CHAPITRE PREMIER
Du ehoix d*iiii génértl.
La dignité de général ne doit pas être un privilège héréditaire de famille» comme la prêtrise» ni l'apanage des richesses , comme l'emploi de présider aux spectacles. Elle est due aux qualités personnelles. On exige qu'un général soit continent » sobre , tempérant , économe» bAorieux» homme d'esprit»
généreux» de moyen ftge» éloquent»
père de famille » et issu d'une illustre maison.
La sobriété lui est nécessaire» pour empêcher qu'en se livrant trop à h Tolupté» il ne néglige les choses importantes.
La continence ne Test pas moins pour maîtriser ses passions » qui sont d'autant plus dangereuses, qu'il a plus de pouvoir.
La tem^rance l'empêche de se liynet aux «xoès qui absorbent la raison. n veillera sans peine; et dans le silence de la nuit» l'esprit du général livré à soi-même imagine des projets et trouve les moyens de les exécuter.
11 d<Ht être économe et frugal » pour mieiu employer son temps qu'en dm?
nant des festins. Le luxe ne peut qu'amollir son cœur et son esprit.
Qu'il soit laborieux et qa'il supporte le travail sans peine » afin que l<?s soldats ne s'aperçoivent pas qu'il est le^ premier qui se ressent des fatigues delà guerre.
La vivacité et la présence d'esprit lui fournissent des expédiens à tout. Ho* mère compare cette qualité au vol des oiseaux. A la guerre on est souvent forcé de prendre son parti sans avoir te temps de délibérer.
11 faut qu'un général soit désintéressé» généreux» à l'abri de toute (y)r- *' ruption. L'or éblouit quelquefois celui qui pourrait envisager sans crainte mille boucliers levés contre lui. L'ennemi trouve par son moyen des ressources qu'il n'a pas dans ses armes.
La jeunesse est susceptible de l^èreté; la vieillesse de faiblesse. Le général trop jeune échouera par témérité; le vieux par lenteur» suite grdinaire du grand âge. L'homme qui est dans toute sa vigueur a déjà fait succéder la raison à la fougue. Le général qui^ réunit la force de l'esprit à celle du corps est le mieux en état de former et d'exécuter des projets. ^
La réputation établie d'un général est d'un grand prix pour le soldat » qui ,
ONOSAI«DËR.
se reposant sur l'effet de ses soins et de ses promesses, l'aime et le suit avec empressentenl , sachant qa'il courra les mêmes dangers que loi.
L'éloquence est une qualité dont le général tire de grands avantages. Dans un jour d'action il persuade a« soldat de mépriser le danger et de rechercher la gloir^ Sa voix a plus de force que le son de tous les instrumens : elle console, elle raffermit le soldat dans le malheur : semblable aux médecins qui guérissent le corps , son éloquence agit avec succès sur les esprits et sur les QûQurÉ.
Il est avantageai qu'un général ait de la nai$sa\)ce. l» troupes souffrent d^ se voir commander par un homme obscur. Il est plus naturel que les qua* litéa que nous avons déduites soient le fruit de l'éducation que l'on donne à un homme bien né » que de celle que reçoivent des gêna d'une basse eittraQliou.
La riehesse n'est pas un titre pour élever au commandement désarmées, ni la pauvreté pour en exclure. I^ mérite et la capacité loot les seuls que Ton ' dQÎte consulter.
Si»à niériteégal, j'avais lechoix entre le riche et le pauvre, je préCérerais le premier ; comme je choisirais entre des armes» celles d'or et d'argent préréra- •blement à celles de fer, si elles étaient également bonnes dans leur usage contre l'ennemi. C'est réunir le Itistre h la bonté«
Le Qomniandement n'est point fait pour des marchands , des banquiers , des usuriers, des agioteurs, quelque riches eiju'ils puissent être.
L'homme qui ne pense qu'au gain aura difficilement Télévatiou d'âme et les cAnaissances nécessaires è oel em* ploi , parce qu'il tie s'occupe que d'argent et 4e comoierce.
Cependant la noblesse n'est pas indispensablement requise dans un chef.
Des personnes d'une condition intérieure peuvent aussi être douées de qualités propres au commandement des armées.
On doit moins considérer dans tm homme destiné au commandement des armées , les mérites de ses ancêtres que son mérite personnel. Ce ne seront point ceux de ses illustres morts qui sauveront l'état. Il serait absurde de prétendre que la vertu prouvât ses quartiers. Heureux cependant celui qai joint le mérite à b naissaiice» laquelle toute seule n'est qu'un vain titre.
Il est à présumer que le général qui en est dépourvu s'efforcera bien plus de remplir ses devoirs , que celui qui compte des triomphes dans sa famille* Fier de la gloire de ses ancêtres, il Is regarde comme un droit qu'elle lui donne aux faveura de la fortune , et il néglige le soin de la mériter. L'autre, au contraire, qui le premier donna du lustre à sa fiimille, lâche de ré« parer le début de sa naissance par la grandeur de sas aetiona. Il s'efEorei d'acquérir une gloire dont il est ssal l'artisan; à peu près comme eeoa qui $ nés sans biens, cherchent à a'on pro* euiei' i force de liavail et d'Industrie.
Il est à souhaiter que le général Joigne à ces qualités celles de la politesse, de l'aHabiliié, d'un accès facile, et d'un grand sang -froid. Il doit éviter un excès de bonté dont le soldat abuserait» de même qu'un excâs de aévériié , qui lui attirerait la haine des troupes. L'ua perd la discipline, l'attira diène les esprits. Lorsqu'il sera dans le cas ds faire des promotions, son choix deil tomber sur des personnes dont il coa* naisse la bravoure, la fidélité et M' tachemeni pour bi patrie. La ridhe^e • et la misianee peuvent Mre prises sa*
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laiifi e« 0Qiiiîd4r»|iw« U gvmd nom* bro d'offici^n qui umi amployé^ dunt une armée ne permfi p9« qn'w «sigo lUlani d'eux qu'on le fiiii d'au |M«> nK On cboi^ti w\»pi qu'il esi pow^ bie« d^ penoqpes nobles et riebei pour eue officier». Uuri biene lont d'une grande reiiource dane une er« méQ où Targent viendrait à muquer.
En éiai d'eilkur» de foire de le d^ pcnoQ, il9 peuveni «oulager le soldai ei 8Q l'stiacher psir leurs libéralilés, 0« peui m^noe leur confier avec plue de Mreté des aOaires d'ifnporianœ, paiçe eue leurs biens sont garans de leur ud^iilé, mais il faut loujours présup»
poser qu'ile ont des (aleni et de la ca-i pocilé.
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Vu counit 4ê fasrrs-
Un général ne saurait appoHer trop d*siiention dans le cboi)( des officiers destines k çumiMiser son conseil. Quel- ^jVtTois ces conseillère sont nommés par l'eut. Ils sont aussi pris souvent l^rmi les premiera officiers de lon^ année. Chaque opération de la guerre en d'une ai grande conséquence» que l'on ne murait trop en examiner le»
projets avant de le» eiécuier. Gomme QQ général doit se défier de la sOreié de les lumières, par rapport au chois des différcns moyens qui se présentent ^ 90q esprit » lorsqu'il ne consulie que H propre raison , il lui ^t d'une grande utilité d'y pouvoir joindre les lumières de plusieurs autres personnes éclairées* Leurs avis le rassurent et fixent son indécision* 11 ferait aussi mal de mé> priser les conseils, que de ne savoir Pt^ »gir quelquefoia sans en prendre.
1^98 le Dremter ca», il «erait témér nire^ et ^ible dum l'autre. Il | a de»
de Qonaulter, et qui échappent pour avoir voulu délibéreif II en eit d'aune» o<tt feute d'avoir voulu convoquer «a conseil, le général »e trouve nuil ont gagé : il voit» mais trop lard, que son imprudence est suivie du malheur qui est dû i sa présomptioQ*