‹ Bibliotheque militaireChapitre 191 sur 614 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Des marches d'une armée.

L'armée doit toujours marcher en ordre, lors même qu'elle est éloignée de l'ennemi» dans son pays, comme ailleurs. On obligera le soldat à garder ses divisions, ses rangs et ses files, quand ce ne serait que pour l'accoutumer à cette exactitude. Elle est surtout nécessaire , lorsqu'on marche dans un pays ennemi , exposé aux attaques d'un g^ral entreprenant. Les plus légères peuvent porter l'épouvante, et renverser une troupe qui est en désordre.

La disposition de la marche doit être telle, que l'armée puisse toujours être en état de combattre. Il est essentiel de garder ses distances, ainsi que d'engager le soldat à être attentif aux signaux de convention. On marchera sur le plus grand front possible, pour diminuer la longueur de la colonne. On choisira le terrain le plus aisé, et le moins sujet aux défilés, qpi occasionnent toujours du reiard'et de

ONMAMDBa;

la confusion dans la troape. La kogueur d'une colonne qui mardie sor un front trop petit donne plus de prise à r^nemi, qui, venant à l'attaquer en lête, pourra l'envelopper s'il a oa front plus étendu. Il aura le même avantage qu'une armée mngée en bataille a sur celle de l'ennemi dont elle déborde les flancs. Si l'ennemi attaque la colonne en flanc » il parviendra bien aisément à la peroer et à la rompre.

Manœuvrant pour faire faôe» elle ne peut opposer qu'une faible profondeur, vu sa longueur. L'auaque de la queue de la colonne a le même avantage que celle de la tête, par les mêmes ni- "^ns. La grande distance qu*il y a de l'une à l'autre les empêche de s'^lresecourir, et souvent l'atuique a réussi avant que le secours soit arrivé.

11 est donc toujours avantageux de faire marcher l'armée sur un aussi grand front qu'il est possible. La longueur d'une colonne peut occasionner une terreur panique. Lorsqu'après avoir passé une montagne, l'avant-garde qui a déjà débouché dans la plaine voit des troupes sur la hauteur, elle peut croire que c'est l'ennemi, et prendre la fuite.

Les équipages et les munitions dotvent marcher au centre, si on craii^t l'ennemi à ses derrières. Les avant et arrière-gardes, pouvant être attaquées, il est en général prudent de les coin* poser des meilleurs soldats.

On fera marcher des détachemens de cavalerie en aVtint de la colonne pour reconnaître, suitout si on passe par des forêts et des pays couverts. Cette précaution empêche l'effet des' embuscades que l'ennemi pourrait former, et qui , les voyant découvertes et sans effet, ne tendra plus de pi%es aussi grossiers , dont le succès couvre de honte 1^ général qui s'y laisse prendre.

ONOSANUER

Il est plus aisé de. reconnaître l'ennemi déns un pays ouvert : le jour, c'est la poussière qui l'annonce» la nuit , ce Aottt des feux/

On doit toujours soarcher pendant le jour, excefAé dans fTas catS d'expéditions pressées ou de suil^rises/ auxquelles la irait est favorable.

• La marche l^r^ est nécessaire lorsqu'on s'approche dai'ennemi en ordre de bataille; car auti^ent le soldat se iatigue, et se troK^a sans fërce<dans )è combat.

Le général (fui traverse en pays allié ne saurait donner des ordres trop sévères pour empCchar le désordre et le pillage. Rien n'eé plus insolent qu'une troupe de soldats armés , à qui Toit a lâché la bride. La vue des richesses esl un appât séducteur p^ur TMomme avide qui fie raisonne pas: Dae faible taison suffit pour indisposer des alliés, ef même pour en*Aiim des enneniis.

On «sait qu'en ruinant le pays de l'ennemi par le sac ou par le feu , c'est lui 6ter les facultés d^ continuer la guerre, et qu'en le ménageant on les lui laisse. Cependant nous avoii9 des exemples qui .prouvent que , sans en venir à cette extrémité, sou^vent les menaces d'un général ont produit la soumission d'un peu^e; avantage qui ne résulterait pas de l'exécution, puisque rhabilant q\A se rend pour con^rver ses biens y n'ayant plus rien à perdre, n'a plus rien à ménager. On doit traiter différemment le pays que l'on garde de celui que l'on abandonne. Celui du théâtre de la guerre exige la conservation de tout de qui peut être utile à l'armée pendant qu'elle doit y sub* sister.

Lorsque l'armée sera complète et prête à marcher, il ne faut pas Ia( retenir dans son pays, ni dans celui des alliés, où elle ne fait qu'une consomma*

lion inutile et coûteuse. C'est chez riNknemi qu'il faut la conduire au plus m. Il fournira, quoique pauvre, l'en- .iretien nécessaire ; ce qui est autant d'épargné.

Les sûretés que l'on procurera aux marchands qui fournissent les provisioni, soit par mer, soit par terre, produisent Tabondance dans le camp.

Si l'on marche dans un pays serré et montagneux , le général doit envoyer des détachemens en avant, pour se rendre maîtres des défilés et des hauteurs; sans quoi » l'ennemi les occupant, il disputerait les passages, et pourrait empêcher l'armée de déboucher.

On doit avoir pour son propre pays les mêmes précautions que l'ennemi prend pour la défense du sien. Il ne suffit pas* d'attaquer, il (aut se mettre â l'abri d'une invasion.

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