‹ Bibliotheque militaireChapitre 273 sur 614 · BACCHUS · texte numérisé non relu

BACCHUS

Baechus, dans son eipédition des Indes, afin d'être reçu plus aisément dans les villes, ne marchait pas armé à découvert. Ses troupes étaient vêtues de robes légères et de peaux de cerfs. Les javelots étaient ombragés de lierre, et l'on ne voyait pas la pointe dont les thyrses étaient garnis. Les sonnettes et les tambours tenaient lieu de trompettes, et les ennemis domptés par le vin, ne s'occupaient que de la danse.

En un mot tous les mystères auxquels on a donné le nom d'or^'ei, ne sont qu'une représentation des ruses dont Baochus s'était servi poQr assujettir les Indiens et les autres peuples de rAsie.

IL Dans la même expédition des Indes, Bacchuâ voyant que son armée ne pouvait supporter Vair enflammé

de ces climats, se saisît d'une montagne du pays, remarquable par trois hauteurs, dont l'une s'appelait Corasibie, l'autre Condasque, et la troisième il la nomma Méros, ou la Cuiae^ en mémoire de sa naissance. Ce lieu était agréable par la quantité et l'abondance de ses sources, la fraîcheur de ses nei* ges, la multitude des bêtes fauves qu'on y pouvait chasser, et toutes sortes de fruits délicieux. Son armée, après s'être reposée dans ces lieux agréables, paraissait tout d'un coup contre les Barbares, et lançant ses traits d'en haut avec avantage, les mettait facilement en fuite.

m. Bacchus, après avoir subjugué les Indiens, en tira des troupes anxi- Irafa'es, et les joignant aux Amazones»

il entreprit la conquête de laBaetriane, Ce pays est terminé par le fleuve Sarangués, et les Bactrienss'étaient postés sur les hauteurs voisines de ses bords, d'où ils prétendaient fondre sur Bacchu^

POLYBN , LIV. I.

quand ils le verraient tenter le passage du fleuve. Bacehus ayant posé son camp de l'autre côté, ordonna aux Amazones et aux Bacchantes de passer la rivière/ afin d'attirer les Bactriens, qui ne manqueraient pas d'abandonner leurs hauteurs, pour accourir à une défaite qu'ils jugeraient facile. Les femmes commencèrent à traverser le fleuve, et les Barbaresdescendirentponr les attaquer dans le passage. Elles lAchèrent pied, et se retirèrent à l'autre bord, où les Bactriens les poursuivirent. Alors Bacehus voyant le3 Barbares dans le fleuve, accourut au secours des Amazones et des Bacchantes avec les hommes, tua les Bactriens, et passa le fleuve sans danger.

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