‹ Bibliotheque militaireChapitre 114 sur 614 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Manière de meure une légion en bataille , et des armes des centurions et des triaircs.

Pour voir à présent comment on nnge une arrné^ en bataille, prenons, par exemple, une l^ion , dont la disposition servira de plan pour en ranger plusieurs ensemble. La' cavalerie se place sur les ailes; l'infanterie commence à se former par la première cohorte de la droite; la seconde se place de suite en ligne; la troisième occupe le centre; la quatrième se rangea côié; la cinquième la suit et forme la gauche de la première ligne. Les ordinaires, les autres oGBciers et tous les soldats qui

combattaient dans cette première ligne, devant et autour des enseignes, s'appelaient le corps des princes » tCNis pesam* ment armés ; ils avaient des cuirasses complètes , des grèves de fer, des boocliers,degrandeset petites épôes,cinq flèches plombées dans la concavité de leurs boucliers , pour les lancer à la premiers occasion, et deux armes de jet; une grande, qui est le javelot» et une petite , qui est le demi-javelot ou le dard. Le javelot était composé d'un fer de neuf pouces de long, triangulaire, et qui était monté sur une hampe de cinq pieds et demi : on exerçait particulièrement les soldats à lancer cette arme, parce qu'éuint bien jetée, elle perçait égalernent les cuirasses des cavaliers et 4es boucliers des fantassins. Le demijavelot avait un fer triangulaire de cinq pouces de long , sur une hampe de trois pieds et demi.

La seconde ligne, où étaient les hasuires, était armée comme celle des princes , et se formait à la droite par la sixième cohorte; la septième se plaçait de suite; la huitième occupait le centre; elle était suivie de la neuvième, et la dixième fermait toujours la gauche.

Derrière ces deux lignes, on plaçait les férentaires ou les légèrement armés, que nous appelons à présent escarmoucheurs, ou gens déterminés; les écussones, armés d'écus ou de grands boucliers, de flèches plombées » d'épées et d'armes de jet, à peu près comme le sont presque tous nos soldats aujourd'hui; les archers» armés de casques, de cuirasses, d'épées, d'arcs et de flèches ; les frondeurs , qui jetaient des pierresavecla fronde ou fusiibaie,et les tragulaires, qui tiraient des flèches avec des balistes de main ou des arbalètes.

Après toute cette armure légère, les triaires, armés de boucliers, de casques , de cuirasses complètes , de jam-

tAcéci» uv. n.

bièm de ler, de Tépée el du poignard , de flèches plombées el de deux armesde jet , formaient une troisième ligne. Pen» dut Taction , on les faisait demeurer baissés nn genoa en terre, aûn que, si les premières lignes étaient battues , cette troupe fraîche pût rétablir les affaires» et rappeler la victoire desoa oAlé* On fera observer» en passant , que les porte-enseignes » quoique gens de pied » avaient des demi-cuirasses el des casques couverts de peaux d'ours , avec le poil» pour se donner un air plus terrible ; mais les centurions avaient des cuirasses complètes, de grands boucliers et des casques de fer» comme les triaires» avec cette différence que les centurions portaient leurs casques traversés d'aigrettes argentées» pour être plus facilement reconnus de leurs soldats.

Page 1