CHAPITRE VU
Da pasMge des grandes riviéreg.
Il est extrêmement dangereux de passer des rivières sans précaution : si le courant se trouve trop rapide , ou le lit fort large, le bagage, les valets et même les soldats faibles, courent risque d'être submergés. Il but donc, tprès avoir sondé le gué, séparer la ca-
Liv. m.
Valérie en deux troupes; les porter»
l'une en haut et l'autre en bas de l'esa, en laissant entre elles un espace qui serve de passage à Tinfanlerie et au bagage : ainsi , la troupe qui est passée au-dessus, arrête » ou relève ceux qa'il emporte ou qu'il renverse. Supposez que la rivière soiî si profonde, que ni TiiH fanterie» ni la cavalerie même ne la puisse passer à gué, mais que d'ail* leurs elle coule sur un terrain aisé i couper, on peut la détourner partie par des fossés , partie par des ruisseaux , et la rendre ainsi guéable dans son lit, en diminuant le volume d'eau. On bcilite le passage des rivières navigables, en enfonçant dans l'eau des pieux » sur lesquels on cloue des planches; ou, si l'on est pressé, en liant des tonneaux vides , couverts de soliveaux, sur lesquels passe l'infanterie : en ce cas» h cavalerie passe à la nage. Les cavalien les plus adroits font des faisceaux de joncs et d'herbes sèches» sur lesqaeb ils attachent les armes des fantassins, et les leur passent ainsi d'un bord i l'autre sans qu'elles se mouillent.
On a trouvé, depuis, plus commode de chai^r sur des chariots de petites chaloupes faites d'un seul tronc d'arbre creusé, et d'un bois fort l^er; des planches , des cordes , des chevilles de fer ; en un mot , de quoi construire surle-champ une espèce de pont de bateaux, aussi solide qu'un pont de pierre» Gomme une armée se divise ordinairement et nécessairement, lorsqu'elle passe une rivière, l'ennemi saisit presque toujours cet instant pour l'attaquer; soit en débouchant d'une embuscade, soit en avançant à découvert : c'est pourquoi l'on doit occuper les deux bords de la rivière par des troupes capables de résistera l'assaillant.
Il est plus sur encore de couvrir les deux tètes du pont d'une palissade asses
farte pour arrêter Tennemi, itiis être obligé de le combattre. Si le pont tous était néoesBâire» soit pour repeaser la rifière» soit pour faciliter vos convois» H bodrait élever i disque tète du pont un retranchement, défendu par de larges fossés, et y poster une garde qui y itnt ferme pour le temps nécessaire.