GUERRE DES 4:41)1.18. — LIV. IV
(as devoir écouter plus long-temps les députés de ces periSdes » ni accéder à aiiciuie condition avec des hommes qoi y après lai avoir demandé la paix, avaient usé de supercherie pour le sur* prendre; du reste il jugea que ce sérail lue insigne folie d'attendre pour les attaquer que toutes leurs troupes les eussent joints, et que leur cavalerie fût de retour. D'ailleurs, la connaissance qB*ii avait de la i^èreté des Gaulois, a de l'impression que l'avantage que ksBarlxires venaient de remporter avait bile sur eux , dut l'engager à ne leur pas domier le temps de changer d'avis.
Ainsi après en avoir communiqué avec ses lieutenans et son questeur , il ré* soiut de ne pas diflerer un moment de les attaquer. Sur ces entrefaites, le lendemain matin arrivent fort à propos tous les chefs et les vieillards d'entre les Barbares , qui , usant des mômes artifices et de la même dissimulation , viennent trouver César dans son camp, pour s'excuser de ce que leurs troupes avaient attaqué les Romains , après ce qui avait été convenu , et ce qu'ils avaient eux-mêmes demandé : ils cherdièrent ensuite, avec la même adresse, à prolonger encore la trêve. César, diarmé de les voir donner eux-mêmes dans le piège, n'hésita pas de les faire arrêter : ensuite il fit sortir toutes ses troupes ; et quant à sa cavalerie qu'il croyait encore effrayée de l'action du joQrfvéoédent,il la fit placer à l'arrièregarde.
14. Après avoir formé ses troupes sur trois colonnes , il fit trois lieues en toute diligence ,'et arriva au camp ennemi , avant que les Allemands connussent ce dont il s'agissait. Les Barbares, surpris d'une si prompte arrivée pendant l'absence de leurs chefs, et n'ayant ni le temps de délibérer, ni celui de pren<lre les armes , ne savaîcni
à quel parti se fixer : s'ils devaient sortir au-devant de nous, ou défendre leur camp, ou chercher leur salut dans la fuite. Leurs cris et le désordre où ils étaient, fiiisant connaître leur frayeur, les nôtres, animés par leur perfidie de la veille, font irruption dans leur camp. Ceux qui curent le temps de courir aux armes firent quelque résistance, et se défendirent entre les chariots et le bagage; mais le reste, tant les femmes que les enfans ( car ils avaient quitté leur pays et passé le Rhin avec tout ce qui leur appartenait ) , prit la fuite de tous côtés, et César mit sa cavalerie à leur poursuite.
i5. Les combatians, entendant les cris de leurs compagnons que Ton massacrait derrière eux , jetèrent leurs ar« mes, abandonnèrent leurs drapeaux, sortirent de leur camp ; et, arrivés au confluent de la Meuse et du Rhin, qui arrêta leur fuite, une grande partie fut écrasée ; les autres se jetèrent dans le fleuve où ils périrent, parce que l'effroi et la lassitude les mirent hors d'état de résister à sa rapidité. Les Romains, sortis avantageusement d'une guerre si redoutable (car on comptait quatre cent trente mille âmes parmi les Barbares), rentrèrent dans leur camp, sans aucune perte et avec fort peu de blessés. César permit à ceux qu'il avait arrêtés de se retirer; mais, craignant les Gaulois dont ils avaient ravagé le pays, ils aimèrent mieux rester avec lui , et il y consentit.
16. Cette guerre achevée. César se détermina, pour plusieurs raisons, à traverser le Rhin. Une des principales était de conienir les Allemands et de les empêcher de faire si aisément passer des armées dans la €aule. Il voulait leur faire craindre pour leur propre pays , en leur nioniranl que les Romains pouvaient cl osaient également
CtAXB.
Tranchir le RhiQ. D'ailleurs» h cuvalerie ennemie, qui , comme on l'a vu , ne s*^mit poim irouvée à la baiaille , parce qu'elle élail allée chercher des vivres au«(lelà de la Meuse, s'élait re- Urée, après la déroule de son parti, audelà du Rhin, chez les peuples de la Wesiphalie, et s'élait jointe à eux.
César l'envoya réclamer, comme fai* sant partie de la nation qui l'avait combailu, lui et les Gaulois; mais ils répondirent que la domination des Romains se bornait au Rhin , et que s'il ne croyait pas juste que les Allemands s'avançassent dans la G^ule malgré lui , il ne devait pas non plus prétendre à aucun pouvoir ni aucun droit sur ce qui était au-delà de ce Qeuve, Ceux do Cologne, les seuls des peuples d'audelà du Rhin qui lui eussent envoyé des députés et des otages, et qui eussent recherché son alliance, le priaient en outre avec instance de les secourir contre les Suèves, dont ils étaient fort maltraités; ou, si les aflaires ne le lui permettaient pas, de faire voir du moins son armée au*delà du Rhin ; que sa marche leur serait un secours su(Bsanl et pour le présent et pour la suite; parce que, depuis la défaite d'Arioviste et la dernière victoire des troupes ro» muines, leur nom et leur réputation faisaient tant de bruit jusqu'aux extrémités de l'Allemagne, qu'on cesserait de les tourmenter dés qu'on les saurail vraiment amis du peuple rotnain, En même temps ils lui offraient grand nombre de vaisseaux, pour transporter son armée au-delà du Rhin.
17. Telles étaient les raisons qui l'engagaient à le passer; mais il ne crut pas qu'il fût sûr, ni de sa dignité, ni de celle du peuple romain, de fiiire ce trajet sur des bateaux : ainsi, malgré les dilTicultés presque insurmontables qu'il y avait à construire un pont à
cause de la largeur, de b profondeur et de la rapidité du fleuve, il crul qu*il devait tenter cette entreprise, et ne point faire passer autrement son armée.
Voici donc comment on s'y prit pour la constraction de ce pont : on com-* mença par joindre ensemble, I deux pieds de distance l'une de l'autre»
deux poutres aiguisées par le bas , d'un pied et demi d'équarrissage , et d'une longueur proportionnée à la profon»
deur du fleuve; on les descendit dans l'eau avec des machines, et on les y enfonça à coupa de bie, non pas perpendiculairement, maison pen penchées selon le cours de l'eau. Vis-à-vis, à quarante pieds de distance, on en planta deux autres préparées comme les premières, mais que l'on fit pen»
cher contre le courant pour y résister. Sur ces quatre pieux ainsi fichés on mit une poutre de deux pieds d'équarrissage qui s'enclavait dans leur intervalle, et qui était si bien liée avec eux par les deux bouts au moyen de fortes che»
villes, que la violence du courant ne pouvait servir qu'à resserrer davantage tout l'ouvrage et à le rendre plus solide. On le continua ainsi dans toute la lar** geur du fleuve; ensuite on posa d'une poutro à l'autre des solives, que l'on couvrit en travers de perclies et de las* cines pour pouvoir y marcher. De plus on étaya le pied de ces poutres enfon* cées dans l'eau et qui portait le pont , de nouveaux pieux inclinés et plantés dans le fleuve pour les soutenir, et pour leur servir d'arcs-boulans contre le cotirant. Enfui on prit encore la pré»
caution de planter des pieux un peu au-dessus du pont , afin d'arrêter les arbres et les bateaux que l'ennemi lâcherait pour l'ébranler ou le rompce.
i8. Tout l'ouvi-age fut fini en dix joui^, à compter de celui oCi les ma« tériaux furent apportés au bord du
CimftS l>ES CAVLBS. — UY. IV.
Banre; ei rormde patta detsos. Gé$tir, Jprès ftTmr mis une forte garde mx deax exKfémilés du pont, s*aTnnca contre les peuples de la IKfesiplialie.
Pencbntsa marciie, des ambassadeurs de plasieurs nations Tinrent le troutor pour lui deuMinder la paix et son amitié; il les reçut bien» et leur oninnna de lui amener des otages. Les Wt^tplialiens» dès qu'ils apprirent qu'il faisait iaire un pont, abandonnèrent le pays, à la persuasion des caYaiicrs du pays de GneMre qui s'étaient sauvés chez e«z. emportèrent tous leurs biens et se retirèrent dans les déserts et dans les forèfs
i9. Après un séjour assez court dans lenr pays, qu'il brola et qu'il saccagea» César se rendit chez ceux de Cologne, et lenr promit son secours en cas que les Soèves les attaquassent. Ils lui apprii«nt que les Suèvcs , au pi-emier avis reçu de leurs coureurs qu'il rai<* sait construire un pout, avaient, selon leur coutume , tenu conseil , et envoyé partout exhorter leurs compa^ trioies à quitter les villes et à conduire dans les bois femmes, enFanseï biens; que ceux qui étaient en élat de porter ks armes s'étaient rassemblés dans le même endroit, vers le milieu de leur pays, et qu'ils l'y attendaient, i des-* sein de lui livrer bataille. Sur cet avis. César ayant terminé tout ce qui l'appelait au-delà du Rhin , c'esl-à-dii-e ayant puni les peuples de la Wesiphalie, et délivré de l'oppression ceux de Co« logne, après être resté en tout dix-huit jours au-delà du Rhin , crut en avoir assez fait pour la gloire et l'avantage du peuple romain : il repassa donc en Gaule, et fit rompre le pont.
M. Quoique l'été fût fort avancé, et que Thivor commence de boniTe heure dans les pays «copient rionaux tels que la fiaule , cependant C^r ïènAni
de passer en Angleterre qui, dans presque toutes les guerres que nous avioi>s eues contre les Gaulois , les avait secourus contre les Romains. Il comptait que si le temps était trop court |K)ur lui faire la guerre , du moins il lui serait avantageux de reconnaître cette Ile, de s'instruire de res|)èce de peuples qui l'habitaient, d'en examiner le pays, les ports, les avenues; toutes choses qui étaient presque inconnues aux Gaulois, parce que Jusqu'alors il n*y avait eu que les marchands qui eussent osé en approcher, et que mémo ils n'en coimaissaient guère que la côte et les pays situés à Topposite de la Gaule. Aussi ayant assemblé grand nombre de marchands , il ne put apprendre d'eux ni quelle était la grandeur de l'Ile , ni le nombre et la force des peuples qui Thabitaient, ni leu^ manière de faire la guerre, ni leurs mœurs , ni quels étaient les ports capables de contenir plusieurs grands navires.
21. Pour en être informé avant de tenter l'entreprise, il trouva cônve^ nahic d'envoyer la reconnaître, et détacha en conséquence G. Volusénus avec une longue barque, le chargeant da venir lui rendre compte au plus tôt de tout ce qu'il aurait découvert. Luimême pailil avec toutes ses troupes pour se rendre dans le comté de Boulogne, où est le plus court passage en Angleterre , apiés avoir donné ordre de venir l'y joindre à tous les vaisseaux de ces quartiers-là, et à la flotte donc, la campagne précédente, il s'était servi dans la gnerne contre ceux de Vannes.
Los Anglais, instruits de son dessein par les marcliamis, dépèchent de plusieurs cantons de leur Ile pour lui promettre dos otages et obéissance. César les exhorte à persister ilans ce sentiment , et , les renvoyant chez eux , il les fait
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accompagner par Comius qu*il avait nommé roî de ceux d*Arras après les avoir soumis , dans lequel il avait une entière confiance ; dont il connaissait la prudence et la valeur» et qui passait pour avoir beaucoup de crédit dans cette île. Il lui recommanda de visiter le plus de peuples qu'il pourrait» de les exhorter à faire alliance avec les Romains, et de les assurer qu'il se rendi*ait bientôt dans leur île. Volusénus ayant pris connaissance de la côte , autant qu'il le pouvait sans débarquer»
parce qu'il n'osait se fier à ces Barbares» cinq jours après son départ revint auprès de Gcsar» et lui rendit compte de ce qu'il avait vu.
22. Pendant le séjour que fit César dans 1c comté de Boulogne» en attendant que ses vaisseaux fussent prêts» il lui vint des députés de la plupart des peuples de ce pays» pour s'excuser de ce qui s'était passé l'année précédente» lui représentant qu'ils étaient des Barbares peu instruits des coutumes des Romains» et rassurant qu'ils feraient tout ce qu'il leur ordonnerait. Il fut très-satisfait d'une ambassade qui lui venait si à propos ; car il ne voulait point laisser d'ennemi derrière lui » et il n'avait pas le temps de s'amuser à faire la guerre ; il ne croyait pas non plus que des affaires si peu importantes dussent être préférées à l'Angleterre.
Dans cet esprit il leur demanda grand nombre d'otages; ils les fournirent»
cl il leur aœorda sa protection. Celte aOaire terminée» il assembla environ quatre-vingts vaisseaux de chai*ge » qu'il crut pouvoir suffire pour le transport de deux légions; et les galères qu'il avait y il les distribua au questeur, à ses lieutenans et autres principaux officiers. Il avait encore» environ à trois lieues de là, dix-huit vaisseaux de charge, que les vents avaient empêchés de se
rendre dans le même port; il les dis* tribua à sa cavalerie » et confia le reste de son armée à Q. Tilurius Sabinus ei L. Aurunculeius Cotla ses lieutenans , pour marcher contre les peuples de la Gueldre et du Brabant » et contre ceux du comté de Boulogne» qui ne lui avaient point envoyé de députés. En môme temps il laissa P. Sulpicius Rufus» son lieutenant » avec une garnison sufiisante pour la garde du port.
25. Ces dispositions prises» ot le vent étant devenu favorable» il fil voile environ à minuit» après avoir cooi* mandé à sa cavalerie d'aller s'embarquer au port voisin» et de le suivre.
Elle ne fit pas assez de diligence; de sorte qu'il n^arriva en Angleterre » sur les dix heures du matin» qu'avec ses premiers vaisseaux : il y vit sur toutes les collines les troupes ennemies sous les armes. Telle était la situation de cet endroit : la rade se trouvait si près des montagnes» que de ces liauleurs on pouvait lancer des traits sur le rivage. Ce lieu lui parut si peu convenable au débarquement » qu'il s'y tint à l'ancre jusqu'à trois ou quatre heures du soir» pour attendre que le reste do sa flotte Tût arrivé. Cependant il assemble ses lieutenans et les tribuns des soldats » leur fait part de ce qu'il avait appris de Volusénus, les instruit de son dessein» et les avertit d'agir d'eux-mêmes selon le temps» les circonstances» la connaissance qu'ils avaient de l'art militaire » et surtout d'une guerre maritime» où le moindre délai pouvait dans un moment tout changer ; ensuite il les renvoya ; et le vent avec la marée étant devenus favorables» il donna le signal» leva l'ancre et vint mouiller à environ trois lieues de là sur un rivage uni et découvert.
24. Les Barbares» qui s'aperçurent de son dessein, détachèrent aussitôt leur
GV¥MM I>n GACI.n. — LIT. IT.
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onlerie et les dmrkMS dont ils ont comuine de se servir en guerre, pour empôdier nos gens de débarquer, ei treot suivre le reste de leurs troupes. Ce qui s'opposa le plus à notre débarifoeiiiem fut la grandeur de nos vaisseMix qui ne pouvaient api>rocber de la o&ie; en aorte que les nôtres, qui ne eoDnaissaienl pas les lieux » ayant les i mains embarrassées, et se trouvant I chargés du poids de leurs armes, araient asaez de peine , en se jolanl à Teau, de résister aux vagues cl à l'ennemi , tandis que les Barbares, à pied sec ou en s'avançant un peu dans l'onde, noais avec les membres libres, ei marchant dans des endroits qui leur étaient parCaitement connus, lançaient kus traits tout à leur aise , et nous foubienl aux pieds de leurs chevaux aecoolunaés à ces attaques. Nos troupes efllayées, et entièrement étrangères à ce génie de combat , n'agissaient ni avec la mftme ardeur ni avec la même vîvadté qu'elles le faisaient sur terre. 35. Dès que César s'en futaperçu.il fil na peu éloigner des vaisseaux décharge ses galères dont la forme était peu con- Doedes Barbares, et avec lesquelles on IMHivaii manœuvrer plus facilement :
il leur ordonna de s'avancer et de se placer vers le flanc des ennemis, de les ciiarger àcoups de frondes , de machines et de trails, et de les forcer à quitter b place; ce qui s'exécuta si bien, que l'ennemi , surpris de la forme de nos galères, de leur mouvement, et de la aature de nos machines qui leur étaient inconnues, s'arrêta d'abord et commença ensuite à reculer. El comme les nôtres balançaient encore à sauter à la mer dont ils ne connaissaient pas bien la profondeur, l'enseigne de la dixième légion , après avoir prié les dieux de bvoriser son entreprise : « Suivez-moi, compagnons, dit-il, si vous ne voulez
pas livrer l'aigle romaine aux ennemis : pour moi , je m'acquitterai de mon de* voirenversCésaret la république.» A ces mots, ils s'élance hors du vaisseau, et pousse l'aigle contre les Barbares. Alors les Romains, s'animant les uns les au* très, et s'exhortant à ne pas se couvrir d'une si grande honte, sautent tous du vaisseau *, ceux des autres navires les plus proches les suivent et marclient h l'ennemi.
26. Le combat fut opini&tre de part et d'autre. Cependant les nôtres, qui ne pouvaient ni garder leurs rangs, ni tenir ferme, ni suivre leurs drapeaux, parce que, descendani l'un après l'autre de leurs vaisseaux, chacun se rangeail sous le premier étendard qu'il reocQn« trait, étaient dans un extrême embar* ras; au lieu que l'ennemi quioonnais« sait tous les gués tombait sur les nôtres à mesure qu'il les voyait prendre terre, et poussait sa cavalerie contre eux. Un grand nombre en enveloppait un petit*, el d'autres, les prenant en flanc, lançaient leuis traits sur ceux qu'ils voyaient rassemblés en foule. CSésar»
s'en étant aperçu, fit remplir desoU data les chaloupes dos galères avec plusieurs petites barques, et envoya du secours a ceux qu'il remarquait en avoir besoin. Dès que nos soldats eu* rent pris terre , et se furent vus ea étal de combattre, ils chargèrent les Barba* res et les mirent en fuite; mais ils ne purent les pouisuivre fort loin, parce que la cavalerie n'avait pu les suivre d'assez près, ni arriver à temps dans l'Ile. Ce fut là le seul obstacle qui , dans cette occasion , s'opposa à la for* lune ordinaire de César.
27. Les Barbaress'étanl ralliés après leur défaite envoyèrent aussitôt à César des députés demander la paix, et ils oflrirent de donner des otages, cl de se soumettre. Comius, roi d'Arras, que
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Cter ataii «nvbyé devnnt lut en An«> gleieiTe, comme il aélôdil, vint avec ces dcpmés. Ils ravaicnl nri-été el mis aux fers à la descenie du vaisseau sur lequel il s*était embarqué pour leur perler les ordres de César. Ils le relâ* chèrent d'abord après leur déroute; et en venant demander la paix» ils rejetèrent celle violence sur la muliiiudc et le prièrent d'excuser leur imprudence. César se plaignit de ce qu'ils lui avaient fait la guerre sans sujet, après lui avoir d'eux-mêmes envoyé demander la paix jusque dans les Gaules : il leur dit qu'il leur pardonnait; mais il exigea des oiages. Ils en livrèrent surle-cbamp une partie ; pour l'autre qu'ils faisaient venir de loin » ils promirent de la donner sous peu de jours. Cependant ils congédièrent leui*s troupes , et les principaux d*entre eux accoururent de tous côtés recommander à César leurs intérêts et ceux de leurs cantons.
28. La paix semblait ainsi parfaitement assurée, lorsque quatre joursaprès iedébarquementdcCésaren Angleterre, les dtx-huti vaisseaux qui portaient sa vavalerio mirent à la voile par un vent doux. Déjà ils étaient à la vue de l'île et du camp, lorsqu'il s'éleva une si furieuse tempête^ qu'aucun ne put suivre sa route : les uns furent rejelés dans le port d'où ils étaient partis; d autres furent emportés vers la partie occidentale de l'île y ou ils coururent de grands dangers. Ils y jetèrent l'ancre ; mais tomme ils s'emplissaient d'eau par la violence des vagues , ils furent forcés de gagner la haute mer pendant cette nuit orageuse 9 et reprirent la roule des Gaules.
39 .C'était précisément alors la pleine lune, temps où les marées sont les plus hautes dans TOcéan, ce que les Romains ignoraient ; en sorte que les galères, dont César s'était servi pour
le transport de son armée , et qui! avait fait mettre à sec, furent couvertes de flots, et les vaisseaux de charge, qui étaient à la rade sur leurs ancres , furent extrêmement maltraités, sans que nos gens pussent le moins du monde y manœuvrer ou y apporter du secours.
Plusieurs furent brisés; le reste perdit ancres, voiles» cordsiges, et fut mis hors d'état de tenir la mer. Un accident si aiïreux jeta , comme il le devait, tme grande consternation dans toute l'armée, car il n'y avait point d autres vaisseaux pour le retour; tout manquait pour les radouber; et comme on comptait généralement passer l'hiver dans la Gaule , on n'avait point emporté de vivres pour cette saison.