INTRODUCTION
lnrl*éMpolilk|«6d«raiirope dans ramée MM. - Origine «I «mm 4e là I entreltymiceetlaPruMe.— Situation des irméee tençaiaet et praarfeBaes à cette époque.
les Hâtions de l'Curope n'avaient pas en depuis longtemps la perspective d'une fttix aussi solide que celle qui semidait leur être assurée par le traité de Fresbourg. Ce traité , fruH de 4a brillante campagne de 1805 , avait accru ia juste prépondérance dont la France jouissait depuis longtemps en Europe. Les années françaises venaient de détruire une coalition qui pandssait devoir être le deitiier complot que formerait le génie du mal contre le repos des peuples. Vexeanfie de deux puissances comme T Autriche et la Russie , forcées de demander la p8R à r^npereur des Français , après avoir été amenées à ce résultat par les défiiites lespIoB sanj^ntes , semblait devoir instruire suffisamment les autres gouvernements, et les empêcher d'attirer sur eux un guerrier aussi terrible pour ses enneiiBs qu'A se montrait magnanime envers ses alliés.
SîiqiMlque éhose surtout devait rassurer lïurope sur le danger dont semblait k Dwnacer la force redoutable de TEmph^ français , e'étaitremptoi queffapotéon
iOÛ LEMPIHE.
faisait de sa puissance. Il avait élevé à la dignité royale les électeurs de Bavière et de Wurtemberg^ en récompense de Tassistance que ces monarques lui avaient donnée pendant la guerre; et il avait forcé T Autriche de leur faire des concessions qui , en arrondissant leurs territoires respectifs , donnaient à leurs États une consistance précieuse pour Tavenir. Il n'avait pas moins augmenté proportionnellement, et d'après les mêmes motifs, les États du grand-duc de Bade ; quoique ce prince fût beau-père de l'empereur de Russie , qui avait montré tant d*animosité contre la France dans la guerre de 1805:
Quelques mois après le traité de Presbourg, l'empereur des Français fit con^ naître aux princes du corps germanique la sollicitude que lui inspirait la tranquillité et le bonheur de cette association respectable, en se déclarant son protecteur spécial. Depuis longtemps , l'antique constitution de l'empire d'Allemagne tombait comme un édifice miné par le temps et que rien ne protège contre les éléments qui lui livrent journellement de nouvelles attaques. Loin de servir d'appui à ce corps languissant , la maison d'Autriche avait, au contraire, montré récemment l'impuissance où elle était de le soutenir. La France , garante depuis plusieurs siècles des franchises du corps germanique, la France, constante protectrice des faibles contre les forts, devait s'emparer d'un rôle qui convenait plus que jamais au degré de puissance et de gloire qu'elle avait atteint.
L'empereur Napoléon fit sentir à l'empereur d'Allemagne la nécessité où se trouvait ce dernier d'abdiquer un titre dont il ne pouvait plus remplir les obligations. L'acte d'abdication fut effectivement remis officiellement au ministre de France près la diète de Ratisbonne , le 11 août 1806 ; ce qui consomma la dissolution de la diète et de l'ancienne constitution do l'empire germanique. Dès lors fut formée, sous le nom de Confédération du Min , la nouvelle constitution politique que Napoléon voulait donner à l'Allemagne.
Dès l'origine , tous les États méridionaux de cette vaste contrée firent partie de la confédération. Ses bases principales furent que chacun des rcHS et des princes confédérés renoncerait à tous ses rapports avec l'ancien empire germanique ; que les lois de cet empire qui avaient pu , jusqu'à présent, les obliger, seraient déclarées nulles et de nul effet; que les intérêts communs des États confédérés seraient traités dans une diète dont le siège serait à Francfort ; que ces princes devraient nécessairement être indépendants de toute puissance étrangère à la Confédération; que S. M. l'empereur des Français serait proclamé protecteur de ladite Confédération du Rhin ; et qu'il y aurait entre l'Empire français et les États confédérés, collectivement et séparément, une alliance en vertu de laquelle toute guerre continentale que l'une des parties contractantes aurait à soutenir, deviendrait immédiatement commune à toutes les autres.
Ce nouveau système politique établissait au milieu de l'Europe un équilibre plus fixe que l'ancien , puisqu'il ne laissait point au choix arbitraire de quelques fifidbles parties la possibilité de le rompre, en ne leur abandonnant ni le soin de leur propre défense , ni la Uberté de contracter des alliances contraires à l'intérêt général de la Confédération. Ce système assurait la tranquillité des États qui ne désiraient que la continuation de la paix.
CAMPAGNE DE 1806 ET i807. IQi
Les petites puissances du nord de TËurope et toutes celles du midi , ne purent envisager qu'avec satisfaction ce nouvel ordre de choses qui, en donnant l'espoir d'un long calme , était fovorable à leur prospérité intérieure. Si la Suède, seule parmi les petites puissances, méconnaissait momentanément ces vérités, c'était la foute du roi et non de la nation. Mais il n'en était pas de même des grandes puissances. Les unes se croyaient lésées par ces nouveaux arrangements ; les autres , jalouses du r6Ie éclatant que jouait la France , voulaient le lui eidever, dût-il en coûter des torrents de sang.
L'Angleterre surtout et la Russie se montraient animées de ces sentiments. On connaissait la haine ancienne de la première contre la France et son animosHé particulière contre Napoléon , dans la personne de qui elle ne pouvait s'empêcher de voir le vengeur de ses attentats politiques. Engagée dans des dépenses énormes qui augmentaient graduelleihent la dette dont elle était déjà écrasée, souffrant dans son conmierce, voyant se tarir les seules sources dont elle pût tirer de quoi pourvoir à ses immenses besoins, l'Angleterre tremblait sur son avenir , et se créait mille illusions pour écarter le danger qui la menaçait. Tout ce qui pouvait assurer la tranquillité de l'Europe et ramener sur elle les forces de la France, ajoutait à ses craintes. Cette impression fut plus vive que jamais, sur Fesprit des meneurs de l'Angleterre , à la nouvelle de l'organisation de la Confédération du Rhin. Ils résolurent de ne rien épargner pour la renverser.
La Russie avait reçu à Austerlitz une terrible leçon. Mais ce n'était pas encore assez pour abattre son ambition et son orgueil. Elle s'était crue en droit d'accuser ses alliés de Taflront qu'avaient éprouvé ses armes. Cette illusion la consolait et éloignait les réflexions qu'elle aurait dû faire. Depuis cinquante ans, le cabinet de Pétersbourg s'obstinait à s'immiscer dans toutes les aifoires de l'Europe. Ce système favori de Catherine et de Paul, avait trop bien pénétré dansl'àme d'Alexandre, pour qu'il voulût y renoncer si aisément. Il se croyait la force de persévérer dans sa politique : c'était assez pour en avoir la volonté. L'Anglet^re excitait ce désir en exagérant la puissance de la Russie. Rientôt les têtes ^altées des conseillers d'Alexandre ne forent occupées que de chercher l'occasion de rentrer en lice avec les Français.
Mais l'Angleterre, séparée du continent par la mer, et la Russie, placée à une grande distance de la France, avaient besoin d'un intermédiaire pour parvenir à l'accomplissement des projets qu'elles formaient. Elles jetèrent les yeux sur la Prusse.
Cette dernière puissance n'avait commencé à jouer un rôle en Europe , qu'au milieu du xviii* siècle; et elle était redevable de l'éclat dont elle avait brillé au génie de son grand roi , Frédéric IL Ce prince avait commencé par profiter de la âtuation malheureuse où se trouvait Marie-Thérèse, reine de Hongrie, et de la guerre que, suivant toutes les prévisions, la France ferait à cette princesse, pour prendre à l'avance sa part des dépouilles de la maison d'Autriche. Frédéric ra^it effectivement la Silésie à Marie-Thérèse. Plus tard, il étonna l'Europe par son génie guerrier et par la révolution qu'il opéra dans l'art militaire. 11 se main tint dans sa première conquête , et en fit de nouvelles.
Ml L'BMPiRI.
Frédéric-4StiiUattnM II avait Itiisé déchoir Fesprit militaire parmi mi troupes. Sousoe règne, Tarlnée pruâaienne ne ressemblait d^ plus à ee qu^elle avait été sous lepréeédent. Mais Frédéric-Guillaume s'arrondit aux dépens de la Pologne. U envahit une superbe portion du teiritoire de ce royaume , et fit {dusieurs acqui-« sillons importantes en Franconie et en Westpbalie.
Frédéric III, son fils, paraissait vouloir maintenir la paix, poUoer ses états et les rendre florissants. Il avait senti la nécessité et les avantages de Talliance de la France que son père avait contractée un peu foreément. Il s'était déclaré le pfoteeteur de la tranquillité du nord de rAllemf^e contre toutes les agressions, mais en particulier, contre celles de i'àtigieterre et du roi de Suède, Gus^ tave lY. Celui-ci , afiectant une haine personnelle pour Tempereur des Français^ oontinuait seul la guerre , pendant que tout le continent de TEurope était en paix .
Napoléon , confiant dans la foi du roi de Prusse, avait remis entre ses mains le Hanovre , conquis sur TAngleterre par les armes françaises. Au moyen de celte cession, la puissance du monarque prussien se trouvait notablement augmentée ; mais il était raisonnable de penser qu'elle lui av^t été laite sous la condition de rester Tallié du souverain qui lui donnait de pareilles marques de son amitié. Frédéric III s^nbiait être uniquement conduit dans sa politique par les sentiments qui runissaient à la France. Il avait reconnu la Confédératlcm du Rhin. Il ftûsait à cette époque la guerre à la Suède qui avait prétendu maintenir les Ang^ dans la possession des duchés de Lunebourg et de Lauenbonrg; il montrail à Textérieur des ifispositiofts qui prouvaient son accession franche et sincère à la seule alliance convenable à ses intérêts. Ce fut néanmoins sur ces entrefiûfes que TAngleterre et la Russie entreprirent de lui faire changer de système. Afin de réussir dans leurs projets, ces cabinets firent jouer les ressorts les plus puissants sur Tesprit de Frédéric.
Les machinaitîons de ces deux puissances eentre la France étaient voilées pair le désir apparent de la paix. Un envoyé de Russie vint à Paris, muni de pleinspouvoirs pour terminer tous les différents entre les deux empires. Les négociations oommèncèr^Dt. -Pâtadant leur durée, tout annonçait les intentions les plus franches de la part du cabinet de Pétersbourg. La paix fut signée au mois de juillet. Mais r^tnpëreur de Ruteie termina tou^è-coup cette espèce de comédie , en tefesant de ratifier les engagements pris par son délégué, sous le prétexte tiu*il n'avait pas les pouvoirs suffisants pour amener les négociations jusqu a leur conclusion définitive. Il croyait que, dans cet intervalle , ses agents avaient pu aerrer assez fortement la tmme ourdie contre la France, pour ne plus avoir bescrin de mystère.
La même conduite avait été tenue par T Angleterre. On avait vu paraître suc- 4$essivement à Paris deux plénipotentiaires anglais. Le premier n'avait rien pu terminer , moins par sa faute , en apparence , que par les intrigues du parti qui , dans le ministère britannique, voulut la continuation de la guerre. Le second , connu depuis longtemps, parmi les politiques de son pays, pour n'avoir que des opinions libérales et pacifiques , crut devoir démentir ce caractère à Paris.
Après de longs pourparlers et réchange d'une multitude de notes , dans le
CAMPAGNE m taee et i807. iO|
livre anglais rompit sou^aindinciii 1» oégCMÛMioii» et deiDaadc^ d^ pa999pcNrU pour retourner k twdiai.
C'est que déjà la Pnwe étiât en armes ; c'est que déjà la Rusnie fiâsùt mardw sfeo rapklîté ses troupes sur te Pologne. Napoléon, aninié du désir d'9Wirer par la pais lebonbeurdeses peuples, était peu emtarreiaé de soutioir \^ guerre dont on le menaçait; ilpere^érftdjvuiiapoUtiqufaveçleQiilme qui «eavenait au aouTerain d'une nation trop puittHmte pour r^ute?auûUQe de» olwioea que aes ennemis voulaient lui &ire subir.
Fendant qu'on semblait désirer une peoiQeatioii générale, on n'avait rien épargné pour susciter dans toute l'Europe des ennemia à la Franoe« On avait travaillé fortement à fomenter la baine des penplea de l'Allemagne ooptre les Français, et à provoquer « dans les différenta eautonnementa occupés par la Grande^ Armée, dans la Bavière , la Souabe, la Franoonie« des rixea aanglantea antre les soldats et les babitants. On répandait des libelles pleim de calomniai snr le caractère des militaires français, ainsi que aur las intentions et lei vuei de leur gouvernement.
Si l'exjsienoe de l'armée franoaise en Allemagne était une charge pour cette con^ trée, oe n'était pas la faute de l'empereur Napolé<m, Il était prouvé que le séjour des troupes françaises en Allemagne était nécewaire à l'accomplimment des stipulations du traité de Presbourg, Malgré leur présence , on avait vu T Autricbe livrer imprudemment aux Russes les bouches du Cattaro qu'elle devait remettre à la France. D'un autre c<Hé, la força militaire française devait ij^tervenir à tout instant pour empécber une rupture entre las princes allemands qui devaient s'arranger , les uns pour céder, les autres pour recevoir das portions de terrW tnire. Cependant, lorsque la paix eut été signée momçutanémept avec la Russie, oeomie on ne devait pas raisonnablement suniHwar à la Prusse le dfissoia d'eur trepreiulre seule la guerre, comme elle annonçait d'ailleurs des sçutimeots opposés, les ordres furent donnés pour la rçnurée de la GrandetrArmée en France. On ne s'occupa dès-^lors, dans tout Vempire« que de préparer les fêtes que l'on deiAinait à ces braves guerriers qni , par leurs travaux gk>rieu)t * avai^ si bien mérité le repos que Napoléon leur réservait.
A l'instant où tous les ccnurs en France s'ouvraient à la joie, on apprit que le trsiié conclu entre le France et la Bussie n'avait pas reçu la ratification du cabinet dePétersbourg. En mésm temps, on fut instruit que la Prusse armait. On eut lieu de soupçonna que, malgré la guerre déclarée par la Suède à cette puissance, pour l'empécber d'occuper les parties du Hanovre situâe» sur la rive droits de l'Elbe, ces deux étals n'avaient que référence de l'ininûtié, et que cette prétçndue lutte n'était qu'un voile qui cachait les nombreux rassemblements de troupes que taisait la Prusse. Plusieurs rapports firent mention qu^t malgré Toccupation del'électoratde Hanovre par lesPrussieos^qui devait blesser rAj9|[leterre, on n'en remarquait pas moins, dans différentes cours de TEurii^f l'intbmté qui régnait «tro les agents ani^ at prussiens.
Enfin la Prusse, sens ce^w 4» ftm k Paris daa prot^stetious d amitj^ psr
m L'£MPia£.
Torgane de son ambassadeur, envahit tout à coup la Saxe , et réunit à son armée les troupes saxonnes. Elle parut en même temps jalouse et inquiète dé ce qui, jusqu'à ce Jour, n'avait nullement excité ni son inquiétude, ni sa jalousie. Elle se plaignait de la Confédération du Rhin, qu'elle avait reconnue, du séjour des troupes françaises dans le midi de l'Allemagne , séjour dont les raisons n'étaient point un mystère pour elle. Ce cabinet montra enfin trop évidemment ses intentions hostiles, pour que la prudence permît à l'empereur des Français dé tarder plus longtemps à se mettre en mesure.
Les ordres partirent en conséquence de Munich , où le prince de Wagram et de Neuchàtel , qui commandait l'armée en l'absence de l'Empereur , avait toujours son quartier-général.
Le prince de Ponte-Corvo, dont le corps occupait la principauté d'Ànspach, étant plus avancé , reçut les premières instructions : il fut chargé d'observer soigneusement les mouvements des Prussiens, soit en Prusse, soit en Saxe. Il lui fut prescrit d occuper, dans le pays de Wûrtzbourg, la petite place de Kônigshofen, de surveiller même la place de Wûrtzbourg, pour ne pas s'y laisser prévenir, et de répartir une division autour de la place de Nuremberg, qui demandait aussi à être surveillée , et dont le riche territoire pouvait aisément supporter les frais du séjour des troupes. Le prince de Ponte-Corvo était prévenu , ainsi que le duc de Dalmatie , dont le quartier-général était à Passau , que l'Empereur avait envoyé son ultimatum k Berlin ; que, si la réponse du Roi n'était pas positive , il avait donné à son ambassadeur l'ordre de se retirer surle-champ; et que, dans ce cas, l'intention de l'Empereur était de réunir une grande partie de son armée, particulièrement toute la grosse ca^'aIerie et les dragons , entre Wûrtzbourg et Bamberg,
Cependant le corps du duc de Dalmatie était destiné à rester sur l'Inn , dans les premiers moments. Si l'Autriche, qui avait affirmé qu'elle resterait neutre, en cas de guerre entre la France et la Prusse avec la Russie, manquait à ses protestations. Napoléon voulait avoir le moyen de répondre à son agression.
Les ordres furent envoyés successivement à tous les corps pour qu'ils se tinssent prêts à rentrer en campagne. L'intendant-général de l'armée reçut l'injonction de faire confectionner du biscuit, et de réunir des farines à Wûrtzbourg et à Bamberg. Le prince de Neuchàtel rappela au généi'al Andréossy, commandant par intérim le génie de l'armée , la nécessité de faire approvisionner d'outils de pionniers les différentes divisions des corps d'armée. « Si nous » sommes obligés à faire la guerre, » lui mandait-il , « je dois vous prévenir que » l'intention de l'Empereur est de remuer beaucoup de terre, et qu'il faudra, » en conséquence, beaucoup d'outils. Sans cela , il est impossible de se retran- » cher , ni de faire aucun ouvrage , ce qui peut avoir , à la guerre , des consé- » quences bien funestes. »
Un colonel du génie fut chargé dci reconnaître Gotha , Naumbourg et Leipsig, sôus le rapport des fortifications, et d'examiner quelle place on pourrait mettre à l'abri d'un coup de main entre Bamberg et Berlin , afin de devenir le centre des dispositions de J'année. « Vous avez été à' même déjuger dans la campagne der-
» nîère, «écrivait le Major-général à cet officier,» combien TEmpereur attachait » d'importance à Braunauet à Âugsbourg. C'est dans les mêmes principes et » pour le même usage, qu'il vous charge de lui découvrir une place dans l'inter- » ^^e désigné. »
Ces précautions n'étaient pas superflues, quoique dans le moment où elles furent prises, l'Empereur eût encore de la peine à se persuader que la Prusse fût assez insensée pour vouloir lui faire la guerre. Bientôt toutes les incertitudes furent levées par une note que M. de Knobelsdorf , envoyé du roi de Prusse à Paris , transmit au ministre des relations extérieures , et qui portait en substance : « que » le roi de Prusse avait enfin résolu de dévoiler sa pensée sans aucune réser\'e; » qu'alarmé sur son existence, il avait pris les armes pour la défense de ce qui » lui était le plus cher; que les bouleversements qui l'entouraient, l'accroissement » gigantesque d'une puissance essentiellement militaire et conquérante, l'avaient • blessé successivement dans ses plus puissants intérêts, le menaçaient dans tout , 9 le laissaient sans garantie, et que cet état do choses ne pouvait durer; que le Roi » ne voyait presque autour de lui que des troupes françaises ou des vassaux de la » France prêts à marcher sur lui; que de nouvelles troupes s'ébranlaient encore » de l'intérieur de la France; et que le danger croissant chaque jour, il ne pou- » vait diflFérer de déclarer :
» !• Qu'il attendait de l'équité de Sa Majesté Impériale que toutes les troupes B françaises , sans exception , repasseraient incessamment le Rhin ;
» 2* Qu'il ne serait plus mis d'obstacle , de la part de la France , à la formation » de la ligue du Nord , dans laquelle seraient comprises toutes les souverainetés » qui ne faisaient pas partie de la Confédération rhénane;
» 3* Enfin que la place de Wesel serait séparée de l'empire français et rendue > à la Prusse. »
Dépareilles prétentions, particulièrement celle de faire retirer ses troupes de f Allemagne sur l'injonction d'un prince étranger, parurent si extraordinaires à Napoléon , qu'il y vit manifestement l'effet des intrigues qui avaient égaré le cabinet de Berlin. Dans cet état de choses, toute réponse , toute discussion devenaient inutiles. D'ailleurs l'honneur français blessé ne pouvait être vengé que par les armes. L'Empereur partit donc de Saint-Cloud , le 25 septembre, pour se transporter au milieu de ses troupes, et maintenir lui-même la prépondérance de ses armes et celle de sa couronne.
Voici quelle était la situation des deux armées à l'époque où la guerre parut inévitable.
Celle de Prusse montait en totalité à deux cent quarante mille hommes , en y comprenant les milices , les bataillons de garnison et les compagnies d'invalides ; il y avait dans ce moment cent quatre-vingt-quatorze mille hommes d'infanterie et d'artillerie, et quarante-six mille de cavalerie de toutes armes. La garde royale, tant à pied qu'à cheval, entrait dans cette évaluation.
L'esprit de cette armée, au moment de la guerre, était généralement exalté. Cependant le soldat montrât beaucoup moins de confiance que l'officier. Le Roi résolut de commander en personne rarmée principale; le duc de Brunswick fut
108 L'EMPIRE
L'alliance la plus puissante sur laquelle le cabinet de Berlin pût effectivement compter était celle de la Russie qui Tavait excité à la guerre. On savait que les débris de l'armée russe qui avait été battue à Austerlitz , s'étaient retirés derrière le Bug , et que ce rassemblement, augmenté de nouveaux corps qui étaient arrivés de l'intérieur de la Russie, montait déjà à soixante mille hommes. Une autre armée de la même force, qui se formait derrière la première, était destinée à venir sur la Vistule , pendant que l'autre pénétrerait jusqu'à l'Oder et entrerait en Silésie. L'Angleterre faisait, de son c^té, de grandes promesses de débarquement en Hollande ou dans le Hanovre. L'attente de ces secours formidables encouragea les Prussiens et leur donna l'assurance de se présenter les premiers au combat.
Jusqu'au 24 septembre, les différents corps de la Grande-Armée avaient été seulement avertis de se tenir sur leurs gardes , et de se mettre en mesure de recommencer la guerre. Ils .étaient encore tranquilles dans leurs cantonnements respectifs. Mais au moment où les masses organisées de l'ennemi s'approchaient de toutes parts des points occupés par les troupes françaises , il n'était plus possible de différer l'ordre de mettre les corps en mouvement. .
Le rassemblement de l'armée fut donc ordonné, le 24. septembre, par des lettres datées de Munich. Le 27, le quartier général (Juitta cette ville pour se porter à Wûrtzbourg. Le 30 , de nouveaux ordres , partis de ce dernier lieu , déterminèrent plus exactement la première position que devait prendre Farmée , jusqu'au moment où il faudrait renoncer à l'espoir de voir se terminer à l'amiable les différents avec la Prusse. Cette première position était dans le demi-cercle que forme le terrain compris entre Wûrtzbourg , les frontières de la Saxe et Amberg.
Toute l'armée s'ébranla donc et sortit des cantonnements qu'elle avfdt occupés, en Allemagne, depuis qu'elle avait évacué les provinces autrichiennes par suite du traité de Presbourg. Le premier corps d'armée eut l'oidre de se porter, en avant -garde, entre Lichlenfels et Cronach, deux villes frontières de laFitmconie, du côté de l'électorat de Saxe. Le second corps n'avait pas quitté la Dalmatie; il y resta et ne prit aucune part à la guerre de Prusse. Le troisième corps fut dirigé sur Bamberg, centre de la position. Le quatrième , sur Amberg , où il forma la droite de la ligne. Le septième se porta de Francfort à Wûrtzbourg , où il en forma la gauche. Les deux autres remplirent les interpelles des premiers, savoir : le cinquième à Schweinfurth , et le sixième à Nuremberg.
La réserve de cavalerie avait eu l'ordre de se reformer sous les ordres du roi de Naples. Elle vint s'établir entre W^ûrtzbourg et Cronach. Toute la cavalerie légère était dans ce dernier lieu, qui était alors le plus voisin de l'ennemi. Dans cette position, les six corps d'armée et la réserve de cavalerie réunis, présentaient une force de cent trente mille hommes de toutes armes.
Le premier corps, aux ordres du prince de Ponte-Corvo, était composé de trois divisions d'infanterie et d'une division de cavalerie. La première division (rinfi^nterie, commandée pur le baron de La Raffinière , était formée des 8®, 45*
et 54* régiments de ligne. La seconde division était composée des 9V® et 95* de ligne et du âT"" d'infanterie légère; le général commandant était le comte d Erion. La troisième était composée des 32*' et 96^ de ligne et du 9^ d'infanterie légère; le comte Dupont la commandait. La division de cavalerie renfermait les S"" et 4« de hussards et le 5® de chasseurs ; elle avait pour chef le général Tilly. Cinq cent quarante hommes d'artillerie à pied et deux cent dix-sc^pt ouvriers militaires et sapeurs, sous les ordres du général baron Ëblé, suivaient ce corps d'armée.
Le troisième corps, sous les ordres du maréchal prince d'Eckmùhl, renfermait aussi trois divisions d'infanterie et une de cavalerie. La première d'infanterie , composée des 17^, 30«, 51^ et %V régiments de ligne et du iS^ régiment d*infan->terie légère, était commandée par le comte Morand. La seconde l'était pa re comte Priant, et renfermait les 33% tôs 108'' et lli^" régiments de ligne. Là troisième, commandée par le comte Gudin, était composée des 12% ^V, 25«et 85^ régiments de ligne. La division de cavalerie, composée des l*', 2« et 12«d6 chasseurs, était commandée par le baron Viallanes. Huit cent vingt-un hommes d'artillerie à pied et cent quatre-vingts d'artillerie à cheval , sous les ordres du baron Hanique, étaient attachés à ce corps d'armée.
Le quatrième corps, sous les ordres du maréchal duc de Dabnatie , était également de trois divisions d'infanterie, commandées par le comte Saint-Hilaire^ le baron Levai, le comte Legrand, et d'une division de cavalerie, aux ordres du baron Margaron. Cette dernière division renfermait les 8* régiment de hussards, 11*, 16* et 22* de chasseurs. La première division d'infanterie était composée des 36*, W*, 55* de ligne et du 10* d'infanterie légère ; la deuxième division, des i*, 28*, 46* et 57* de ligne et du 24* régiment d'infanterie légère; la troisième, des 18*, 75* de ligne, du 26* d'infanterie légère , des tirailleurs corses et des tirailleurs du Pô. À ces corps d'armée, étaient jointes cinq compagnies d'artillerie à pied, deux d'artillerie à cheval, une compagnie de sapeurs et d'ou\Tiers militaires.
Le cinquième corps, ayant pour chef le maréchal duc de Montebello, était composé de deux divisions d'infanterie , aux ordres des comtes Suchet et Gazan, et d'une division de cavalerie aux ordres du baron Treilhard. La première d'infanterie était formée des 34*, W*, 64* et 88* régiments de ligne et du 17* d'infimterie légère ; la deuxième, des 100* et 103* de ligne et du 21* d'infanterie légère. La division de cavalerie était composée des 9* et 10* de hussards et 21* de chasseurs. Ce corps d'armée avait à sa suite deux compagnies d'artillerie à pied et deux à cheval.
Le sixième corps, sous les ordres du maréchal duc d'Elchingen, renfermait, conrnie le cinquième , deux divisions d'infanterie et une de cavalerie. La première d'infanterie, formée par les 39*, 69*, 71* régiments de ligne et le 6* d'infimterie légère, était commandée par le comte Marchand. La deuxième, qui l'était par le baron Marcognet, renfermait les 50*, 27*, 59* de ligne et le 25* d'infanterie légère. La division de cavalerie, aux ordres du baron Colbert, était formée par les 3* régiment de hussards et 10* de chasseurs. Deux compagnies d'artillerie à
p6d , deut à eheTftI et «ne oompegnie de sapeurs et mineurs , sous le commandement du baron Seroux , étaient attachées à ce corps d'armée.
Le septième eorps, commandé par le maréchal duc de Castiglione , se compoaait aussi de deux divisions d'infanterie et d'une de caYsierie. La première division d'infanterie, aux ondres du général Desjardins, renfermait les ll^«, 4i«, lOS* de ligne et 16* d'infanterie légère. La deuxième , formée par les 2%*, 63* de ligne et V d'infanterie légère , était commandée par le comte Heudelet. Les 7* et SO* de chasseurs formaient la division de cavalerie , aux ordres du comte Durosnel. Deux eompagnies d'iiliUerie légère , accompagnaient ce corps d'armée.
Lft réserve de oa^nterie, sous ta direction du roi de Naples , fut composée de deux divWons de grosse cavalerie , de cinq divisions de dragons et d'une division de troupes légères achevai. Les i"et 2* régiments de carabiniers , les 2*, 3*, 9* et 12* de cuirassiers , composaient la pronière division de grosse cavalerie, commandée par le comte Naneouty. Les l*', S*, 10* et 11* de cuirassiers , compoaaieiit la dejuxième division, eommandée par le général d'Bautpoul. Les cinq dmmns de dragons avaient pour chefs les généraux Klein , comte Grouchy, baron Beaumont , baron Sahuc H comte de Mons. La première renfermait les i*% 2% 14% 20* et 26* régiments ; la deuxième , les 3*, 6*, 16* et 11*; la troisième, les »*, «*, »«, 12*, 16* et21«; la quatrième , les 17*, 27*, 18* et 19*; la cinqui^e, les 18*, 92*, 15* et 28<*. La dtvifiioA de troupes légères , aux ordres du général Lasalte et du coaHie Milhaud , ne renfermait à cette époque que les 5* et 7*régiments de hussards, et le 19* de chasseurs.
La garde impériale , ^i rât ^elqnes jours plus tard augmenter la force de cette beDe et intrépide armée, était commandée en chef parle maréchal duc 4'Igtrie. EHe était composée d'une brigade de grenadiers à pied , sous les ordres du comie HuHih , d'une brigade de chasseurs à pied , aux ordres du général Soulez; d'une brigade ée grenadiers à cheval, commandée par le général Ordener; d'une brigade de chasseurs à cheval» commandée par le colonel Morland; du régiment de la garde italienne; d'une compagnie de Mamelouks «t ée deux compagnies d'artillerie à cheval.
D'après ma ordre du 29 septembre , un huitième corps d'armée commença à ne former à Mayence. Le commandement en fut donné au maréchal duc de Vrévise. La eempositien pHmîtrve 4le ce corps fut de deux divisions d'infanterie : ia première, riKrigée par le >cQinte Lagrange , renfamait les 2* et 4* régiments 4'isfonterie légère ; la eeconde , <;omniandée par le comte Dupas , ne fut d'abord <Mmip06ée que d'un mù régiment d'infanterie légère , le 12*.
Le grand parc général de l'armée eut l'ordre d'être rendu à W6rt«bourg , le JiootaAipe. Mais le général comte Songis fut prévenu que la partie mobfle de ce «arc , destinée à euivre rarmée , ne ^vaift être «que de quatre <]e»ts voitures , et ^ue telle était la «volonté expresse de KEmpereur.
Le prinoe M^jor^énéral avait écrit au roi defiaivière : « Que l'Empereur ayant » garanti te Saxe et voyant îles armements suivis du roi de Prusse, Sa Majesté I» impériale devait se tenu* sur ses gardes, sa volonté bien déterminée , ^lant de B m^ ¥^^ envahir «nounides pays^farantis; que gaMityeslé faipériale«vaitdonG
» jugé devoir mettre son armée en position , afin d'être prête à repousser les » attaques de la Prusse, si cette puissance voulait absolument faire la guerre; et 1» qu'en conséquence, TEmpereur demandait à Sa Majesté Bavaroise de donner B ses ordres à ses ministres et à ses généraux , pour faire assembler le contingent » de ses troupes. » Des lettres pour le même objet furent adressées au roi de Wurtemberg, aux grands-ducs de Bade et de Hesse-Darmstadt. Les troupes de ces derniers princes se rassemblèrent à Wergentheim, Elwangen et Francfort.
Une division bavaroise , aux ordres du comte de Wrede , se forma à Aichstadt. Elle n'appartenait d'abord à aucun corps d'armée; et les ordres lui vinrent directement du grand quartier-général. Un autre 'corps d'armée bavarois, de quinze mille hommes, devait prendre position entre l'Iser et l'Inn. En avant de ce corps , était la place de Braunau dans laquelle le duc de Dalmatie avait laissé, aux ordres du général de division comte Merle, quatre mille quatre cents hommes de garnison, composés du 3^ régiment de ligne, de troupes d'artillerie et du géoie, et d'un bataillon bavarois. Braunau était armé de manière à faire la plus belle résistance et approvisionné pour huit mois. Toutes ces dispositions devenaient nécessaires pour rassurer contre les armements de l'Autriche qui faisait des rassemblements de troupes en Bohême et en Styrie.
L'Empereur avait ordonné des travaux qui devaient augmenter considérablement la force et l'importance de Wesel. Sa Majesté envoya des ordres directs à son frère Louis , roi de Hollande , pour la formation d'une armée de quatre-vingt mille hommes , dont le rendez-vous était aux alentours de cette place. L'Empereur en conféra le commandement au roi de Hollande. Deux légions se formaient aussi : l'une à Mayence, sous les ordres du général polonais Zayonchek; l'autre à Nuremberg, sous les ordres du général Wlodomiersky. C'étaient des cadres pour recevoir des soldats polonais qui arrivaient aux avant-postes des différents corps d'armée , et dont le nombre commençait à devenir considérable. La citadelle de Wûrtzbourg fut occupée par une garnison française, ainsi que Forchheim , place icHte du pays d'Ànspach , entre Nuremberg et Bamberg. Ces deux places furent désignées pour devenir les grands dépôts de l'armée, comme Àugsbourg et Braunau l'avaient été dans la campagne précédente contre rAutriche.
Telles étaient les mesures prises , telle était la situation des choses , lorsque Napoléon , qui était à Mayence , dès le 28 septembre , arriva le 2 octobre à Wûrtzbourg. Par sa présence. Napoléon remplit son armée de cette confiance dans la victoire qui en est le plus sûr pronostic.
pied , deut à theni et une eompegnie de sapeurs et mineurs , sous le commandement du baron Seroux , étaient attachées à ce corps d'armée.
Le septième eorps, commandé par le maréchal duc de Castiglione , se compoaait aussi de deux divisions d'infanterie et d'une de caYsIerie. La première division d'infanterie, aux oidres du général Desjardins, renfermait les ih*, 4i% 10S« de ligne et 16* d'infanterie légère. La deuxième , formée par les 2%*, 63* de ligne et 7* d'infant^e légère , était commandée par le comte Heudelet. Les T et SO* de chasseurs formaient la division de cavalerie , aux ordres du comte Durosnel. Deux eompagnies d*ii1inerie légère , accompagnaient ce corps d'armée.
Lft réserve de oa^nterie , sous ta direction du roi de Naples , fut composée de deux divisions de grosse eaviderie , de cinq divisions de dragons. et d'une division de troupes légères achevai. Les i"et 2« régiments de carabiniers , les2*, 3*", 9« et 12* de cuirassiers , eomposaient la pronière division de grosse cavalerie, commandée par le comte NaiMOuty. Les f, S*, 10* et 11^ de cuirassiers , compo- •tîeiit la deuxième division , eomoimidée par le général d'Bautpoul. Les cinq dmsions de dragons avaient pour chefs les généraux Klein , comte Grouchy, baron Beaumont, baron Sahnc H comte de Mons. La première renfermait les 1'% 2% 14% 20* et 26« régiments ; la deuxième , les 3«, 6«, 10*et !!•; la troisième, les S«, 0*, 9*, 12*, 16* et 2t«; la quatrième , les 17*, 27*, 18* et 19* ; la cinqui^e, les 18*, 92*, 15* et aSi*. La divifison de troupes légères, aux ordres du général Lasdie et du coaHie Milhaud , ne renfermait à cette époque que les 5* et 7* régiments de hussards, et le 19* de chasseurs.
La garde impériale, ^i ▼int quelques jours plus tard augmenter la force de cette beDe et intr^ide armée, était commandée en chef parle maréchal duc d'Lsrtrie. EBe était composée d'une brigade de grenadiers à pied , sous les ordres du oomile tbûBxtk , d^une brigade de «liasseurs à pied , aux ordres du général Soldez; d'une brigade de grenadiers à cheval, commandée par le général Ordener; d'une brigade de dtaaaeurs à cheval» commandée par le colonel Morland; du régiment de la garde italienne; d'une compagnie de Mamelouks «t de deux compagnies d'artiflerie à cheval.
D'après ma ordre du 29 eq^mbre , un huitième corps d'armée commença à ae fermer à Mayence. Le oommandement en fut donné au maréchal duc de Vrévise. La eomipositien pVimitirve de ce corps fut de deux divisions d'infanterie : ia première, dirigée par le -comte Lagrange , renfra^mait les 2* et i* régiments 4'isfontepîe légère ; la eeconde , commandée par le comte Dupas , ne fut d'abord «ompoaée que d'un aeid régiment d'ii^gHirterie légère , le 12*.
Le grand parc général de l'armée eut Tordre d'être rendu à Wûrt«boiurg , le 4ioofeiÉRie. liais le i^énéral comte Sengîs fut prévenu que la partie mobfle de ce 'parc , destinée à euivre 1 armée, ne ^vait étre^e de quatre oenfis voitures , et ^ue telle était la «volonté expresse de l'Empereur.
Le prinoe Ifiyar^éDéral avait écrit au roi deSarière : c< Que l'^Emp^reur ayant » garanti la Saxe et voyant «les armements suivis du roi de Prusse , 'Sa Majesté » impériale devait se tenu* sur ses gardes, sa volonté bien déterminée , 'étant de Lides paysjganintis; i|ue gaMityeslé faipériale«vaitth>nc
» jagé devoir mettre son armée en position , afin d*être prête à repousser les » attaques de la Prusse, si cette puissance voulait absolument faire la guerre; et » qu'en conséquence, l'Empereur demandait à Sa Majesté Bavaroise de donner > ses ordres à ses ministres et à ses généraux, pour faire assembler le contingent B de ses troupes. » Des lettres pour le même objet furent adressées au roi de Wurtemberg, aux grands-ducs de Bade et de Hesse-Darmstadt. Les troupes de ces derniers princes se rassemblèrent à Wergentheim, Elwangen et Francfort.
Une division bavaroise , aux ordres du comte de Wrede , se forma à Aichstadt. Elle n'appartenait d'abord à aucun corps d'armée; et les ordres lui vinrent directement du grand quartier-général. Un autre 'corps d'armée bavarois, de quinze mille hommes, devait prendre position entre l'Iser et l'Inn. En avant de ce corps , était la place de Braunau dans laquelle le duc de Dalmatie avait laissé, aux ordres du général de division comte Merle, quatre mille quatre cents hommes de garnison, composés du 3' régiment de ligne, de troupes d'artillerie et du Sénie, et d'un bataillon bavarois. Braunau était armé de manière à faire la plus beDe résistance et approvisionné pour huit mois. Toutes ces dispositions devenaient nécessûres pour rassurer contre les armements de l'Autriche qui faisait des rassemblements de troupes en Bohême et en Styrie.
L'Empereur avait ordonné des travaux qui devaient augmenter considérablement la force et l'importance de Wesel. Sa Majesté envoya des ordres directs à son frère Louis, roi de Hollande, pour la formation d'une armée de quatre^vingt mille hommes , dont le rendez-vous était aux alentours de cette place. L'Empereur en conféra le commandement au roi de Hollande. Deux légions ise formaient aussi : l'une à Mayence, sous les ordres du général polonais Zayonchek; Fautreà Nuremberg, sous les ordres du général Wlodomiersky. C'étaient des cadres pour recevoir des soldats polonais qui arrivaient aux avant-postes des différents corps d'armée, et dont le nombre commençait à devenir considérable. La citadelle de Wûrtzbourg fut occupée par une garnison française , ainsi que Forchheim , place forte du pays d'Ànspach , entre Nuremberg et Bamberg. Ces deux places furent désignées pour devenir les grands dépôts de l'armée, comme Àugsbourg et Braunau l'avaieiit été dans la campagne précédente contre l'Autriche.
Telles étaient les mesures prises , telle était la situation des choses , lorsque Napoléon , qui était à Mayence , dès le 28 septembre , arriva le 2 octobre à Wûrtzbou^. Par sa présence. Napoléon remplit son armée de cette confiance dans la victoire qui en est le plus sûr pronostic.