‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 75 sur 205 · AVIS AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AVIS AU LECTEUR

Quatre éditions de l'ouvrage que nous allons examiner ont déjà paru, et jusqu'à présent, nous avons gardé dans notre portefeuille ce travail préparé depuis longtemps. Pourquoi ïivons-nous tant tardé à le publier? pourquoi le publions-nous aujourd'hui? Nous devons répondre en peu de mots à ces deux questions , que peut nous adresser le lecteur.

Le format de l'ouvrage de M. de Ségur , son prix élevé, les portraits et les emblèmes dont on Fa successivement enricbi, nous ont fait penser qu'il était destiné aux classes de la société , qui , ayant vu de plus près les hommes et les choses dont il s'agit , n'avaient pas besoin qu'on se mit entre elles et lui pour le juger. Nous avions remarqué aussi que les journaux qui en ont parlé avec le plus d'éloges, s'en sont occupés principalement sous le rapport littéraire ; qu'ils l'ont comparé aux fictions de l'illustre Écossais; qu'en lisant l'histoire delà Grande-Armée, le nom de Waîter-Seott s'était placé de lui-même sous leurs plumes. Ce genre de mérite, accordé à M. de Ségur, n'était pas celui que nous pouvions vouloir lui disputer. Peu nous importait que son histoire fût plus (/ue l'Iliade; qu'on lui eût appliqué, comme on l'aurait fait à un maréchal de l'empire , le quorum pars magna fui , qu'on l'eût loué de n'avoir oublié de ce grand période que ses services; l'ironie était trop évidente, et ne nous laissait rien à dire. Le public, entre les mains de qui les quatre éditions avaient passé , était prévenu par cela même , et ne pouvait prendre pour une histoire ce qu'on lui donnait pour un roman.

550 L'EMPIRE

Mais nom f eilo0s d'apprôndfe qu*tdie cinquième éditiA se pr^re ; qu'elle sera en petit fomiat, sans aucun \tïx% , et qUe «m prix la tneth»a à la portée des classes nombreuses , qui ont été trop loin des événements pour ne pas être entraînées dans les erreurs où les lecteurs des premières éditions n'ont pas pu tomber. Nous nous sommes cru obligé alors, de tirer de notre })ortefeuiUe un travail qui , tout imparfait qu*il soit , né sera plus sans quelque utilité. • Un rapprochement se présente à notre esprit. Courtîk de Sandras publia à Ut fln du dix-septième siècle : la conduite de la France àepuiê la paix du Nimigue^ la Vie de Coligny, les Mésnûireê du comte de Boche fart, P Histoire de la guerre de Hollande depuis Pan 1672 jusgv^à Fan 1677 , la Vie du maréchal de Tkrenne,etc. , etc. « Sa plume féconde et frivole, dit le tfouveau Dictionnaire D Historique y enfanta une foule de romans publiés sous le titre d'histoires, et )) par là même plus dangereux , parce que les fables qu'il débita passèrent à la » faveur du peu de vérité quMl y mêla. »

Ces romans eurent aussi un débit prodigieux. On dédaigna longtemps de les réfuter; longtemps aussi , on regarda Sandras comme une autorité.

« On ne place ici son nom que pour avertir les Français et les étrangers , com- » bien ils doivent se défier.... de ces fictions sous le nom d'histoire. (Voltaire, » Siècle de Louis XIV.) n

L'application se fât d'elle-même ; 'nous n'ajouterons rien aux phrases que nous avons citées.

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