CHAPITRE PREMIER
Des armées.
Le premier livre traite des levées et des exerdoes des nouveiux soldats; dans le second , on a développé Tordonnance de la légion et la discipline des troupes : les batailles font le sujet du troisième» Il est précédé des deux tutres, aGn qu'arrivant par ordre aux instructions qui suivent sur la science des combais, et sur les moyens de par* tenir à la victoire, on puisse les entendre plus aisément , et en tirer plus de fruit.
On appelle armée un certain nombre de légions et de troupes auxiliaires , iolanterie et cavalerie, réunies pour des expéditions militaires.
Les maîtres de l'art veulent que ce iKMnbre soit borné. En réfléchissant iur les déEutes de Xerxés» de Darius , de Hithridate et d'autres rois qui avaient armé des peuples entiers » on toit évidemment que ces prodigieuses ttmées ont moins succombé sous la takur de leurs ennemis, que sous leur multitude. En effet , une armée trop m.
nombreuse est exposée à bien des in* convenions, elle marche toujours fort lentement , et comme ce ne peut être que sur des colonnes extrêmement lon« gués , les ennemis peuvent la harceler et l'incommoder, môme avec fort peu de monde. Lorsqu'il faut aller par des chemins difficiles, ou passer des ri« vières, les bagages, par leur lenteur»
rendent les marches embarrassées et dangereuses. On ne trouve jamais qu'avec une peine infinie du fourrage pour une si grande quantité de chevaux et d'autres bétes de charge; quelques soins que l'on prenne pour dire provision de vivres, ils manquent d'autant plus vite qu'on les distribue à plus de bouches, et la disette, tant à craindre dans toute expédition, ruine bientôt cette grande armée. Quelquefois même une trop grande multitude trouve i peine assez d'eau ; enfin si , par malheur votre armée vient à être mise en fuite, il faut nécessairement qu'on tue bien du monde, et ce que vous sauverez de troupes en remportera une impression de frùyeur qui les épou* vantera pour une seconde action.
C'est pourquoi nos anciens, instruits
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par l'expérienoe, voulaient des armées plus disciplinées que nombreuses. Une légion composée de dix mille Ibiitassins et de deux mille cheVnux» compris les auxiliaires , suffirait pour les guerres peu importantes ; et on en donnait souvent le domhudndeYilent à un préteur» comme à un général du second ordre. S'il était question de ramener sous le joug quelque nation révoltée et très-brave , on mettait en campagne deux armées , et à leur tète deux généraux avec cette formule :
Que chacun des chefs en particulier , ùu tous deux ensemble , pretment garde que la réptdflique ne reçoive aucun dommage. Enfin, quoique les Romains eussent dans la suite à combatirè presque touft les ailé en dffférens pays^ cot)tre dilféteiites nations; ilâ n*envopient que tîe petites armées, qu'ils préféraient»
tomtne nou^ avons dit ; i de plus grandes moïfrs disciplinée^; ttt^\^ quelAss liu 'elles fussent , ils observaient exacfénKent que te nombre des tiuxiriâities ou des alliés n'excédftt pas celui des tiationaux.