‹ Bibliotheque militaireChapitre 29 sur 614 · CUBIIRE DES GAULES. — MV. VII · texte numérisé non relu

CUBIIRE DES GAULES. — MV. VII

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le9 wiraB; de 8arie que ceux qui s*y taiçni eogngés «'embarrassaient et se blessaient à ces branches aiguës : les soldais les appelaient des eeps. Au*defaoi €m eut soin de ereuser des puits profoiida de trois pieds, rangés en qoîjieopee, plus étroits par le haut que par le bas. Là , on planta des pieux ronds, de la grosseur de la cuisse, durcis i|il feu et pointus, qui ne soriaient du sol que de quatre doigts ; et pour affermir et consolider l'ouvrage , on foula (brlement la terre avec les pieds. Le reste était recouvert de ronces et de broussailles, afin de cacher le pi^e.

On coniptait huit rangs de ces puits ainsi garnis, à trois pieds de distance l'un de Taulre. Les troupes les nomnajetit des lis , porce qu'ils y ressembisiept. Au-devant de tous ces ouvrages, Ctsàf fit enfoncer des chausse -trapes d'up pied de long , garnies de pointes de fer; on en mit partout à de légers intervalles les unes des autres :

les soldats leur donnaient le nom d*ai* guilloDs.

74. Après ce travail, il fit tirer dans les terrains les plus unis qu'on put trouver, et dans l'espace d'environ cinq lieues de circuit, une pareille ligne de circonvallation , capable de meure à l'abri des ennemis du dehors, afin que si, en son absence, ils venaient attaquer ses lignes, ils ne pussent , même avec les plus grandes forces, les investir de tous côtés; et pour éviter que ses troupes ne s'exposassent en allant tous les jours aux vivres et au fourrage /.il leur ordonna de s'en pourvoir chacune pour trente jours.

75. Tandis que ces événemens se passaient auprès d'Alise, les état9 de la Gaule, s'étant assemblés , réglèrent qu'au lieu de faire prendre les armes à tous ceux qui étaient susceptibles de les porter, comme lavait ordonné Ver-

eii^orix, chaque peuple fournirait un certain nombre de troupes, pour éviter le désordre et la confusion, maintenir plus exactement la discipline militaire, et bciliter la distribution des vivres. En conséquence, on taxa les Autunois » avec ceux du marquisat de Suse, du Nivernais et de Briançon, leurs vassaui, à 3),000 hommes; les Auvergnats , ceux du Quercy , de Gévaudan et du Vêlai qui en dépendent, à un pareil nombre; ceux de Sens, do la Franche -Comté, du Berri, de la Sainionge, de la Rouergue et du pays Cbartrain , à 12,000 hommes; ceux du Beanvoisis, à iO,000 hommes; les Limousins, au même nombre; ceux du Poitou, de la Touraine , de Paris et du Soissonnais , à 8,000 hommes chacun ; ceux de l'Amiénois, de la Lorraine, du Péfigord, du Hainaut, du comté de Bologne et de l'Agénois, chacun à 5,000; les Manceaux, idem; les Artésiens, à4yOOO hommes ;ceux deRouen, de Lisieuxeid'Évreux, à 3,000 chacun; ceux de Bâie et du Bourbonnais , à 30^000; toutes les nations situées le long de l'Océan , que les Gaulois ap- |>ellent Armoriques, et du nombre desquelles sont ceux deQuimpercorentin, de Rennes, d'Avranches, de Bayeux, de Saint-Paul-de-Léon , de Tr^uier et de Saint-Brieux, de Vannes et du Goteniin, chacune à 6,000 hommes. Les peuples du Beauvoisis furent ^les seuls qui ne contribuèrent point, parce que, dirent-ils, ilsvoulaientpersonneilement et en leur propre nom faire la guerre aux Romains sans obéir à personne.

Cependant, sur la prière de Comiqi^, leur allié, ils envoyèrent deux inille hommes.

7C.Ç'estce même Gorni^^ qui, comnie on Ta dit, avait servi César si utilement et avec tant de fidélité dans la guerre contre les Anglais; aussi en sa

CF.SiR.

oonsidéraiion» ce général, après avoir exempté les siens de tout tribut, les avait entièrement rétablis dans leurs droits, en leur annexant même le comté de Boulogne. Mais telle était Tunion universelle de la Gaule pour reconquérir son indépendance et la réputation qu'elle avait eue dans les armes, que ce peuple, sans être touché des bienfaits et de la bienveillance dont Tavait honoré César, entra de tout son cœur dans cette guerre, et y contribua de tout son pouvoir. Les Gaulois assemblèrent huit mille chevaux et environ deux cent quarante mille hommes de pied. On en fil la revue sur les frontières du paysd'Aulun. On leur donna des officiers, et on nomma, pour les commander en chef, Comius, d'Arras; Viridomarus et Éporédorix, tous deux Autunois;et Vergasillaunus, Auvergnat , parent de Vercingétorix. On y ajouta un conseil des dépuiés de chaque nation. Tous partirent pleins d'ardeur et de confiance, et marchèrent au secours d'Alise; il n'y en avait aucun qui ne fût persuadé qu'il serait impossible de soutenir seulement la vue d'une si prodigieuse multitude, surtout parce que nous aurions en même temps à repousser les sorties des assiégés, et à combattre au dehors tant de cavalerie et d'infanterie.

77. Gependantlesassiégésquiavaient consumé tous leurs vivres, et qui voyaient sur le point d'expirer le jour auquel ils attendaient de l'assistance, ignorant ce qui se |)nssait chez les Aulunois, assemblèrent leur conseil et délibérèrent sur le parti qu'ils devaient prendre. Les avis furent fort partagés ; une partie opinait à se rendre, une autre à faire une sortie vigoureuse pendant que la faim ne les avait pas encore irop aflaiblis. On ne doit point oublier en cette occasion le discours

de Gritogfiat, discours si remarquable par son raffinement de cruauté. Cet homme , d'une haute naissance et d'un grand crédit ea Auvergne, parla ainsi : c Je ne dirai rien du sentiment de ceux qui donnent à une houleuse servitude le nom de reddition; on ne doit , selon moi , ni les regarder comme citoyens, ni les admettre dans ce conseil. Je ne m'adresse qu'à ceux qui sont pour une sortie, parce que je découvre, comme vous, dans leur opinion, des traits de l'ancienne valeur de nos ancêtres. Hais c'est faiblesse et non pas fermeté, de ne pouvoir supporter quelque temps la famine. Il se trouve aisément plus d'hommes capables de s'exposer volontairement à la mort que de souffrir patiemment la douleur. Cependant je me rendrais assez volontiers à cet avis (car l'iionneur a beaucoup de pouvoir sur moi), si , en le suivant , nous ne hasardions que notre existence; mais ici, en prenant une résolution, il faut avoir ^rd à la Gaule entière, que nous avons appelée à notre secours* Quel sera, je vous le demande, le découragement de nos voisins et de nos proches , s'ils se voient obligés de combattre presque sur les cadavres de quatre-vingt mille hommes des leurs? Ne refusez pas votre secours à ceux qui» pour vous en donner, négligent leur propre vie; n'allez pas par imprudence, par témérité ou par faiblesse anéantir toute la Gaule et la précipiter dans un éternel esclavage. Quoi! parce qu'ils ne sont pas arrivés précisément au jour convenu , vous douterez de leur fidélité , de leur constance? Hé! pensez-vous donc que les Romains s'occupent tous les jours à se retrancher de plus en plus, uniquement pour leur plaisir?

Si vous ne recevez |>oint de nouvelles de la Gaule, parce que les |)as$ages

GUCME DES GAOUn. — LIT. Tfl.

«Ntt fermés» les Romaii» ne tous assurent-ils pas par leor conduite que le seeoars spprodie? C'est parce qu'ils en sont eOrayés qu'ils passent les jours et les nuits à entasser ouvrage sur ouvrage. Quel est donc à présent mon avis?

C'est de (aire aujourd'hui ce que nos ancêtres 6rent autrefois dans une guerre kieu moins dangereuse qu'ils avaient contre les Cimbres et les Tenions :

lorsqu'ils se virent renrormés dans leurs villes y et réduits à la même disette que celle que nous éprouvons, ils se Dourrirent de la chair de ceux que leur Age rendait inutiles à la guerre» plutôt que de se rendre atix ennemis. Si nous n'avions pas cet exemple» je pense qu'en faveur de la liberté, il serait très-beau de le donner et de le transmettre à nos descendans; car» enfln qu'a*t-on jamais vu de pareil à cette guerre? Les Cimbres , après avoir ravagé b Gaule» et lui avoir porté un coup mortel» se retirèrent enân pour courir dans d'autres pays; ils nous hissèrent nos droits» nos lois, nos dnmps» notre liberté. Mais les Romains» que demandent-ils? que veulent-ils? L'envie et la jalousie seules les dirigent : ils ne pensent qu'à écraser ceux qui se sont acquis de la réputation par leur valeur; qu'à s'emparer de leurs terres et de leurs villes; qu'à les faire gémir sous un joug perpétuel : ils n'ont jamais eu d'autre but en faisant la guerre; et si vous ignorez ce qui se passe chez les nations éloignées de vous» jetez les yeux sur la Gaule narbonnaise» pays voisin du vôtre; après avoir vu ses lois et ses institutions changées» asservie aux haches et aux fiiisceaux» elle gémit sous une oppression sans fm. »

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