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et 8'60t emparé da pont. Le général Bertrand s'est porté sur les ponts de Warten> bourg et s*en est empare. Le prince de la Moskowa s'est porté sur la ville de Dessau , il a rencontré une division prussienne ; le général Delmas Ta culbuté, et loi a pris trois mille bommes et six pièces de canon.
Plusieurs courriers du cabinet, entre autres le sieur Kraft, avec des dépècbes de baQte importance, ont été pris.
Après s*ètre ainsi emparé de tous les ponts de Tennemi, le projet de l'Empereur était de passer l'Elbe, de manœuvrer sur la rive droite, depuis Hambourg jusqu'à Dresde; de menacer Potsdam et Berlin, et de prendre pour centre d'opération Magdebour^, qui. dans ce dessein, avait été approvisionne en munitions de guerre et de bouche. Mais le 13, l'Empereur apprit à Deïben que l'armée bavaroise était réunie à l'armée autrichienne et menaçait le Bas-Rhin. Cette inconcevable défection fit prévoir la défection d'autres princes, et fit prendre à TEmpereur le parti de retourner sur le Rhin ; changement fâcheux, puisque tout avait été préparé pour opérer sur Magdebonrg, mais il aurait fallu rester séparé et sans communication avec la France pendant un mois; ce n'avait pas d'inconvénient au moment où l'Empereur avait arrêté ses projets; il n'en était plus de même lorsque l'Autriche allait se trouver avoir deux nouvelles armées disponibles : l'armée bavaroise et Tarmée opposée à la Bavière.
L*£mpereur changea donc, ces circonstances imprévues, et porta son quartier-gé« néral a Leipsig.
Cependant le roi de Naples, qui était resté en observation à Freyberg, avait reçu le 7 l'ordre de faire un changement de front, et de se porter sur Gernig et Frohbours, opérant sur Wurzen et Wittember^. Une division autrichienne, qui occupait Augustusbourg, rendant difficile ce mouvement, le roi reçut l'ordre de l'attaquer, la défit, lui prit plusieurs bataillons, et après cela opéra sa eonversion à droite. Cependant la droite de l'armée ennemie de Bohème , composée du corps russe de Wittgenstein, s'était portée sur Altenbourg, à la nouvelle du changement de front du roi de Naples. Elle se porta sur Frohbourg, et ensuite par la gauche sur Borna, se plaçant entre le roi de Naples et Leipsig. Le roi n'hésita pas sur la manœuvre qu'il (tovait faire ; il fit volte-face, marcha sur l'ennemi, le culbuta, lui prit neuf pièces de canon, un millier de prisonniers, et le jeta au-delà de l'Eister, après lui avoir lait éprouver une perte de quatre à cinq mille hommes.
Le 15, la position de l'armée était la suivante :
Le quartier-général de l'Empereur était à Reionitz, à une demi^ieue de Leipsig.
Le quatrième corps, commandé par le général Bertrand, était au village de Lindenau.
U sixième corps était à Libenthal.
Le roi de Naples, avec les deuxième, huitième et cinquième corps, avait sa droite à Dolits et sa gauche à Liberwolkowitz.
Les troisième et septième corps étaient en marche d'Eulenbourg pour flanquer le sixième corps.
La grande armée autrichienne de Bohème avait le corps de Giulay vis-à-vis Lindenau ; un corps à Zwenckau, et le reste de l'armée , la gauche appuyée à Grobern et la droite à Naumdorf.
Les ponts de Wurzen et d'Eulenboorg sur la Mulde, et la position deTaucha sor la Partha , étaient occupés par nos troupes. Tout annonçait une grande bataille.
Le résultat de nos divers mouvements dans ces six jours, a été cinq mille prisonniers, plusieurs pièces de canon, et beaucoup de mal fait a l'ennemi. Le prinœ Poniatowski s'est, dans ces circonstances, couvert de gloire.
S. M. rintpératricc-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation de l'armée, le 16 octobre au soir:
Le 15, le prince de Schwarzenberg, commandant 1 armée ennemie, annonça à l'ordre du jour, que le lendemain 16 il y aurait une bataille générale et décisive.
Effectivement le 16 , ;i neuf heures di matin, la grande armée alliée déboodia sur nous. Elle opérait constamment poor s'étendre sur sa droite. On vit d'abord b>is grt»sscs colonnes se porter , l'une le long de la rivière de l'Eister , contre le villa^ de Dœlitz ; la seconde contre le villa^ de Wachau, et la troisième contre r-elui de Liberwolkowitz. Ces trois colonnes étaient précédées par deux œnts pièces de canon.
L'Empereur fit aussitôt ses dis|)ositions.
A dix heures, la canonnade était des plus fortes, et à onze heures les deux armées étaient engagées siux villages de D<^ litz, Wachau et Liberwolkowitz. Ces villages furent attaqués six à sept fois; l'en;nemi fut constamment repoussé et couvrit les avenues de ses cadavres. Le comte Lauriston. avec le cinquième corps, défendait le village de gauche (Liberswolkowitz); le prince Poniatowski, avec ses braves Polonais, défendait le village de droite (Dœlitz), et le duc de Bellune défendait Wachau.
A midi, la sixième attaque de l'ennemi avait été repoussée , nous étions maîtres des trois villaji;es, et nous avions faitdeot mille prisonniers.
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A pea près au môme moment, le duc de Tarente débouchait par Holzhauseu, se portant sur une redoute de 1 ennemi , que le général Charpentier enleva au pas de charge, en s'emparant de l'artillerie et faisant quelques prisonniers.
Le moment parut décisif.
L'Empereur ordonna au duc de Reggio de se porter sur Wachau avec deux divisions de la jeune garde. Il ordonna également au duc de Trévise de se porter sur Liberswolkowitz avec deux autres divisions de la jeune garde, et de s'emparer d'un grand bois qui est sur la gaucne du village. £n même temps, il fit avancer sur le centre une batterie de cent cinquante
Eiëces de canon, qi^e dirigea le général touot.
L'ensemble de ces dispositions eut le succès qu'on en attendait. L'artillerie ennemie s'éloigna. L'ennemi se retira, et le ohamp de bataille nous resta en entier.
Il était trois heures après midi. Toutes les troupes de Fennemi avaient été enga-
§ées. Il eut recours à sa réserve. Le comte e Merfeld, qui commandait en chef la réserve aulrichienm:, releva avec six divisions toutes les troupes sur toutes les attaques, et la garde impériale russe, qui formait la réserve de l'armée russe, les releva au centre.
La cavalerie de la garde russe et les cuirassiers autrichiens se précipitèrent par leur gauche sur notre droite, s emparèrent de D(Blil7. et vinrent caracoler autour des carrés du duc de Bellune.
Le rot de Naples marcha avec les cuirassiers de Latour-Maubourg, et chargea la cavalerie ennemie par la gauche do Wachau, dans le temps que la cavalerie polonaise et les dragons de la garde, commandés par le général Lelort, chargeaient par la droite. La cavalerie ennemie fut défaite ; deux régiments entiers restèrent sur le champ de bataille. Le général Letort fit trois cents prisonniers russes et autrichiens. Le général Latour-Maubourg prit quelques centaines d'hommes de la gar le russe.
L'Empereur fit sur le champ avancer la division Gurial de la garde , pour renforcer le prince Poaiatowski. Le général (!urial se porta au village de Dœlitz, l'attaq^ua à la baïonnette, le prit sans coup férir , et fit douze cents prisonniers , parmi lesquels s'est trouvé le général en chef Merfeld.
Les affaires ainsi rétablies à notre droite, l'ennemi se mit en retraite, et le champ de bataille ne nous fut pas disputé.
Les pièces de la réserve de la ^arde, que commandait le général Drouot, étaient avec les tirailleurs; la cavalerie ennemie vint les charger. Les canonniers rangèrent en carré leurs pièces, qu'ils avaient
eu la précaution de charger à mitraille, et
tirèrent avec tant d'agilité, qu'en un instant l'ennemi fut repoussé. Sur ces entrefaites, la cavalerie française s'avança pour soutenir ces batteries.
Le général Maison, commandant une division du cinquième corps, officier de la plus grande distinction, fut blessé. Le général Latour-Maubourg, commandant la cavalerie, eut la cuisse emportée d'un boulet. Pïotre perte dans cette journée a été de deux mille cinq cents hommes , tant tués que blessés. Ce n'est pas exagérer que de
Eorter celle de l'ennemi à vingt-cinq mille ommes.
On ne saurait trop faire l'éloge de la conduite du comte Lauriston et du prince Poniatowski dans cette journée. Pour donner à ce dernier une preuve de sa satisfaction,' l'Empereur Ta nommé sur le champ de bataille maréchal de France, et a ac* cordé un grand nombre de décorations aux régiments de son corps.
Le général Bertrand était en même temps attaqué au villa<re de Lindenau par les généraux Giulay, Thidmann et Lichtenstein. On déploya de part et d'autre une cinquantaine de pièces de canon. Le combat dura six heures sans que l'ennemi pût gagner un pouc-e de terrain. A cinq heures (lu soir, le général Bertrand décida la victoire en faisant une charge avec sa réserve, et non seulement il rendit vains les projets de l'ennemi, qui voulait s'emparer (les ponts de Lindenau et des fanbourg[s de Leipsig, mais encore il le contraignit à évacuer son champ de bataille.
Sur Ja droite de la Parlha, à une lieue de Leipsig, et à peu près à quatre lieues du champ de bataille, où se trouvait l'Empureur, le duc de Raguse fut engagé. Par une de ces circonstances fatales, qui influent souvent sur les affaires les plus importantes, le troisième corps, qui devait soutenir le duc de Raguse, n'entendant rien de ce côté, à dix heures du matin, et entendant au contraire une effroyable canonnade du côté où se trouvait l'Empereur, crut bien faire de s'y porter, et perdit ainsi sa Journée en marches. Le duc do Raguse, livré à ses propres forces, défendit Leipsig et soutint sa position, pendant toute la journée, mais il éprouva ues pertes, qui n'ont point été compensées par celles qu'il a fait éprouver à l'ennemi, quelque grandes qu'elles fussent. Des bataillons de canonniers de la marine se sont faiblement comportés. Les généraux Gompans et Frederichs ont été blessa. Le soir, le duc de Raguse, légèrement blessé lui-même, a été obligé de resserrer.sa position sur la Partha. Il a dû abandonner dans ce mouvement plusieurs pièces démontées et plusieurs voitures.