BATAILLE DE TOULOUSE
SUuaHm de l'armie ûm Pyrénées, au C9mmeneementdejainmer 1814 (i) .
La droite, Mms les ordres da oomte Beille, occupe le camp retranché de tayonne; le centre, commandé par )e comte d'Erloa, sur la rive droite de TAdoor entre Bayonne et Pont-de-Lanne ; la gauche, sons fe général Gausel, borde la rive droite de la Bidouze, depuis son confluent jusqu'à Saint-Palais.
Le général Harispe organise la levée des Basques; U est à Saint-Jean-Pied-de- Port
On a retranché Hastingues et construit des tMes de pont sur la Bidonze à Guiche et à Came. L'entrepôt général de Tappro- ▼isionnement de l'armée estàDax. On a mis cette ville à Pabri d'un coup de main. On s'occupe avec activité de l'instruction des recrues.
Le 3 janvier, le duc de Dalmatie s*élendit vers sa gauche et se rapprocha de Belette, afin de lier ses opérations à celles du général Harispe. Ce mouvement, exécute avec habileté par le général Clause!, fut terminé le 6 malgré l'opposition de l'ennemi. La division Taupin occupa du pont de Bardes à la Bastide. La division Darricatt Ait placée sur ieplateaud'Ayherre. Les brigades Dantmrre et Paris prirent position à Belette.
FÉvunu
Le maréchal Soult regut l'ordre d'envoyer à la grande armée deux divisions d'infonlerie, six régiments de drains, et deux mille hommes d'élite, ce qui réduisit son effectif à trente-cinq mille nommes et trois cents chevaux. L'année anglaise est de phis de cent trente mille hommes et vient encore d'être renforcée.
Le 14 fiâvrier, une forte gelée ayant rendu les chemins praticables, lord Wellington
I croyeat devoir douier ona relaUen smmnvw de U ceMpasM def Prrénéea, que termina fl gtoriemeineBl la baUftle de Toalouie. Pntaéê parretpeee,aomn'a?ou pa prétenterqae lea UAU principaux, réferraol de douner plufde ^éfeloppenenla à la baUille de Parti dont DM eomprennent tvnle rimportanee.
prit l'offensive et se mit en mesore de passer FAdour.
Le duc de Dahnatie ne pouvant, vaTiilériorité de ses forces, se maintenir sur h Gave-d'Oléron, s'échelonna, dès le 22, nr Orthez où Tarmée prit position le 26.
Les alliés se dirigèrent sur Orthez, le St, en trois colonnes : le maréchal Beresfort sur la grande route d'Orthez; le génénl Stappleton-Coton, avec la cavalerie, pana le Gave de Pau au gué de Canneille etde la Bontan ; le général Bill prit positioi sur les hauteurs de Magrais et de Bépart.
Le colonel Favrot, du 15* de diasseon, chargé de garder le passage du Gave de Pau, s'est aiMenté sans moUfs; s'il avait
5 ré venu à temps le général en chef des ispositions de l'ennemi, les alliés auraient payé cher la division de leurs forces. La conduite de cet oflBcier sera soumise i une enquête (1).
Le 27, nous fûmes attaqués sur toote h ligne, et, malgré l'immense supériorité de l'ennemi , l'artillerie arrêta longtemps le ffénéral Beresfort au débouché de Saint* fioès. Mais , les alliés ayant léuû toutes leurs forces sur notre gauche, et le général Hili ayant forcé le gué de Biroi, le duc de Dalmatie n'hésita pas à ordooner la retraite. Elle s'effectua avec ordre, et les divisions passèrent successivement le défilé sans confusion et sans autre perte que celle d'un escadron du ai* de chasseurs, commandé par le chef d'escadron Leciair« Ces braves gens, après avoir chargé sor une colonne portugaise, et fait mettre bas les armes à quatre cents hommes, farest enveloppés par des forces tellement sopérieures, que sept seulement parvinrent à s'échapper.
La bataille d'Orthez est glorieuse poer l'armée française qui a résisté à des fortes quintuples. La perte a été égale de chaove côté; nous avons à regretter le géDtfal Béchaud, tué au village de Saint-Boès:
c'était un brave soldat. Le gânéral Foja été grièvement blessé.
(i) Le colonel FtTrok (tat blâmé; mtii da orconiUiicef ttléniMntefl afaot milllé en m hiw, cet oOcier, qui mériu oonstammenl l'efliae « ■et cbeb, et oui compte plof ieun beeux fiHi fn- DMi, ftiC rendu à tes fonetioni .
BATAILLE WS TOVLOUSI.
iliS
Le maréchal Soalt prit la déterminaliuu d6 poursuivre son mouvement de retraite. Arnvé à Saint-Séver, il repasse TAdour ; par des manœuvres liabiles, il dérobe deux marches à son adversaire, et fit perdre à Wellington tous les avantages qnû aurait pu tirer de la bataille d*Orthez.
Ayant ainsi trompé l'ennemi, l'armée continua sa retraite sur Aire ; les magasins de cette ville et ceux de Barcelonne Turent évacués malgré les efforts des alliés. Le général Clause! se maintint avec valeur dans sa position d*Aire, contre les efforts dune brigade portugaise et ceux de la division anâaise StewarL
Le 43' de chasseurs de la brigade Berton a exécuté une charge brillante sur la cavalerie de lord Sommerset. Au combat d'Aire, notre perle a été peu considérable ; les alliés ont eu plus de douze cents hommes hors de combat.
L'esprit public est excellent ; les vétérans de l'armée s*organisent et demandent à combattre.
Le 12, Tannée se mit en marche pour manœuvrer sur la droite de l'ennemi , mais ayant appris que le général Hill avait été renforce, le maréchal se retira par Sima-» courbe et Lambège sur Vic-Bigorre.
Le général Berton, avec ta cavalerie léffëre, chargé de contrarier la marche des alTiés, exécuta cet ordre avec succès ; échelonné derrière Moubourguet, jl attendit que la cavalerie anglaise en débouchât pour la charger avec impétuosité. Il la culbuta jusque dans la ville. Le colonel Duchâtel, du zi' de chasseurs, tua de sa main un lieutenant-colonel des dragons hanovriens.
L'armée française continua sa marche sur Tarbes, où elle arrêta encore Wellington qui croyait poursuivre une armée en Eleine retraite. Le lendemain , elle suivit t route de Tarbes à Toulouse, sans que la nombreuse cavalerie anglaise osât l'inquiéter sérieusement.
AVfilt.
Arrivé à Toulouse, le duc de Dalmatie résolut d'y attendre l'ennemi. Il profita de la lenteur avec laquelle Wellington le suivit, pour élever un camp retranché autour de la ville. Les soldats, tenant l'arme d'une main, travaillaient de l'autre; à Taspectde l'étranger, la plus grande partie des citoyens, les étudiants en droit et en médecine se souviennent qu'ils sont Français et accourent à la défense de la patrie.
Le maréchal plaça d'abord sa petite armée sur la rive fauche de Isî Garonne, la gauche au chemin de Muret, et la droite à
une lieue en avant de Toulouse, défendant les approches du faubourg Saint-Gyprien.
Ce faubourg fut fermé en entier par des ouvrages de campagne appuyés sur deux fortes redoutes, élevées rune à la tête du pont qui joint le faubourg à la ville, et l'autre sur la route d'Auch. Trois redoutes défendirent les trois ponts situés sur le canal du Languedoc ; cinq furent élevées sur un coteau qui domine le canal au nord et à l'est ; tous les ponts sur la rivière d'Ers furent minés ou détruits. Ces nombreux retranchements, ces lignes formidables, construitsen trois jours, montrèrent aux Anglais ce que peuvent le patriotisme des citoyens, et l'ardeur des soldats français dirigés par un habile général.
L^nnemi n'arriva que le 6 devant les murs de Toulouse. Il voulut d'abord attaquer le faubourg Saint-Michel, défendu naturellement par la Garonne, l'Arriége et un terrain marécageux, et que le maréchal avait jugé inutile de retrancher. Wellington avait aussi l'intention de nous couper la route de Castelnaudary ; mais le duc de Dalmatie méprisa ce mouvement, et les alliés se convainq^uirent bientôt que leur projet était impraticable.
Le 9, toute Tarmée alliée passa sur la rive droite de la Garonne, a l'exception des divisions Hill et Picton, chargées, d'attaquer le faubourg Saint^Cyprien.
Le maréchal Soult plaça sa petite armée dans la position suivante :
Les deux divisions, commandées par le ffénéral Beille, dans les retranchements du laubourg Saint-Cyprien ;
Les divisions Darricau et Maransin, s'appuyant à l'embouchure du canal, formaient la gauche de l'armée ;
Le comte d'Erlon, avec les divisions d'Armagnac et Villate, commandait le centre;
Le général Clausel, avec la division Taupin et la cavalerie de l'armée, sous les ordres du général Soult, frère du maréchal, formait la droite;
La réserve de conscrits, sous le général Travot, gardait les ouvrages du pont des Demoiselles ;
La garde nationale de Toulouse faisait le service dans l'intérieur et aux portes ;
Le maréchal se plaça de sa personne au centre sur la redoute la plus élevée, afin d'embrasser d'un seul coup-d'œil toute la ligne et d'en diriger les mouvements.
Le 10, vers 6 heures du matin, l'armée alliée s'ébranla sur tous les points ; les généraux Hill et Picton attaquèrent le faubouro; Saint-Cyprien : deux bataillons de la brigade Berher continrent tous les efforts de l'ennemi à la jonction du nouveau canal avec l'ancien.
Le général Beresfort passa l'Ers et attaqua vivement la division Villate. Le gêné*
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VSItÊWE.
rai espagnol Freyre, doot le moaTement était combiné avee celui da général Bere»iort, se porta sur la division d'Armaffnac et l'attaqua par un grand feu d'artilTme sur son centre et vers sa gauctie. lis furent accueillis par un feu terrible de mitraille etdemousqueterie; dans le même moment, le général Harispe lance une de ses brigaoes contre les Espagnols ; le général a*Arma(;nacen fait autant par le revers de la position, et le général Darricau, saisis* sant rà-nropos, jette un bataillon gur la route d'Aibi ; ces efforts simultanés cul-* butent Fattaque du général Freyre et le ramènent à près d'une demi^ieue.
Les Espagnols laissèrent plus de mille hommes sur le champ de bataille.
Pendant ce temps, le général Bill était parvenu, avec beaucoup de tâtonnements, a chasser, avec ses trois divisions, les postes d'avertissement que le comte Reille avait laissés dans la première enceinte du faubourg Saint-Gyprien en se retirant dans la seconde. Le général Picton attaque de nouveau le pont Jumeau : les Anglais veulent escalader les retranchements ; mais le général Bcrlier les fait écraser à coups de pierres dans le fossé : ils sont repoussés avec une perte énorme.
Le 31' léger arrête la division d'Alten devant le couvent des Minimes.
L'action ne laissait alors que peu d'es* pérance à Tarmée alliée ; récnec du général Freyre et le manque d'artillerie avaient suspendu la marche du maréchal Beresfort ; vers midi il attaqua la redoute appelée la Pujade, s'engagea dans un terrain difficile, et s'arrêta au pied de la colline de Montaudran. Ce mouvement laissait un grand vide au milieu de la ligne de bataille ; le duc de Dalmatie en profita et donna Tordre à la division Taupin, soutenue par la brigade Lesueur, de marcher à la rencontre du général Cole, tandis que le Si« de chasseurs , guidé par le lieutenant-général Clauscl , chercherait à lui couper ses communications en se portant en avant, et que le général Berton chargerait le flanc gauche.
Déjà nous touchions les Anglais, déjà les baïonnettes se croisaient, quand le général Taupin, qui avait chargé avec la plus grande vigueur, fut frappé mortellement à la tète de sa division. Ce malheur occasionna un instant de flottement dont l'ennemi profita.
Pans cette extrémité» le maréchal Soult
change de front et prcaid une nouvelle ligne appuyée au pont des Demoisdles et aux redoutes duCalvinet. On combat avec une nouvelle fureur ; les généraux Harispe et Borot sont grièvement blessés, et ce ne fut qu'à cinq neures du soir que le 45* évacua la dernière redoute. La brigade Lamorandière fit des prodiges de rmx dans celles de la Pujade, et eut son général hors de combat. Vers sept heures do soir ces dernières redoutes furent également enlevées.
Intimidés par la résistance des Français, les vainqueurs s'arrétèrenl et n'osèrent refouler l'armée française sur le canal : dans cette position, maître encore du faaboarg Saint-Etienne^ le duc de Dalmatie avait sa retraite assurée et se trouvait en mesore d'accepter un nouveau combat.
Wellington douta longtemps de la viotoire, et ne s'occupa le il que des moym de se maintenir dans les positions gn'il avait enlevées. Leduc de DaUnatientla nuit suivante sa retraite sur Castelnaadanr.
La perte des alliés fut plus oonsidârable que la nôtre.
Parmi les traits gloneux gui, dans ce jour mémorable, illustrèrent le nom ftançais, il en est un qui mérite une mentioD particulière.
Le général Berton se retirant sur la ri?6 gauche de TErs, avec la cavalerie légi^ sous ses ordres, pour arrêter la poursuite de l'ennemi, devait faire sauter le pontd^ miné sur cette rivière. Il fait mettre le fea à la mèche , et se porte rapidement hors d'atteinte de l'explosion. Quelques minâtes se passent, et le pont est encore intact. Ce retard, qui pouvait être funeste à 1 armée, excitait la plus grande inquiétude. Le nocmé Vincent, maréchal-des-lo^s an 22* régiment de chasseurs, témom de l'anxiété de son général, de son prop« mouvement se précipite vers le pont, saiYÎ d'un seul chasseur^ qu'il appelle pour teoir son cheval; met pied à terre près delà foudre qui pouvait éclater, examine la mèche de la fougasse. qu*il trouve éteinte, bat le briquet, la rallume avec de Tanui; dou, saute à cheval et s'éloi^e. Il n'était pas à dix pas , que Fexplosion eut lien.
Dans cette sanglante journée, pendant laquelle vingt mille Français résistèrent! cent mille ennemis , le maréchal Son!
prouva qu'il était toujours le plus grand noanœuvrier de l'Empire, comme l'uip^ reur le lui avait dit à Austerlita.
BATAILLE DE PARIS
VXTRàlT DC8 MÉMOIBES
POUS SBRYia
A L'HISTOIRE DE lA CAMPAGNE DE 1814,