FRONTIÈRES D ESPAGNE
Lord Wellington annonçaU partootui' loir forcer les passages de la Nive et d? TAdonr, oerner la place do lay<miie,d maa^ier sur Bordeaux ; il a échoué atièrement dans son projk: les eonbaisfi ont eu lieu depuis le 9 jusqu'au iZàétàt bre ont été à son désavantage; il a « plus de quinze mille tiûiaaies norsàscoibat, notre perte n'a pas été du q«ait U consternation est dans Tannée angbi»
Lord WeiUngton borne ses prétentiois «1 fait travailler k retrancher toutes lesptflies de sa ligne.
Le 20 décembre , une gamismi mvbreose occupait Bayonne ; trois énàm de Tarmée, sous les ordres du géiinl Reille, occupaient les eampa r(itraBcfa8s,ci terminaient les travaux ; fe général (^êsel se portait rapidement, avec trois ai» très divisions, sur la rive gauche à ^ Bidousse par Peyrhorade; un corps M»
breux couvrait les rives de FAdouretèb Bidousse. Le duc de Aalmatie porta n* quartier<général à Peyrhorade , pour H^ plus à portée de diriger des mouvcMis sur le flanc droit de Pennemi.
Pendant les derniers jours de décenbit.
la position des Anglais devint de pitts v pins critique : le manque de vivres ^wsait sentir; ses convois, battus partatefpôte, venaient échouer sur la côte das litlies; nos délachemcnls recueillaienl dcsar-
BULLETINS DB LA CHIANDE-ÂaMtiE.
gaiflODft éd bœab, de salûioiiB, d'habiUements ; on fit même à Rayonne des distribâtions de foin comprime et envoyé d'Angleterre dans des caisses.
La position qu'avait prise le ^éral iClaosâ inquiétait lord Wellington ; il craignait poar la sûreté de ses postes de Saintlean-oe-Laz , son quartier-généraL 11 fit attaquer Saint- JeaurPied-de-Port; mais il ftil repoussé. Le général Harispe avait pris le commandement de notre extrême gauche, organisé la levée des Basques, et chaque jour il dispersait les fourrageurs ennemis.
Le 1" janvier, un d^chemoit anglais 86 présenta avec du canon sur la rive gauche de TAdour , devant l'Ile de Broc; il fut de suite repoussé et contraint d'abandonner le rivage avec perte.
Le duc de Dîlmatie, assuré de la bonne défense de Bayonne et de T Adour , fit placer le général Clausel derrière la Jojeuse. Le 5 janvier, on chassa de la Bastide de Clarenœ un régiment anglais. Le général Paris se |M>rta en face de Booloc, ou rennemi avait on fort détachement. Les journées des 4 et S( janvier se passèrent assez tranquillement en manœuvres; notre cavalerie légère, pleine d'ardeur, fit quelques prisonniers et inquiéta beaucoup 1 ennemi. Lord Wellingtfm était accouru de Saint- Jean-de-Luz ; il ne laissait devant Bayonne et l'Adour que quelques détachements; sa ligne se forma sur Uasparens.
Le 6, il déploya vingt miDe hommes ; et à trois heures après midi il fit attaquer un bataillon de la sixième division, placé en avant de la Bastide de Clarenœ comme avant-poste. Ce bataillon se repioya avec ordre; les deoi armées restèrent en présence jusqu'à dix heures do matin du 7 ; la boUaille paraissait imminente; mais ramée anglaise se mit en retraite sur différentes direetions, et disparut entièrement : Wellington venait de s'apercevoir que hi partie de l'armée française restée dans les retranchements de Bayonne débouchait sur ses derrières , et allait lui couper toute retraite sur Saintr-Jean-de- Luz.
Bayoïue est maintenant un des plus formidables boulevarts de l'empire.
lA mésintelligence entre tes troopos espagnoles et anglaises parait augmenter chaque jour.
Du a^ jaivoier.
S. M» rEmperenr et Roi, devant partir incessamment pour se mettre à la tète de ses armées, a conféré, pour le tem|^ de son absence, la régence à S. M. Timnératfice*>Reine , par Ieltre»-fiatettt6» datées dHiinr 23.
Le même jour, S. M. l'Impératrice Reine a prêté serment comme régente, es tre les mains de l'Empereur, et dans u conseil composé des princes nrancais, de ffrands dignitaires, des ministres du ca binet et des ministres d'Etat.
Du 25 Jafi/^ier.
Ce matin, à sept heures, S. M. l'Empe reur et Roi est parti pour se mettre al tête de ses années.
Extrait du Moniteur duîQ janvier I8\l
L'ennemi était Ici depuis deux jours, commettant les plus affreuses vexations il ne respectait ni l'âge, ni le sexe : h femmes et les vieillards étaient en butte* ses violences et à ses outrages. La fems du sieur Canard, riche fermier, âgée i cinquante ans. est morte des mauvais tra tements qu'elle a éprouvés: son mar plus que septuagénaire, est à la mort.
serait trop donlonreux de rapporter ici } liste des autres victimes. L'arrivée di troupes françaises entrées hier dans not*^ ville a mis un terme à nos malheur L'ennemi ayant voulu opposer quelqr résistance, a été bientôt mis en dérou avec une perte considérable. L'entrée < S. M. TEmpereur a donné lieu aux scèn* les i^tts touchantes. Toute la poputati( se pressait autour de lui ; tous les mau paraissaient oubliés. U nous rendait la s* curité pour tout ce que nous avons de plu cher, un vieux colonel, M. Bouland, âg de soixante-dix ans, s'est jeté i ses piedr qu'il baignait de larmes de joie. U expri mait tout à la fois la douleur qu'un brav soldat avait ressentie en voyant les enne mis souiller le sol natal, et le bonheur d( les voir ftair devant les aigles impériales
Nous apprenons que le même enthou ' siasme qui a éclaté ici s'est manifesté i Bar, à rarrivée de nos troupes. L'ennem avait déjà pris la fuite.
Après ta prise de Saint-Bizier, l'Empe^ rcur s'est porté sur les derrières de l'eh nemi à Brienne, Ta battu le 29, et s'c^ emparé de la ville et du château aprè une affaire d'arrière-garde assez vive.
L*ÉMnU.
extrait du Moniteur du jeudi 3 février 1814.
Brieme, h 31 Janvier 1814.
Ce n'est pas seulement une arrièregarde, c'est Vannée du général Blûcher, lorte de quarante mille hommes, qui était ici lorsqirelle a été attaquée le 29 par notre année. Le combat a é(é très vif. L'ennemi a laissé la grande avenue qui mène au château ; les rues, les places et les vergers encombres de ses morts. Sa perte est au moins de quatre mille hommes, non compris beaucoup de prisonniers.
Le général Bliicher ne savait pas que l'Empereur était à Tarmée.
M. de Hardenberg, neveu du chancelier de Prusse, et commandant du quartiergénéral, a été pris au bas de la montée du château. Le général Bliicher descendait alors du château, à pied, avec son étatmajor. 11 a été lui-même au moment d'être lait prisonnier.
L'ennemi, pour embarrasser la poursuite des Français, a mis le feu aux maisons de la grande rue, qui étaient les plus Leiles de la ville. Il y a bien peu de nos citoyens qui n'aient éprouvé des violences
Fersonnelles pendant le court séjour de ennemi, et il n'en est aucun ^ui n'ait été dépouillé de tout ce qu'il possédait.
Notre armée a poursuivi l'ennemi jus-
2u'à trois lieues de Bar-sur-Aube. Elle est elle, nombreuse et pleine d'ardeur. On est occupé à rétablir les différents ponts sur l'Aube.
Extrait du Moniteur du dimanche 6 février 18U.
S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles 8uiv<antes sur la situation des armées au 3 février 1814 :
L'Empereur est entré à Vilry le 26 janvier.
Le général Blûcher, avec l'armée de Silésie, avait passé la Marne et marchait sur Tro]res. Le 27, Tennemi entra à Brienne, et continua sa marche: mais il dut perdre du temps pour rétablir le pont de Lesmont sur l'Aube.
Le 27, L'Empereur fit attaquer Saintr- Dizitir. Le duc de Bellune se présenta devant cette ville ; le général Duhesme culbuta l'arrière-garde ennemie qui y était encore, et fit quelques centaines de prisonniers. A huit heures du matin. l'Empereur arriva à Saint-Dizier : il est difficile de se peindre l'ivresse et la joie des habitants dans ce moment. Les vexations de toutes espèces que commettent les ennemis et sur*
tout les Cosaques^ sont au-dessus <te toat ce que l'on peut dire.
Le 28, rEmpereur se porta sur Mentiercnd'^r.
Le iO, à huit heures du matin, legéoénl Grouchy, qui commande la cavale it prévenir (pie le Général Miihaud, avec le cinquième corps ae cavalerie, était en présence, entre Maizièreset Brienne, de l'armée ennemie commandée par le géaM Bliicher, et qu'on évaluait à quarante mille Russes et Prussiens les troupes commaadées par le général Sacken.
A quatre heures . la petite ville de BrieDiie fut attaquée. Le général Leièvre-Desnouettes, commandant une division de cavalerie de la ffarde, et les généraux Groachy et M ilhaud , exécutèrent plusieurs belles charges, sur la droite de la route, et s'emparèrent de la hauteur de Perthe.
Le prince de la Moskowa se mit à la tète de six bataillons en colonne serrée, et se porta sur la ville par le chemin de Maizières. Le général Château, c^ef d'étaV-oajor du duc de Bellune, à la tête de deux bataiilons, tourna par la droite, et s'introduisit dans le château de Brienne par le parc.
Dans ce moment, l'Empereur diriseattae colonne sur la route de Bar-sur-Aube, qoi
Êaraissait être la retraite de l'enneoii ; l'atique fut vive et la résistance opiniKie. L'ennemi ne s'attendait pas à une attagoe aussi brusque, et n'avait eu que le leinps de faire revenir ses parcs du pont de Lesmont, oti il comptait passer rAobepov marcher en avant. Cette contre-maithe l'avait fort encombré.
La nuit ne mit pas fin an combat. La division Decouz. de la jeune {farde, et ne brigade de la division Meosnier fùresteigagees. La grande quantité de forées de rennemi et la belle situation de BrienBeiv donnaient bien des avantages; ma» h prise du château , qu'il avait néglige de garder en force, les lui fit perdre.
Vers les huit heures , vovant ou'il « pouvait plus se maintenir, il mit le iieaa la ville, et Tincendie se propagea avec npidité, toutes les maisons étant de bois. ,
Profitant de cet événement, il cherchai reprendre le château, que le brave chef de bataillon Henders^du 56* régiment, défeadtt avec intrépidité. Il joncha de noris toutes les approches du château et spéeulement les escaliers du côté du paipc.w dernier échec décida la retraite de r«inemi, que favorisait l'incendie de la vBt
Le 30, à onze heures du matin, le geoe rai Groucliy et le duc de Bellune le pMfsuivirent jusçru'au-delà du village de U Rothière, où ils prirent position.
fia journée du 31 lut employée par non à réparer le pont de Lesmont-sai^Ame, l'Empereur voulant se porter sur Tmf»
pour opérer sur les ookmnes qui se dm-
BULLETINS DE LA GRANDS- ÂRUtiE.
Âent, par Bar-sur-Aube et par la roate l'Auxerre, sur Sens.
Le pont de Lesmont ne put être rétabli que le i" février au matin. On fit filer surle-champ une partie des troupes,
A trois heures après midi, l ennemi ayant été renforcé de toute son armée, déboucha sur la Rhotière et Dienviile, que nous oc^ cupions encore. Notre arrière-garde fit bonne contenance. Le général Duhesme s^est fait remarquer en conservant la Rothière^ et le général Gérard en conservant Dienviile. Le corps autrichien du général Giulay, qui voulait passer de la rive gauche sur la droite et forcer le . pont, a eu plusieurs de ses bataillons détruits. Leduc de Belluue tint toute la journée au hameau de la Gibérie, malgré l'énorme disproportion de son corps avec les forces qui l'attaquaient:
Cette journée, où notre arrière-garde Unt, dans une vaste plaine, contre toute Tannée ennemie et des forces quintuples, est un des beaux faits d'armes de l'armée française.
Au milieu de l'obscurité de la nuit, une batterie d'artillerie de la garde, suivant le mouvement d'une colonne de cavalerie qui se portait en avant pour repousser une charge de l'ennemi, s'égara et fut prise. Lorsque les canooniers s'aperçurent de l'embuscade dans laquelle ils étaient tombés, et virent qu'ils n'avaient pas le temps de se mettre en batterie, ils se formèrent aussitôt en escadron, attaquèrent l'ennemi et sauvèrent leurs chevaux et leurs attelages. Ils ont perdu quinze hommes tués ou faits prisonniers.
A dixneures du soir, le prinee deNeuchâtel , visitant les postes, trouva les deux armées si près l'une de l'autre, qu'il prit plusieurs ibis les postes de l'ennemi pour les nôtres. Un de ses aides-de-camp, se trouvant à dix pas d*une vedette, fut fait prisonnier. Le même accident est arrivé à plusieurs ofiiciers russes qui portaient le mot d'ordre et qui se jetèrent dans nos postes croyant arriver sur les leurs.
Il y a eu peu de prisonniers de part et d'autre. Nous en avons fait deux cent cinquante.
Le 2 février, à la pointe du jour, toute l'arrière-garde de l'armée était en bataille devant Brienne. Elle prit successivement des positions pour achever de passer le pont de Lesmont et de rejoindre le reste de l'armée.
Le duc de Raguse, qui était en nosition sur le pont de Rosnay, fut attaque par un corps autrichien qui avait passé derrière les bois. Il le repoussa, fit trois cents prisonniers et chassa l'ennemi au-delà de la petite rivière de Voire.
Le B février, à midi, l'Empereur est en- Ué dans Troyes.
Nous avons perdu au combat de Brienne le brave général Baste. Le général Lefèvre- Desnouetles a élé blessé d'un coup de baïonnette. Le général Forestier a été ffrièvement blessé.^otre perte, dans ces deux journées, peut s'élever de deux à trois mille hommes tués ou blessés. Gdle de l'ennemi est au moins du double.
Une division tirée du corps d'armée en* nemie qui observe Metz, Thionville et Luxembourg, et forte de douze bataillons^ s'est portée sur Vitry. L'ennemi a voulu entrer dans cette ville que le général Montmarie et les habitants ont défendue. Il a jeté en vain des obus pour intimider les habitants; il a été reçu à coups de canon et repoussé à une lieue et demie. Le duc de Tarente arrivait à Ghâlons et marchait sur cette division.
Extrait du Moniteur du samedi itfévHer 1814.
S. M. l'Impératrice-Reine et Régente a reçu aujourd'hui les nouvelles suivantes de la situation de F armée :
L'Empereur a attaqué, hier, à Champ- Aubert, l'ennemi, fort de douze régiments et ayant quarante pièces de canon.
Le général en chef Ousouwieff a été pris avec tous ses généraux, tous ses colonels» officiers, canons, caissons et bagages.
On avait fait six mille prisonniers ; le reste avait été jeté dans un étang, ou tué sur le champ de bataille.
L'Empereur suit vivement le général Sacken. qui se trouve séparé d'avec le général Bliicher.
Notre perte a été extrêmement légère ; nous n'avons pas deux cents htfmmes a regretter.
Extrait d/u Moniteu/r du difnanehe i^ février iBiÀ.
M. Alfred de Montesquieu, aide-de-camp du prinee de Neucbâtel, expédié par S. M. l'Empereur, a apporté à S. M. Tlmpératrice-Reine et Régente les nouvelles suivantes :
Le 11 février, au point du jour, l'Empereur, parti de Champ- Aubert après la journée du 40, a. poussé un corps sur Châlons, pour contenir les colonnfes ennemies qui s'étaient r^etées de ce côté.
Avec le reste de son armée, il a pris la route de Montmirail.
A une lieue au-delà, il a rencontré le corps du général Bliicher, et, après deux heures de combat, toute l'armée ennemie a été culbutée.
L'BMHRE.
Jâiiiaii Dût inmpes n'ont montré plos araear.
L'enoemi, enfoaoé de toutes ptrtg, est ans une déroute oomplète : infanterie, rtiilerie, nmnitions, tout est en notr« onvoir on culbuté.
Los réfuitats sont immenses: l'armée ISM est détruite.
, L'Empereur se porte à merveille, et nous avons perdu perM>nne de marque.
EsUrait du Moniteur du lundi 14 fé- «ner 1814.
S. M. rimpératrioe-Beine et R^nte a tu aujourd'hui les nouvelles suivantes ) la situation des armées :
Le 12 février, l'Empereur a poursuivi )S succès. Blûcher cherchait a gagner ^âleaa-Thierry. Ses troupes ont été culitées de position en position.
Un corps entier qui était resté réuni, et li protégeait sa retraite, a été enlevé. Cette arrière-garde éuit composée de latre bataillons russes, trois bataillons ;ussiens et de trois pièces de canon. Le ' méral qui la commandait a aussi été pris. Nos troupes sont entrées pète-mèle avec mnemi dans Château-Thierry, et suimt, sur la route de Soissons, les dfibris ) cette armée, qui est dans une horrible •nfusion.
Les résultats de la Journée d'aujourd'hui î, sont trente pièces de canon, quantité nombrable de voitures de bagages.
On comptait déjà trois mille prisonniers : en arrive à chaque instant. Nous avons icore deux heures de jour.
On compte parmi les prisonniers cinq ^x généraux, qui sont dirigés sur Paris. On croit le général en chef Sacken tué.
Extrait du Monitewr du mercredi 16 février 4814.
S. M. rimpératrioe-Reine et Régente a )çu les nouvelles suivantes de la situation es armées^ au 7 février :
Le 3 février, deux heures après son enée à Troyes, Sa Majesté a fait partir le uc de 'Trfvise pour les Maisons-Blanches. - ine division autrichienne commandée par > prince Maurice Lichtenstein , s'était ortée sur ce points qui est à deux lieues •e la ville; eue a été vivement repoussée t rejetée à deux lieues plus loin.
Le 4 au soir, le quartier-général de empereur de Russie était à Lusigny près ''andoBuvre, à deux lieues de Troyes. où ^tfooYateiUewfenwe et ruinée eih
nemie. L'ennemi voidait entrer le soir dm Troyes. Il marcha sur le pont de la GtHlûtière ; il y éprouva une vive résistance. Sa première attague fut iqiottsâée. Des cavaliers prisonniers lui apprirent une l'Empereur éUit à Troyes. Il juget alors devoir faire d'autres dispositions. At même moment, le duc de Trévise faisait attaquer le pont de Clerey, qu'occapait la division du général Blanchi. L'ennemi liit chassé. Le général de division Briche, avec ses dragons, fit une charge dans laquelle il prit cent soixante hommes, et m tua une centaine à rennemi.
Le lendemain 5, l'Empereur se disposait à passer le pont de la Gnillotière^ et à attaquer l'ennemi, lorsque Sa Majesté apprit qu'il avait battu en retraite et rétnh grade d'une marche sur Yandoravre.
Le 6, les dispositions furent faites pour menacer Bar-sur-Seine. Quelques attaoues eurent lieu sur cette route. On prit é 1 ennemi une trentaine d'hommes, one pièce de canon et un caisson.
Pendant ce temps, l'armée se mettait «n marche pour Nogent, afin de tomber sur les colonnes ennemies qui ont oceapé Châlons et Vitry, et qui menaçaient Pans par la Ferté-sous-Jouarre et Meaox.
Le 7 au matin, le duc de Tarente anit son quartier-général près de Chanfle, entre Epernay et Châlons.
Les aivisions de gardes nationales d'élite venues à Montereau de Normandie et de Bretagne, se sont mises en mouvement, sous le commandement du général Pajol.
La division de l'armée d^spagne, commandée par le général Levai, est arrivée à Provins ; les autres suivent. Ces troupes sont composées des soldats qui ont faitles campagnes d'Autriche etde PcÂogne. Elles sont remplacées à l'armée d'Espagne par les cinq aivisions de réserve.
Àuiourd'hui 7, à midi, l'Emperenr est arrivé à Nogent.
Tout est en mouvement pour mances* vrer.
L'exaspération des habitants est à son comble. L'ennemi commet partout les plus horribles vexations.
Toutes les mesures sont prises pcnr qu'au premier mouvement retrograoe il soit enveloppé de tous c6t^.
Des millions de bras n'attendent une œ moment pour se lever. La terre samegne l'ennemi a violée, sera pour lui une t^ de feu qui le dévorera.
S. M. rimpératrice-Reine et Bégento « reçu les nouvelles suivantes de la sHvation des armées, au 19 février :
Le 10, TEmpereur avait aoa qwwgénéralàSésanne.
Idd5
Le dac de Tarente éUit à Df eaux, ayant fait couper les ponts de la Ferte et de Tréporl.
Le général Sacken et le générât Yorck étaient à La Ferté; le général Blûcher à Vertns, et le général Aîsuffiew à Charap- Aobert. L'année de Silésie ne se trouvait plus qu'^ trois marches de Paris. Celte armée, sous le commandement en chef du
général Bliicher, se composait des corps de acken et de Langeron, formant soixante régiments d'infanterie russe et de Télite de l'armée prussienne.
Le 10, à la pointe du jour, l'Empereur se porta sur les hauteurs de Saint-Prix,
Sour couper en deux l'armée du général Icîcher. A dix heures, le duc de Ragusc passa les étangs de Saint-Gond, et attaqua le yillage de Baye. Le neuvième corps russe, sous le commandement du général Alsttffîew, et fort de douze régiments, se déploya et présenta une batterie de vingtquatre pièces de canon. Les divisions Lagrange et Ricart, avec ta cavalerie du {iremier corps, tournèrent les positions de 'ennemi par sa droite. A une heure après midi, nous fflmes maîtres du village de Baye.
A deux heures, la garde impériale se déploya dans les belles plaines qui sont entre Baye et Champ-Aubert. L'ennemi se reployait et exécutait sa retraite. L'Empereur ordonna au général Girardin de prendre, avec deux escadrons de la garde de service, la tète du premier corps de cavalerie et de tourner Vcnnemi, afin de lui couper le chemin de Gbâlons. L'ennemi oui s'aperçut de ce mouvement, se mit en désordre. Le duc de Raguse fit enlever le village de Ghamp-Auberl. Au môme instant, les cuirassiers chargèrent à la droite, et acculèrent les Russes h un bois et à un lac entre la route d'Epcrnay et celle de Châlons. L'ennemi avait peu di; cavalerie ; se voyant sans retraite, ses masses se mêlèrent. Artillerie, infanterie, cavalerie, tout s'enfuit pêle-mêle dans les bois; deux mille hommes se noyèrent dans le lac. Trente pièces de canon et deux cents voitures furent prises. Le général en chef, les généraux, les colonels, plus de cent officiers et quatre cents hommes furent faits prisonniers.
Ce corps de deux divisions et douze régiments, devait présenter une force de dix-huit mille hommes : mais les maladies, les longues marches, lescombats, l'avaient réduit à huit mille hommes : quinze cents à peine sont parvenus à s'écnapper à la faveur des bois et de l'obscurité Le général Blûcher était resté à son quartier-général des Vertus, où il a été témoin des désastres de cette partie de son armée, sans pouvoir y porter remède.
Aucun homme de la garde n'a été en-
gagé, à l'exception de deux des quatre escadrons de service, qui se sont vaillamment comportés. Les cuirassiers du premier corps de cavalerie ont montré la plus rare intrépidité.
A huit heures du soir, le général Nansouty, ayant débouché sur la chaussée, se porta sur Montmirail avec les divisions de cavalerie de la garde des généraux Colberl et Laferrière, s'empara de la ville et de six cents Cosaques qui Toccupaient.
Le 11, à cinq heures du malin, la division de cavalerie du général Guyot se porta également sur Montmirail. Différentes divisions d infanterie firent retardées dans leur mouvement par la nécessité d'attendre leur artillerie. Les chemins de Sezanne à Champ-Aubert sont affreux. Notre artillerie n'a pu s'en tirer que par la constance des canonniers et qu au moyen des secours fournis avec empressement par les habitants, qui ont amené leurs chevaux.
Le combat de Champ-Aubert, où une partie de l'armée russe a été détruite, ne nous a pas coûté plus de deux cents hommes tués ou blessés.
Le général de division comte Lagrange est du nombre de ces derniers ; il a été légèrement blessé à la tête.
L'Empereur arriva le il, à dix heures du matin, à une demi-lieue en avant de Montmirail. Le général Nansouty était en position avec la cavalerie de la garde, et contenait Tarmée de Sacken^ qui commençait à se présenter. Instruit du désastre à'une partie de l'armée russe, ce général avait quitté La Ferté-sous-Jouarre, le 10, à neuf heures du soir, et marché toute la nuit. Le général Yorck avait également quitté Château-Thierry. A onze heures du malin, le 11, il commençait à se former, et tout présageait la bataille de Montmirail, dont l'issue était d'une si haute importance. Le duc de Raguse, avec son corps et le premier corps de cavalerie, avait porté son auartier-général à Etoges» sur la route de Châlons.
La division Ricart et la vieille garde arrivèrent sur les dix heures du matin. L'Empereur ordonna au prince de la Moskowa de dégarnir le village de Marchais, par où l'ennemi paraissait vouloir déboucher. Ce village fut défendu par la brave division du général Ricart avec une rare constance ; il fut pris et repris plusieurs fois dans la journée.
A midi, l'Empereur ordonna au général Nansouty de se porter sur la droite, coupant la route deChâteau-Thierry, et forma les seize bataillons de la première division de la vieille garde sous le commandement du général Friant, en une seule colonne le long de la route , chaque colonne de bataillon étant éloignée de cent pas.
am
L'EMPIRB.
Pendant ce temps, nos batteries d'artillerie arrivaient saccessivement. A trois heures, le duc de Trévise avec les seize bataillons de la deuxième division de la vieille garde, qui étaient partis le matin de Sézanne, déboucha sur Montmirail.
L'Empereur aurait voulu attendre l'arrivée des autres divisions ; mais la nuit approchait. 11 ordonna au général Priant de marcher avec quatre bataillons de la vieille garde , dont deux du 2' régiment de gendarmerie et deux du 2' ré§(imentde chasseurs, sur la ferme de TEpine-aux- Bois, qui était la clé de Ja position, et de l'enlever. Le duc de Trévise se porta avec six bataillons de la deuxième oivision de la vieille cartle sur la droite de l'attaque du général Priant.
De la position de la ferme de l'Épineaux-Bois dépendait le succès de la journée. L'ennemi le sentait. Il y avait placé quarante pièces de canon; il avait garni ws haies d'un triple rang de tirailleurs, et formé en arrière des masses d'infanterie.
Cependant pour rendre cette attaque plus facile, l'Empereur ordonna au général Nansouty de s'étendre sur la droite, ce qui donna à l'ennemi 1 inquiétude d'être coupé et le força de dégarnir une partie de son centre pour soutenir sa droite. Au même moment, il ordonna au général Ricart de céder une partie du village de Marchais, ce qui porta aussi l'ennemi à dégarnir son centre pour renforcer cette attaque, dans la réussite de laquelle il supposait qu'était le gain de la bataille.
Aussitôt que le général Priant eut commencé son mouvement , et que l'ennemi eut dégarni son centre pour profiter de l'apparence d'un succès qu'il croyait réel, le général Priant s'élança sur la ferme de la Haute-Epine avec les quatre bataillons de la vieille garde. Ils abordèrent l'ennemi au pas de course, et firent sur lui l'effet de la tête de la Méduse. Le prince de la Moskowa marchait le premier, et leur montrait le chemin de l'honneur. Les tirailleurs se retirèrent épouvantés sur les masses qui lurent attaquées. L'artillerie ne put plus jouer, la fusillade devint alors effroyable, et le succès était balancé; mais au même moment, le général Guyot, à la tête du i^^ de lanciers, des vieux dragons et des vieux
genadiers de la garde impériale, qui défilent sur la grande route au grand trot et aux cris de vive l'Empereur , passa à la droite de la Haute-Epine ; ils se jetèrent sur les derrières des masses d'infanterie , les rompirent , le^ mirent en désordre, et tuèrent tout ce qui ne fut pas fait prisonnier. Le duc de Trévise. avec six oatail- Ions delà division du général Michel, secondait alors l'attaque de la vieille garde, arrivait an bois, enlevait le village de
Pontenelle, et prenait tout un parc ennemi.
La division des gardes-d'honneor défila après la vieille garde sur la srande route, et arrivée à la hauteur de l'Épine-au- Bois, fit un à gauche pour enlever ce qui s'était avancé sur le village de Marchas. Le général Bertrand, grand-maréchal da palais, et le maréchal duc de Dantzigj à la tête de deux bataillons de la vieille garde, marchèrent en avant sur le village et le mirent entre deux feux. Tout ce qui s'y trouvait fut pris ou tué.
En moins d'un quartrd'heure, un profond silence succéda au bruit du canon et d'osé épouvantable fusillade. L'ennemi ne chercha plus son salut que dans la faite : généraux, officiers, soldats, infanterie, cavalerie, artillerie, tout s'enfuit pêlemêle.
A huit heures du soir, la nuit étant obscure, il fallut prendre position. L'Empereur prit son quartier-général à la ferme de l'Epine-aux-Bois.
Le général Michel, de la garde, a été blessé d'une balle au bras. Notre perte s'élève au plus à mille tués ou blesses. Celle de l'ennemi est au moins de boit mille tués ou prisonniers ; on lui a pris beaucoup de canons et six drapeaux. Cette mémorable journée, qui confond l'orteil et la jactance de l'ennemi, a anéanti Faite de l'armée russe. Le quart de notre année n*a pas été engagé.
Le lendemain 12, à neuf heures du ma* tin, le duc de Trévise suivit l'ennemi sar la roule de Château-Thierry. L'Empereur, avec deux divisions de cavalerie de la sarde et quelques bataillons , se rendit i Vieux-Maisons, et de là prit la roule qai va droit à Château-Thierry. L'ennemi soutenait sa retraite avec huit batailloos, qui étaient arrivés tard la veille et qm n'avaient pas donné. 11 les appayaitde quelques escadrons et de trois pièces de canon. Arrivé au petit village des Caninerets, il parut vouloir défendre la positioa qui est derrière le ruisseau et couvrir le chemin de Château-Thierry.
Une compagnie de la vieille garde se porta sur la Petite-Mue, culbuta les tirailleurs de l'ennemi, qui fut poursuivi jos* qu'à sa dernière position. Six bataiDoos de la vieille garde à toute distance de déploiement occupaient la plaine , à cheval sur la grande route.
Le général Nansouty, avec les divisions de cavalerie des généraux Laferrière et Defrance, eut ordre de faire un mouvement é droite et de se porter entre Châtean- Thierry et l'arrière-garde ennemie. Ce mouvement fut exécuté avec autant d'habileté que d'intrépidité.
La cavalerie ennemie se porta de Ufos les points sur sa gauche pour s'opposer a
BULLETINS DE LA GKANDE-ARMËE.
la cavalerie française ; elle fut culbatée et forc^ de disparaître du champ de bataille.
Le brave général Letort, avec les dragons de la seconde division de la garde, après avoir repoussé la cavalerie de Ten- Demi, s'élança sur les flancs et les derrières de huit masses d'infanterie qui formaient Tarrière-garde ennemie. Cette division brûlait d'égaler ce que les chevaui^ers, les dragons et les grenadiers à cheval du général Guyot avaient fait la veille. Elle enveloppa de tous côtés ces masses, et en fit un horrible carnage. Les trois pièces de canon, le général russe Frcudenreich , qui commandait cette arrièregarde, ont été pris. Tout ce qui composait ses bataillons a été tué ou fait prisonnier. Le nombre de prisonniers faits dans cette brillante affaire s'élève à plus de deux mille. Le colonel Curely, du 10« de hussards, s'est fait remarquer. Nous arrivâmes alors sur les hauteurs de Château- Thierry, d'où nous vîmes les restes de celte armée fuyant dans le plus grand désordre, et gagnant en toute hâte ses ponts. Les grandes routes leur étaient coupées, ils cnerchèrent leur salut sur la rive droite de la Marne. Le prince Guillaume de Prusse, qui était resté à Château-Thierry avec une réserve de deux mille hommes, s'avança à la tète des faubourgs pour protéger la fuite de cette masse desorganisée. Deux bataillons de la garde arrivèrent alors au pas de course. A leur aspect, le faubourg et la rive gauche furent nettoyés ; l'ennemi brûla ses ponts, et démasqua sur la rive droite une batterie de douze pièces de canon : cinq cents hommes de la réserve du prince Guillaume ont été pris.
Le 12 au soir , l'Empereur a pris son quartier - général au petit château de Nesic.
Le 13. dès la pointe du jour , on s'est occupé a réparer les ponts de Château- Thierry.
L'ennemi ne pouvant se retirer ni sur la route d'Epernay, qui lui était coupée, ni sur celle qui passe par la ville de Soissons, que nous occupons, a pris la traverse dans la direction de Reims. Les habitants assurent que de toute cette armée il n'est pas passe à Château-Thierry dix mille nommes, dans le plus erand désordre. Peu de jours auparavant, lis l'avaient vue florissante et pleine de jactance. Le général d'Yorck disait que dix obusiers suffiraient pour se rendre maître de Paris. En allant, ces troupes ne parlaient que de Paris ; en revenant, c'est la paix qu'elles invoquaient.
On ne peut se faire une idée des excès auxquels se livrent les Cosaques ; il n'est point de vexations, de cruautés, de crimes,
que ces hordes de barbares n'aient commis. Les paysans les poursuivent, les attaquent dans les bois comme des bêtes féroces, s'en saisissent et les mènent partout où il y a des troupes françaises. Hier, ils en ont conduit plus de trois cents à Yieux- Maisons. Tous ceux oui se sont cachés dans les bois pour écnapper aux vainqueurs tombent dans leurs mains, et augmentent à chaque instant le nombre des prisonniers.
S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de 1 armée, au 15 février au malin :
Le 15, à trois heures après midi, le pont de Château-Thierry fut raccommodé. Ia duc do Trévise passa la Marne, et se mit à la suite de l'ennemi, qui, dans un épouvantable désordre , paraît s'être retire sur Soissons et sur Reims, par la route de traverse de La Fère en Tardcnoîs.
Le général Blûcher, commandant en chef toute Farmée de Silésie, était constamment resté à Vertus pendant les trois jours qui ont anéanti son armée. Il recueillit douze cents hommes des débris du corps du général Alsuffîew battu à Champ-Aubert, qiiil réunit à une division russe du corps de Langeron, arrivée de Mayence et commandée par le lieutenant-général Ouroussoff.
Il était trop faible pour entreprendre quelque chose; mais, le 15, il fut joint par un corps prussien du général Kleist, composé de quatre brigades. Il se mit alors à la tête de ces vingt mille hommes et marcha contre le duc de Raguse, gui occupait toujours Etoges. Dans la nuit du 13 au 14, ne jugeant pas ses forces . suffisantes pour se mesurer contre l'ennemi, le duc de ttaguse se mit en retraite et s'appuya sur Montmirail, où il était de sa personne le 14, à sept heures du matin.
L'Empereur partit le même jour de Château-Thierry à quatre heures du matin , et arriva à huit heures à Montmirail. Il fit sur-le-champ attaquer l'ennemi, qui venait de prendre position avec le corps de ses troupes au village de Yauchamjp. Le duc de Raguse attagua ce village. Le général Grouchy, à la tête de sa cavelerie, tourna la droite de l'ennemi par les villages et par les bois, et se porta à une lieue au-delà de la position de l'ennemi Pendant que le village de Yauchamp était attaqué vigoureusement, défendu de même, pris et repris plusieurs fois, le général Grouchy arriva sur les derrières de l'ennemi, entoura et sabra trois carres et accula le reste dans les bois. Au même instant, l'Empereur fit charger par notre droite ses quatre escadrons de service, commandés par le chef d'escadron de la sarde La Biffe. Cette charge fut aussi brillante qu'heureuse. Un
IMt
LTMHBK.
carré (h deux mille homiiies foi enfoDoé et prb. Toute la cavalerie de la carde arriva alors an graod trot, etreoneim fat poussé Tépée dans les reins. A dear heures, nous étions au village de Fromentières; rennemi avait perdu six mille hommes faits prisonoier&dir drapeaux et trois pièces de canon.
L'Empereur ordonna au général Grouchy de se porter sur Ghamp-Aabert, à une lieue sur les derrières de Tenncmi. En effet, l'ennemi continuant sa retraite arriva sur ce point à la nuit II était entouré de tous côtés, et tout aurait été pris, si le mauvais état des chemi ns avait permis à douze pièces d'artillerie légère de suivre la cavalerie du général Grouchy. Toutefois et quoique la nuit fut obscure , trois carrés de celte infanterie furent enfoncés, tués ou pris, et les autres poursuivis vivement jusqu'à Etoges; la cavalerie s'empara aussi de trois pièces de canon. L'arrière-garde ennemie était faite par la division russe : elle fut attaquée par le 1^' régiment de marine du duc de Raguse , abordée à la baïonnette, rompue, et on lui fit mille prisonniers, avec le lieutenant-général Onroussofr qui la commandait, et plusieurs colonels.
Les résultats de celte brillante journée sont : dix mille prisonniers, dix pièces de canon, dix drapeaux et un grand nombre d'hommes tués a l'ennemi.
Notre perte n'excède pas trois ou quatre cents hommes tués ou nlessés, ce qui est dfi à la manière franche dont les troupes ont abordé Tennemi et à la supériorité de notre cavalerie qui le décida, aussitôt qu'il s'en aperçut, à mettre son artillerie en retraite; de sorte qu'il a marché constamment sous la mitraille de soixante bouches à fëu, et que des soixante pièces de canon qu'il avait. Il ne nous en a opposé que deux ou trois.
I^ prince de Nenchâtei, le grand-maréchal du palais, comte Bertrand, le duc de Oantzig et le prince de la Moskowa ont constamment été à la (ête des troupes.
Le. général Grouchy fait le plus grand éloge des divisions de cavalerie Sainl-Germain et Doumerc. La cavalerie de la garde s'est couverte de gloire ; rien n'égale son intrépidité. Le général Lion, delà garde, a été légèrement blessé. Le duc de Raguse fait une mention particulière du i'' régiment de marine; le reste de l'infanterie, soit de la garde, soit de la ligne, n'a pas tiré un coup de fusil.
Ainsi, cette armée de Silésie, composée des corps russes de Sacken et de Langcron, des corps prussiens d'Yorck et de Ëleist, et forte de près de quatre-vingt mille hommes, a été, en quatre jours, battue, dispersée, anéantie, sans affaire générale, et sans occasionner aucune perte proportionnée à de si grands résultats.
ExiTûii du Mcnitmr dm fom^érmli 48 février fl8t4,
S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la sîtnm* tion des armées, au 17 lévrier an matin :
L'Empereur, en partant de Nogent le 9, pour manœuvrer sur les corps ennemis qui s'avançaient, par la Ferté et Meaux, sur Paris, laissa les corps du duc de Rdlune et du général Gérard en avant de Nogent ; le septième corps du duc de fiefgio, à Provins, chargé de la défense des ponts de firay et de Montereau, et le général Pajol sur Montereau et Melun.
Le duc de Beliune, ayant eu avis que plusieurs divisions de Tannée autrichienne avait marché de Troyes dans la jonniée da 10, pour s'avancer sur Nogent, fit repasser la Seine à son corps d'armée, laissant le général Bourmont avec douze cents hommes à Nogent pour la défense de la ville.
L'ennemi se présenta le 11 pour entrer dans Nogent II renouvela ses attaques toute la journée, et toujours en vain ; il fut vivement repoussé, avec perte de quinze cents hommes tués ou blessés.
Le général Bourmont avait barricadé les rues, crénelé les maisons» et pris tontes ses mesures pour une vigoureuse défirate. Ce général , qui est un officier de distinction, fut blessé an genou; le colonel Ravier le remplaça. L'ennemi renouvela l'attaque le 1:2, mais toujours infructueusement. Nos jeunes troupes se sont couvertes de gloire.
Ces deux journées ont coûté à l'ennemi plus de deux mille hommes.
Le duc de Beliune, ayant appris que l'en* nemi avait passé à Bray, Jusea convenable de faire couper le pont de Nogent, et se porta sur Nangis. Le duc de Remo ordonna de faire sauter les ponts de Montereau et de Melun, et se retira sur la rivière d'Yères.
Le 16, l'Empereur est arrivé sur Tères, et a porté son quartier-général à Guignes.
Le soir de la bataille de Vauchamp (Iel4), le duc de Raguse fit attaquer Fennemi à huit heures sur Ltoges ; il lui a pris nenf pièces de canon, et d a achevé la destruction de la division russe : on a compté sur ce seul point, au champ de bataille, treize cents morts.
Les succès obtenus à la bataille de Yanchamp ont été beaucoup plus considérables qu'on ne l'a annoncé.
De lettres de l'armée, écrites de Nangis, le 1 7 à midi, annoncent que rEmpereur« qui avait attaqué l'ennemi, avait dans ce moment six mille prisonniers, parmi lesquels plusieurs généraux et na gnuid nombre
BULLETINS DE LA eRANDE-ARMÉE.
d'oAcien* ei qvfttorie piteas de <moD. Sa Majesté poursuit ses soceès.
Aujourd'hui à midi, gix. mille prisonniers, faits hier malin aii combat de Nauffis, entreront à Paria par la barrière de Gharenloo.
Extrait du Moniteur du dimanche 20 féori&r iSi4.
L'Empereur a fait marcher, le 18 au matin» sur les ponts de Bray et deMontereau.
Le duc de R^gio s'est porté sur Provins.
Sa Majesté s étant informée que le corps du général de Wrede et des Wurtembergeois était en position à Montereau, s'y est i)ortée avec les corps du doc de Bellune et du général Gérard, la garde à pied et à cheval
De son cAté, le général Pajol marchait de Melun sur Montereau.
L'ennemi a défendu la position.
Il a été culbuté et si vivement, que la ville et les ponts snr l'Yonne et la Seine ont été enlevés de vive force ; de sorte que ces ponts sont intacts, et nous les passons pour suivre Tennemi.
Nous avons dans ce moment environ trois mille prisonniers bavarois et wurtembergeois, dont un général, et cinq pièces de canon.
Extrait du Moniteur du lundi «1 février 1814.
S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées, au 19 février :
Le duc deRaguse marchait surChâlbns, lorsqu'il apprit qu'une colonne de la garde impériale russe , composée de deux divisions de grenadiers, se portait sur Montmtrail. Il fit volte-face, marcha à l'ennemi, lui prit trois cents hommes, le repoussa sur Sézanne, d'où les mouvements dé l'Empereur ont obligé le corps à se porter k marches forcées sur Troyes.
Le comte Grouchy, avec la division d'infiinterie du général Levai et trois divisions du deuxième corps de cavalerie, passait à laFerté-sous-Jouarre.
Les avant-postes du duc de Trévise étaient entrés à Soissons.
Le 17, à la pointe du jour, l'Empereur a marché de Guignes sur Nangis. Le combat de Nangis a été des plus brillants.
. Le général en chef russe Wittgensleia
était à Nangis avec trois divisiOMi foi for^ maient son corps d'armée.
Le général Palben, commandant les troisième et quatorzièine divisions russes et beaucoup de cavalerie, étaitàMormant.
IjO général de division Gérard, olBcier de la plus haute espérance, déboucha an village de Mormant sur l'ennemi. Un bataillon du 32' régiment d'infanterie, toujours digne de son ancienne réputation, qui le fit distinguer, il y a vinjrt ans , par 1 Empereur aux batailles de CastigUone, entra dans le village au pas de charge. Le comte de Valmy, à la tête des dragons du / général Treilbard venant d'Espagne, et qui arrivaient à l'armée, tourna le village par sa gauche. Le comte Milhaud, avec le cinquième corps de cavalerie, le tourna par sa droite. Le comte Drouot s'avança avec de nombreuses batteries. Dans un instant, tout fut décidé. Les carrés, formés par les divisions russes, furent enfoncés. Tout fut pris, généraux et officiers : six mille prisonniers, dix mille fusils, seize pièces de canon et quarante caissons sont tombés en notre pouvoir. Le général Wittgenstein a manqué d'être pris : il s'est sauvé en toute hâle sur NogenU II avait annoncé au sieur Billy, chez lequel il logeait à Provins, qu'i serait le 18 à Paris. En retournant , il ne s'arrêta qu'un quart-d'heure, et eut la franchise de dire à son b6te : « J'ai été
> bien battu ; deux de mes divisions ont
> été prises; dans deux heures, vous ver- » rez les Français. »
Le comte de Valmy se porta sur Provins avec le duc de Reggio ; le duc de Tarente surDonnemarie.
Le duc de Bellune marcha sur Ville^ neuve-le-Gomte. Le général de Wrede, avec ses deux divisions bavaroises, y était en position. Le général Gérard les attaqua et les mit en déroute. Les huit ou dix mille hommes, qui comnosaient le corps bavarois, étaient peruus, si le général Lhéri-, tier, qui commande une division de dragons, avait chargé comme il le devait ; mais ce général, qui s'est distingué dans tant d'occasions, a manqué celle qui s'offrait à lui. L'Empereur lui en a fait témoi* gner son mécontentement. Il ne l'a pas (kit traduire à un conseil d'enquête, certain que, comme à Hoff en Prusse et à Znaîm en Moravie, où il commandait le 10' régiment de cuirassiers, il méritera des éloges et réparera sa faute,
Sa Majesié a témoigné sa satisfaction au comte de Valmy, au ^néral Treilbard et à sa division, au général Gérard et à son corps d'armée.
L'Empereur a passé la nuit du 17 au 18 au château de Nangis.
Le 18, à la pointe du jour, le général Château s'est porté sur Montereau. Le duc de Bellune devait y airiver le 17 an soir«
LÏMPIIIS.
n s'est anfté à Salios : c'est une faute gnve. L'occupation des ponts de Montereau aurait fait gagner a l'Empereur un jour, et permis de prendre Tannée autrichienne en flagrant délit.
Le général Château arriva devant Monlereau à dix heures du matin ; mais , dès neuf heures, le général Bianchi, commandant le premier corps autrichien, avait pris position avec deux divisions autrichiennes et la division wiirterobergeoise, sur les hauteurs en avant de Montereau, couvrant les ponts et la ville. Le général Château Fatlaqua; n'étant pas soutenu par les autres aivisions du corps d'armée, il fut repoussé. Le sieur Lecouteulx, qui avait été envoyé le matin en reconnaissance, ayant eu son cheval tué, a été pris. C'est un intrépide jeune homme.
Le général Gérard soutint le combat pendant toute la matinée. L'Empereur s'y porta au galop. A deux heures après midi, il fit attaquer le plateau. Le général Pajol, qui marchait par la route de Melun, arriva sur ces entrefaites, exécuta une belle charge, culbuta l'ennemi et le jeta dans la Seine et dans l'Yonne. Les braves chasseurs du V débouchèrent sur les ponts, que la mitraille de plus de soixante pièces de canon empêcha de faire sauter, et nous obtînmes en même temps le double résultat de pouvoir passer les ponts au pas de charge, de prendre quatre mille hommes,
ritre drapeaux , six pièces de canon , et tuer quatre à cinq mille hommes à l'ennemi.
Les escadrons de service de la garde débouchèrent dans la plaine. Le général Duhesme, officier d'une rare intrépidité et d'une longue expérience , déboucha sur le chemin de Sens ; l'ennemi fut poussé dans toutes les directions, et notre armée défila sur les ponts. La vieille garde n'eut qu'à se montrer : l'ardeur des troupes du général Gérard et du général Pajol Teropêcha de participer à 1 affaire.
Les habitants de Montereau n'étaient pas resiés oisifs. Des coups de Tusils tirés des fenêtres augmentèrent les embarras de l'ennemi. Les Autrichiens et les wiirtembergeois jetèrent leurs armes. Un général wiirtembergeois a été tué. Un général autrichien a été pris, ainsi que plusieurs colonels, parmi lesquels se trouve le colonel du régiment de Collorédo, pris avec son état-major et son drapeau
Dans la même journée, les généraux Charpentier et Alix débouchèrent ae Melnn, traversèrent la forêt de Fontainebleau et en chassèrent les Cosaques et une brigade autrichienne. Le général Alix arriva à lloret.
Leduc de Tarente arriva devant Bray.
Le duc de Reggio poursuivit les partis eniMnnis de Provins sur Nogent.
Le général de brigade mvimii«u« ^m avait été chargé, avec dix-huit onts hommes, de défendre Moret et la forêt <to Foqtainebleau, les avait abandonnés et s'était retiré sur Essonne. Cependant ja forêt de Fontainebleau pouvait être (Ësputéepied à pied. Le major-général a ordonne la suspension du général Montbrun et l't envoyé devant un conseil d'enquête.
Une perte qui a sensiblement affecté l'Empereur est celle du Général Chaleao. Ce jeune ofitcier,.qui donnait. les pins grandes espérances, a été blessé morteilement sur le pont de Monti^reau, où il était avec les tirailleurs. S'il meurt, et le rapn port des chirurgiens donne peu d'espoir, il mourra du mouis accompagné des reptb de toute l'armée, mort digne d'envie et bien préférable à l'existence, pour tout militaire qui ne la conserverait qu'eu survivant à sa réputation, et en étouffaat les sentiments que doivent lui inspirer dans ces grandes circonstances la défense de la patri&et l'honneur du nom ^Français.
Le palais de Fontainebleau a été ooih servé. Le général autrichien Hàrdeek, ni est entré dans la ville, y avait place «s sentinelles pour le défendre des excès de Cosaques, qui sont cependant parvenus à piller des portiers et à enlever des coivertures dans les écuries. Les habitanis ne se plaignent point des Autrichiens, mais de ces Tartares, monstres qui déshonorent le souverain qui les emploie et les armées qui les protègent.Ces brigands sont couverts d'or et de bijoax. On a trouvé jusqu'à huit et dix montres sur ceux qte les soldats et les paysans ont tués : ce soot de véritables voleurs de grands chemiDS.
L'Empereur a rencontré dans sa mar* che les gardes nationales de Brest et di Poitou, n les a passées en revue : < M»-
> trez, leur a-t-il dit . de quoi sont capa- » Mes les hommes de l'Ouest ; ils furent de
> tout temps les fidèles défenseurs de leur » pays, et les plus fermes appuis de h
> monarchie. «
Sa Majesté a passé la nuit do 19 a château de Surville, situé sur les hanteus de Montereau.
Les habitants se plaignent beauooopdes vexations du prince-royal de Wiirtemoeiil'
Ainsi, l'armée de Schwarzenbetf t^ trouve entamée par la défaite de Km ce corps en ayant toujours Cait partie; ptf la défaite de Wittgenstein, par oeiledi corps bavarois, de la division wiiita^ bergeoise, et du corps du général Ktfchi.
L'Empereur a accordé aux trois dipsions de la vieille garde à cheval du cents décorations de la Légion-d'HoanMr.
Jl en a accordé également à la vidlK garde à pied. U en a donné cent à la eivaleria du général Trailhard» et sa I*-
MIUBTINS DE LA GRAMDB-ABHtE.
'feîl nombre à celle du général Milhàud. ^ On a recneilii une grande qaantitéde décorations de Saint-George, de Saint- Wladimir, de Sainte-Anne, prises sur les hommîes qui couvrent les diffârents champs de bataille. . ^, .
^ Notre perte dans les combats de Nangis et de Montereau ne s'élève pas à plus de .quatrecents hommes tués ou blessés ; ce .qui, quoique invraisemblable, est pourvut l'exacte vérité.
- La ville d'Ëpernay ayant eu connaissance des succès de notre armée, a sonné le tocsin , barricadé ses rues, refusé le passage à une colonne de deux mille hommes et fait des prisonniers.. Que cet exem- ;ple soit imité partout, et il est à présumer que bien peu d'hommes des armées ennemies repasseront le Rhin.
. Les villes de Guise et de Saint-Quentin .ont aussi .fermé leurs portes et déclaré qu'elles ne les ouvriraient que s'il se pré- : sentait devant elles des forces suffisantes et de l'infanterie. Elles n'ont pas fait comme Reims, qui a eu la faiblesse d'oùvrir ses portes à cent cinquante Cosaques, et qui, pendant huit jours, les a complimentés et bien traités. Nos annales con- ^serveront le souvenir des populations qui ont manqué à ce qu'elles devaient à ellesmêmes et à l'honneur. Elles exalteront, au .contraire, celles qui, comme Lyon, Châlons-sur-Saône, Touriius. Sens, Saint- . Jean-de-Losnes, Vitry, Châlons-sur-Marne, -ont payé leurs dettes envers la patrie, et se sont souvenues de ce qu'exigeait la gloire du nom Français. La Franche- Gomlé, les Vosges et 1 Alsace ne Toublierout pas au moment du mouvement rétrograde des alliés. Le duc de Gastiglione, qui a réuni à Lyon une armée d'élite, marche pour fermer ta retraite aux ennemis.
Extrait du Moniteur du jeudi 2* /"évrier J8U.
S. M. l'Impératrice Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes sur la situation des armées, au 21 février:
Le baron Marulaz, comman.lant à Besançon, écrit ce qui suit :
« Le 51 janvier, l'ennemi a fait une attaque Ju coté de Bréguille, dans la nuit; il a fait jouer sur la ville deux batteries (l'obusiers et de canons, et il a tenté une alluque sur le fort de Chandone : il a partout été repoussé, aux cris de mve l'Empereur I II a perdu plus de douze cents hommes. Quelque part que Fennemi se présente, nous sommes en mesure de le bien recevoir. »
Tous les Cosaques qui s'étaient répandus jusqu'à Orléans, se reploient en toute
ilOl
hftte. Partout les paysans les poursuivent,
en prennent et en tnent nn grand nombre. A Nogent, ces Tartares, qui n'ont rien d'humain, ont incendié des granges, auxquelles ils mettaient le feu à la main. Les habitants étant sortis pour venir l'éteindre, les Cosaques les ont chargés et ont rallumé le feu. Dans un village de l'Yonne, les Gosaqnes s'amusant à incendier une belle ferme, le tocsin sonna, et les habitants en jetèrent une trentaine dans les flammes.
L'empereur Alexandre a couché le 17, à Bray ; il avait fait marquer son quartier-
féneral pour le jour suivant à Fontaineleau. L'empereur d'Autriche n'a pas quitté Troyes.
L'empereur Napoléon a eu, le 20 au soir, son quartier-général à Nogent.
Toute l'armée ennemie se dirige sur Troyes.
Le général Gérard est arrivé avec son corps et la division de cavalerie du général Roussel à Sens; il a son avant-garde à YiUeneuve-l'Archevôque. L'avant-ganle du duc de Reggio est a moitié chemin de Nogent à Troyes, à Châtres et à Mesgrirgny ; celle du duc de Tarente est à Pavillon. Le duc de Raguse est à Sézanne, observant les mouvements du général Wintzingerode, qui, ayant quitté Soissons, s'est porté par Reims sur Cnâlons, pour se réunir aux débris du général Bliicher. Le duc de Raguse tomberait sur son flanc gauche s'il s'engageait de nouveau.
Soissons est une place à l'abri d'un coup de main. Le général Wiutzingerode, à la tête de quatre a cinq mille hommes de troupes légères, la somma de se rendre. Le général Rusca répondit comme il le devait. Winlzingerode mit ses douze pièces de canon en batterie: malheureusement, le premier coup tua le ^néral Rusca. Mille hommes de garde nationale étaient la seule garnison qu'il y eût dans la place; ils s'épouvantèrent, et l'ennemi entra à Soissons, où il commit toutes les horreurs ima- Sinables. Les généraux qui se trouvaient ans la place, et qui devaient prendre le commandement à la mort du général Rusca, seront traduits à un conseil d'enquête; car cette ville ne devait pas être prise.
Le duc de Trévise a reoccupé Soissons le i9, et en a réorganisé la défense.
Le général Vincent écrit de Château- Thierry que deux cent cinquante coureurs ennemis élant revenus à Fère en Tardinois, M. d'Arbaud-Missun s'est porté contre eux, avec soixante chevaux du 3* régiment des gardes d'honneur qu'il a réunis; et avec le secours des gardes nationaux des villages, il a battu ces coureurs , en a tué plusieurs, et a chassé le reste.
Le général Milhaud a rencontré l'ennemi à Saint-Marlin-lc-Bosnay. sur la vieille route de Nogent à Tioyes. L'ennemi
IfM
L'BlIFttB.
arait boit oents dwnox eofiit». Il Fa fait attaquer par trois cents iNHnmes, qni root culbuté, lui ont fait cent soixante prisonniers, tué une vingtaine d'hommes et pris une centaine (le chevaux. Il a poursuivi l'ennemi et le poursuit encore l'épée dans les reins.
Leduc de Castig^epartde Lyon avec un corps d'année considérable, composé de troupes d'élite, pour se porter en Franche-Comté et en Suisse.
Le conférés de Châtillon continue tou-
Surs ; mais l'ennemi y porte toute espèce entraves. Les Cosaques arrêtent à chaque pas les courriers, et leur font faire des détours tels, que, quoiqu'on ne soit qu'à trente lieues de Ctifttillon en ligne droite, les courriers n'arrivent qu*apr& quatre à cinq jours de course. C'est la première fois qu'on viole ainsi le droit des gens. Chez les nations les moins civilisées, les courriers des ambassadeurs sont respectés, et aucun empêchement n'est mis aux communications des négociateurs avec leur gouvernement.
Les habitants de Paris devaient s'attendre aux plus grands malheurs, si Tennemi, parvenant à leurs portes , ils lui eussent livré leur ville sans défense. Le pillase, la dévastation et l'incendie auraient mii les destinées de cette belle capitale.
Le froid est extrêmement vif. Cette circonstance a été favorable à nos ennemis, puisqu'elle leur a permis d'évacuer leur artillerie et leurs bagages par tous les chemins. Sans cela, plus de la moitié de leurs voitures seraient tombées en notre pouvoir.
le
ExiraU du Moniieur du dimanefie â7 fé9ri0r i8l4.
S. M. rimpératrice-Reino et Régente a recules nouvelles suivantes de la situation des armées, au :^4 lévrier :
L'Empereur s'est rébdu, le 9d, à deux heures après midi, dans la petite viQe de Méry-sur-Sefne.
Le général Royer a attaqué, à Méry, les débris des corps des généraux Rliicher, Sacken et Yorck , qui avaient passé PAube pour rejoindre rarmée du prince de Sdiwarzenber^ à Troyes. Le général Royer a pousse Tennemi au pas de charge, Fa culbuté, et s'est empare de la ville. L'ennemi, dans sa rage, y a mis le feu avec tant de rapidité, qu'il a été impossible de traverser l'incendie pour le poursuivre. Nous avons fait une centaine de prisonniers.
Du 22 au 23, l'Empcrcar a eu son quartier-général au pclit nourg de Châtres.
Le 25, le prrncrWcnzel-Lichlenstoin esl
aiTifé as qaartier-géiénL Gêiovpiii pariementaire était envoyé par te prisée de Schwartfeoberg povr pfopoMrua irmistire.
Le {général MilhaaA, ommadaH la o^ valene du cinquième corps, a bit priioinlers deux oeats homnei à cheval, «tin Pavillon et Trêves.
Le générai ûérani, parti de Sai et marchant par VlUeneuve-l'Archarèfn, Villemont et SaintrLiebaut, a renoontiéf» rièr^-garde do prinee Maurice de LioUesstein,iui a pris six pièces de canon etn cents hommes montée, qui eut été eotouiè par la brave division de cavaksie dt général Boused. I
Le 25, nos troupes investissaient Trajv de tous oêtés. Un aidente-camp russe ert venu aux avant-postes, pour denanéerk temps d'évacuer la ville, sans quel eBe serait brûlée. Cette considération a anMIv mouvements de TEmpereur.
La ville a été évacuée dans la nuit, H nous y soflomes entrés ce matin.
11 est in^Mssible de se faire une kKsétt vexations auxquelles les habitants entélé en proie pendant les dix-sept jours de i'6^ cupation de rennemi. On se peiadnH aussi difficilenoBt l'enthousiasme et l'exaltation des sentiments qu'ils ont nontfàà Tarrivée de l'Empereur. Une mèreqoifeit ses enfants arrachés à la mort, des eidtves gui voient briser leurs fors après h captivité la plus cruelle, n'éprouvent ns une joie plus vive que celle que les hwitants de Troyes ont manifestée. Leur ooiduite a été honorable et dicne d'éloges, le théâtre a été ouvert tous les soirs; nais aucun homme, aucune femme, même des classes infiérieures, n'a voulu y parattie.
Le sieur Gau^ anden émigré, et le sieir Yiderani^, ancien garde-dih-oorps, se eost prononces en faveur de 1 ennemi, et eit porté la croix de Saint-Louis. Ils oot élé traduits devant une commission prévotik et condamnés à mort. Le premier s sebi son jugement ; le deuxième a été condamoé par contumace.
La population entière demande à naxcher. « Vous aviez bien raison, s'écriaient les habitants en entourant l'Empereur, de nous dire de nous lever en masse. La mort est préférable aux vexations, aux mauvais traitements, aux cruautés, que nous avons éprouvés pendant dix-sept jours. >
Dans tous les villages, les habitants soat en armes ^ ils font partout main-basse sur les ennemis qu'ils rencontrent. Les honmes isolés, les prisonniers se présentent d'eoimêmes aux gendarmes, qu'ils ne regardent plus comme des gardiens, mais cimuDedes protecteurs.
U général Vincent écrit de ChâleaB- Thicrry, le 22, aue rennemi ayant vwta frapiKT dfs n*qniaiitions sur les
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de Bwqr, FaAsy et Tîncelle. les gardes MtioBaox se sont réunis et ont repoussé Teanemi, après lui avoir pris et olessé ntusieurs hommes. Le même général écrit, a la rnAme date, qu'un parti de cavalerie russe et prussienne s'éianl approché de Château-Thierry, il Ta liait attaquer par un détachement du 3' régiment des gardes^ d'honneur, commandé par le chef d'escadron d'Andlaw, et soutenu par les gardes nationales de Château-Thierry et des communes de Biesme et de Cruzensi. L'enacmi a été chassé et mis en déroule : douze Cosaques et quatorze chevaux ont été pris. Les cardes nationaux étaient à la recherche au reste de cette troupe, qui s'est sauvée dans les bois. Sa Majesté a accordé trois décorations de la Légion-d'Honneur au détachement du 3* régiment des gardesd'honneur, et un pareil nombre aux gardes nationaux.
Le comte de Yalmy s'est dirigé, aujourd'hui 24, sur Bar-sur-Seine. Arnvé à baint- Paar, il a trouvé Tarriëre-garde du général Giulay, Ta fait charger, l'a mise en déroute^ et lui a fait douze cents prisonniers. 11 est probable que le comte de Yalmy sera ce soir à Bar-sur-Seine.
Le général Gérard est parti du pont delà Guillotière, soutenu par le duc de Reggio ; il s'est porté sur Luaigny, et a passé la Barse. Le géiràral Duhesme a pri:^ position à Montieramey^ près Yandœuvre.
Le comte Tlahaut, aide-de-camp de Fempereur Napoléon, le comte Ducca, aidedercamp de 1 empereur d'Autriche, et le comte Schouwaloflf, aide-de-camp de l'empereur de Russie » et le général de Rauch, chef du corps du génie du roi de Prusse, sont réunis à Lusigny, pour traiter des conditions d'une suspension d'armes.
Ainsi, dans la journée du ^ la capitale de la Champagne a été délivrée, et nous avons fait environ deux mille prisonniers, dont un bon nombre d'ofliciers. On a de plus trouvé, dans les hôpitaux de la ville, un millier de blessés, ofiiciers et soldats, atftandonnés par Tennemi,
Ex^miÈ du BicniteuT du rmTdi V' mon 1814.
S. M. f Impératrice Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de la situation des armées, au 27 février :
Le 26, le quartier -général était à Troyes.
Le duc de Reggio était à bar-sur-Aube avec le général Gérard, et le second corps de cavalerie, commandé par le comte ûb Valmy.
Le duc de Tarente avait son quartiergénéral à Mtissy-l'Êvôque, et ses avant-
postes à CbâtîDon ; il marchait sur fAube et sur Clairvaux.
Le duc de Castiglione, qui a sous ses ordres une armée de quarante mille hommes , dont une grande partie se compose de troupes d'élite, était en mouvement.
Le général Marchand était à Chambéry, le général Desaix sous les murs de Genève, et le général Musnier était entré à Mâoon.
Bourg et Nantua étaient également en notre pouvoir ; le général autrichien Bubna,
3ui avait menace Lyon, était en retraite e tous côtés ; dès le 20, on évaluait sa perte, sur les différents points, à quinze cents hommes, dont six cents prisonniers. Le prince de la Moskowa est à Arcissur-Aube; le duc de Bellyne âPlancy ; le duc de Padoue à Nogent : on marchait sur les derrières des restes des corps de Bliicher, Sacken. Yorck et Kleist, mii avaient reçu des renforts de Soissons, et qui manœuvraient sur le corps du duc de Ragnse, qui se trouvait à La Ferté-Gaucher. Le général Duhesme a enlevé Bar-sur- Aube a la baïonnette , et en feisant dçs prisonniers, parmi lesquels sont plusieurs officiers bavarois.
Extrait du Moniteur du lundi 7 murs 1814.
S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de la situation des armées, au 5 mars.
S. M. l'Empereur et Rot avait, le 5, son quartier-général à Bery-te-Bao , 8«r TAisne.
L'armée ennemie de BlScher , Ssuskm , Torck,Wintziiu(erode et de Bolow était en retraite : sans la trahison du commandant « de la ville de Soissons , qui a Mvré ses portes, cette armée était perdue.
Le général Corbineau est entré, le 5, à Reims, à quatre heures du matin.
Nous avons battu reanemi aux combats de Lisy-sur-Ourcq et de May.
Le résultat des diverses affaires, est quatre mille prisonniers, six oants voitures de bagages, plusieurs pièces de canon, et la délivrance de U viUe de Reima«
Extrait du Moniteur du ieudi 10 mars 1814.
Crmomm, h 7 mon f 8f4.
Il y a eu aujourd'hui ici ooe bataiHe très glorieuse pour les armées françaises.
S. M. l'Empereur et Roi a battu les corps des généraux ennemis WintEfage-
L^BimiL
TOde. Woraisoff et Langerai^ réanis aux débns du corps du général Sackeu.
Nous ayons déjà deux mille prisonniers et plusieurs pièoeis de canon.
Notre année est à la poursuite de Tennemi sur la route de Laon.
Extrait du Moniteur du samedi 12 mars 1814.
S. H. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouveUes suivantes sur la situation de» armées, au 9 mars :
L'armée du général Bliicher, composée des débris des corps des généraux Sacken, Kleist et Yorck, se retira^ après les batailles de Montmirail et de Vauebamp, par Reims sur Châlons. Elle y reçut les deux dernières divisions du corps du /général Langeron, qui étaient encore restées devant Mayence, et elle y reforma ses cadres. Sa perte avait été telle, qu'elle fut obliirée de les réduire à moitié ; quoiqu'il lui rat arrivé plusieurs convois de recrues de ses réserves.
L'armée, dite du Nord, composée de
rtre divisions russes, sous les ordres généraux Wintzinfferode,Woronzoff et Strogonow, et d'une aivision prussienne sous les ordres du général Bulow, remplaçait à Châlons et à Reims, l'armée de Sifésie.
Celle-ci passa l'Aube à Arcis , pendant
Sue le prince de Schwarzenberg bordait t droite de la Seine , et , par suite des combats de Nangis et de Montereau, évacuait tout le pays entre la Seine etrTonne. Le 22 février, le générai Bliicher se présenta devant Méry. Il avait déjà passé le pont, lorsque le général de division Rover marcha sur lui à la baïonnette, le culbuta et le rejeta de l'autre côté de )a rivière ; mais 1 ennemi mit le feu au pont et à la petite ville de Mérv , et l'incendié fût si violent^ qne pendant quarante-huit heures il fut impossible de passer.
Le 24, le corps du duc de Reggio se
Ç)rta sur Vandœuvre , et celui du duc de arente sur Bar-sur-Seine.
Il paraît que l'armée de Silésie s'était portée sur la gauche de l'Aube, pour se réunir à l'armée autrichienne et donner une bataille générale; mais l'ennemi ayant renoncé à ce projet, le général Bliicher repassa l'Aube le 24, et se porta sur Sézanne.
Le duc de Raguse observa ce corps, retarda sa marche, et se retira devant lui sans éprouver aucune perte. Il arriva le 25 à La Ferté-Gaucher, et fit le 26 , à l.a Ferté-sous-Jouarre, sa jonction avec le duc deTrévise, qui observait la droite de
la Marne et les corps de ramée dite èi Nord, qui étaient à Châlons et à Reims.
Le 27 , le général Sacken se porta sur Meaux, et se présenta au pont placé à li sortie de Meaux sur le chemin de Nangis, qui avait été coupé. Il fut reçu avec de la mitraille. Quelques-uns de ses coorreuis s'avancèrent jusqu'au pont de Lagny.
Cependant l'Empereur partit de Troyes le 27, coucha le même jour au vm^ d'Herbisse, le 28 au château d'Esteniay, et le 1" mars à Jouarre.
L'armée de Silésie se trouvait amsi fortement compromise. Elle n'eut d'aatn parti à prendre que de passer la Marne. Elle jeta trois ponts , et se porta sv rOurcq.
Le général Kleist passa l'Onrcq et se portait sur 'Meaux par Yarede. Le docùe Trévise le rencontra le 28 en position a villaoe de Gué-à-Trème. sur la rive gauche ae la Térouenne. Il l'aborda franchement. Le général Christiani, commandant une division de vieille garde, s'est couyeit de gloire. L'ennemi a été poussé i'épée dans les reins pendant plusieurs lienes. On lui a pris quelques centaines d'hommes, et un grand nombre est resté sor ie champ de bataille.
Dans le même temps , l'ennemi anit
{lassé rOurca à Lisy. Le duc de Bague e rejeta sur rautre rive.
Le mouvement de retraite de l'armée de Rliicher fut prononcé. Tout filait sorli Ferté-Millon et Soissons.
L'Empereur partit de La Ferté-soos- Jouarre le 3 ; son avant-garde fut le voim jour à Recourt.
Les ducs de Raguse et de Trévise poossaient l'arrière-garde ennemie; ils {attaquèrent vivement le 3 à Neuilly-Saint- Front.
L'Empereur arriva de bonne beare le 4 à Prismes. On fit des prisonniers et l'os prit beaucoup de voitures de bagages.
La ville de Soissons était armée de vingt pièces de canon et en état de sedéfenare. Le duc de Raguse et le doc de Trévise se portèrent sur cette ville poor y passer l'Aisne, tandis que rEmperenrinarchait sur Mezy. L'armée ennemie était dans la position la plus dangereuse ; nuis le général qui commandait à SoissonSi par une lâcheté qu'on ne saurait définir, abandonna la place le 5 , à quatre lieor» après midi, par une capitulation soi di: sant honorable, en ce que l'ennemi nu permettait de sortir de la ville avec ses troupes et son artillerie, et se relira avec la garnison H son artillerie sur Viller?- Cotterets. Au moment où l'armée ennemie se croyait perdue, elle apprit que le pont de Soissons lui appartenait et n'avait pas même été coupé. Le général qui coounaAj dait dans cette place et les membres do
BULLETINS DE LA GltANDE-ARMÉE.
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coDfl^l de défense sont traduits à une i oommission d'enqaèle. Ils paraissent d'autant plus ooapables, que pendant tontes les journée du 2 et du 5. on avait entendu de fa ville la canonnaae de notre armée qui se rapprochait de Solssons, et qu'un •oataillon ae la Yistule qui était dans la place, et qui ne la quitta qu'en pleurant» donnait les plus grands témoignages d'intrépidité.
Le général Gortiineau, aide-de-eamp de l'Empereur, et le général de cavalerie Laiérriere s'étaient portés sur Reims, où ils entrèrent le 5 à quatre heures du matin, en tournant un corps ennemi de quatre iiataiilons qui couvrait la ville, et dont les troupes furent faites prisonnières. Tout ce qui se trouvait dans Reims fut pris.
Le 5, l'Empereur coucha à Eery-an>- Bac. Le général Nansouty passa de vive force le pont de Béry, mit en déroute une division de cavalerie qui le couvrait , s'empara de ses deux pièces de canon, et prit trois cents cavaliers , parmi lesquels s'est trouvé le colonel prince Gagarin, qui commandait une brigade.
L'armée ennemie s était divisée en deux parties. Les huit divisions russes de Sacken et de Wintzingerode avaient pris position sur les hauteurs de Craonne, et les corps prussiens sur les hauteurs de Laon.
L'Empereur vint coucher, le 6, à Corbeni. Les hauteurs de Craonne furent attaquées et enlevées par deux bataillons de la garde. L'officier d^ordonnanceCaraman, jeune <^cier d'espérance, à la tète d^un oataillon, tourna la droite. Le prince de la Hoskowa marcha sur la ferme d'Urtubie.
L'ennemi se retira et prit position sur une hauteur qu'on reconnut le 7, à la pointe du jour. C'est ce qui donna lieu à la bataille de Craonne.
Cette position était très belle, l'ennemi ayant sa droite et sa f^auche appuyées à deux ravins, et un troisième ravin devant lui. Il défendait le seul passade, d'une centaine de toises de largeur, qui joignait sa position au plateau de Craonne.
Le duc de Bellune se porta, avec deux divisions de la jeune garde, à l'abbaye de Vaucler, où l'ennemi avait mis le feu. Il l'en chassa et passa le défilé que l'ennemi défendait avec soixante pièces de canon. Le général Drouot le franchit avec plusieurs batteries. Au môme instant, le prince de la Moskowa passa le ravin de gauche et débouchait sur la droite de l'ennemi. Pendant une heure, la canonnade fut très forte. Le général Grouchy. avec sa cavalerie, déboucha. Le général Nansouty, avec deux divisions de cavalerie, passa le ravin sur la droite de l'ennemi. Une fois le défilé franchi et l'ennemi forcé dans sa position, il fut poursuivi pendant quatre lieues et canonné par quatre-vingts