CHAPITRE \VI
Du corps de résene.
Ce qui contribue beaucoup à la victoire, c'est d'avoir en réserve de l'in- Ikntefle et de la cavalerie choisies , sous le commandement d'officiers qui n'aient point de poste flxe : ces troupes se partagent , les unes derrière leur corps de bataille > les autres derrière leurs ailes; afin c|\i'en se portant vivement au seeours d'uneiroupe qui plie, et en soutenant vigoureusement le choc de l'ennemi, elles en arrêtent l'impétuosité, sans déranger Tordre de bataille. Les Lacédémoniens inventèrent les réserves ; les Carthaginois en adoptèrent l'usage , que les Romains , d'après eux , ont toujours praB4]^é depuis.
C'est la meilleure disposition qu'il y ait. Le corps de bataille ne doit avoir qu'une action générale pour repousser ou pour rompre, s'il se peut> l'ennemi. Si vous youlesL ranger quelque troupe en forme de coin , de tenaille, d« scie, il faut la prendre dans le éorps de réserve > et non dans le corps de bataille ; autrement, si vous tirez le soldat de son rang, vous y jetterez le désordre : d'ailleurs, si l'ennemi , vous attaquant par pelotons, presse trop votre centre
Liv. m.
ou vos ailes » et que tous n*ayex pas, en queue de la partie atuquée» une troupe prête à la sooteoir, alors, en voulantSous défendre d'ua cOté , vous vous découvrirez de l'autre avec danger, en cas môme que vous fussiez inférieurs en nombre. U vous serait plus utile d'avoir un corps de bataille moins nombreux, et une réserve plus considérable, puisqu'elle vous mettrait en état de former un coin à la tête de votre centre , pour enfoncer le centre ennemi ; tandis qu'avec de la cavalerie d'élite, et de l'infanterie légionnaire» tirées aussi de la réserve , vous envelopperei les ailes.