‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 4 sur 205 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Mouvements de la grande armée jnsqu^à rarmisUce. — Précis des opérations de l'arméa d*Italie. * Goncloaion de la guerre d* Autriche en li05. *- Tableaux de situation de raimée française au 9 décembre.

Le soir de la bataille d'Austerlitz, et pendant plusieurs heures de la nuit , Napoléon parcourut le champ du combat qui présentait le spectacle le plus horrible ; il fit enlever tous nos blessés et une partie de ceux de Tennemi.

L'Empereur passait au galop. Rien n'était plus touchant que de voir nos braves, le réconnaître sur-le-champ , et se traîner vers lui. Les uns, oubliant leurs souffrances , lui disaient : « Au moins » la victoire est-elle assurée. » Un autre : « Je souffre depuis huit heures ; y> depuis le commencement de la ba- » taille, je suis délaissé; mais j'ai bien » fait mon devoir. » Un troisième :

« Vous devez être content de vos soln dats aujourd'hui. » L'Empereur laissait à chaque blessé un cavalier de la garde qui le foisait transporter dans les ambulances. Pourtant, il est horrible de le dire, quarante-huit heures après la bataille il y avait encore un grand nombre de Russes qu'on n'avait pu panser. Tous les Français le furent avant la nuit.

Rien n'égalait la gaîté des soldats vainqueurs , dans leurs bivouacs. A peine apercevaient-ils un officier de l'étatr-major impérial , qu'ils lui criaient : « L'Empereur estril content de nous ? »

Le soir, l'armée française prit sur le champ de bataille les positions suivantes :

Le corps du duc de Montd)ello , en avant de la maison de poste ; Tavantgarde du grand duc de Berg , à Rausnitz ; le prince de Ponte-Corvo , sur les hauteurs de Krzenowitz ; la garde et la réserve, sur les hauteurs vis-à-vis de Nusle et d'Hostieradeck ; la division du comte Saint-Hilaire , en avant de la digue des étangs de Satschan ; les deux autres divisions du duc de Dalmatie, en arrière , la gauche à Augezd, la droite à Menitz; enfin la division du comte Priant, entre Menitz et Lautschitz , afin de se rapprocher des autres divisions du prince d'Eckmûhl, restées à Nikolsbourg , et de marcher avec elles sur Gôding.

L'Empereur établit son quartier-général à l'auberge , près de la maison de poste de Pozorzitzer.

Les débris de l'armée russe passèrent la nuit la plus affreuse. A la journée du 30 novembre , à celle même de la bataille, qui avaient été superbes, avait tout à coup succédé un épais brouillard; vers minuit, s'étant converti en neige et en pluie, il rendit les chemins presque itnpraticables.

Lès deux Empereurs avaient quitté Austerlitz et s'étaient portés sur la route de Hongrie. Ils ne se dissimulaient pas qu'ils avaient perdu 'leur ligne d'opération ; qu'ils étaient séparés de leurs bagages et de leurs h^itaux ;

CAMFAGME M 1805.

qu'Us prêtaient le flanc à rarmée fran* çaiae; et qu'elle serait arrivée avant eux à Holitah et à Gôding. Ds n'aviEûent même plus d'armée; car ce n'était qu'un amas confus de fuyards, d'hon>> mes sans armes, sans havre^acs, sans subsistances.

Dans cette extrémité, les deux Em* pereurs convinrent d'avoir recours au funqueur, dé lui demander un armistice et de jurer la paix , seul moyen de conserver encore ce qui restait des armées des deux plus grands empires du monde.

Le prince de Lichtenstein , aussi distingué par ses qualités civiques que par ses vertus guerrières, qui s'était toujours opposé à la guerre , qui n'avsdt jamais fait entendre auprès du trône que des conseils sages , se proposa pour aDer trouver l'Empereur. A minuit, Q était aux avant-postes. Il eut une conférence fort longue avec Napoléon qui consentit enfin , non sans beaucoup de peine , à une entrevue avec l'empereur d'Allemagne. Lwsque l'Empereur y eut consenti et que le prince de Lichtenstein eut déjeûné avec lui , il le congédia : a Vous me fiâtes faire une grande * Cuite , lui dit-il. Ce n'est pas après des » bataillea qu'il &ut avoir des conféi> rences. Je ne devrais aujourd'hui être » que soldat. Gomme tel , je ne me dis- » simule pas que je devrais poursuivre » ma victoire , et non pas écouter des » paroles de paix. » — « Votre Majesté, » lui répliqua le Prince , n*a plus rien à » conquérir. Votre victoire est si com- » plète, que rien ne peut y ajouter. La n paix seule peut augmentai votre 9 gloire. »

Cqpendant l'Empereur prescrivit les dispositions suivantes : il ordonna au prince d'Eckmûhl de se porter sur Gôding avec le corps qu'il avait à Nikobbourg, et qui n'avait pas encore

combattu, etd'interceptertoute retraite à l'ennemi. Il dirigea le corps du duc de Dalmatie sur la route d' Auspitz ; les corps du prince de Ponte-Corvo et du duc de Montebello sur celle d'Auster> litz à Gôding. Le grand-duc deBerg, avec la plus grande partie de sa cavalerie, suivit cette dernière route. Le comte Nansouty, avec sa division de cavalerie , se porta sur la grande route d'OImûtz, et prit une immense quantité de chariots et de bagages de toute espèce.

L'Empereur envoya le comte Bertrand , son aide-de-camp , avec les escadrons de sa garde, sur la route de Kremsier, où il s'emparade dix-neuf pièces de canon , d'une grande quantité de caissons et de bagages escortés par des Cosaques. Un autre détachement se porta sur Hradisch et ramassa beaucoup de bagages et de prisonniers.

Le b, eut lieu l'entrevue des deux Empereurs. Les avant-postes du prince d'Eckmûhl ayant culbuté la tête de Tavan^garde du général Merfeld, menaçaient d'attaquer l'armée russe et d'empêcher sa retraite. Le général autrichien protesta qu'il y avait un armistice, et que les deux Empereurs étaient en conférence. Le prince d'Eckmûhl suspendit toute attaque, sur l'assurance donnée par Alexandre , qui lui écrivit de sa propre main, que les deux Empereurs étaient en conférence pour tout terminer.

Pressée en queue par le corps du prince de Ponte-Corvo, sur son flanc gauche par le grand-duc de Berg, prévenue à Gôding par le prince d'Eckmûhl et le duc de Dalmatie, l'armée russe se trouva, le 4, enveloppée de manière à ne pouvoir plus faire de retraite.

L'armistice , signé le 5 décembre par le prince de NeuchAtel et le prince de

L'GMMIE.

Licbtansteiû, termîDa là campagne, et

permit aux débris de Tannée russe de rejoindre leura frontières, sur trois colonnes , et par journées d'étapes.

L'extrême rapidité d'une campagne , la plus étonnante dont les fastes do l'histoire militaire eussent fait mention jusqu'à cette époque, fut telle que les armées secondaires des deux puissances belligérantes ne furent d'aucune utilité aux opérations des armées principales.

Les forces nombreuses que l'Autriche avait en Italie n'empêchèrent pas l'envahissement de ses provinces, la prise de sa capitale et la destruction de l'armée de ses alliés, dont l'apparition avait si fort relevé ses espérances. D'un autre côté, les talents du maréchal prince d'EssIing, et la bravoure des troupes qu'il commandait, en ajoutant sans doute à la gloire des armées françaises, n'eurent pas cependant lavantage de contiibuer directement aux éclatantes victoires de Napoléon. .

La campagne de l'armée ^ançaise d'Italie, pendant 1805, peut donc être considérée dans le tableau général, comme un bel accessoire qui se détache sans inconvénient du sujet principal.

Au surplus , si la coopération de Tarmée du prince d'EssIing ne fut pas utile à Napoléon pour obliger ses enqemis à reconnaître sa supériorité et à lui demander la paix, cette armée ne s'en était pas moins mise en mesure d'aider l'Empereur à obtenir ce résultat, si Tennemi s'était obstiné à continuer la guerre. [Voir au tableau l'organisation définitive.)

Le 26 septembre, lorsque l'Empereur passait le Rhin, l'armée d'Italie était formée sur deux lignes entre le Mincio et l'Adige. Sa première ligne s'étendait sur la rive droite de cette dernière rivière , depuis Vérone jusqu'à

Legoftfp». Le quaitieivgéniéftl était à Vallegio. Cette armée, forte de quarante mille bonunes, était composée d'abord de quatre divisions d'infanterie et de deux de cavalt^.

La première d'inianterie , aux ordres du général comte Yerdier , était formée par les22*'d'infai>terie légère, 29% 62« et loi*" de ligne. A cette division étaient attachés les ^^ et 1^* régiments de chasseurs à cheval.

La seconde division d'infanterie, aux ordres du général Robin , renfernuiit les 8* et ik'' d'infanterie légère , les l^', 53« et lOe"" de ligne , et le IS"" régiment de chasseurs à cheval.

La troisiènie ()ivision, commandée par le général Zayoncheck, était composée des 23*' d'infanterie légère, 9^, lO*" et 62'' de ligne.

La quatrième division , dite de réserve, était aux ordre;:> du général comte Molitc»'; elle renfermait lesâ"^, 23"^ , 60'' , 79'' de ligne , et le bataillon de pionniers noirs.

La division de cavalerie légère , aux ordres du général comte d'Iilspagne, était formée par les 23" , 24.*- , 29« et 30* régiments de dragons.

Celle des cuirassiers, commandée par le général baron Pully , était formée des 4* , 6« , 7* et 8* régiments de cette arme.

L'artillerie avait à Povegliano son parc de résiTve, partagé eu trois divisions, dont une d'artillerie à cheval.

A cette même époque, l'armée autiichienne , tant en Italie que dans la pai*tie méridionale du Tyrol , présentait une force de quatre-vingtKleux batailkms et de cinquante-deux escadrona, s'éfe* vant à plus de cent mille honunes.

Elle était commandée par i'archîduc Charles, dont le quartier-général était à Lpnigo. Cette armée était eoocentrée sur la rive gauche de l'Adige , «ntre Vérone, Cotefnai llûntagnaia, Balivaqua

CAMPMMg M 1805.

MLegnago. TaBtftt les Autrichiens &iiMBl des démonstrations qui annonçaient le dessein de forcer le passage de l'Adîge ; tantôt ils paraissaient vouloir se contenter de le disputer vivement aux Français ; car ils travaillaient à se fortifier sur toute la ligne de cette rivière, particulièrement devant Vérone et Legnago, ea arrière de Caldiero et sur toutes les hauteurs.

Malgré les &ibles moyens qu'il pouvait opposerai' Archiduc, le maréchal prince d'Essling, voyant 'ses troupes animées du meilleur esprit, avait résolu» dès son arrivée en Italie, de disputer vivement le terrain, et de ne pas en céder un pouce sans le faire acheter à Tennemi par de sanglants combats. Dès qu'il fut instruit de la marche de l'Empereur entre le Rhin et le Danube, et des dangers qui paraissaient menacer Tarmée autrichienne d'Allemagne, le prince d'Esding se décida à prendre vigoureusement Foffensive.

Le Ik octobre, on était en état de guerre dans l'Italie. Qudques jours se passèrent en préparatifs. Le 18, une partie de Farmée française passa l' Adige au pont du Chàteau-Yieux de Vérone , et chassa Tennemi de ses avant-postes. Le quartier-général fut transporté à Alpo.

L'ennemi s'était retranché d'une manière formidable sur les hauteurs de Caldiero, où il avait concentré ses forces. A cette époque , on était à Vienne dans les plus vives inquiétudes sur le sort de l'armée d'Allemagne ; cette inquiétude s'était communiquée au quartier-général de l'archiduc Charles. Ce prince prévoyait sans doute la catastrophe qui était réservée au général Mack , et se trouvait peu rassuré par l'arrivée des Russes, à qui il ne pouvait supposer ni les moyens, ni la volonté de sauver

^ble, ce salut par lui*mèma. Mais il

attendait les événements ; et malgré la supériorité de ses forces, il n'osai^pas prendre l'offensive.

De son côté , le prince d'Essling voulait employer tous les moyens qui pouvaient assurer son opération , avant de tenter une entreprise aussi vigoureuse que celle de débusquer l'ennemi de l'excellente position qu'il occupait. On resta en présence jusqu'au 29 octobre Ce jomylà, lé Maréchal fit passer l' Adige à toute l'armée. L'ennemi , abordé avec la plus grande impétuosité , céda toutes ses positions sur les bords du fleuve , et se retira sous le feu de ses redoutes à Caldiero.

Le 30, le Maréchal fit attaquer cette ligne imposante de retranchements par trois divisions de son armée. La première était au centre, la troisième à gauche, la quatrième à droite; la réserve de grenadiers en seconde ligne ; la division de dragons et celle de chasseurs à cheval dans les intervalles.

La seconde division (Verdier), soutenue par la division de cuirassiers , devait efiectuer à Ronco le passage de l'Adige, au moment de l'action , et se porter rapidement sur la petite rivière de l' Alpon , pour envelopper l'ennemi . L'attaque des redoutes fut extrêmement vive; mais la défense des Autrichiens, rassurés par la force des ou\Tages et de la position, ne le fut pas moins. L'armée française dut céder au double avantage qu'avait l'ennemi , celui du nombre et du terrain. Les redoutes de Caldiero ne furent pas enlevées; mais l'armée s'établit sur la rive gauche de l'Adige. L'ennemi immobile derrière ses retranchements n'osa pas l'attaquer.

Ce repos dura deux jours. Le 2 novembre, l'Archiduc , après avoir fait une

la monarchie autrichienne. L'Archiduc | démonstration qui annonçait la volonté pensait à opérer, s'il était encore pos- d'attaquer, évacua subitement les H

L'EMPIBE.

gnes de Caldiero, et commença sa retraite.

L'armée française se mit aussitôt à la poursuite des Autrichiens. Le 3, on combattit avec chaleur sous les muirs de Vicence. Le b ^ à huit heures du matin, Vicence ouvrit ses portes ; l'ennemi, qui n'avait voulu que retarder la vivacité de la poursuite, ne put pas éviter d'avoir son arrière-garde atteinte et entamée.

L'armée française effectua ce même jour le passage de la Brenta. Bassano, Trévise, Padoue furent successivement occupées. Le 10, la Piave fut passée.

Le 11, le corps du général Gouvion- SaintrCyr, venant du royaume de Napies , opéra sa jonction avec l'aile droite de l'armée d'Italie.

Le prince Charles prit position le 12, sur la rive gauche du Tagliamento. On se canonna vivement toute la journée.

Mais l'ennemi se retira dans la nuit; et l'armée française franchit le Tagliamento sans obstacle.

Depuis ce moment , l'Archiduc accéléra sa retraite. Les nouvelles d'Allemagne le pressaient. Il abandonna, sans faire la moindre résistance , Udine ,*Pa!ma-Nova, Gradisca. Il défendît un moment la ligne de l'Isonzo; mais le passage ayant été forcé , il évacua Gorizia dans la nuit du 17 au 18. Le maréchal prince d*Essling établit son quartiergénéral dans cette ville; et l'armée prit position sur les deux rives de l'Isonzo. La quatrième division, commandée alors par le général Serras , fut envoyée sur Trieste dont elle s'empara. La division de chasseurs à cheval suivit , en le harcelant, l'ennemi qui se retirait sur Laybach.

A dater de cette époque jusqu'au 1*' décembre, l'armée d'Italie ne fit plus de mouvements importants. Le 26 novembre, le maréchal prince d'Esslîng rendit compté au prince Major-général :

a Qu'ayant été instruit par dK'ers rap-

» ports, et spécialement par une lettre

» du général Vial, ambassadeur de Sa

» Majesté Impériale àBerne, qu'un corps

» de l'armée autrichienne d'Allemagne ,

» qui se trouvait coupé par suite des

» manœuvres de la Grande-Armée, de^

» vait descendré les montagnes du Ty-

)) roi , il avait pris ses mesures pour que

» cette colonne fût coupée par ses divi-

» sionsdans quelque direction qu'elle se

» portât; qu'en effet, le corps ennemi,

» fort de sept mille hommes d'infanterie

» et de douze cents chevaux, sous les

» ordres du prince de Rohan, étant venu

» le 23 novembre se jeter sur Bassano,

» le général Gouvion-Saint-Cyr, qui

» commandait dans cet arrondissement,

» s'était aussitôt disposé à le recevoir;

)) que cependant, pour ne négliger au-

» cune précaution , il avait fait arriver à

» marches forcées, sur la Piave, sadivî-

» sion de grenadiers, celle de cuiras-

» siers et une brigade de dragons , pour

» tourner la position de Bassano.

» Le Maréchal ajoutait que le prince » de Rohan , sentant la difiiculté de sa )) situation, avait prévenu l'attaque , en » se jetant violemment sur la division )) du général Reynier, qui appartenait au » corps du général Gouvion-Saint-Cw; )) mais que vigoureusement repoussé }) d'abord , et ensuite attaqué à son tour )) par de nouvelles troupes, l'ennemi » avait fini par demander à capituler; » que 6,000 hommes d'infanterie, 1 ,000 » chevaux , 6 drapeaux , 1 étendard , 12 » pièces de canon , leurs caissons et » d'immenses bagages étaient restés au » j)ouvoir de l'armée française; et que » le prince de Rohan , commandant ce » corps , ainsi que d'autres généraux et » plusieurs colonels , étaient au nombre » des prisonniers. »

Le l*' décembre, l'armée se remit en mouvement. Trois divisions marché*

CAMPAGNE m 1805.

KDt pour occi4>6r le Friool autrichien, h Gflumiole , et généralement tout le littoral j tandis que le corps du général Gouvion-SaintrCyr était en observation devant Venise , et que la première divisbn , ainsi que les dragons , se por^ taient sur la Carinthie. Le Maréchal avait reçu , à cet égard , les ordres les plus positife de S. M. TEmpereur, qui, par une lettre datée de Brûnn, le 22 novembre , lui fiûsait prescrire de contenir l'archiduc Gharies et de l'occuper sans reiftche , afin qu'il ne pût pas aller se jeter sur la Grande-Armée , à l'instant où elle était en présence de toutes les forces russes. Le quartieivgénéral du Maréchal était, le 6, à Laybach. Ce Alt là qu'il apprit , par le retour de l'un de ses aides-de-camp (1), tous les détails de rédatante victoire d'Austerlitz. Bientôt q>rès , il reçut la nouvelle de Tarnûstice ; et enfin , le 9 décembre, l'Empereur lui fit écrire :

« L'ordre de Sa Majesté, M. le Mare- » cfaal , est que vous formiez un corps » d'année composé ainsi qu'il suit :

» Trois divisions dinfanterie formant » au nooins vingt-quatre mille hommes ;

» Quatre régiments de chasseurs à » dieval; quatre de dragons ; quatre de » cuirassiers ;

> Trente à quarante pièces d'artille- » rie attelées et bien approvisionnées ;

9 Les officiers généraux , l'état-ma- » jor , les officiers du génie et d'artille- » rie nécessaires à un pareil corps d'ar- »mée.

» Ce corps , qui sera commandé par » vous en personne , M. le Maréchal , » n'aura plus la désignation d'armée

(i) Le lleateDant ingénieur-géographe Pelet, a4ovd*h«i Beotcaanl'géaéral , et M«ii eonna ^ Ms Iseieors.

» d'Italie , mais prendra celle de liui- » tième corps de la Grande-Armée.

» Vos troupes occuperont, pendant » la durée de l'armistice , la Carniole , » ristrie et le comté de Goritz.

» L'Empereur ordonne au général » Saint^yr de prendre le commande- )) ment de tout ce qui compose l'armée » deNapIes. Indépendamment de cela, » vous ferez les dispositions nécessaires » pour augmenter son corps d'une di- » vision d'infanterie française et d'un » ou deux régiments de chasseurs. En- » fin , vous lui /x)mposerez un corps » d'armée de trente miUe hommes , » dont plus de moitié sera Français, et » le reste Polonais , Suisses ou Italiens. » Vous lui donnerez le plus d'artillerie » qu'il vous sera possible. U réunira » encore à lui les garnisons de Li voume » et d'Ancône ; et, avec son corps d'ar- » mée ainsi composé , il se mettra sur- » le-champ en marche pour la frontière » de Naples , afin de garantir les États )> romains et de couvrir le royaume d'I- » talie.

» Un autre corps sera composé d'une » division d'infieinterie française, d'une » réserve de garde nationale italienne » et de deux régiments de cavalerie » française. Ce corps sera directement » aux ordres du prince Eugène, vice- » roi d'Italie, qui le réunira à Padoue » pour contenir la garnison de Venise.

» L'intention de l'Empereur est que le » prince ait le commodément du pays » vénitien et des troupes qui sont dans » le royaume d'Italie.

» En prenant vos cantonnements , » vous q>puierez votre corps d'armée » plutôt du côté de Graetz que de tout » autre côté , afin de pouvoir vous por^ » ter , dans le moms de temps possi- » ble, sur Vienne , s'il y avait lieu. » C'est sur le Danube que la guerre est » désormais fixée. Le prince Charles

LBMHRK.

)) avec toute son Armée est de ce odté» » ci ; et rîntcntîon de Sa Majesté est , » au premier signal , de réunir votre » corps à la (irande-Armée.

» Approvisionnez bien Palma-Nova.

' « n ne faut pas s'endormir sur Tarmis- » tice. La guerre n'est pas finie ; et il » &ut vous tenir prêt à combattre d'un » moment à l'autre. Correspondez fré- » quemment avec ^éta^majo^-général » et avec les maréchaux ducs de Ra- 7) guse et d'Elchingen , dont l'un com- » mande en Carintliie et l'autre en Sty- » rie. »

La ligne dé démarcation , fixée par l'armistice conclu entre les empereurs de France et d'Autriche , renfermait , en Moravie , les cercles d'Iglau , de Znaym , dv* Briinn , la partie du cercle d'Olmûtz qui est sur la rive droite de la petite rivière de Trzbowka , en avant de Prosnitz , jusqu'à l'endroit où elle se jette dans la March ; la ligne suivait le cours de cette darnière rivière jusqu'à son embouchure dans le Danube , y compris cependant Presbourg. Il était convenu qu'il ne serait mis aucune troupe française ou autrichienne dans un rayon de cinq à six lieues autour de Holitsch , à la rive droite de March , parce que ('empereur d'Autriche devait occuper cette maison de ciunpagne pendant la durée des négociations qui allaient s'ouvrir pour la paix définitive.

Le territoire que l'armée française devait occuper, comprenait, dans la Bohème , le cercle de Tabor , et tout ce qui est à l'e&t de la route de Tabor à LintE, la haute et basse Autriche, le T>Toi , rËtat de Venise, la Carinihie , la Styrie, la Camiole, le comté de Goritz et ristrie.

Ces trots dernières {Mrovinces étaient les cantonnements assignés an huitième corps DOQvelleaieiit fotmé. Le sixième devait acoQper la GaiiBtUe ; k oBooMd ,

ta Styrie. Le Iroisiènie ifatt l'ordre da se réunir à Presbourg. Le quatrième était fixé à Vienne. La réserve était can^ tonnée depuis l'embouchure de la Taya dans la March , le long de ta rive droite de cette dernière rivière, jusqu'au Danube. Le cinquième corpa occupait ta partie de la Moravie désignée par l'ai^ mistice. Le premier devait s'établir daiis les cercles d'Iglau et de Tabor en Bo* héme. Il fut prescrit au septième oorpt de rester, jusqu'à nouvel ordre, dans sa position entre le Rhin et le Mein.

Après la conclusion de l'armistice, l'Empereur revint à Schônbrunn.

Cependant, les Anglais menaçaient la Hollande, ou plutôt faisaient courir des bruits de débarquement dans os pays. On les craignait peu. Mais il a toujours été dans le système de Napo* léon , de ne négliger aucune précaution pour déjouer les mauvais desseins de ses ennemis. Un corps de vingt mille hommes, sous les ordres du général CoUaud , fut envoyé d'Anvers à Amsterdam. <( Si, après la nouvelle de la bar )> taille d'Austerlitz, » écrivait le prince Majoi^énéralà M. Schinunel-Penninck, pensionnaire d'État, « vous voyiez que » les dispositions de l'ennemi conti- » nuent pour un débarquement, vous » feriez préparer à Amsterdam un pa- » la's pour l'Empereur, qui ne tarderait » pas à y arriver au moment où on l'y » attendrait le moins, d

Une intention semblable, de la part de Sa Majesté , était manifestée au viceroi d'Italie, dans le cas où les Russes, qui avaient débarqué à Naples, et qui étaient réunis à l'armée napolitaine, tenteraient de se porter sur le nord de l'Italie.

Ainsi , Napoléon, certain de l'effet de sa présence , aussi actif que César , voûtait se titasporter de roriaol de l'fiuf* rope au nord, et revenir d«

CAMPAOHB M 1805.

wUê. pÊÊUfOî où seprétenteraientfies Jamais sa puissance ne as

■it maiiifBstée d'une manière plus », si seaeimemis n'avment voulu que gagner du temps en lui demandant la paix.

Celte fois, la prudence remporta. Ils ne Toahirent pas courir de pareilles ctencea. Le 37 décembre 1806 , la paix fiiit signée à Presbourg. Pnr ce traité , le pays TéBitien, cédé à F Autriche, lors de la paix de Lunéville, appartint à la Franœ. l^Dalmatie, leFrioul etTIstrie faii furent également abandonnés en loute propriété. Il fut stipulé que la twcerease de Braunau resterait, pendant trois mois, au pouvoir deFarmée française. L'électeur de Bavière qui s'était montré Tallié fidèle d.e la France, en fut récompensé par le titre de Roi , et par une augmentation notable de territoire. L'électorat de Wurtemberg fut également érigé en royaume , quoique Napoléon eût plutôt consulté , dans cette position, sa générosité que le contentement qu*il avait éprouvé des procédés de rélecteur.

. Il fut convenu que Presbourg serait évacué par les troupes françaises cinq jours après réchange des ratifications du présent traité ; que la ville de Vienne et son territoire, la Styrie, la Bohême, le seraient dix jours après cet échange,4)iii eut lieu le i'^ janvier 1806. Enfin l'on convînt que l'armée aurait deux mois pour évacuer la Carniole et la Carinthie.

Immédiatement après la signature de la paix , l'Empereur partit pour Paris , laissant le commandement de l'armée au prince Major-général.

Bientôt l'ordre fut expédié aux troupes auxiliaires bataves ou allemandes, de s*en retourner dans leurs pays respectifs

Quant à l'armée firançaise , sa destination fut différente. Napoléon résolut de lui Dure prendre successivement les

lignes de TEnns , de la Salza , du Lech, jusqu'à ce que les conditions de la paix fussent remplies. Les mouvements des premier, quatrième, cinquième et sixième corps , et de la réserve de cavalerie , furent dirigés par le prince Majorgénéral , en conséquence de cette intention de l'Empereuf , après l'évacuation des provinces autrichiennes.

Le huitième corps eut l'ordre de retourner en Italie, où il passa sous le commandement du prince vice-roi. Il fut prescrit au maréchal prince d'Essling de séparer de son corps la division de dragons et sa meilleure division d'infanterie , et de se rendre avec ces troupes à Naples, pour renforcer dans ce royaume Tarmée française dont l'Empereur lui confiait le commandement.

Le duc de Baguse fut désigné pour prendre possession du Frioul et de la ligne de l'Isonzo avec son corps d'armée. Le général comte Molitor, qui était de l'armée du prince vice-roi , fut envoyé en Dalmatie pour un objet semblable avec trois régiments. Le comte Duhesme fut aussi détaché en Istrie , avec trois régiments, pour la même mission. Le général Miollis eut l'ordre de prendre possession de Venise.

Le 14 janvier, le quartier-général était àLintz; le 30, il fut à Munich.

Dans le courant de février, les différents corps d'armée revenant d'Autriche en Bavière , reçurent des ordres pour se porter en Allemagne.

Le premier corps fut envoyé dans la principauté d'Anspach. Ce pays venait d'être cédé au roi de Bavière par la Prusse, qui avait reçu le Hanovre en échange. La France était garante de l'exécution du traité. Le prince de Ponte-Corvo avait l'ordre d'occuper le pays d' Anspach au nom du roi de Bavière , et d'y cantonner son corps d'armée.

Le cinquième corps reçut la même

L'KMnU.

destination, et passa en conséquence sous les ordres du maréchal prince de Ponte-Gorvo , sans cesser néanmoins de former un corps d*armée.

Lé quatrième corps futétabliàPassau, Landshut et Braunau. L'Empereur avait décidé que cette dernière place resterait indéfiniment occupée par ses troupes, jusqu*à ce qu'enfin l'Autriche eût fait évacuer aux Russes les bouches du Ca^ taro qu'elle leur avait laissé surprendre.

Le troisième corps eut ses cantonnements assignés dans les principautés d'OEttingen et de Hohenlohe, en Franconie.

Le sixième fut placé à Engen , et dans la principauté de Fûrstembei^, en Souabe.

Le septième occupa Francfort et les environs.

ixoûmte

Dupont , Levai et baron de Lorge , de* valent stationner dans le pays de Hesse- Darmstadt , sous le commandement du duc de Càstiglione , sans fiiire partie de son corps.

Ainsi, tout l'intervalle entre le Danube , le Mein et le Rhin, était occupé par la Grande-Armée , qui formait une chaîne non interrompue, dont les anneaux pouvaient s'étendre ou se resserrer avec une extrême fiicilité.

Telle fut la position dans laquelle Napoléon attendit tranquillement l'effet des intrigues, qu'il n'ignorait pas que ses ennemis cherchaient à renouer dans différentes cours de l'Allemagne et de l'Europe , pour essayer encore d'ébaoï^ 1er sa puissance.

ÉTAT-HAJOR-GÉIVÉRAL

S. H. L'EMPEREUR ET ROI, commandaDt en personne.

JimoT, g. de dlTision. R Bayait, g. de brigade. Làimitroa,g. debrlg. 1 Kaw, Idem,

IniAftois, Idem. Il Ldbur, colonel. S. A. S. le prinee MURAT» lieutenant de TEmperear.

/ Girtrdto, chef d'escadron, i Golbert , capitaine

U>aréei>«l]!nTIIIEB.in4or^néral < KilSS*. iSfSi.

* \ Lagrange, lieutenant.

J PérigordilouU), f.-lieaten. . >Ald.-de-o ^^^^ VPérlgord (Edmond), idem . .

FAMMlUn, général de brigade, commandante Brflnn. . . .(Froment, capitaine

niLLS, idem, remplace le gén. Valhnbert au 4« corps. \ Reilte et Menou, lieutenants , VBŒ, idem, commandant à Augtbourg | Sanreterre

***^"'^'^- ( c.deb.dugén.--ParlgoletPmct.c. de b -Kl'J^

t Simonin, Falfcowski. Vahon, V* "t"**

UCAiroS, adjudant-commandant { Leraillant, Piré.HonthoioD, 1 .^ij:,»..

( et Esterneaux, capitaines. .1 «««wn^

PALTOW. id. , I Sarralne et Longuerue, lient. /

aoniflSlIB, faisant fonct. d'tnspcct. aux rernes i Jaçcneminot, Genêt, ripine. | Cdetgur.

JOWYItJLB, 8.-inspect. aux rernes, com. ord. en cbef. . . . {Le Duc, adjointan commua. desguerres.

DiiuilMK, comm. des guerres, fais, fonct. de s.-insp. aux rer. (Frogier, adjoint provisoire.

WOLFF, colonel, i/^goemeslre-fénéral.— LAUBR, colonel, commandant la gendarmerie.

/ ZATOiiscHiCK,gén.dediT. . ./Pierre,c.d'esc., elllairat,cap. | Aid.nle-c*

\ vûli?uu^^iÀ\^:À^mSA^i IlouchardetThomlères,c.deh. ANDBBOSST. 6. de D.. l«lSîiï?'''**'J'^Ht2»""""*'- 1 8ailey,IIarteTUie. Dieny,Ver-

aide-nalor-général /KÏÎÎIim âlm J <*""» Callielin. Ducoudras,

TalBabel4,ovit J ..^ ^^ \ EiîSîît' Kîïï 1 Huguet^haieau, Castlllonet

aesilr. Ueaten? .j^**"***^ ipîïïS^"* ihJÏÏ I CrSsent. capilaioes

f cîSrY™. id«m f Slanoswski. s!-lieutenant. <

■ATHlKlMHJlfAS.G.deD.,/ ( i

IJ:lïï?:?SMî£^' • • JUuMiDiii.. a<«ud.<omm.)feÏ2f«H?'iîlîîî!*' 1 Adi^mi.

"ç^gM^ «•»• JThraî""^ IdSS ; : : : : ; -.p'^"*""'

/Bonne, col. -> Goilleminol et Martinet, eh. de bal. — Bâcler- \ 8i]l901l,6.deB.,S«aid.-maJ.-l d*Albe, Gbabrier (J.-B.), Chabrier (Aog.) et Brouttean, cb

A(UoinU.

Officiers polonais.

Ingén.

géograpb.

d*Albe, Gbabrier (J.-B.), Cbabrier (Aog.) et Brouttean, cb. d'esc.— Schneider, Lapie, Gauthier, Pressai, Castres, cap. Holu, Didier, GuffroT, Le Rouge, Defransores, lieulenanL — Guibert, Beriier, Guilloi, Bayard, Sion, s.-lieutenanU . . .

/'PBnHBTn,g.aeb., c.d'ét-ma|. [ Varion, eap.,etDoncet, lient. | Aid.-de-c. S^dnlTh^f'^^^'^'^ ) tolîSîoÎT^I- ^ ï%t- m) nulol. Voraxin, Pourcy, Ce)

'it^S!jf'**"'''*'**^**°(j'^»"««»»-^^^ mil. AndréoMT |AidHl»«.

II Lombard, commissaire ordonnât, en cbef. Petbt. s..lnsp. auxrer , fois. ïiSïîrirfSlî^'ïSSlnî^^^ desguerr. fonct. d'ordonnateur en chef. \ gf"nf ^ «djoinl provisoire, •wuuk.u wiuwuiMwur c«i.u«i. I 0pQuin, commissaire des guerres. * Puzos, adj., rais, fonct. de comm. desgner.

ÎFrirlon , Inspecteur aux rcTues.

IUrigniereffi»|.Cbambelle, s..|nsp. aux Delamarre, adi.anxeommits.desgoerree.

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