‹ Bibliotheque militaireChapitre 129 sur 614 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Qasb toat toi dlfféraaf tigaan nilHsirfi.

L'homme de guerre a bien des cbo* ses à observer dans le oombat. LA, la moindre faute qu'il y fait est pu* nissable , puisqu'il est question du salut public ; mais rien ne contribue plus à la victoire » que d'obéir aux ordres du général : ils s'indiquent par diflérens signaux, il n'est pas possible que dans le tumulte de l'action , la voix d'un seul homme dirige les mouvemens d'une armée : il est obligé de changer souvent ses ordres» à mesure que les circonstances changent; ce qui a bit établir» chea toutes les nations» des signaux que le soldat reconnaît et auxquels il obéit. Nous en avons de trois espèces » qu'on peut distinguer par vocaux 9 demi-vocaux et muets : les deux premiers frappent l'oreille» les derniers frappent les yeux. Les vocaux consistent dans de certiiins mots que donne le général pour les gardes ou pour le ralliement ; comme la victoire y ta pabne, la vaUur, Dieu est avec nom, le triomphe de tempereur , etc. Il a la précaution de les varier tous les jours» de crainte que les ennemis ne se glissent impunétnent dans le camp à la faveur du mot » s'il était trop souvent le mftme. Les signaux demi-vocaux s'indiquent par la trompette » le cor ou le cornet. On Appelle trompette» Tinstrumeni dont le canal est en droite ligne. Le cor est <xmposéd'un canal d'airain qui se replie sur lui-même en formede cercle. Le

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cornet est bit d'une corne de bœuf sauvage » entortillée d'argent. Les sons en varient » suivant que le trompette sait plus ou moins ménager son haleine. Ce sont trois instrumens qui annoncent l'ordre de marcher» de faire halte » de revenir sur ses pas » de poursuivre l'ennemi ou de faire retraite; et tout cela de façon à ne s'y pas méprendre. Les signaux muets sont : les aigles» les dragons» les drapeaux ou les étendards, les banderoles, les touffes de plumes» les aigrettes» etc. De quelque côté que le général fasse porter les enseignes » le soldat est obligé de les suivre. Il y a d'autres signaux muets» attachés aux chevaux, aux habits et même aux armes» afin que les soldats de la même armée se reconnaissent les uns et les autres» et ne prennent pas l'ennemi pour l'ami.

On dislingue encore certains ordres du général à un geste de la main » au fouet qu'il porte quelquefois comme les Barbares, à une certaine manière de toucher ses habits. On doit exercer le soldat à coimaltre ces dilTérens signaux et à y obéir, soit en garnison, soit en marche, soit dans le camp; c'est à quoi il ne parviendra jamais»

dans la confusion inséparable des combats à la guerre» s'il n'y est exercé par un usage continuel en temps de paix.

Il y a encore des signaux muets, com« muns à' toutes les nations. Par exemple : la poussière qui s'élève toujours en forme de nuage, peut vous indiquer l'approche de l'ennemi; par le feu pendant la nuit» et par la fumée pendant le jour, deux armées s'informent réciproquement de bien des choses qu'elles ne pourraient se faire savoir autrement. On place quelquefois au haut des tours d'une ville ou d'un château , des espèces de solives; et en les élevant ou les bnissant , snivani

qu'on ea est convenu avee des troupes amies» ou les iDforrae de ce qui se pawe dans l'endroii où Ton est.

CHAMTRB VI.

Quelle? sont les précautions qu1l faul prendre lorsque l'armée marche dans le voisinage de l'enneni.

Les maUres de l'art militaire préien* dent qu'il y a souvent plus de risque à courir dans les marches que dans tes oonibais« Loi^u'on est en présence, disent-ils» tous les soldats bont bien armés et voient à qui ils ont ^ïaire; ils s'attendent et se préparent ^ Taction, au lieu que , dans une marqhe , ils n'ont pa4 toutes leurs armes» ils les poitent négligemment , ils sont plus sujets à se troubler en cas d'embûche9 ou d'attaques imprévues. C'est pourquoi un gén^l doit prendre toutes le^ précautions possibles pour n'être pas insulté dans sa marche» ou pour repousser l'insulte promptement et sans perte. Il doit avoir un plan détaillé du pays où il fait la guerre» afin de connaître exactement la dislance des lieux , la nature des chemins » les roules les plus courtes ou les plus détournées» les montagnes»

les Aeuves ; d'habiles généraux ont poussé cette recherche au point d'avoir un plan figuré partie par partie» ce qui les mettait en état non-séUlement de raisonner avec roflicier qu'ils détachaient sur la route qu'ils devaient tenir» mais de la lui faire sentir au doigt et à l'œil. 11 faut» outre cela» interroger quelques principaux du pays qui soient gens de bon sens et au fait des lieux , en observant de questionner cha« GUtn d'eux séparément» afin qu'en conciliant leur rapport on puisse s'assurer de la vérité. D'ailleurs» lorsqu'il est question de choisir entre plusieurs cbe-

Mv. iir;

mins» il hul prendre des goidès bie« instruits» ks faire garder à vue en les assurant d'une récompense oa d'une •punition » au eas qu'ils vous eonduisent bien ou mal; ils vous aeroni fidèles lorsque, désespérant de vous échapper»

ils verront d'un c6(é le prix de la fidélité, et de l'autre celui de la perfidie. On ne peut choisir avec trop d'attention des guides sensés et connaisseurs»

puisqu'on court risque de perdre toute une armée par un excès de oonfiance en deux ou trois de ces miscWables qui »

s*imaginanl savoir un chemin qu'ils ignorent» promènent souvent plus qu'ils ne peuvent tenir.

Cumnie» à qtiolqiieeiipédition qu'on se prépare, il est d'une conséquence infinie que l'ennemi n'eu soit pas pré» venu, la précaution la plus sûre est que votre armée ignore elle-même quelle route vous voules lui faire pren«i dre; c'est sur oe principe que nos \é^ gions avaient autrefois pour enseignes la représentation symbolique du MinO'^ taure, afin que cette vue rappel&t sann cesse au général la nécessité de tenir son secret aussi caché dans son âme que le Hinoiaure l'était au fond du la*^ byrintbe. La route la plus sûre est sans doute celle que l'ennemi ne voua soup* çonne pas de vouloir prendre; mail comme les espions peuvent découvrit ou du moins entrevoir vos intentions»

mettes-vous en état de le bien recevoir} faites pr^éder votre marche par un dèr lâchement de cavaliers fidèles» clair* voyanseï bien montés, qui reconnaisr sent de tous cûlés la route que vous voulez tenir, afin de découvrir s'il n'y a point N d'embuscades; vous rjsquef moins à faire oe détachement la nt}it que le jour » car s'il est pris» ce qpi ai» rive plus souvient le jour que la nuit» vous vous seriejs trahi vous-même»

puisque la prise décèlewt votre mstr-

ebe. Elle doUoomiQtnœr par uneaiant- ^rck de cavalerie suivie d'inCinierie, placer les équipages au cenire; sûuiepes-les en qqeue d'inraoterie ei de ci|valerie» ei en flanc» d'un pareil nombre de IrQupes, parce que c'esi surioul (m Qanc qu'une trpupe en marche cuuri risque d'être aiuquée. Il Taut aussi ouvrir votre iparclie de cavalerie choisie , d-ioCinterie armée à la légère» et d'arçbers»du o&(é d'où doit vrais^^mblur blemeni venir Tatlaque; mais vous de- Vfn TOUS meure en état de faire face de tous o6iés au cas que l'ennemi vous invesiifse. Si vous voules empteber que vos soldats ne s'effraient d'une attaque subite» prévenez-les sur tout ce qui peut arriver dans la marche» de sorte qu'ils ^enl également prftts el disposés à combattre; ce qui alarme ordinaire* inenf dans pne auaque iqprévue ne produit plus cet eOel dés qu'on en «4 prévenu. Nos anciens avaient grand soin que dans l'actioi) |es soldats» ét^nt trop serrés, i^e se pujsjssent les uns aux autres , ou qu'étant trop au large» ib ne laissassent dans le rang des videf propres i y pénétrer; ils avaient l'attention que les équipages pe fusçeqt pas trop près des cofnbatuns » craignant avec raison que des valets» intimidés e( blessés » ne troublas^nt l'ordre du corn* bat » et que les chevaux dp l^t eflaroupb^ ne blessa^pt le^ soldats : c'est jpourquqî l'Hsage était de donner des epseignes aux yfilets pour leur facilite^ le ralliefnfsnt» on choisissait même ceuf d'eptce eux qui avaient le plus de bon sens et d'expérience» pour lepf donner à chacun une espèce de ppmn^ai)dement, qui ne s'étendait jamais sur plus cle deux peptf valets. Ceux-pi étaiept obligés» dans l'occasion, de se ral}ief {ivi^ leurs chevaux de bagage sous leui-s enseignes » au premier oïd jre de ce oumpvindsai particulier.

uv. m. S69

11 faut» daqs une marelle» disposer sa défense sur l'espèce d'attaque que la situation des lieux rend pluç yraisem?

blable. Eii rase can^pagne, par exemple, il y a plus d'apparence d'être attaque par de la cavalerie que p;^r de Tinfanterie; c'est tput le contraire dans des bois, çjes ipoptagnes» des marui^^ il faut m«)rcher serré» sa|is permettra que des soldais se déiachcn| par pe|o« tov^, pi que les uns aillent trop vile» les autres trop lentement; cir c'est c^ qui rompt une troupe, ou du moins c^ qui rafluiblil » parce qu'il donne ù l'ennemi la faculté de pénétrer par des in* tervalles; le moyen de l'éviter est d^ poster de dist;ince en distance des ofii; ciers d'expérience, qui sachent conte^ nir les uqs el presser les autres. Gelfi est d autant plus important, qu'à 1^ première attaquf) qui se fait en queue » ceux qui se sor^t portés trop en avant pensent ordinairement moins à rejoindre qu'à fuir, [lendant que 1^ tralr neurs» se (rouvant trop loin de la troupe poiir en être secourus, perdent courage et se laissent tailler en pièces* C'est la nature des lieux où se trouva l'ennemi qui le détermine à la ruse oit à la force ouverte; mais les embûche^ qu'il pourrait vous tendre lui deviendront inutiles, même préjudiciables, si vous vous assiirez bien de la position des lieux; car, pouvant alors l'envelopper lui-même dans sonembuscade, vous lui ferez plus de mal qu'il n'espérait vous en faire.

Si vous prévoyez au contraire qu'on vous attaquera à force ouverte dans des moqlsigpes» naisissez-vous des b^uteurs par délacb^ipen^ , aGn q^e r^npemi, yous tcouv;^nt en même tepops en front et pour aipsi d\xp suf sa tête» i^'qsf vous atifiqyer.

Si vous trouves d» rç^uu^ éipoiles, mais qui fssurerajeni VD^^e pt^nchef

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biies-les ouvrir avec des haches» plutôt que de prendre des grands chemins qui exposent à Tennemi ; examinez s'il est dans l'habitude de faire ses attaques la nuit, au point du jour» à l'heure du dîner ou le soir » afin de vous arranger là-dessus; sachez s'il est plus fort en infanlerie qu'en cavalerie , en lanciers qu'en archers; s'il l'emporte sur vous par le nombre des combattans ou par le choix et la bonlé des armes, et tirez vos avanuiges de ces connaissances ; observez quelle est, du jour ou de la nuit , le temps le plus propre à marcher ; quelle distance il y a du lieu d'où vous partez à celui où vous voulez ar^ river, afin de ne pas vous exposer à la disette d'eau et aux mauvais chemins, aux marais, aux torrens pendant l'hiver : ce sont autant d'obstacles qui , en retardant votre marche , donneraient à Tennemi le temps de la troubler.

La même attention qui nous Tait éviter ces fautes nous fait profiler de celles de l'ennemi; il faut donc t&cher d'attirer des déserteurs de son armée, d'y ménager des intelligences par où l'on puisse être informé de ce qu'il lait ou de ce qu'il compte faire; vous pouvez mettre à profit ces connaissances en mettant une troupe de cavalerie ou d'infanterie toujours prête à tomber sur ses fourrageurs ou sur ses convois.

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