‹ Bibliotheque militaireChapitre 272 sur 614 · CHAPITRE VIL Instructions éïmnm sur la f «em · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL Instructions éïmnm sur la f «em

César disait qu'il fallait vaincre les ennemis en employant les moyens dont se servent les médecins daos les longues maladies; c'est-à-dire par loi faim plutôt que par le fer.

Domitius Corbulon prétendait, lui^ qu'il en venait à bout avec la bêche et le hoyau.

L. PauUus veut qu'un général d'armée soit vieux, ou d'âge ou d'humeur ; donnant à entendre, qu'il préfère la prudence aux résolutions hasardeuses.

Scipion l'Africain dit, pour ré-^ pondre aux reproches qu'on lui faisait de n'aimer pas assez à combattre, qu'il était né général et non soldat.

C. Marins répondit à un Teuton qui le provoquait à un combat singulier , que s'il avait envie de mourir, il n'avait qu'à s'aller pendre. Mais comm^ le Barbare insistait. Marins lui montra un gladiateur avancé en ftge et ajouta : quand tu auras vaincu celui-ci , je mp t^attrai contre toi.

(Frontin répète ici l'exemple de Sertoriusdéjà rapporté, liv.i, c. x. an commenceiment.)

Le consul Valerius Levinus ayant pris dans son camp un espion , le fit promener partout, et le renvoya avec ordre de dire aux ennemis, qu'il recevrait ainsi tous ceux qu'il leur plairait d'envoyer pour visiter ^n arm^e^

moiaiN, Liv. IV.

Cioelius Primipile, qai commandait ceux qui survécurent à la défaîte de Varus, craignant que les ennemis ne se servissent du bois qù*oti avait amassé autour de ses lignes, afin d'incendier son camp, feignit d'en avoir besoin pour Tusage des soldats, et l'envoyait dérober secrètement. Cette manœuvre fut cause que Tennemi le fit transporter plus loin, et le délivra de ses craintes.

Gn. Scipion, dans un combat naval, - fit jeter sur les vaisseaux ennemis des tonnes pleines de poix et de résine , lesquelles outre le danger du feu, fatiguaient les galères par leur pesanteur.

Annibal y fit jeter aussi par les troupes d'Antiochus , des vases pleins de vipères, afin de troubler le service des soldats et des matelots; et Prusias suivît cet exemple pour se retirer après sa défaite.

M. Porcins s*étant emparé d'un vaisseau ennemi, vêtit ses gens de leurs dépouilles et de leurs armes , et coula h fond plusieurs galères, par ce stratagème.

Les Athéniens , pour se venger des Lacédémoniens, qui faisaient des courses dans TAttique pendant la fête de Minerve, lorsqu'ils étaient occupés à cette cérémonie, cachèrent Ipurs armes sous leurs habits en sortant hors de la ville, et prirent ensuite la route de la Laconie. Sans rentrer dans Athènes, ils allèrent ravager le pays, lorsqu'on les croyait occupés ailleurs.

Cassius fit mettre le feu à quelques vaisseaux de charge qui ne lui étaient pas très nécessaires, et profitant d'un grand vent , les envoya au milieu de la flotte des ennemis, et la brûla.

Comme on conseillait à M. Livius, après la défaite d'Asdrubal, de poursuivre les fuyards : Laissons-en quelques-uns, dit-il, pour porter la nouvelle de ce désastre.

Scipion l'Africain disait qu'il fallait toujours faire un pont d*or à ses ennemis.

Pachès d'Athènes, ayant promis aux ennemis que s'fls mettaient bas leurs armes (leur fer], on ne leur ferait aucun mal, ils exécutèrent de bonne foi ce qu'il exigeait d'eux. Mais Pachès ne leur tînt pas parole, car il fit tuer toos ceux qui se trouvèrent avoir des agrafes de fer à leurs manteaux.

Asdrubal entra dans la Numidie avec des troupes, sous prétexte d*nne chasse aux éléphans, et s'en rendit maître par ce moyen.

Alcétas, général des Lacédémoniens, pour mieux surprendre les vaisseaux qui menaient des vivres à Thèbes, cacha ses galères , à la réserve d'âne seule , dans laquelle il exerçait tour è tour toute la chiourme, afin qu'elle ne se relftchftt pas un seul instant; ensuite épiant l'occasion , Alcétas surprit pinsieurs vaisseaux chargés de vivre?, lorsqu'ils ne croyaient pas qu'il eèl des navires pour les attaquer.

Ptolémée, combattant contre Perdicas qui était plus fort que lui, attacha à des chariots toutes les bêtes du camp. La poussière qui s*éleva fit croire aux ennemis qu'il était suivi d'une grande armée, et il remporta la victoire.

Myronide, général des Athéniens, ayant à combattre dans une plaine contre lesThébains, qui étaient plus forts que lui en cavalerie , dit à ses soldats qu'il était impossible de se sauver par la fuite, mais qu'en se défendant vaillamment, il restait encore quelque espérance de vaincre. Ce raisonnement leur rendit le courage au lieu de les intimider, et ils sortirent victorieux du combat.

L. Pinarius étant en garnison dans une ville de Sicile, et les habitans venant lui redemander les clefs des v^'

FKOBITIN, MV. IV.

l«s, ciMBBie Ule peniait, pour la livrer «iix Carthaginois, Pinarius prit une «lit pour délibérer, et après avoir averti les soldats de se tenir prêts, répondit le lendemain qu'il rendrait les clefs, mais qu'il yonlait qne ce fût du consentement de tonte la ville. Lors donc qna les babitans se furent assemblés dans le théâtre, selon la coutume, pour délB)érer, L. Pinarins qui jugeait de leur révolte par le consentement, fit main bame sur tous ceux qui s'y trouvèrent.

IpUcrate, général des Athéniens, ayant équipé ses galères comme celles des ennemis, cingla vers une ville qui lui était suqiecte, et voyant accourir les babitans avec joie, reconnut par là leur perfidie et saccagea la ville.

Tibérius Gracchus, comme plusieurs esclaves s'offraient volontairement de prendre les armes pour le salut de la république, dit qu'il donnerait la liberté à tous ceux qui se comporteraient vaillamment, et qu'il ferait mettre les autres en croix. Mais en ayant aperçu quatre mille, après la bataille, qui se retiraient sur une montagne, de peur de qudque mauvais trailemwt, parce qu'ils n'avaient pas si bien combattu qpe les autres, Gracchus lûouta vie c'était assez d'avoir remporté la victoire , et ainsi les fit rentrer dans leur devoir.

Annibal, après. la journée de Tbrasymène, renvoya tous les alliés latins qui étaient panni les prisonniers, disant qu'il était venu pour affranchir l'Italie et nonponr rassujettir , et gagna ainsiquelques villes.

Magon, assiégé dans la ville des Locriens par Griapinus , qui commandait la Hotte romaine, répandit le bruit qu'Annibal ayant défait Marcellus, accourait en diligence; et pour confirmer ratte n^qyeUe, fit sortir la nuit quel-

ques cavaliers avec ordre de reparaître le lendemain sur les montagnes voisines, conune des coureurs d' Annibal.

Cette ruse troubla tellement Crispinus, qu'il rembarqua en tonte hâte ses troupes, et leva le siège.

Scipion Émilien pendant le siège de Numance, entremêla des frondeurs et des archers, non seulement parmi les cohortes, mais aussi parmi les centuries.

Pélopldas défait par lesThessaliens, gagna un pont qu'il avait construit à la hâte sur une rivière, et y fit mettre le feu pv ses troupes lorsqu'il fut passé, pour empêcher l'ennemi de le poursuivre.

Les Romains , au siège de Capoue, n'étant pas assez forts pofir résister à la cavalerie des assiégés, choisirent par l'avis d'un centurion, les plus agiles de toute l'armée, et ceux qui étaient de taille plus légère ; ils ne leur donnèrent aussi que des armes très faciles à ma-* nier, et on les mêla parmi la cavalerie avec tant de succès , qu'ils remportèrent la victoire.

Scipion en Lydie, voyant l'armée^ d'Antiochus fatiguée par un orage qui avait duré tout le jour et toute la nuit, de sorte que les archers pouvaient à peine bander leurs arcs, conseilla de donner la bataille le lendemain, quoique ce fût un jour consacré à des pratiques religieuses, et l'on remporta la victoire.

Caton ravageant l'Espagne, une ville alliée lui envoya demander du secours. Mais rorome il ne voulait pas partager ses forces, ni la refuser absolument , de peur d'irriter les alliés, il fit embarquer le tiers de l'armée et des vivres, comme pour aller au secours de la ville, avec ordre de revenir aussitôt, et de dire qne le vent ét«jtcootraite. Cependant le bruit

PHONtni, LtV. IT.

de rarrivée du secours, rendit le courage aux habitans, et arrêta les desseins de rennemi.

César, à la batailîe de Pharsale, engageait ses soldats & porter la pointe de leurs armes au visage de Tennemi, pour déconcerter l'adresse des chevch liers romains , qui combattaient dans les troupes de Pompée.

Les Vaccéens presséi^ par Sempronius Gracchus , environnèrent toutes leurs troupes de chariots , et mirent dessus leurs soldats d'élite Têtus en femme. Sempronius venant les attaquer avec mépris , fut défait. *

Eumenès Gardianns, Pun des successeurs d'Alexandre, étant enfermé dans une forteresse où il n*y avait pas de place pour exercer ses chevaux, les fai* sait suspendre , en sorte qu'ayant les pieds de derrière à terre et ceux de devant en l'air, ils remuaient perpétuellement les jambes pour se remettre dans leur posture naturelle ; ce qui les faisait suer et leur tenait lieu d'exercice.

Des Barbares promettant de servir pourvu qu'on leur donnftt une grande somme, Caton n'hésita point à leur accorder ce qu'ils demandaient. Si nous sommes victorieux, dit-il, nous les paierons avec les dépouilles des ennemis, et si nous succombons, nous serons quittes.

Philippe ayant appris que Pythias, brave soldat, parlait mal de lui, parce qu'étant pauvre, et ayant trois filles à marier, il ne recevait aucun secours du roi, après lui avoir rendu de grands service ; Philippe, au lieu de perdre Pythias, cotnme on le lui conseillait, dit qu'il valait mieux guérir un membre que dé le couper, et l'ayant envoyé chercher lui fit du bien et se le rendit plus affecUonné qu'auparavant.

T. Quintius Crispinus, craignant qu'Annibalt aprèài la défaite de Har-

cellus, né se^rrtt de son cMèét, qa'i avait en son pouvoir, manda par tonte ritalie qu'on n'y apportât pointdeM, et fit avorter par là quelques-unes de ses entreprises.

Après la bataille de Garnies, lesKo^ mains étonnés, délibéraient, incertaîm si Ton devait abandonner tout et se retirer hors du pays, lorsque le jeune Scipion entra brusquement dans fa^ semblée, et mettant Tépée ft la main, jura le premier et fit jurer ensoiteiott les autres de ne point quitter la patrie.

(L'exemple de Gragsus, celai des Yolsques, qui Tirent Incendier leor camp pour s'être p&oés trop prèsfiB bois , ces exemples reproduits îà pir Frontin, sont déjà rapportés, lif^n»

c. rv.)

Q. Hettellus Voulant décamper en Espagne, et les soldats pendantlaDarche cherchafnt à se rapprocher à camp, Hermocrates les y retint et ta rendit ainsi plus propres à sortir le leademain et à terminer la gnene. (0 passage, difficile à comprendre, ert évidemment corrompu.)

Miltiade, après avoir déMt naenaltitude innombrable de Perses à la bataille de Marathon, apprit que lenr tfmée navale courait au pillage d'Athée nés. Aussitôt il réprimanda les Afhé^ niens de ce qu'ils s'amusaient à recevoir les complimens de toute la Grèce, au lieu de songer à leur défense, et les mena droit & la yiHe. Les Perses voyant le rempart botdé de soldats, It s'imaginaut qu'ils appartenaient aoi milices qui étaient restées dans 11 place, et non à celles qui avaient liK^ la bataille, n'osèrent domer l'assaut contre un ennemi si puissant»

Pisistrate, général des Athémeni, défit ceux de Mégare, qui veaaîeit d'aborder la nuit é Elensine poar enlever les femmes d'Athènes , oocopte

FSORTDI, IIV. IV.

de leurs mystères; ensuite Q monta sur les vaisseaux ennemis , et faisant mettre vers la poupe quelques femmes équipées en captives, cingla vers Hégare. Mais comme les habitans accoururent en foule au-devant lui , Pisistrate remporta une seconde victoire.

Gimon. autre général des Athéniens,

après avpir défait les Perses dans un combat naval, près de l'tle de Cypre, arma ses soldats de leurs dépouilles, et montant sur les vaisseaux ennemis , tira vers la Pamphilie, où il surprit les Perses par ruse, et remporta deux victoires dans un même jour. Tune sur mer et l'autre sur terre.

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