince Poniatowski et le général Lcfol défendaient le pont do Connewitz.
Le roi de Naples, avec le deuxième corps, était à Probstlicide , et le duc de Tarenle a Holzhausen.
Tous les efforts de l'ennemi, {tendant la journée, contre Connewitz et Probstbeide»
échouèrent. Le due de Tareiite Ibt débordé à Holzhausen. L'Empereur ordonna qu'il se plaçât au village de Stœtteritz. La canonnade fut terrible. Le duc de Castiçlioue, qui défendait un bois sur le centre, s y soutint toute la journée.
La vieille garde était rangée en réserve sur une élévation, formant quatre grosses colonnes dirigées sur les quatre principaux points d'attaque.
Le duc de Heggio fut envoyé pour soutenir le prince Poniatowski, et le duc de Trévise pour garder les. débouchés de la ville de Leipsig.
Le succès de la bataille était dans le village de Probsthcide. L'ennemi l'attaqua quatre fois avec des forces considérables ; quatre fois il fut repoussé avec une grande perle.
A cinq heures du soir. l'Empereur fil avancer ses réserves d'artillerie, et reploya tout le feu de l'ennemi, aui s'éloigna a une lieue du champ de bataille.
Pendant ce temps, 1 armée de Silésie attaqua le faubourg de Halle. Ses attaques, renouvelées un grand nombre de fois dans la journée, échouèrent toutes. Elle essaya, avec la plus grande partie de ses forces, de passer la Partha à Schœnfeld et à Saint- Teckla. Trois fois, elle parvint à se placer sur la rive gauche, et trois fois le prince de la Moskowa la chassa et la cnibuta à la baïonnette.
A trois heures après midi, la victoire était pour nous de ce côlé contre l'armée de Silésie, comme du côté où était l'Empereur contre la grande armée. Mais, en ce moment, 1 armée saxone, infanterie, cavalerie et artillerie, et la cavalerie wiirteinbergeoise, passèrent tout entières à l'enuemi. Il ne resta de l'armée saxonne que le général Zeschau, qui la commandait en chef, et cinq cents hommes. Cette trahison, non seule.ncnt mit du vide dans nos lignes, mais livra à Tennemi le débouché important confié à l'armée saxonne, qui poussa l'infamie au point de tourner sur -le-cbamp ses quarante pièces de canon contre la division Durutte. Un moment le désordre s'ensuivit; fennemi passa la Partha et marcha sur Reidnitz, dont il s'empara : il ne se trouvait plus qu'à une demi-lieue de Leipsig.
L Empereur envoya sa garde à cheval, commandée par le çenéral Nansouty • avec vingt pièces d'artillerie, afin de prendre en flanc les troupes qui s'avançaient le long de la Partha pour attaquer i.eipsig. Il se porta lui-même, avec une division de la garde, au village de Reidnitz. La promptitude (le ces mouvements rétablit l'ordre, le village fut repris, et l'ennemi pousse fort loin.
Le champ de bataille resta en entier en notre pouvoir, et rarmée française resta
BULLETINS DE Là GRANDE-ARMÊE.
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yictorieiuie aui: champs de Leijpsig, comme elle avait été aux champs de Wachau.
A la nait, le feu de nos canons avait, sur tous les points, repoussé à une lieue du champ de hataiile le feo de l'ennemi .
ÎA généraux de division Vial et Rochambeau sont morts glorieusement. Notre perte, dans cette Journée, peut s'évaluer à quatre mille tués et blessés ; celle de Ten- Bemi doit avoir été extrêmement considérable. Il ne nous a fait aucun prisonnier, et nous loi avons pris cinq cent-s hommes.
A six heures du soir. l'Empereur ordonna les dispositions pour la journée du lendemain. Mais à sept heures, les généraux Sorbier et Dulauloy, commandant Tartillerie de l'armée et de la garde, vinrent à son bivouac lui rendre compte des consommations de la journée : on avait tiré quatrevingt-quinse mille coups de canon; ils dirent que les réserves étaient épuisées, qu'il ne restait pas plus de seize mille coups de canon ; que cela suffisait à peine pour entretenir le feu pendant deux heures, et qu'ensuite on serait sans munitions pour les événements ultérieurs ; que l'armée, depuis cinq jours , avait tiré plus de deux cent vingt mille coups de canon, et qu'on ne pourrait se réapprovisionner qu'à Magdebourg ou à Erfurt.
Cet état de choses rendait nécessaire un prompt mouvement sur un de nos deux grands dépôts : l'Empereur se décida pour Erfurt, par la même raison qui l'avait décidé à venir sur Leipsig, pour être à portée d'apprécier l'influence delà défection de la Bavière.
L'Empereur donna sur*Ie-cbamp les ordres pour que les baga^s, les parcs, Tar- Ullerie passassent les défilés de Lindenau : il donna le même ordre à la cavalerie et à différents corps d'armée ; et il vint dans les faubourgs de Leipsig, à l'hôtel dePrusse, oà il arriva à neuf heures du soir.
Celte circonstance obligea Tarmée française à renoncer aux fruits des deux victoires où elle avait, avec tant de i^loire, battu des troupes de beaucoup supérieures eu nombre el les armées de tout le continent.
Mais ce mouvement n'était pas sans difficulté. De Leipsig à Lindenau, il y a un défilé de deux lieues, traversé par cinq ou six ponts. On proposa de mettre six mire hommes et soixante pièces de canon dans la ville de Leipsig, qui a des remparts, d'occuper cette ville comme tête de défilé, et d'incendier ses vastes faubourgs, afin d'empêcher l'ennemi de s'y loger, et de donner jeu à notre artillerie placée sur les remparts.
Quelque odieuse que fût la trahison de l'armée saxonne, l'Empereur ne put se résoudre à détruire une des belles villes de l'AHMUgnet i la livrer à tous les gmres
de désordre inséparables d'une telle défense, et cela sous les yeux du roi, qui, depuis Dresde, avait voulu accompagner l'Empereur, et qui était si vivement affligé de la conduite de son armée. L'Empereur aima mieux s'exposer à perdre quelques centaines de voitures, que d'adopter ce parti barbare.
A la pointe du jour, tous les parcs, les bagages, toute l'artillerie, la cavalerie^ la garde et les deux tiers de l'armée avaient passé le défilé.
Le duc de Tarente et le prince Poniatowski furent charités de garder les faubourgs, de les défendre assez de temps pour laisser tout déboucher, et d'exécuter euxmêmes le passage du défilé vers onze
Le magistrat de Leipsig envoya, à six heures du matin, une deputation au prince de Schwartzemberg, pour lui demander de ne pas rendre la ville le théâtre d'un combat qui entraînerait sa ruine.
A neuf heures, l'Empereur monta à cheval, entra dans Leipsig et alla voir le roi. Il a laissé ce prince mattre de faire ce qu'il voudrait, et de ne pas quitter ses États, en les laissant exposés à cet esprit do sédition qu'on avait fomenté parmi les soldats. Un bataillon saxon avait été formé à Dresde, et joint à la Jeune garde. L'Empereur le fit ranger à Leipsig, devant le palais du roi,
rur lui servir ue garde et pour le mettre l'abri du premier mouvement de Tennemi.
Une demi-iieure après, l'Empereur se rendit à Lindenau, pour y attendre l'évacuation, de Leipsig, et voir les dernières troupes passer les ponts avant de se mettre en marche.
Cependant l'ennemi ne tarda pas à apprendre que la plus grande partie de l'armée avait évacué Leipsig, et qu'il n'y restait qu'une forte arriere-garde. Il attaqua vivement le duc de Tarente et le prince Poniatowski ; il fut plusieurs fois repoussé; et, tout en défendant les faubourgs, notre arrière garde opéra sa retraite. Mais les Saxons, restés dans la ville, tirèrent aur nos troupes de dessus les remparts ; ce qui obligea d'accélérer la retraiCs et mit un peu do désordre.
L'Empereur avait ordonné au génie de pratiquer des fougasses sous le grand pont qui est entre Leipsig et Lindenau, afin de le faire sauter au dernier moment; de retarder ainsi la marche de Tennemi, et de laisser le temps aux bagages de filer. Le ffénéral Dulauloy avait chargé le colonel Montfort de cette opération. Ce colonel, au lieu de rester sur les lieux pour la diriger et pour donner le signal, ordonna à un caporal et à quatre sapeurs de faire sauter le pont aussitôt que l'ennemi se présenterait. Le caporal, homme sans Intel-
LTMPIBE.
Ugenoe, et oompreniiit mal sa mimon, entendant les premiers coups de fusils tirés des remparts de la ville, mit le feu aux fougasses, et fit sauter le pont: une partie de Farmée était encore de l'autre côté, avec un parc de quatre-vingts bouches à feu et de quelques centaines de voitures.
La tète de cette partie de Tannée, qui arrivait au pont, le voyant sauter, crut
Su'il était au pouvoir de l'ennemi. Un cri 'épouvante se propagea de rang en rang: L'ennemi est sur nos derrières, et les ponts sont coupés I — Ces malheureux se deban* dèrent et cherchèrent à se sauver. Le duc de Tarente passa la rivière à la nage ; le comte Lauriston, moins heureux, se noya; le prince Poniatowski, monté sur un cheval fougueux, s'élança dans Teau et n'a plus reparu. L'Empereur n'apprit ce désastre, que lorsqu'il n'était plus temps d'y remédier; aucun remède même n'eut été possible. Le colonel Montfort et le caporal des sapeurs sont traduits à un conseil de guerre.
On ne peut encore évaluer les pertes occasionnées par ce malheureux événement :
mais on les porte, par approximation, à douze mille hommes, et a plusieurs centaines de voitures. Les désordres qu'il a portés dans l'armée ont changé la situation des choses : Farmée française victorieuse arrive à Erfurt comme y arriverait une armée battue. Il est impossible de peindre les rejB;rets que Farmee a donnés au prince Poniatowski , au comte Lauriston et à tous les braves qui ont péri par la suite de ce funeste événement.
On n'a pas de nouvelles du général Reynier ; on ignore s'il a été pris ou tué. On se figurera facilement la profonde douleur de FEmpereur, qui voit, par un oubli de ses prudentes dispositions, s'évanouir les résultats de tant de fatigues et de travaux.
Le 19, FEmpereur a couché à Markranstaedt; le duc de Reggio était resté à Lindenau.
Le 20, l'Empereur a passé la Saale à
Le IL Farmée a passé FUnstrut à Freybourg; le général Bertrand a pris position sur les hauteurs de Goesen.
Le 22, FEmpereur a couché au village d'Ollendorf.
Le 23, il est arrivé à Erfurt.
L'ennemi, qui avait été consterné des batailles du i6 et du 18, a repris, par le désastre du 19, du courage et de l'ascendant de la victoire. L'armée française, après de si brillants succès, a perdu son attitude victorieuse.
Nous avons trouvé à Erfurt, en vivres, munitions, habits, souliers, tout ce dont Farmée pouvait avoir besoin.
Extrait du Moniteur du ^Dendredi 5 notembre iSid.
S. M. FImpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de Farmée, en date du 3i octobre :
Les deux régiments de cuirassiers du roi de Saxe, faisant partie du premier corps de cavalerie, étaient restés avec Farmée française. Lorsque FEmpereur eut quitté Leipsig, il les y renvoya pour servir de garde au roi.
Lorsqu'on fut certain de la défection de la Bavière, un bataillon bavarois était encore avec l'armée.
L'Empereur est parti d'Erfiirt le 25.
Notre armée a opéré tranquillement mm mouvement sur le Mein. Arrivée ks 29 à Geinhausen, on aperçut un corps ennemi de cinq à six mille hommes, cavalerie. Infanterie et artillerie, qu'on sut par les prisonniers être l'avant-garde de Farmée autrichienne et bavaroise. Cette avantsarde fut poussée et obligée de se retirer. On rétablit promptement le pont que Feanemi avait coupe. On apprit aussi par les prisonniers que Farmée autrichienne H bavaroise, annoncée forte de soixante à soixante-dix mille hommes, venant de Braunau, était arrivée à Hanau, et prétendait barrer le chemin à Farmée française.
Le 29 au soir, les tirailleurs de l'avantgarde ennemie furent poussés au-delà du villag^e de Langensebolde ; et à sept heures du soir, FEmpereur et son quartier-général étaient dans ce village au château d*lsseubourg.
Le lendemain 30, à neuf heures du matin, l'Empereur monta à cheval. Le duc de Tarente se porta en avant avec cinq mille tirailleurs, sous les ordres du général Charpentier. La cavalerie du général Sebastiani. la division delà garde, commandée par le général Priant, et la cavalerie de la vieille garde, suivirent ; le reste de Farmée était en arrière d'une marche.
L'ennemi avait placé six bataUkms an village de Ruchingen, afin de couper tontes les routes qui pouvaient conduire sor le Rhin. Quelques coups de mitrûlte et une charge de cavalerie firent reculer précipitamment ces batailtons.
Arrivés sur la lisière du bois, à deux lieues de lianau, Ihs tirailleurs ne tardèrent pas à sengager. L'ennemi fut acculé dans le bois jusqu'au point de jonction de la vieille et de la nouvelle route. Ne pouvant rien opposer à la supériorité de notre infanterie, il essaya de tirer parti de son grand nombre, il étendit le feu sur sa droite. Une brigade de deux mille tirailleurs du deuxième corps, commandée par le général Dnbreton, lut engagée poor le
contenir; et le général Sébastian! fit exécuter avec succès, dans Téclairci du bois, plusieurs charges sur les tirailleurs ennemis. Nos cinq mille tirailleurs continrent ainsi toute 1 armée ennemie, en eagnant insensiblement du temps, jusqua trois heures de l'après-midi.
L'artillerie étant arrivée, l'Empereur ordonna au général Curial de se porter au pas (ie charge sur l'ennemi avec deux bataillons de cnasseurs de la vieille jjarde, et de le culbuter au-delà du débouche; au général Drouot de déboucher sur-rle-champ avec cinquante pièces de canon ; au général Nansouty, avec tout le Corps du généra] Sébastian! et la cavalerie de la vieille ^arde, de charger vigoureusement Tenneihi dans la plaine.
Toutes ces dispositions furent exécutées exactement..
Le générai Curial culbuta plusieurs bataillons ennemis. Au seul aspect de la vieille garde, les Autrichiens et les Bavarois fuirent épouvantés.
Quinze pièces de canon, et successivement jusqu'à cinquante, furent placées en batterie avec l'activité et l'intrépide sang-froid qui distinguent le général Drouot. Le général Nansouty se porta sur la droite de ces batteries et nt charger dix mille hommes de cavalerie ennnemie par le général Levèque, major de la vieille garde, par la division de cuirassiers Saint-Germain, et successivement par les
frenadiers et les dragons de la garde, butes ces charges eurent ie plus heureux résultat. La cavalerie ennemie fut culbutée et sabrée: plusieurs carrés d'infanterie furent enfoncés; le régiment autrichien Jordis et les huians du prince de Schwarzenberg ont été entièrement détruits. L'ennemi abandonna précipitamment le chemin de Francfort qu'il barrait, et tout le terrain qu'occupait sa gauche. Il se mit en retraite et bientôt après en complète déroute.
Il était cinq heures. Les ennemis firent un effort sur leur droite pour dégager leur gauche et donner le temps à celle-ci de se reployer. Le général Priant envoya deux bataillons de la vieille garde à une ferme située sur le vieux chemin de Hanau. L'ennemi en fut promptement débusqué et sa droite fut obligée de plier et de se mettre en retraite. Avant six heures du soir, il repassa en déroute la petite rivière de la Kintzig.
La victoire fut complète.
L'ennemi, gui prétendait barrer tout le
lays, fut obligé aévacuer le chemin de
Yancfort et de Hanau.
Nous avons fait six mille prisonniers et pris plusieurs drapeaux et plusieurs pièces de canon. L'ennemi a eu six généraux tués ou blessés. Sa perte a été d'environ
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dix mille hommes tués^ blessés ou prisonniers. La nôtre n'est que de quatre à cinq cents hommes tués ou blesses. Nous n'avons eu d'engagés que cinq mille tirailleurs, quatre bataillons de la vieille garde, et à peu près quatre-vinsts escadrons de cavalerie et cent vingt pièces de canon.
A la pointe du jour, le 31, l'ennemi s'est retiré, se dirigeant sur Aschaffenbourg.
L'Empereur a continué son mouvement, et à trois heures après midi. Sa Majesté était à Francfort.
Les drapeaux pris à cette bataille et ceux qui ont été pris aux batailles de Wachau et de Leipsig, sont partis pour Paris.
Les cuirassiers, les Grenadiers à cheval, les dragons, ont fait de brillantes charges. Deux escadrons de gardes-d'honneur du 3*^ régiment, commandées par le major Saluces, se sont spécialement distingués, et font présumer ce qu'on doit attendre de ce corps au printemps prochain, lorsqu'il sera parfaitement organisé et instruit.
Le général d'artillerie de Tarmée, Nourrit, et le général Devaux, major d'artillerie de la garde, ont mérité drètre distin- §ués ; le général Lefort, major des dragons e la garde, quoique blessé à la bataille de Wachau , a voulu charger à la tête de son régiment, et a eu son cheval tué.
Le 51 au soir, le grand quartier-général était à Francfort.
Le duc de Trévise, avec deux divisions de la jeune garde et le premier corps de cavalerie, était à Gelnhausen. Le duc de Reggio arrivait à Francfort.
Le comte Bertrand et ie duc de Raguse étaient à Hanau.
Le général Sébastiani était sur la Nidda.
Extrait du Moniteur du lundis no-vembre 1813.
S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de l^rmée, en date du 3 novembre :
Le 30 octobre, dans le moment où se livrait la bataille de Hanau, ie général Lefôvre-Desnoueltes, à la tête de sa division de cavalerie et du cinquième corps de cavalerie, commandé par le général Milhaud, flanquait toute la droite de l'armée, du côté (Je Brucknœbel et de Nieder- Issengheim. Il se trouva en présence d'un corps de cavalerie russe et alliée, de six à sept mille hommes : le combat s'engagea ; plusieurs charges eurent lieu, toutes à notre avantage ; et ce corps ennemi formé par la réunion de deux ou trois partisans, futromnu et vivement poursuivi. Nous lui avons fait cent cinquante prisonniers mon*
L^nmio.
léi. Moire fMrM M d'une «>itâiitaiBe d'hoRunes bleesés.
Le lendemain de la bataille de Hanau, Tennemi était en pleine retraite ; rEmpepereor ne TDolut point le ponrauivre, 1 armée 0e trouvant fatiguée, et Sa Majesté, bien loin d'y attacher quelque importance, ne pouvant voir qu'avec regret la destruction <le quatre à cinq mille Bavarois, qui aurait été le résultat de cette poursuitié. Sa Majesté se contenta donc de faire poursuivre légèrement Tarrière-garde ennemie, et laissa le général Bertrand sur la rive droite de la Kintzig.
Vers les trois neures de raprès*midl, l'ennemi sachant que l'armée avait filé, revint sur ses pas, espérant avoir quelque avantag;e sur le corps du général Bertrand. Les divisions Morand et Guilleminot lui laissèrent faire ses préparatifs pour le passage de la Kintzig ; et quand il l'eut passée, marchèrent à lui à la baïonnette, et le culbutèrent dans la rivière, où la plus grande [lartie de ses gens se noyèrent. L'ennemi a perdu trois mille hommes dans cette circonstance.
Le général bavarois de Wrede, commandant en chef de cette armée, a été mortellement blessé, et on a remarqué que tous les parents qu'il avait dans l'armée ont péri dans la bataille de Hanau, entre autres son (^dre, le prince d'Oettingen.
Une division bavaroise-autrichienne est entrée le 50 octobre, à midi, à Francfort; mais à l'approche des coureurs de l'armée française, elle s'est retirée sur la rive gauche du Mein, après avoir coupé le pont.'
Le t novembre , l'arrière-garde française a évacué Francfort, et s'est portée surlaNidda.
Le même jour, à cinq heures du malin, l'Empereur est entré à Mayence.
On suppose, dans le public, que le général de Wrede a été Vauleur et l'agent principal.de la défection de la Bavière. Ce général avait été comblé des bienfaits de FEmpereur.
Extrait du Moniteur du mercredi iQ novembre 1813.
S. M. rimpéralricc-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de rarmce> en date du 7 novembre :
Le duc de Tarenle était à Cologne, où il organise une armée pour la défense du Bas-Rhin.
Le duc de Raguse était à Mayence.
Le duc de Belluoe était à Strasbourg.
Le duc de Valmy était allé prendre à Metz le commandement de toutes les réserves.
Le comte Bertrand, aveotequaMm corps ^ composé de quatre divisions uia« ianlerie et d'une division de cavalerie, et fort de quarante mille hommes, occuMit la rive droite en avant de CasseL Soi quartier-général était à Hocheim. Depuis quatre jours, on travaillait à un camp retranché sur les hauteurs à une lieue en avant de Cassel. Plusieurs ouvrages étaiest tracés et fort avancés.
Tout le reste de Tannée avait pasa6 le Rhin.
Sa Majesté avait signé, le 7, la réorgik nisation de l'armée et la nomination à toutes les places vacantes.
L'avani-garde, commandée par lecoiale Bertrand, n'avait pas encore vu d'ioiiBterie ennemie, mais seulement quelquoi troupes de cavalerie ^îère.
Toutes les places du Rhin s'armaient et s'approvisionnaient avec la plus grande activité.
Les gardes nationales récemment levées se rendaient de tous côtés dans les plaoes pour en former la garnison et laisser l'armée disponible.
Le général Dulauloy avait réorganisé les deux cents sept bouches à feu de la garde. Le général Sorbier était occupé à réorganiser cent batteries à pied et à cheval, et à réparer la perte de chevau qu'avait éprouve^ rartillerie de Tannée.
On croyait que Sa Majesté ne tarderait pas à se rendre à Paris.
Extrait du Moniteur deê vendredi 21, samedi :2?, dimanche 25, mardi 25 H jeudi 26 janvier i814.