‹ Bibliotheque militaireChapitre 235 sur 614 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Pour sortir d*im pas périlleux.

Q. Siprtorkis ayant les ennemis en qquBae au passage d'une rivière , fit un grmd retranchement en forme de demi^lune à l'entrée du gué , et f ayant rempli de bois et de fascines, y mit le feu. A la faveur de ce stratagème , 11 passa sans ({ue les ennemis le pussent suivre.

Pélopidas se servit du même artifice lors de la guerre de Thessalie ; car s'étant campé sur le bord d'une rivière , et voulant gagner l'autre rive sans être Inquiété par les ennemis, il fit une grande circonvaHation de bois autour de son camp , y mit le feu , et traversa "saus danger.

Q. Lutatius Gatulus pressé par les Gimbres, sans aucun moyen de se sauver que par une rivière , dont ils tenaient tous les passages , fit semblant àe camper swc le bord : mais il défendit de décharger le bagage , et de s'écarter des enseignes. Comme les ennemis s'étaient dispersés sur cette assurance pour aller au fourrage, il passa sans danger , et les harcela même après dans leurs retranchemens.

Crésus ne pouvant traverser la rivière dTIalys, faute de bateaux, la détourna par le moyen d'un canal, qu'il fit tirer derrière ses lignes , et se trouva ainsi campé de l'autre côté.

César, près de Lérida, déchargea la Sègre par de grands canaux, et ainsi la passa facilement à gué.

Pompée assiégé par César à Brundusîum, et résolu de se retirer, et de transporter là' guerre hors de l'Italie, pour le faire plus sûrement, boucha certaines rues , et en coup a d'autres par

des murs , des fossés oa des fichant des pieux dans les trous, ék couvrant de claies avec de la temfi dessus , pour cacher le pîége. JSaaà il ferma les avenues du. port «fecè grosses poutres , et s'embarqva « bruit. Mais fi laissa qaekiiies ante sur le rempart afin d'amuser les »

nemis , lavec ordre de so retirer été le suivre en diligence dans de petitsli teaux, sitôt qu'ils le verraient enàmque : ce qui fiit exécuté heoreuMiiMA Le consul C. Duillius se troorante»

fermé dans le port de Syracuse , fit rt tirer tous les soldats sur la poupe A navire. Cette manœuvre ayant fdlfcverla proue, il vogua ainsi à forcée rames vers la chaîne qui fermait i port, et poussa la moitié de sa gaU» ] par dessus ; puis faisant passer les^ dats de la poupe à la proue , Q emgalk I par leur poids le reste de son TmsseM j Toutes ses galères se sauvèrent mi i Lysander se trouvant assiéigé ^ toute sa flotte au port de Pyréc,* accablé par la multitude des enneai débarqua secrètement les soldab»

l'endroit le plus étroit , et les einpi^ à tirer ses galères sur des roulea i vers un autre port qui était proche, f Un lieutenant de Sertorîus se tr* ' vaut engagé avec peu de troupes (to un défilé bordé par deux montagnes escarpées, avec les ennemis en queue, tira un grand retranchement d'uae montagne à l'autre, et l'ayant rempli* bois, y mit le feu : ce stratagème les arrêta tout court, et lui donna le moyen de sortir de ces détroits.

César pendant la guerre d'Afranius, ne pouvant se retirer sans péril devart l'armée ennemie, qui était rangée en bataille , fit creuser un grand fossé derrière lui par les troupes de sa s^ oonde et de sa troisième ligne, tancft que la première demeurerait en bataï*

' FtOlCTtN, Ut. 1.

* -^ et tnchtàt \eê trataBletifs; Srir*te fti viki jour il se retira derrière ce fossé mpftc toutes ses troupes.

ifèf Péridôs se trouvant engagé dans' un w. étroit ipA n'avait que deux sorties , fit . {f 4«r dans l'une un grand retranche- M fient , comme pour fermer le passage A je ce cAté-là , puis marcha vers l'autre i?i,vec toutes ses forces; et comme les ^v^nnemis s'y portèrent, "persuadés qu'il ^pHie pouvait passer de l'autre côté , Pé- -.yidès y retourna tout h coup, fit jeter ^,^Jes ponts sur le fossé , et se retira sans ^;^anger.

. ^ Lysimaque, Tun des successeurs d'A- ^Jeiandre, ayant formé le dessein de I ^camper sur une haute montagne, trou- . va que ses gens par mégarde en avaient ^\ pris une moindre, qui était commandée par celle-là : comme il craignait que r^les ennemis ne s'en saisissent, et ne .vinssent fondre sur lui d'en haut, il ^^ Bt tirer trois grands fossés dans cet en- ' droit, avec d'autres autour de ses ten- , j tes. Ces précautions ayant déconcerté , retincmi, Lysimaque passa ensuite sur ^ ces retranchemens à la faveur de quelques branchages couverts de terre, et gagna le lieu le plus élevé.

T. Fonteius Crassus , qui était allé au fourrage avec trois mille hommes , se trouva tout à coup enveloppé par les troupes d'Asdrubal. Il communiqua son dessein aux principaux Centurions, et la nuit commençant à paraître , il força les postes des ennemis lorsqu'ils s'y attendaient le moins.

Lttcîus Furius se trouvant dans un lieu désavantageux, et ne voulant pas témoigner de crainte devant ses soldats pour ne point les décourager, feignît de s'étendre pour envelopper Vennemi , et se tira de ce mauvais pas au moyen d'une manœuvre habile.

Publius Decius, tribun lors de la guerre des Samuites, voyant l'armée

investie dans une position semblable , fit un détachement pour se saisir d'qpa colKne, afin d'attirer rennenn de ce cAté-lêr, et de donner le moyen à l'armée de sortir du mauvais pas : ce qui arriva comme fl Pavait prévu ; car lei ennemis l'étant venu envelopper , laissèrent échapper le consd, et Dedtas se sauva la nuit par un généreux elTort, et alla le rejoindre.

Un autre, dont on ne peut cttet atf juste le nom, fit encore la même chose sous le consul Atllius Calatinus ; car lé voyant enfermé dans un vallon, et toutes les montagnes voisines occupées par les eiinemis, il prit avec lut trois cents soldats , qu'H encouragea à bien faire , et s'enfonça dans le vallon, pour y attirer l'ennemi, donnant le moyen au consul de sauver Tannée , tandis qu'il faisait une défense opiniA- Ire.

Le consul Himitius {fêtant laissé enfermer dans des défilés de la Ligurie , les soldats craignaient déjà d'y retrouver d'autres fourches caudines. Minutius fit marcher ses Numides auxiliaires vers le passage , et attira l'ennemi de ce cdté-là comme à un spectacle, par la laideur des chevaux, et la mauvaise mine des cavaliers qui avaient mis pied à terre, et feignaient de jouer ensemble , afin de se rendre plus mé* prisables. Mais tout à coup voyant lé passage dégarni , ils remontèrent sur leurs chevaux , et franchissant ces détroits à toute bride, se répandirent dans la campagne , où fis mirent tout à feu et à sang. Les ennemis furent obligés de quitter le consul pour venir défendre leurs foyers.

Sylla, pendant la guerre des alliés , se trouvant enfermé en un lieu désavantageux, fit une suspension d'armea, comme pour traiter de sa reddition , et dyout fait dun^r long-temps le pour-

FftOlITIN, UY. I.

parler, se sauva la nuit avec toat le bagage et les machines de guerre, parce que les passages étaient mal gardés. Il avait eu la précaution de laisser un trompette avec ordre de sonner les quatre veilles de la nuit, comme s'il eût été dans son camp.

U en fit autant contre Archelaus, lieutenant de Hithridate ; car se trouvant engagé dans un lieu désavantageux , et conune enveloppé par la multitude des ennemis , il fit semer quelques paroles qui tendaient à un rapprochement, et pendant la suspension, l'ennemi s'étant relftché, il se sauva avec toutes ses troupes.

Asdrubal, frère d'Annibal, se voyant enfermé entre des montagnes dont l'entrée était occupée par les ennemis, traita avec eux , à la condition de quitter l'Espagne : mais quelques jours s'étant écoulés pour l'examen des conditions , il fit filer peu à peu ses gens par des routes détournées, et ne réserva avec lui que l'élite de ses troupes, avec lesquelles il se sauva.

Spartacus enfermé par Grassusdans un retranchement , le passa la nuit sur un pont de corps morts. Une autre fois investi sur le mont Vésuve , il se sauva aussi la nuit par l'endroit le plus escarpé, avec des chaînes d'osier le long desquelles il se laissa couler , et alla donner une si chaude alarme sur un autre point, qu'avec soixante et quatorze gladiateurs, il mit en fuite quelques corps d'infanterie.

Le même Spartacus, bloqué par le proconsul Yarinius, mit aux portes de son camp une garde de corps morts attachés à des pieux, et armés, puis faisant allumer des feux partout, se retira à la faveur de la nuit.

Brasidas, général des Lacédémoniens , se laissa cerner à dessein par la multitude des ennemi? pour disperser

lem f(NPoes, et fl enfonça eosoile k point le plus faible.

Iphicrate voyant que les s'étaient saisis d'une GoHine qui ( mandait son camp, n'y laissa qœ peu de troupes, avec beancoqp de feux allumés, et sortant avec le reste de son armée , la rangea de part et d'aotreà la descente. Les ennemis étant acooams , il les enveloppa et les défit.

Darius, combattantles Scythes, pov couvrir sa retraite, laissa une grande quantité de bêtes dans son camp, që firent croire aux Barbares par leon cris , que toute l'armée y étaiL

Les Ligures trompèrent un de nos généraux par un semblable artifice, ea attachant sur plusieurs points do bœufs, qui, par leurs mugissemens, firent supposer aussi que l'ennemi était dans son camp. i

Hannon, enfermé par les ennemis, i fit amasser des broussailles sur les lienx i par où il voulait sortir, %t y mitle feu. Comme les ennemis aoconraieot aux autres passages « il se sauva par cet endroit, après avoh- averti ses gem de couvrir leur visage de leur bonclier, et leurs jambes de quelque vêtement, pour se garantir de la flamme. !

Annibal manquant de vivres, et vealant se tirer d'un lieu désavantagein où le tenait Fabius , attacha des fascines de sarment aux cornes des bcaab qui suivaient son armée, et y ayant mis le feu, les chassa vers les montagnes. Les Romains étonnés d'un érénement qu'ils regardaient comme no prodige , retinrent leurs troupes daoi leur camp , de peur de surprise ; de sorte que Annibal ne trouvant plu d'obstacles, s'échappa.

nomnif, ut. i.

CHAPITRB Vi. I

Dm 9mk9MÇÊ4M énmém $m le pasnfe.

Myins Nobilior allant du pays des Sannites dans eehii des Lucaniens , et ayant appris des transfuges , qoe les ennemb attaqueraient son arrièregarde, laissa son bagage à la queue pour les amuser. Mais tandis qu'ils s'occupaient à fondre dessus , il rangea à dr^ et à gauche ses meilleures troupes, enveloppa les pillards, et les tailla vB pieoes*

Une autre fois, ayant à passer une petite rivière asseï rapide, et étant suivi des ennemis, il mit une de ses légfotts en embuscade sur le bord , afin que, méprisant son petit nombre, ib le Tinssent attaquer plus librement.

L'ennemi ayant donné dans le piège , la légion renvèloppa et le défit.

Il^iicrate disant la guerre dans la Tbrace, et apprenant que les ennemis Fattaqueraient dans un lieu qu'il était obVgé de traverser sur un ordre très milice, jeta des cohortes de chaque cMé de la route, et fit doubler le pas aux antres. Hais lorsqu'il vit que son armée entière allait passer, fi retint les meilleurs soldats, et avec eux chargea les ennemis occupés après les bagages.

Il les défit, et regagna tout le butin.

Les Boîes s'étant cachés à l'extrémité d'une nftèt qui était sur leur passage, scièrent des arbres, et les laissèrent sur leur tronc. Ib poussèrent les plus proches lorsque les troupes Tinrent à passer, et ces arbres tombant sur les autres, accablèrent une partie de l'armée.

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