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INSTITUTION IV

hë la division d« l*arin(^e, et de l'ëtabliMetnent dci Cbefi.

Voua cboisirea selon l'ancienne Cou* tiiine» pour officiers et soldats, ceux que vous jugerez les plus propres à la guerre* Vous ne prendre» point pour soldats des adoleseens ni des vieillards , mais des hommes faits, robustes, de bonne volonté, et qui ne soient pas pauvres» afin que lorsqu'ils seront occupés à la guerre 9 il reste quelqu'un dans leurs maisons pour euliiver leurs champs et avoir soin de leurs affaires domestiques , et aussi pour qu'ils puissent se fournir des armes et l'équipement nécessaire. Voulant traiter (a^ vorabiement nos bmvei compMgnànê d'armes (j'appelle ainsi ceux qui exposent leur vie pour le salut de l'empire et 4a gloire de notre règne), leurs familles» pendani qu'ils serviront, se*

ront exemptes dé touie senritude et charge publique, ft Texception du tri^ but ordinaire.

Toute votre armée sera divisée en différentes tagmesovL bandeè, et celleé-ëi en déeuries. Vous en formerez dei chambrées qui se con\poSent de cinq oti de dix hommes. Ainsi Ih déeuriê ton* tient une ou deux chambrées.

On éiabllra pour chefs sur les kàndes, dronges et autres divisions principales , Ceux qu'on jugera les plus capables. Il faut qu'ils soient fidèles, affectionnée ft l'empire romain, et qu'Usaient donné des preuves de courage. Ils n'en irau« dront que mieux S'ils solit riches et d'un sang noble , pourvu qu'ils aient les vertus de l'âme. L'élévation de lU naissance fera qu'ils auront le coiti'' mandement ferme et seront obéis plus ponctuellement. S'ils ont du bien, ils pourront en aider les soldats de leur troupe et se les attacher par des libéralités qui les portent à exposer leur Vie plus courageusement.

Les plus considérables d'entre eux seront, les uns comme les assesseurs du général et les plus' honorés, les autres seront admis à m contiance et à ses conseils les plus secrets. Chacun se prévient facilement pour ce qu'il ima* ginesoi*mème; maison s'asSure thieux de son utilité en le soumettant à l'examen des autres, dont on joint les lu« mièresaux siennes.

Ainsi un général ne doit pas avoir une telle incertitude dans l'esprit , qu'il se méfie tout-à«fait de lui-même» ni une telle présomption qu'il croie pou-* voir se passer de conseil : étant autti dangereux de se livrer ëàns réserve aux avis des autres, que de li'erf vouloif écouter aucun. Il faut vous expliquera présent les noms des officiers et leurs fonctions.

Après le général qui est le chef de

toutf sont les mérarquei; ensaite les dronguaira , les comtes^, c'esl-à-dire les chefs de bandes; suivent les oeniurions» puis les dizainiers qui président aux décuries; après ceux-ci les pen^ targues ou chefs d^escouades de cinq hommes ; les létrarqnes chefs de quatre. ÏASouragos sont les derniers de chaque chambrée, qui restent à la queue des files et forment le dernier rang. La dernière partie de la décurie est la queue du corps adhérente au reste. Ce sont là les noms des différens chefs. Il y a encore d'autres charges dans chaque bande 9 comme les porie-enseignes» les trompelles ou sonneurs de buccine, les médecins y les chirurgiens, les porteurs d'ordres y les crieurs qui par leurs discours excitent les soldats au combat , les écrivains et autres qui ont leurs fonctions séparées. Tous ces noms 4 présent en usage ont remplacé les anciens qui sont abolis.

On appelle général enchef (rTp«7N- T'Of), le premier ofTicier de Tarmée, et lieutenant-général celui qui occupe la seconde place et commande sous lui.

Pour moi, j'estime que nos anciens appelaient lieutenant-général (vtoo-tjba- Tif^oç) celui que nous nommons à présent général; parce que le prince étant proprement le maître et le chef de toutes les armées, nommait une personne pour tenir sa place dans chacune et la commander. Cette personne n'était donc regardée que comme vicegénéral. Maintenant l'usage est d'appeler général celui qui est envoyé par le prince pour la commander, et qui est aidé par des lieutenans ayant chacun leur division. On ne les connaît plus actuellement que sous le nom de mérarques, c'est-à-dire chefs d'une mérie ou grande division.

• Le dronguaire est le chef d'une petite mérie, qui forme la troisième partie

L'EMPKaiiUft L£0N.

de la grande division oommandée par le mérarque , autrement dit turmarque, parce quç sa divUon se nomme tunne.

La turme ou grande mérie est donc composée de trois petites méries ou dronges jointes ensemble. Le droogs renferme les troupes que nous appelons lagmes ou bandes, qui sontcoaimandées par des comtes. Ainsi le cemie est le chef d'une tagme ou bande, et le centurion régît cent hommes sous les ordres du comte.

Le dizainier est le premier d'une décurie, comme le pentarque est le chef de cinq. Celui-ci est placé au milieu de la file. Le tétrarque est appelé aussi gardien; l'ouragos est celui qui est à la queue de la file. Les fréquentes divisions marquent la quantité des soldats d'élite aussi prompts à obéir qu'à faire exécuter ce qui leur est ordonné : cela fait la force de l'armée et donne une grande aisance pour les manœuvres.

Le batidophore porte l'enseigne de la bande. Le lochagos est le chef de file : il est au premier rang; ceux qui le forment se nomment protostatei.

Le secondaire est le second de la file, autrement dit àpUtate. L'ouragos est , comme je l'ai dit , le dernier de la file. Les coureurs sont ceux qui précèdent l'ordonnance de l'armée quand elle va au combat, et qui poursuivent l'ennemi lorsqu'il fuit. Les défenseurs suivent ceux-ci sans se débander comme eux , mais marchant en ordre pour les soutenir et les revancher lorsqu'ils plient, ce qui arrive toujours.

Les meiureun ou mensurateurs sont ceux qui dressent le camp, en dis* tribuent le terrain et tracent le retran* chement. Nos anciens appelaient oiUtcenseurs ceux que nous confondons à présent avec les mesureurs qui n'ont point de nom déterminé. Les anii-cen-

^'KWBUim LÉM.

fseun allaient detant pour jreconiiaiire i les chemins 9 la disposition du pays et les lieux propres à Tassiette du camp dont ils déterminaient la figure.

Les Mpécutatewrs sont ceux qui Tont en campagne pour apprendre des notiveUesdeTennemi.

Les garde-ftancê sont des troupes pla* cées pour garantir le flanc de la première ligne.

Les camistiUi sont destinés à tourner les ailes de Tennemi.

Les insidiaieun sont ceux qui se mettent en embuscade pour ôtre prêts à tomber inopinément sur l'ordonnance des ennemis.

Les tergUtUa marchent en bataille derrière toute l'armée.

11 y a des gens qui , le jour du com* bat» suivent Tarmée pour relever les blessés et leur meture le premier appareil : nous les appelons à présent êcribom.

Les mandateun sont ceux qui porisat les ordres des chefs pour les Taire exécuter promptement. Il faut choisir pour cet emploi des gens aclib et in« telligens.

Le général aura sa chancellerie pour les expéditions des affaires» dans laquelle on peut mettre le même ordre que dans celle d*une province , en nommant un comte de la cour et les autres officiers inférieurs. H y aura aussi un protonolaire avec un cartulaire et un préleur : celui-ci pour juger les affaires civiles et contentieuses, l'autre pour tenir un rôle de tout ce qui compose l'armée. Bien que ceux qui remplissent ces emplois doivent obéir en plusieurs choses au général , nous voulons cependant qu'ils dépendent de nous immédiatement pour la partie relative à leurs fonctions, afin que nous puissions être informés plus sûrement de ladministraiion civile et militaire.

Le bagage comprend tous les ustensiles des soldats, valets» chevaux et autres animaux» et généralement ce qui est à Tusage du camp. Au défaut de valets» on tirera des soldats les plus faibles un homme pour la conduite de trois ou quatre botes de somme et un autre de confiance» auquel on donnera un certain signal » qui marchera i la tèCe de l'équipage de la bande.

Vous diviserez donc toute l'armée en différentes tagmes» sur lesquelles vous établirez des préfets sages» valeu« reux et propres pour les commander.

Dans chacune vous choisirez ce qu'il y aura de mieux pour la naissance et le courage» afin d'en faire des centurions. S'il est possible» il faut qu'ils sachent tirer de l'arc. Après ceux-ci vous choisirez les dizainiers» les penlarques ou cheis de cinq » les tétrarques et les serrefiles qui sont deux dans chaque décurie; en sorte qu'il y ait dans chaque file cinq hommes d'élite» et que les deux meilleurs soient, l'un à la tête»

l'autre à la queue. Vous distribuerez ceux qui resteront de manière que les nouveaux soient mêlés avec les anciens.

Ceci est important pour fortifier les uns par les autres^ car les Tieux n'ont pas la force des jeunes et ceux-ci n'ont pas la même expérience. Les vieux serviront donc à les conduire et les empêcheront de troubler l'ordonnance.

Après avoir réglé les files » vous marquerez celles qui doivent être à la droite» et celles qui doivent être à la gauche de la bande. Vous ferez les files de votre ordonnance de cinq » dix » quatre ou huit » comme vous le jugerez à propos selon l'occasion ; de manière que ceux des mêmes décuries combattent toujours ensemble à leur ordinaire. Vous ferez même fort bien si vous réunissez les frères» parens et amis . Quand on voit le péril menacer une

i'ttfrBftftM tÊùn.

fetmnué qui M chèra, on M porte avee plus d'ardeur aa oombat; Taulre réciproquement a honte d'abandonner celui qui s'expose pour le sauter et de montrer moins de courage.

Les bandes étant distribuées cha* cune sous son comte» vous les ferei de trois cents hommes : quoique tous ayei une grande armée» elles ne seront pas de plus de (|uaire cents» ni moindre de deux cents. De toutes les tagmes ou bandes » vous en formerez des c/ittiarehiesp autrement dites méries ou drOnges.

Toutes ces mériea formeront trois divisions ou turmes» dont chacune sera commandée par un turmarque appelé •i^levant mérarque. Nous choisirons et toommerons nous-mêmes ces officiers» qui doivent être prudens» bra* vesi vertueux, sachant se faire obéir^ instruits dans les lettres» surtout celui qui est à la tête delà division du centre qUe nous appeloiis lieutenant-général »

et qui Mï dans le besoin remplacer le général eu chef;

Toute la ligne sera donc divisée en trois grandes parties ou turmes » savoir» celle dé la droite» celle de la gauche et celle du centre. Il ne faut psà» comme je l'ai diti que la bande passe quatre cents hommes » ni la mérie ou dronge deux mille» ni la turme six mille. Un plus grand nombre pourrait apporter de la confusion » et nuirait à l'exécution des ordres. De ce qui excédera on en formera une seconde ligne pour soutenir la première^ et l'on en placera autti pour garder les flânes» les der-» rières» pour mettre en embuscade» et pour tourner l'ennemi.

U sera nécesdaire de ne pas faire les bandes égales » aûn qu'on ne juge point par leur nombre de la force de l'armée» ce qui est souvent très-nuisiblet Si vous pouvei d une seule bande eri

faire paraître deux» quand vous èeret prêt de combattre » cela imprimera plus de terreur» et vous sera fort utile. Il faut tirer de chaque bande» pour le service ordinaire » deux porteurs d'ordres» actifs» prompts» et qui aient la voix forte. Il sera bon aussi qu'ils sachent plusieurs langues. Il faiit encore des buccinateurs pour sonner dans l'occasion » des fourbisscurs » des armuriers pour faire des arcs et des flèches, et antres ouvriers pour fabriquer les choses nécessaires.

Vous éfablires aussi quelqu'un pour ramasser les effets perdus et les rendre à leurs maîtres.

Gomme il y aura des vaguemestres pour conduire et régler les équipages de la cavalerie j il faut qu'il y en ait de même pour l'infanterie. Ils seront subordonnés aux chefs du charroi. Ge> lui-ci est composé de voitures qui po^ lent les machines et les munitions de guerre. Il y aura dans chaque turme un vaguemestre» et un signal diatinctif pour la division » qui se mettra sur les chevaux et les bœufs» aGn qu'ils soient facilement reconnus par la différence des couleurs. Puisque je me suis sou* venu de l'infanterie » il est à propos d'en détailler l'ordonnance et la corn* position, telles que les anciens tacticiens les ont décrites» et qui nous ont été transmises par des écrivains plus mo-^ dernes.

Les anciens avaient un grand taombre de cette espèce de soldats appelés hopUteiy que nous nommons à présent porte-boucUers; quoique ce terme soit presque ignoré de tout le monde» par la profonde ignorance où l'on est ^ présent de l'art militaire. Les lagmes»

donc» des top/ii« se formaient deseiie files qui étaient chacune de seize hom* mes» ce qui composait un nombre de deux cent cinquante • six hommes en

rorme carrée. On irauire que ta phalange des gens de pied était de quatre mille quatre-vingt seite» commandée par un général. Le corps complet de Tinfantefie d*uiie arméi comprenait soiianieqoatrt tagmes» mille vingt«quatre ûles»

jBi seiie mille trois cent quatre-vingt* quatre hottmes. L'armnre légère» sairoir lea archerg, les frondeurs et les jaeiilaieiin» était de huit mille eent quaire^vingi^doute» c'est-à-dire la moi'* tié des hoplites ou pesamment armés ) m lé cavalerie qu'on j joignait liait de quatre mille quatre-vingt-seize.

L'armée se rangeait de cette manière^ Toutes les turmes des hoplites for^ maiem un fkroni divisé en quatre par* tiec égales. Les armés à la légère, ap* pelés ptîtfM, gens prompts et agiles »

m plaçaient devant la ligne pour harceler Tennemi , ou sur les flancs en Clique, ou bien derrière» ou enfin dt telle inanière que la circonstance reiigêait» comme je le dirai dans son liétt.

La cavalerie se divisait en deux par^ lies» qui se plaçaient sur l'un et l'autre cAté de la phalange , pour la sou« tenir, et de là charger rapidement l'en^* Mmi.

l'ai passé sous silence plusieurs au^ très divisions, dont les noms ainsi que èeux des chefs qui les commandaient, M sotit plue de mode, le me suis seulement attaché aux choses les plus miles et qu'il nous est plus nécessaire «le connaître. Il parait que les anciens •^étaient filés à ce nombre, parce qu'ils Comptaient pouvoir le remplir entièrement d'hommes braves.

Pour nous, qui avons moins de soK 4ats,et qui n'employons pas des nombres justes comme les anciens « Il se^^ rait difficile de réduire toutes les tagmes d'infanterie oti de cavalerie au nombre

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ferez donc à proportion dé la quantité des soldats que vous aurez en état d'y servir. Vous aureie d^aillcurs attention que toutes les (lies de Tinfan* terie soient composées de seize bons hommes.

De tel nombre de files et de bandes que ce corps soit composé, vous le diviserez en quatre grandes parties (>ii titrnles sur un même front. L^unetera placée à la dn>ite, l'autre à la gauche, chacune commandée par un turmarqde, et deux au milieu où sera la bande du général.

Vous garderez quelques pesammenî armés pour être en réserve, et des psilites dont le chef se portera en dehors de^l ailes de la cavalerie, ou entré \éi charidts deâ flancs, où dabs toUt autre lieu où ils seront utiles.

Si votre Corps d'infariteriè est au»

dessous de vingt-quatre mille hommes, vous n'en ferez que trois iurmes oiî grandes divisions, et la bande du général , su^ laquelle les autres doivent se régler, sera placée dans celle du milieu.

Vous choisirez pour psiliiët les ptué habiles & tirer de l'arc, jeUnes, vigoureux, et assez lestes pouf courir et sauter en tous lieux. S^il y a vingtquatre mille hommes, vous en prèhdrez la moitié, le tiers s'il y eh a moins. Vous les diviserez en décuries, comme il est dit ci-devant, aveé leurs é\tiU niers; et vous leur donnerez un Chef qui se nommera iHattre de$ archers.

Des deux autres parties vous eh tà^* merez des files de dlx-hiiit, composée^ d'anciens et de nouveaux soldats. Dé ces dix-huit hommes vous séparëfei les deux moindres poUr la garde deft bagages. Les seize restant forfnërdnt la file; vous en tirerez les huit mëillëliri hommes pour être les premiers et les

de deux cent einquante-Sit. Vouli lés i derniers : savoir, quatre à la tête, pre-

L*Sll»RnBUIi LtoH.

mier^ deuxième, Iroîsiëme, quatrième; et quatre à la queue, en comptam par le dernier, seizième, quinzième, quatorzième, treizième. Les huit moindres seront placées au milieu ; de celle sorte le front et la queue seront Clément r^rorcés.

En outre vous désignerez ces seize hommes par premier et second, on bien protottate et épUtate; et ainsi dépuis le commencement jusqu'à la fin de la file. Par ce moyen il y en a deux qu) auront chacun deux noms, savoir le chef de file appelé lodiagos, qui sera aussi protoUate, et Vouragos, ou serrefile , qui sera épistate.

Pour qu'on puisse mieux gouverner ces seize hommes et les faire vivre en* semble, on les séprera en deux chambrées, l'une composée des proiosuiles, qui sera sous le lochagos, l'autre des épistates, sous le dizainier. Cette division n'empêchera pas qu'ils ne soient toujours soumis au lochagos, quand ils seront rassemblés dans l'ordonnance.

11 sera bon , s'il est possible , de les ranger, non-seulement selon leur force, mais aussi par rang de- taille, de manière que les plus grands étant devant donnent à Tordre de bataille un air plus formidable : si l'on ne trouve pas à concilier dans les premiers la taille avec la valeur, on suivra l'ordre accoutumé, qui est de meure les hommes de confiance à la tête et à la queue.

Les anciens avaient adopté pour l'infanterie le nombre de seize, parce qu'étant carré il se partage par égale portion jusqu'à l'unité, et convient parfaitement pour former toutes les divisions et subdivisions de l'armée , en les coupant, soi^ dans la longueur ou dans la profondeur.

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