CHAPITRE XVII
TYRTEE.
Les Laeédémoniens étant près de combattre les Messéniens, se proposèrent de vaincre ou de mourir ; et afin qu'on pût reconnaître plus facilement les morts, quand il faudrait les enlever après le combat, chacun écrivit son nom sur une bande de cuir qu'il s'attacha à la main gauche. TjTtée se persuada que cette résolution désespérée donnerait de la terreur aux Messéniens, et pour la leur faire savoir, sans qu il parût que cela vînt de lui, il fit publier dans le camp qu'on ne fit pas de cas des Ilotes qui voudraient déserter»
Ceux-ci, voyant qu'on ne les observait point, passèrent en foule du côté des Messéniens, et leur apprirent la réso-
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lalion que les Lacédémoniens avaient prise, ('eux de Messène eu combattirent avec moins d*ardeur contre des gens animés de désespoir, et furent aisément vaincus par les Lacédémoniens.
CHAPn'RE XVIll.
GOPRUS*
Les Athéniens faisaient la guerre à ceux du Péloponnèse. In oracle avait assuré la victoire aux Athéniens si leur roi était tué par un Péloponnésien. Cet oracle était connu, et les Péloponnésiens avaient donné un ordre très exprès d'épargner dans les combats la personne de Codrus, roi d'Athènes.
Mais Codrus, déguisé en bûcheron, sortit un soir hors des retranchemens, et se mit à couper du bois. Des Péloponnésiens , sortis dans le dessein de couper aussi du bois, rencontrèrent Codrus , qui les attaqua et en blessa quelques-uns à coups de serpe. Ils se vengèrent sur lui et l'assommèrent avec leurs serpes. Ils se retirèrent à leur camp, bien contens de cet exploit. Les Athéniens, de leur côté , voyant Favanlage que l'oracle leur faisait espérer de cette perte ; poussèrent de grands cris de joie, et se présentant courageusement pour combattre les Péloponnésiens, ils commencèrent par leur envoyer un héraut, pour demander la permission d'enlever le corps du roi. Les Péloponnésiens voyant ce qui était arrivé, prirent la fuite, et les Athéniens, après la victoire, décernèrent à Codrus les honneurs dus aux héros, en reconnaissance de ce qu'il avait sacrifié sa vie pour l'avantage de sa patrie.