II
pièces de canon k mitraille; ce qui M a causé une très grande perte. Le plateau par lequel il se retirait, ayant toujours des ratfins à droite et à gaudie, la cavalerie ne put le déborder et l'entamer.
L'Empereur porta son quartier-général & Brav.
Le lendemain 8« nous avons poursuivi l'ennemi jusqu'au-^elà du défile d'Uroel, et le jour môme, . nous sommes entrés à Soissons, où il a laissé un équipage de pont.
La bataille de Craonne est extrêmemenl glorieuse pour nos armes. L'ennemi y a perdu six généraux; il évalue sa perte de cinq à six mille hommes. La nôtre a été de huit cents hommes tués ou blessés.
Le duc de Bellune a été blessé d^lne balle. Le général Grouchy, ainsir que le général Laferrière, officier de cavalerie d'une grande distinction, ont également été blessés en débouchant à la tète de leois troupes.
Le général Belliard a pris le commaiH dément de la cavalerie.
Le résultat de toutes ces opérations est une perte pour l'ennemi de dix à douze mille hommes, et d'une trentaine de pièces de canon.
L'intention de l'Empereur est de nœuvrer avec l'armée sur l'Aisne.
Extrait du Monitewr du lundi 14 mars 1814.
S. M. l'Impératrice-Reine et Rémite à reçu les nouvelles suivantes sur la siniatioQ des armées, au 12 mars :
Le lendemain de la bataille de Craonne (le 8), l'ennemi fut poursuivi par le prince de la Moskowa Jusqu'au village d'Eteuvelle.
Le général Yoronzoff, avec sept ou huit mille nommes, gardait cette position, qui était très difficile à aborder, parce que It route qui y conduit chemine^ pendant une lieue, entre deux marais impratici^ blés.
Le baron Gourgaud, premier officier d'ordonnance de Sa Majesté, et officier d'un mérite distingué, partit a onze heu res du soir de Chavignon avec deux bataillons de la vieille garde, tourna la po^ sition, et se porta par Challevois sur Chivi. Il arriva à une heure du matin sur l'ennemi, qu'il aborda à la baïonnette, les Russes furent réveillés par les cris det^tve l'Empereur I et poursuivis jusqu'à Laon. Le prince de la Moskowa déboucha par le défilé. ^
Le lendemain 0, à la pointe du Jour, on reconnut l'ennemi qui s'était réuni aux corps prussiens. La position qu'il occupait
fO
LiKnii.
NAA%; it
*, ji m^ftm, fM ftTuI ooaefaé le
«X keures après
^ ifaYaiit-carde.enoe-
M nittage d'Athies, qu'il
^. .^ % Mft Je» j«ccès pendant toute la
j^iKt k liai Érara el demie, il prit po-
>#MM^ W ^«p4 levés» l'ennemi fit un
u»wi •«* A» ctt%atefie à une lieue sur les
s. gè 1» duc de Raffose avait un
KtMrre. Le duc de Raguse s*y
. ifgat; mais rennemi avait eu le
k i'idbver dans œ parc quinze piè-
4Mi\l» ciMB. Une grande partie du per*
«MMwt i wl sauvée,
UmèMJour, le général Charpentier,
r s* division de jeune garde, enleva le
de Glacy. Le lendemain, Tennemi
, jk sep4 fois ce village, et sept fois il
iMt repoussé. Le général Charpentier fit
rire cents prisonniers. L'ennemi laissa avenues couvertes de ses morts. Le Maitier-géoéral de l'Empereur a été, le 9 elleiO, aChavignon.
Sa Majesté, jugeant qu'il était impossible d*attaqaer les nauteurs de Laon , a porté le il sou quartier-général à Soissons. Le duc de Kaguse a occupé le même jour Béry- .au-Bae.
Le général Corbineau se louait à Reims du bon esprit des habitans.
Le 7, à onze heures du malin, le général Saint-Priest, commandant une division ruise^ s'eai présenté devant la ville de Reims et Ta sommée de se rendre. Le général Corbineau lui a répondu avec du Canon. Le fanerai Defrance arrivait alors avec sa division de gardes-d'honneur, il fit une belle charge et chassa l'ennemi. Le général Saint-Pnest a fait mettre le feu à deux grandes manulactures et à cinquante maisons de la ville qui se trouvaient hors de son enceinte, conduite digne d'un traasfuae : de tous les temps, les transfuges furent les plus cruels ennemis de kur patrie.
Soissons a beaucoup souffert; les habi« tants se sont conduits de la manière la plus honorable. Il n'est point d'éloges qu'ils ae donnent au régiment de la Yistule, qui fermait leur garnison ; il n'est pas d'éloges que le régiment de la Yistule ne fasse des habitants. Sa Majesté a accordé à ce brave corps trente décorations de la Légion-* d'uonneur.
Le plan de campagne de l'ennemi parait avoir été une espèce de howrra général sur Paris. Négligeant toutes les places de Flandre, et n^bservant Ber{;-op-Zoom et Anvers qu'avec des troupes inférieures en nombre de moitié aux garnisons de ces villes, l'ennemi a pénétré sur Avesnes.
Négligeant les places des Ardennes, Méziëresy Rocroy, PhilippeviUe, Givet,Ciiar*
lemont, Honlttédr^ Maastricht, Teshoi Jullers, il a passé par des chemins inirn. ticables ; pour amver sur Avesnes et Bethel. Ces places communiquent ensemble, ne sont pas observées, et leurs gamisov inquiètent fortement les derrières de Tes* nemi. Au même instant où le général Saiot^ Priest brûlaient Reims, son irère était arrêté par les habitants et conduit prisonnier a Charlemont. Négligeant toates Iss places de la Meuse, l'ennemi s'était avancé par Rar et Saint-Dixier. La gamisoa de Verdun est venue jusqu'à Saint-MiJiieL Auprès de Rar, un général hisse, rarié quelques moments, avec une quiouiii d'hommeNh après le départ de sa troupe, aélé tué» ainsi que son escorte, par les payssui en représailles des atrocitâ qu'ils ataiert ordonnées. Metz pousse ses sorties josqn'à Nancy; Strasbourg et les autres puK^sde l'Alsace, n'étant observées que par mielqnes partis, on y entre, on en sort librement, et les vivres y arrivent en abos* danoe. LeA troupes de la garnison de Mayence vont jusqu'à Spire. Les déparlements s'étant empressés de compléter lee cadres des bataillons qui sont dans todie ces places, où on les a armés, éqoi^ct exercés, on peut dire qu'il y a plasieon armées sur les derrières de l'ennemi. Sa position ne peut oue devenir tous les joui plus dangereuse. On voit, par les rajiports
Sue l'on a interceptés, que les régimenti e Cosaques, dont la force était oeden oent cinquante hommes, en ont perdn pis de cent vingt, sans avoir étéàaucaneaetion, mais par la guerre que leur ont fuie les paysans.
Le duc de Castidione manœuvre sar le Rhône, dans le département de l'Ain ^ dans la Franche-Comté. Les généraux Desaix et Marchand ont chassé rennemi de il Savoie. Quinie mille hmnmes passent in Alpes pour venir renforcer le duc deO tiglione.
Le Vice-Roi a obtenu de grands sactèi à Rorghetto, et a repoussé l'enneim del'Adige.
Le général Grenier, parti de Plaisance le 2 mars, a battu l'ennemi sur Parine, et l'a jeté au-delà du TanK
Les troupes françaises qui oceapaiest Rome, Civita-Yecchia, la Toscane, entrol en Piémont pour passer les Alpes.
L'exaspération des populations entrera s'accrott chaque jour dans la proportioii des atrocités que commettent ces nordei> plus barbares encore que leurs dimab,
3 ni déshonoreraient l'espèce humaine, et ont Texistence militaire a pour mobile, au lieu de l'honneur, le pillage et tons les crimes.
Les conférences de Lusigny, pour la so9pension d'armes, ont échoué. On n'a n s'arranger sur la ligne de démarcation.i)B
KVjr-
était (Tâccord snrlespMke au nord et à l'est ; mais rcava.
iK)D seulement étendre ta htJ Saône et le Rhône, mais ea Sus»ZL Savoie. On a répondu à celte i^m^j:
lention. en proposant d'adopter 'mb ^ partie le statu quo, et de laiW le «JT Gastiglione et le comte Bubna se téAa mL la ligne de leurs avant-postes. Cette mil sition a été rejelée. Il a donc fallu iSH çer a une suspension d'armes de quifti,; jours, qui offrait plus d'inconvénients q^^ d avantages. L'Empereur n'a pas cru, d'ail! leurs, avoir le droit de remettre de nombreuses populations sous le joug de fer dont elles avaient été délivrées. Il n'a pu consentir à abandonner nos communications avec ritalie, (jue l'ennemi avait essayé tant de fois et vainement d'intercepter, lorsque nos troupes n'étaient pas encore réunies.
Le temps a été constamment très froid.
Les bivouacs . sont fort durs dans cette saison' maison en a ressenti également les souffrances de part et d'autre. Il parait même que les maladies font des ravages dans l'armée ennemie, tandis qu'il y eu a fort peu dans la nôtre.
LA GBANDE-.ARM££. 4109
• concevoir de trop vives alarmes ; qu'ils se
'M)osent sur l'activité de l'Empereur et sur
c^cnie, du soin de notre délivrance !
qu ils sentent bien que c'est dans ces
s circonstances que l'honneur (la-
<'t nos intérêts bien entendus, nous
l«»nt plus qofe jamais de nous ral-
'• (le notre souverain I Secondons
M ne regrettons aucun sacrifice
•• enfin cette lutte terrible con-
- qui, non contents de com-
>, viennent encore frapper
hm ce qu'il a de plus
■»'au pays dont la gloire
^ . dans tous les temps,
louse
rârmée coalisée
^ ne s'énorgueil-
'rede la guerre
is si quelques
du pillage,
campagnes,
- défendre
opriétés.
Extrait du Moniteur du mercredi 46 mars 1814.
S. M. rimpératrice-Reine et Régente a reçu les nouvelles suivantes de la situation des armées, au 14 mars.
Le général Saint-Priest, commandant en chef le huitième corps russe, était depuis
Slusieurs jours en position à Chàlons-surtarne, ayant une avant-garde à Sillery.
Ce corps, composé de trois divisions qui devaient former dix-huit régiments et trente-six bataillons, n'était réellement que de huit réffiments ou seize bataillons, misant cinq a six mille hommes.
Le général Jagow, commandant la dernière colonne de la réserve prnssiennne, et ayant sous ses ordres quatre régiments de landwehrs de la Poméranie prussienne et des Marches, formant seize bataillons ou sept mille hommes qui avaient été employés au siège de Torgau et de Wittembcrg, se réunit au corps du général Sainl- Priesl, dont les forces se trouvèrent être de quinze à seize mille hommes, cavalerie et artillerie comprises.
Le général Sainl-Priest résolut de surprendre la ville de Reims, où était le général Corbineau, à la tête de la garde nationale et de trois bataillons de levée en masse, avec cent hommes de cavalerie et huit pièces de canon. Le général Corbineau avait placé la division de cavalerie! du général Deftranceà Ch&lons-sur-Yesle, à deux lieues Ue la ville.
division» é^'^
tre. L'ennemi *!-!: ^ •^ deBeîn lêes, oa pourto i fit une .-honnem, ^«^ ^ ^-^^ gloire, notamment Veiiû^v gur, commandant le 5« rtSi***» * gèrent entre la ville et \^S!!2^ K\ *terent dans le fftnhAn.^ ^r*^ ihr .^%k
avant de BeiB»%^.^ attaquées, on rt^J^
Bnœ,pourtoii3SM?.'L^-r franccfitune«ipe,£'^^^-
defr-d'honneur, q^J^^'ij
îèrent dans le fauboure î?55i ^^jT*
rent mille cavaliers et w?SK *^K
Sur ces entrefaites , le ^zît'»*-
et
VingVdeu? pièces "dTc^nonTS ^• prisonniers, cent voitures d'artifiS^Ï*'^ bagages, sont les résultats de c^SL?* née, qui ne nous a pas coûté ^ ^
La môme batterie d'artillerie léoàrA m,a frappé de mort le général Moreîm^vÏÏl Dresde, a blessé mortellement le ^néïîi Saint-Priest, qui venait à la tôle dS Tm tares du désert, ravager notre belle ni* trie. *^"'
L'Empereur est entré à Reims à une heure du matin, aux acclamations des ha bitants de cette grande ville, et y a placé son quartier-général. L'ennemi s'est retiré partie sur Châlons, partie sur Retbel, partie sur Laon. Il est poursuivi dans toutes ces directions.
Le 10- régiment de hussards s'est, ainsi que le 3« régiment des gardes-d'honneur, particulièrement distingué.
Le général comte de Ségur a été blessé grièvement, mais sans danger pour sa vie*
IIM
«•il }eUe, qtt'OB la )ii(eft îMttaqoaUe. On prit position.
Le dnc de Ragnse; qoi avait conohé le 8 à Gorbeni , parut à oeax heures ainrèg midi à Veslud, culbuta ravant-ffarde.ennevie; attaqua le village d'Athies, qu'il enleva, et eut des succès pendant toute la Jeurnée. A six heures et demie, il prit poiition. A sept heures, l'ennemi fit un hourra de cavalerie à une lieue sur les derrières» où le duc de Raguse avait un parc de réserve. Le duc de Raguse s'y
eia vivement; mais Tennemi avait eu le ps d^enlever dans ce parc quinze pièces de canon. Une grande partie du pereonnd s'est sauvée.
Le même Jour, le général Charpentier, avec sa division de jeune garde, enleva le ▼iUag& de Claoy. Le lendemain, Tennemi attaqua sepi fois ce village, et sept fois il lU repoussé. Le général Charpentier fit giiatre cents prisonniers. L'ennemi laissa les avenues couvertes de ses morts. Le 9«artier-géoéral de l'Empereur a été, le 9 et le 10, a Chavignon.
Sa M ajestét iugeant qu'il était impossible d'attaquer les nauteurs de Laon , a porté le il son quartier-général à Soissons. Le duc de Raguse a occupé le même jour Réryau-Rao.
Le général Corbineau se louait à Reims du bon esprit des habitans.
Le 7, à onze heures du malin, le général Saint-Priest, commandant une division russe « s'eet présenté devant la ville de Reims et Ta sommée de se rendre. Le général Corbineau lui a répondu avec du Canon. Le général Defrance arrivait alors avec sa division de gardes-d'honneur. Il 5t une belle charjge et chassa Tennemi. Le général Saint-Pnest a fait mettre le feu à deux grandes manudactures et à cinquante maisons de la ville qui se trouvaieDt hors de son enceinte, conduite digne d'un transfuge : de tous les temps, les trans-
Èges furent les plus cruels ennemis de ur patrie.
Soissons a beaucoup souffert; les habitants se sont conduits de la manière la plus honorable. Il n'est point d'éloges qu'ils ne donnent au régiment de la Yistule, qui fermait leur garnison ; il n'est pas d'éloges que le régiment de la Yistule ne fasse des habitants. Sa Majesté a accordé à ce brave corps trente décorations de la Légtond'flonneur.
Le plan de campagne de l'ennemi paraît avoir été une espèce de hourra général sur Paris. Négligeant toutes les places de Flandre, et n^bservant Rer(;-K)p-Zoom et Anvers qu'avec des troupes inférieures en nombre de moitié aux garnisons de ces villes, l'ennemi a pénétré sur Avesnes.
Négligeant les places des Ardennes, liéûèîesv Rocroy, PhilippeviUe, Givet, Ciiar-
lenoat, Montmédy* Maestriobl, T«be, Juliers, il a passé par des chemias inpnticables ; pour arriver sur Avesnes et Bs* thel. Ces places communiquent ensembla, ne sont pas observées, et leurs ganùMu inquiètent fortement les derri^es de l'ei* nemi. Au même instant oA le général Saint- Priest brûlaient Reims, son frère était arrêté par les habitants et conduit iHisosnier a Charlemont. Négligeant tooles tes placesde la Meuse, rennemi s'était avancé par Rar et Saint-Diaier. La gamisoD de Verdun est venue jusqu'à Saiot«lfiliieL Auprès de Rar, un général Aisse, nrté quelques moments, avec une quinuiii d'hommes, après le départ de sa troope, aélé tué» ainsi que son escorte, par les payniB, en représailles des atrocité qu'ils avaiert ordonnées. Meta pousse ses sorties joaqD'à
ment, et les vivres y arrivent en aboadance. Les troupes de la garnison de Mayence vont jusqu'à Spire. Lm départements s*étant empressés de compléler les cadres des bataillons qui sont dans toutes ces places, oà on les a armés, équiiiéset exercés, on peut dire qu'il y a plasiemi armées sur les derrières de îenDemi. Sa position ne peut que devenir tous les join plus dangereuse. On voit, par les rapports
âue Ton a interceptés, que les régiinenls e Cosaques, dont la ioroe était deden oent cinquante hommes, en ont perdoplu de cent vingt, sans avoir étéàaucnneaeiiott, mais par la guerre que leur ont âik les paysans. '
Le duc de Casti^ione manoeuvre m ie RhAne, dans le département de l'Ain tf dans la Franche-Comté. Les cénéraox Desaix et Marchand ont chassé rennemi de 11 Savoie. Quinze mille hommes passent les Alpes pour venir renforcer le duc deO tiglione.
Le Yice-Roi a obtenu de grands auooèi à Rorghetto, et a repoussé l'ennemi de l'Adige.
Le général Grenier, parti de Plaisance le 2 mars, a battu l'ennemi sur Parise, el l'a jeté au-delà du Taro.
Les troupes françaises qui occupaieiit Rome, Civita- Yecchia, la Toscane, mM en Piémont pour passer les Alpes.
L'exaspération des populations enti^ s'accrott chaque jour dans la proportion des atrocités que commettent ces bordes, plus barbares encore que leurs climats,
3ui déshonoreraient l'espèce humaine, et ont Texistence militaire a pour mobile, au lieu de l'honneur, te pilla^p^ et tons les crimes.
Les conférences de Lusigny, poar la sospension d'armes, ont échoué. On n'a p s'arranger sur la ligne de démarcation.i)B
était d'accord snr les points d'occupation au nord et à l'est ; mais Tennemi a voulu, non seulement étendre sa ligne sur la SaAne et le Rhône, mais en enyel(4)per la Savoie. On a répondu à cette injoste prétention, en proposant d'adopter pour cette partie le statu quo, et de laisser le due de Gastighone et le comte Bobna se régler sur la ligne de leurs avant-postes. Cette proposition a été rejetée. Il a donc fallu renoncer à une suspension d'armes de quinze jours, qui offrait plus d'inconvénients que d'avanCages. L'Empereur n'a pas cru, d'ailleurs, avoir le droit de remettre de nombreuses populations sous le joug de fer dont elles avaient été délivrées. Il n'a pu consentir à abandonner nos communications avec ritalie, que l'ennemi avait essayé tant de fois et vainement d'intercepter, lorsque nos troupes n'étaient pas encore réunies.
Le temps a été constamment très froid.
Les bivouacs . sont fort durs dans cette saison * mais on en a ressenti également les souffrances de part et d'autre. Il parait même que les maladies font des ravages dans l'armée ennemie, tandis qu'il y eu a fort peu dans la nôtre.
Extrait du Moniteur du mercredi 16 mars 1814.
S. M. rimpératrice-Reîne et Régente a reçu les nouvelles suivantes de la situation des armées, au 14 mars.
Le général Saint-Priest, commandant en chef le huitième corps russe, était depuis
Slusieurs jours en position à Chàlons-sur- [arne^ ayant une avant-garde à Sillery.
Ce corps, composé de trois divisions qui devaient former dix-huit régiments et trente-six bataillons, n'était réellement que de huit réffiments ou seize bataillons, misant cinq a six mille hommes.
Le général Jagow, commandant la dernière colonne do la réserve prnssiennne, et ayant sous ses ordres quatre régiments de landwchrs de la Poméranie prussienne et des Marches, formant seize bataillons ou sept mille hommes qui avaient été employés au siège de Torgau et de Wittemberg, se réunit au corps du général Saint- Priest^ dont les forces se trouvèrent être de quinze à seize mille hommes, cavalerie et artillerie comprises.
Le général Sainl-Priest résolut de surprendre la ville de Reims, où était le général Corbineau, à la tète de la garde nationale et de trois bataillons de levée en masse, avec cent hommes de cavalerie et huit pièces de canon. Le général Corbineau avait placé la division de cavalerief du général Defrance à Chftious-sur-Yesle, à deux lieues lie la ville.
Le 12, à cinq heures du matin» le général Saint-Priest se présenta aux di&rentes portes. Il fit sa principale attaque sur la porte de Laon , que la supériorité de son nombre lui donna le moyen de forcer. Le général Corbineau opéra sa retraite avec les trois bataillons de la levée en masse et ses cent hommes de cavale rie, et se replia sur Châlons-sur-Yesle. La garde nationale et les habitants «e sont très bien comportés dans cette circonstance.
Le 13. à quatre heures du soir, l'En^ pereur était sur les hauteurs du Moulin-à- Vent, à une lieue de Reims. Le duc de Ra- «use formait Tavant-garde. Le général de division Merlin attaqua, cerna et prit plusieurs bataillons de landwehr prussienne.
Le général Sébastiani, commandant deux divisions de cavalerie , se porta sur la ville. Une centaine de pièces de canon furent engagées, tant d'un côté que de l'autre. L'ennemi couronnait les hauteurs en avant de Reims. Pendant qu'elles étaient attaquées, on réparait les ponts de Saint- Brice, pour tourner la ville. Le général Defrance fit une superbe charge avec les gardes-d'honneur, qui se sont couverts de gloire, notamment le général comte de Ségur, commandant le 5* régiment. Ils chargèrent entre la ville et rennemi* qu'ils Jetèrent dans le faubourg, et auquel ils prirent mille cavaliers et son artillerie.
Sur ces entrefaites , le général comte Krasinski ayant coupé la route de Reims à Béry-au-Bac, Tennemi abandonna la ville, en fuyant en désordre de tons côtés. Vingt-deux pièces de canon, cinq mille prisonniers, cent voitures d'artillerie et de bagages, sont les résultats de cette journée, qui ne nous a pas coûté cent nommes.
La même batterie d'artillerie légère qui a frappé de mort le général Moreau devant Dresde, a blessé mortellement le général Saint-Priest, qui venait à la tète des Tartares du désert , ravager notre belle patrie.
L'Empereur est entré à Reims à une heure du matin, aux acclamations des habitants de cette grande ville, et y a placé son quartier-général. L'ennemi s'est retiré, partie sur Chalons, partie sur Rethèi, partie sur Laon. Il est poursuivi dans toutes ces directions.
Le 10* régiment de hussards s'est, ainsi que le 3' régiment des gardes-d'honneur, particulièrement distingué.
Le général comte de Séffur a été blessé grièvement, mais sans danger pour sa vie.
L'EMPIRE
Extrait du Moniteur du mardi 22 mars 18l4.
S. M. rimpératrio^Reine et Ré^nte a recules noavdîes suivantes de ia situation des armées, au 20 mars :
Le général Wittgenstein, avec son corps d'armée, était à Yillenoxe. Il avait jeté des ponts à Pont, où il avait passé la Seine, et il marchait sur Provins.
Le duc de Tarenle avait réuni ses troupes sur cette ville. Le 16, Tennemi manoeuvrait pour déborder sa ffauche. Leduc de Reggio engagea son artillerie, et toute tajotirnée se passa en canonnade. Le mouvement de l'ennemi paraissait se prononcer sur Provins et sur Nangis.
D'un autre côté , le prince de Schwarzenberg, l'empereur Alexandre et le roi de Prusse étaient à Arcis^ur-Aube.
Le corps du prince-royal de Wurtemberg s'était porte sur ViUers-aux-Comeil-
Le général Platow , avec ses trois mille barbares, s^était jeté sur Fère-€hampenoise et Séxanne.
L'empereur d'Autriche venait d'arriver de Chaumont à Troyes.
Le prince de la Moskowa est entré le 16 à Chàlons-sur-Marne.
L'Empereur a couché le 17 à Epernay ; le 18, a Fère-Cbampenoise , et le 19, à Plancy.
Le général Sébastiani, à la tète de sa cavalerie, a rencontré a Fère-Ghampenoise le général Platow, l'a culbuté et Ta poursuivi jusqu'à l'Aube , en lui faisant des prisonniers.
Le 19, après midi , l'Empereur a passé l'Aube à Pfancy. A cinq heures du soir, il a passé la Seine à un gué , et a fait tourner Méry, qui a été occupé.
A sept heures du soir, le général Letort, avec les chasseurs de la garde, est arrivé au village de Châtres, coupant la route de Nogent a Troyes ; mais l'ennemi était déjà
Eartout en retraite. Cependant le général etort a pu atteindre son parc de pontons, qui avait servi à faire le pont de Pont-suràeine; il s'est emparé de tous les pontons sur leurs baquets attelés, et d'une centaine de voitures de bagages; il a fait des prisonniers.
Dans la journée du 17, le général de Wrede avait rétrogradé rapidement sur Arcis-sur-Aube. Dans la nuit du 17 au 18, l'Empereur de Russie s'était retiré sur Troyes. Le 18, les souverains alliés ont évacué Troyes, et se sont portés en toute hâte sur Rar-sur-Aube.
S. M. l'Empereur est arrivé à Arcissur-Aube le 20 au matin.
Extrait du Moniteur du 89 mars ISU
Le 26 de ce mois , S. M. rEmpereur i battu à Saint-DizierlefféaéralWintzinc^ rode, lui a fait deux mille prisonniers, ni a pris des canons et beaucoup de voitora de bagages. Ce corps a été ponrsaivi très loin.
Bulletin du 31 mars 1814.
S. M. r Impératrice-Reine et Régenica reçu les nouvelles suivantes des armées, du 29 mars :
Le général de division Béré est entré à Chaumont le 25, et a ainsi coupé la ligne d'opération de l'ennemi; il a interceplé beaucoup de courriers et d'estafeltes,el enlevé à l'ennemi des bagages, plosients pièces de canon, des magasins d'habillémenls et une grande partie des hôpiUax. 11 a été parfaitement secondé par les habitants de la campagne, qui sont partoat e& armes et montrent la |plus grande ardeur. M. le baron de Wissemberg, ministre(rAatriche en Angleterre, revenant de Londre avec le comte de Pulsy, son secrétaire de légation 'le lieutenant-général suédois SessMe de Brand, ministre de Suède aopiii de Fempereur de Russie, avec an major suédois; le conseiller de guerre prossiei. Peguilhen; MM. de Tolstoi et de Maroof, et deux autres officiers d'ordonnance ruses, allant tous en mission aux différeois qnartiers-généraux des. alliés, ont été arrêtés par des levées en masse, et conduis au quartier-général. L'enlèvement de œs personnages, et de leurs papiers, qoi oil tous été pris, est d'une grande importaflit
Le parc de l'armée russe et tous scséqupages étaient à Bar-sur-Aube. A la pf^ miere nouvelle des mouvements deranMe, ils ont été évacués sur Bedforl; ceqoi prive l'ennemi de ses munitions d'arlilifrrie. de ses transports de vivres de rwerve, et de beaucoup d autres objets qui lai élaieat nécessaires.
L'armée ennemie ayant pris le parh a»; pérer entre l'Aube et fa Marne, avait lai» le général russe Wintzingerode à SainlrD!zier, avec huit mille hommes de cavalerie et deux divisions d'infanterie, afio * maintenir la ligne d'opérations, etfaciultf l'arrivée de l'artillerie, des munilioBS « des vivres, dont l'ennemi a le plas graK besoin. , .,
La division de dragons du général luhaud. et la cavalerie de la garde, cob»: mandée par le général Sébastiani, onlpas^ le gué de Valcœur le 22 mars, ont œarcùe sur cette cavalerie , et, après de beue charges, l'ont mise en déroute. Iro^^ïJ hommes de cavalerie russe, dont beanm
BULLETINS DE LA GBANDE-ARMÉB.
de la garde impériale, ont été tnés ou pris. Les dix-huit pièces de canon qu'avait Vennemi, lui ont été enlevées, ainsi que ses bagages. L'ennemi a laissé les bois et les prairies jonchés de ses morts. Tous les corps de cavalerie se sont distingués à Tenvi les uns des autres. Le duc de Reg-
810 a poursuivi Tennemi jusqu'à Bar-surrnain, où il est entré le 27. Le 29, le quartier - général de l'Empereur était à Troyes. Deux convois de prisonniers, dont le nombre s'élève à plus de six mille hommes, suivent l'armée.
Dans tous les villages, les habitants sont sous les armes; exaspérés par la violence, les crimes et les ravages de l'ennemi, ils lui font une guerre acharnée, qui est pour lui du plus grand danger.
lHi1«raert7l8U.
L'Empereur, qui avait porté son quartier-cénéral à Troyes le 39, s'est dirigé à marches forcées par Sens sur sa capitale. Sa Majesté était le 81 à Fontainebleau ; elle a appris que l'ennemi , arrivé vingtquatre heures avant l'armée française, oc« eupait Paris, après avoir éprouvé une forte résistance, qui lui a coûté beaucoup de monde.
Les corps des ducs de Trévise, de Raguse et celui du général Gompans, qui ont concouru à la défense de la capitale, se sont réunis entre Essonne et Pans, où Sa Majesté a pris position avec toute l'armée qui arrive de Troyes.
L'occupation de la capitale par l'ennemi est un malheur qui afflige profondément le cœur de Sa Majesté, mais dont il ne faut pas concevoir des alarmes ; la présence de l'Empereur avec son armée aux portes de Paris, empêchera l'ennemi de ses porter à ses excès accoutumés, dans une ville si populeuse , qu*il ne saurait garder sans rendre sa position très dangereuse.
Proclamation annexée au Bulletin.
L'Empereur se porte bien et veille pour le salut de tous.
S. M. l'Impératrice et le Roi de Rome sont en sûreté.
Les Rois frères de l'Empereur, les grands dignitaires , les ministres, le Sénat et le Conseil d'Etat, se sont portés sur les rives de la Ix>ire, où le centre du gouvernement s'établit provisoirement.
Ainsi l'action du gouvernement ne sera pas paralysée ; les bons citoyens, les vrais Français, peuvent être affliges de l'occupalion de la capitale, mais ils ne doivent pas
ooDcevoif de trop vives alarmes ; qu'ils se reposent sur l'activité de l'Empereur et sur son génie, du soin de notre délivrance ! Mais qu'ils sentent bien que c'est dans ces grandes circonstances que l'honneur (lationaJ, et nos intérêts bien entendus, nous commandent plus que jamais de nous rallier autour de notre souverain ! Secondons ses efforts, et ne regrettons aucun sacrifice pour terminer enfin cette lutte terrible contre des ennemis qui, non contents de combattre nos armées, viennent encore frapper chaque citoyen dans ce qu'il a de plus cher, et ravager ce beau pays dont la gloire et la prospérité furent, dans tous les temps, l'objet de leur haine jalouse.
Malgré les succès que Tannée coalisée vient d'obtenir et dont elle ne s'enorgueillira pas longtemps , le théAtre de la guerre est encore loin de nous ; mais si quelques coureurs , attirés par l'espoir du pillage, osaient se répandre dans vos campagnes, ils vous trouveront armés pour défendre vos femmes, vos enfants, vos propriétés.
Proclamation de Vlmpératrice-Reine et Régente.
BfoU, 3 oeH/.
Français,
Les événements de la guerre ont mis la capitale au pouvoir de l'étranger.
L'Empereur, accouru pour la défendre; est à la tête de ses armées yi souvent victorieuses.
Elles sont en présence de l'ennemi, sous les murs de Paris. G*est de la résidence que j*ai choisie, et des ministres de l'Empereur, qu'émaneront les seuls ordres que vous puissiez reconnaître.
Toute ville au pouvoir de l'ennemi cesse d'être libre; toute la direction qui en émane est le langage de l'étranger, ou ce^ lui qu'il convient a ses vues hostiles de propager.
Vous serei fidèles à vos serments; voua écouterez la voix d'une princesse qui fiit remise à votre foi, qui fait sa gloire d'être Française, d'être associée aux destinées du souverain que vous avez libremenl choisi.
Mon fils était moins sûr de vos cœurs an temps de nos prospérités.
Ses droits et sa personne sont sovs votre sauve-garde.
Signé, Màbie-Louisb.
IHO
L'EMiniB,
Diêcau/n de Napoléon à m gardé, torequ'il apprit l'entrée des alliés à Parie^
m Officiers, soiuhofflciers et soldats de la vieille garde I Teanemi nous a dérobé trois marches ; il est entré dans Paris. J*ai fût oifrir à femperear Alexandre une paix achetée par de grands sacrifices : la France avec ses anciennes limites, en renonçant à ses conquêtes, et perdant tout ce que nous avons gagné depuis la révolution.
Non seulement il a refusé , il a fait plus enoore : par les suggestions perfides tfhommes à qui j*ai accordé la vie, que j'ai comblés de bienfaits, il les autorise à porter la cocarde blanche, et bientôt il voudra la substituer à notre cocarde nationale Dans peu de jours, j*irai Fatta-
quer dans Paris. Je compte sur vous
Ai-je raison ? (Ici 8*élèvent des cris nombreux : mve l' Empereur I Oui, à Paris, à Paris....) Nous irons leur prouver que la nation française sait être maîtresse chez elle; que si elle l'a été si souvent chez les
son territoire. Allez communiquer ces sentiments à vos soldats. »
Ordre du Jour.
FonMnêbiêtm, 4 ù»rii i8U.
L'Empereur remercie l'armée {pour rattachement qu'elle lui témoigne, et prin*cipalement parce qu'elle reconnaît que la France est en lui. et non pas dans le peuple de la capitale. Le soldat suit la fortune ou l'infortune de son général, son hranenr et sa religion. Le duc de Raguse n'a pas inspiré ces sentiments à ses oompagnons d'armes; il est passé aux alUÀ. L'Empereur ne peut approuver la oondition sous laquelle il a fait cette démarche; il ne peut accepter la vie ni la liberté de la merci d'un sujet. Le sénat s'est permis de disposer du gouvernement français ; il a oublié aif il doit à l'Empereur le pouvoir dont il abuse maintmant ; que c'est lui qui a sauvé une partie de ses membres de l'orage de la révolution, tiré de l'obscurité et protégé l'autre contre h haine de la nation. Le sénat se fonde sur les articles de la constitution, pour la renverser; il ne rougit pas de faire des reproches à l'Empereur; sans remarqua que, comme le premier corps de l'Etat, il a pris part à tous les événements. 11 est allé si loin qu'il a osé accuser l'Empereur d'avoir changé des actes dans leur publication; le monde entier sait qa'il n^avait
pas besoin de tels artifices: un signeitait un ordre pour le sénat, qui touioars faisait plus qu'on ne désirait de lui. L'Empereor a toujours été accessible aux sages remontrances de ses ministres, ;et u attendait d'eux, dans cetto drconstanoe, une joatification la plus indéfinie des mesures qu'il avait prises. Si l'enthousiasme s'est m(ié dans les adresses et discours publics, alois l'Empereur a été trompé; mais ceoi qoi ont tenu ce langage, doivent s'attribuer I eux-mêmes la suite funeste de leurs flatteries. Le sénat ne rougit pas de parler des libelles publiés contre les gouvememeils étrangers ; il oublie qu'ils furent rédirâ dans son sein. Si longtemps que it fortune s'est montrée fidèle à leur souverain, ces hommes sont restés fidèles, et Dolle plainte n'a été entendue sur les abos ds pouvoir. Si l'Empereur avait méprisé les nommes, comme on le lui a r^roché, akn le monde reoonnattrait aujourd'hui qu'il a eu des raisons gui motivaient son mépris. 11 tenait sa dignité de Dieu et de la natum; eux seuls pouvaient l'en priver: il l'a toujours considérée comme un fardeau, et lorsqu'il l'accepta, c'était dans la 6on▼i^ tion que lui seul était à même de la porttf dignement Son bonheur paraissait ebe sa destination: aujourd'hui que la forlme s'est décidée contre lui, la voloatédela nation seule pourrait le persuader de rester plus longtemps sur le trêne. S'il se doit considérer comme le seul obstacle à la paix, il fait ce dernier sacrifice à h France : il a, en conséquence, envoyé le prince de la Moskowa et les ^ucs de licence et de Tarente à Paris, pour eDlainr les négociations. L'armée peut être certaine que son bonheur ne sera iamais m contradiction avec le bonheur de la Fraoeei