LIVRE QUATRIÈME
Défaite des pMplet de Bergae et de Zalpiwo , uuy le d'uiie description det UNSurs desSué^ es. — PasMge du Rhiu. — Eipédilion d'Angleterre.
An avant J. C. S5 , dr Rohm $99.
i . L'hiver suivant , sous le consulat de C. Pompée et de M. Crassus , ceux de Betgue et de Zutphen , peuples de l'Allemagne, passèrent le Rhin en grand nombre assez près de son embouchure, parce que, depuis plusieurs années, les Suèves leur faisaient la gnerre, et les empêchaient de cultiver leurs terres. Ces Sutives sont la nation la phis puissante et la pitjs guerrière de toute l'Allemagne. Ils passent pour avoir cent bourgs, lesquels tous les ans fournissent chacun mille soldais, qui vont porter la guerre chez les peuples voisins : le reste demeure dans le pays et le cultive, tant pour eux que pour ceux qui vont en campagtie. L'année suivante , les premiers vont à leur tour porter les armes, et les derniers restent dans le pays. Par ce moyen, l'amour de l'agriculture et l'ardeur pour la guerre s'entretiennent également dans cette nation. Du reste , les terres sont ciiez eux en commun, sans que personne en ait en propre; ils ne demeurent même jamais plus d'un an dans le même Heu. ils font peu de provisions de blé , car ils vivent presque uniquement de lait, de la chair de leurs troupeaux et surtout de leur chasse. Ce genre de vie , joint à ce qu'ils sont toujours en action, et à la liberté dont ils jouissem ( en effet ils élèvent lettrs enfants dans la même indépendance»
dans le même élo^ncment de iout art, et ne leur font rien faire contre leur gré ) , les rend robustes et d'une taille prodigieuse. Ils se sont habitués
CÉSàA.
quoique dans un climat très-rroid , à ne se vèiir que de peaux , qui , n'éianl pas assez larges, laissent la plus grande partie de leur corps toute nue; et d'ailleurs ils ne se baignent que dans les fleuves.
2. Ils reçoivent chez eux les marchands; mais c'est plutôt pour leur vendre le butin qu'ils ont fait h la guerre, que pour acheter de leurs mar* chandises. Ils ne sont ps même curieux de ces beaux chevaux étrangers doni les Oaulois font tant de cas , et qu'ils achètent si cher; mais ils préfèrent ceux du pays, tout mauvais et tout diffoi*mes qu'ils sont» et par un continuel exercice , ils les rendent infatigables. Comme dans les combats , ils sautent souvent à bas de leurs chevaux , pour combattre à pied , ils les accoutument h demeurer dans la même |>lace , et »
quand il en est besoin , ils remontent dessus avec une vitesse surprenante.
C*est aussi chez eux une marque de la mollesse la plus honteuse que de se servir de selle; aussi ne baiunoent-ils fioinl , quelque peu nombreux qu'ils soîeut , d'attaquer une grosse troupe de CAvalerîe bien équipée. Ils ne se permettent point du tout l'usage du vin ; ils croient que cette liqueur amollit les hommes, qu'elle les rend efféminés et incapables de supporter la fatigue.
3. Us le font gloire de n'être bornés qw par de vastes déserts ; c'est, selon eux » une preuve qu'un grand nombre (3^ nations ne pouvant leur résister, ont aJbandonné ces pays. Aussi pràiend-on que du côté des Suèves, il y a sur leur frontière près de deux cents lieues de pAys inliabité. De Tautre côté, ils sont Toîsina de ceux de Cologne , peuples ftiitrefois très^uissans , autant que les Allemands peuvent Têtre > et qui sont «l'un naturel un peu moins féroce, parce qu'étant plaot^ sur les botxis du
Rhin, ils ont plus de commerce, et que le voisinage des Gaulois a su les accou* tumer à leurs mœurs et à leurs manières. Quelques guerres que les Sucves leur eussent faites, ils étaient en si grand nombre et si puissans qu'ils n'avaient pu les chasser; il les avaient pourtant fort abaissés et fort affaiblis , et les avaient enfin rendus tributaires.