CHAPITRE Xin
De la forme des camps.
Un général campé près de l'ennemi en examine le camp. S'il forme un [ prise de l'ennemi.
cercle dans la plaine, il peut moins juger de sa force, parce que sa drconférenceaplus d'étendue qu'elle n'eu annonce. Au contraire, celui qui parait couvrir plus de terrain en lignes .droites «ou angulaires en contient moins en efiet. L'habitude seule peut affermir l'œil contre ces illusions hou*' velles.
Tout camp assis sur une montagne paraît toujours plus grand , vu les iné-. galités du terrain, qui ne permettent pas de dresser les tentes régulièrement. Ces vides qu'on n'évalue pas trompent dans le calcul d'appréciation que l'on veut faire sur la totalité de la ligne. Il est, par conséquent, difficile de juger, par la figure d'un camp, du nombre des troupes qu'il contient.
Les raisons que je viens d'alléguer prouvent que le cercle est la figure la
plus convenable pour tracer un camp, en le. resserrant autant qu'il est possible.
^Svoir caeher ses forces est souveoi nn^ trait d'habileté utile au général.
Pû^ y parvenir, il ne faut sortir da camp ni pouf attaquer, ni pour rencontrer l'ennemi. Il pourra croire que cette réserve provient de faiblesse ou de crainte'. Comme il est aisé de juger sur les apparences, sans distinguer les effets d'une ruse de guerre, il est possible *que l'ennemi s'y méprenne, et que , faisant succéder la négligence au mépris, il use de moins d'ordre et de précaution dans ses <>péralioQS. I^ troupes étant poitées à se négliger lorS' qu'elles croitnt que les dangers sont faibles, et la vi<)|oire aisée., il csw apl^arent que l'ennemi marchera pour attaquer un camp qu'il méprise; mais le général, en sorèint par diflerens endroiis, en bon ordre , profitera de ses sages dispositions, ainsi que de la 6U^
Le général qui' sait son mSlier ne tombe point dans des pf^^s de cette espèce. -CommiB il est en état de frire lui-même ce que (ait'soh énnenf ySon gdHie lui dicte aussi les Moyens de parer ses coups.
r CHAPITRE XIV.
De la nécessité du secret.
Lorsqu'un général projette de surprendre quelque poste, ville, citadelle ou passage, cette entreprise exige autant de mesures et de diligence quedesecrel.
Qu'elle se fasse dejourou de nuityilfsul en cacher l'objet et ne la confier qu'aux généraux chargés de l'exécution. H ^e doit donner Tordre et le détail qu'a"
OffOSANDER.
moment de laciion. ûomme le soldat en est bientôt in^ruit dès que I*oflicier le sait, il n'y a qu'un inseniérqui. sfi( capable de diviilguer d'avance ses projets; ce serait le moyen d'oocasionner une désertion. L'espoir d'mie récompense pour une nouvelle essentielle peut engager le soldat à passer chez l'ennemi.
H n'M point d'armée^xemple de la désertion. La guerre fournil toujours des prétextes » tant aux 'esclaves qa*auv hommes libres^ pour oolorer leur crime.