‹ Bibliotheque militaireChapitre 12 sur 614 · Après avoir doue fourni aux vh · texte numérisé non relu

Après avoir doue fourni aux vh

neêp et bit oboîx de sa cavalerie » il ■micba aux ennemis. Il n'en était déjà plus qu'à quelques journées lorsqu'ils lui envoyèent des députés pour lui

dire <|u'ils ne iSeniient pas les premiers b guerre aux Romains ; mais que si on les attaquait , ils ne balanceraient point à prendre les armes; que leurs ancêtres leur airaieiit appris k recourir au glaive , et non aux prières contre ceux qui leur faisaient la guerre ; que cependant ils croyaient devoir lui re»

présenter qu'ils n'avaient quitté leur paj-s que malgré eux, et parce qu'on les en avait chassés; que si les Romsins vouhient les recevoir comme amis, ils ne leur seraient peut-être pas inutiles; qu'ils n'avaient donc qu'à leur donner des terres ou ks laisser jouir de leurs conquêtes; du reste, qu'ils ne le ce»

daient qu'aux Suèvcs, que les dieux immortels eux-mêmes ne pouvaient égaler , et qu'apria eux , il n'y avait aucun autre peuple au monde dont ils ne piunent triompher.

8. César leur répondit ce qu'il jugea convenable ; mais sa coiicItMion fui , qu'il ne pouvait leur accorder son amitié tant qu'ils resteraient dans la Gaule; qu'il n*était pas juste que ceux qui n'avaient pu défendre leurs terres s'emprassent de celles d 'autrui ; qu'il n'y en avait point de vacantes dans la Gaule que l'on pût donner sans injus* liœ, surtout k une si grande multitude; que cependant ils pouvaient, s'ils voii« laient , aller s'établir sur les frontièret de ceux de Cologne , dont les députés, actuellement auprin de lui , se plaignaient des Suèvcs et lui demandaient du secours contre ce peuple ; et qu'il leur obtiendrait cette laveur de cens deCokigoe.

0. Lesdépttti's lui répliquèrent qu'ile rendraient coinpie aux leurs de ses in« tentions^ et que dans trois jours ils lut rendraient réponse; qu'en attendant, îb le priaient de ne paa s'approcbes davantage de leur camp. Ci^r leutf fépondii qu'U ne pouvait leur acosrder

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celle demande. Il savait que depuis quelques jours ils avaient envoyé une grande partie do leur cavalerie pour fourrager et chercher des vivres dans le Brabant au-delà de la Meuse. Il était persuadé qu'ils ne demandaient ce délai que pour attendre leurs cavaliers.

10. La Meuse prend sa source au Mont-de-Vôge sur la frontière de Langrès; et après avoir reçu une partie du Rhin nommé le Wahal , elle forme rUe de Hollande, et va se jeter dans rOcéan à environ vingt-six lieues de l'embouchure de ce fleuve. A l'égard du Rhin, il prend sa source chez les Grisons qui habitent les Alpes , et il coule long-temps avec rapidité au tra»

vers du pays de Vaux, de la Suisse, de la Franche-Comté, du pays Messin, de TAIsace et du territoire de Trêves : arrivé près de la mer , il se partage en plusieurs branches , et foime plusieurs grandes iles, la plupart habitées par des nations féroces et barbares qui vivent, à ce qu'on croit, de poissons et d'œufs d'oiseaux, et enfln il se décharge dans rOcéan par plusieurs embouchures.

il. César, n'étant plus qu'à quatre lieues des ennemis, rencontra les deux députés qui venaient au jour marqué:

ils le supplièrent encore très«-instamment de ne point aller plus loin.

N'ayant pu l'obtenir , ils lui demandèrent que du moins il envoyât ordre à sa cavalerie qui formait l'avant-garde , de ne commettre aucun acte d'hostilité , et qu'il leur permit de dépêcher vers ceux de Cologne, l'assurant que si leurs chefs et leur sénat leur permettaient de les recevoir, ils en passeraient par tout ce qu'il leur ordonnerait ; et en conséquence, ils lui demandèrent trois jours.

Quoique César fût très^persuadé qu'ils ne sollicitaient ce délai que pour avoir le temps de faire revenir leur cavalerie, il leur promit cependant de n'avancer

ce jour-là que de quatre milles , pour être plus à portée d'avdr de l'eau. En même temps, il leur ordonna de venir le trouver le lendemain en grand nombre, afin qu'il examinât leurs demandes. Cependant il envoya ordre aux chefs de sa cavalerie, qui avait pris les dèvans , de ne point attaquer l'ennemi, et en cas qu'ils fussent attaqués, de ne faire que soutenir te choc jusqu'à ce qu'il fût arrivé avec son armée.

12. Mais dès que les Barbares aperçurent notre cavalerie composée de cinq mille chevaux , quoiqu'ils ne fussent que huit cents , parce que le reste qui était allé fourrager au-delà de la Meuse n'était pas encore de retour, ils cou* rurent contre elle et la mirent en désordre , les nôtres ne croyant rien avoir à craindre , parce que lés députés des Barbares venaient de quitter César , et qu'ils avaient demandé une trêve pour ce jour. Nos cavaliers se défendant, les Barbares , selon leur coutume, mettent pied à terre , tuent nos chevaux , renversent plusieurs de ceux qui les montaient , mettent les autres en fuite ; et ils les effrayèrent si fort que nos soldats ne s'arrêtèrent que quand ils virent le gros de notre armée. Nous perdîmes dans cette mêlée soixante - quatorze cavaliers , entre autres Pison , brave seigneur d'Aquitaine, dont l'aïeul avait été souverain de son canton, et que le sénat avait honoré du titre d'ami du peuple romain. Comme il secourait son frère que l'ennemi avait enveloppé et qu'il dégagea , il eut son cheval blessé : quoique démonté , il se défendit courageusement tant qu'il put le faire ; mais ayant été enveloppé > il tomba enfin percé de coups. Son frère qui le remarqua de loin , se précipita de nouveau sur l'ennemi <X)mme un furieux, et se fit tuer.

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