‹ Bibliotheque militaireChapitre 291 sur 614 · PISISTRATE · texte numérisé non relu

PISISTRATE

Pisistrate sortit de l'Eubée, s'avança en armes dans l'Attique , du côté de Pallènes. II tua d'abord tous ceux qui se présentèrent. Ils furent suivis d'un plds grand nombre. Pisistrate les voyant, donna ordre qu'on prît des couronnes , et défendit le carnage. Il fit courir le bruit qu'il avait traité avec

les premiers; et ceux-ci persuadésqoe la chose était ainsi, transigèrent avec Pisistrate, et le laissèrent maître de h ville. Il monta sur un chariot^ et s'y fit accompagner par une femme fort belle et d'une taille avantageuse , nommée Phyé, qu'il habilla comme on représente Pallas, voulant leur donner à entendre que c'était la déesse même qui le ramenait dans Athènes. De cette sorte il se présenta hardiment, et se rendit maître absolu de la ville.

II. Pisistrate ayant dessein de désarmer les Athéniens, convoqua l'assemblée générale, et donna ordre que tout le monde se trouvât en armes au temple Anacée. Quand tous furent assemblés, il se mit à haranguer, mais il parlait si bas qu'on avait peine à l'entea^ dre. On le pria de s'avancer sous le portique, afin qu'il pût être plus facilement entendu de tous. Pisistrate continua là de parler d'une voix faible, et les auditeurs s'approchaient le plos qu'ils pouvaient , en prêtant l'oreille avec attention. Pendant ce tempsr-là ceux qui favorisaient Pisistrate, enlevèrent les armes et les portèrent dans le temple de Diane. Alors les Athéniens reconnurent que la faiblesse de la voix était une ruse dont s*était servi Pisistrate pour leur ôter leurs armes.

III. Dans Athènes, Mégaclès avait le commandement sur les riches, etPisi^ trate avait l'autorité sur les pauvres* L*nn et l'autre avaient ensemble des diffërens continuels. Un jour, dansl'a^ semblée, Pisistrate fit de grands reproches à Mégaclès , et usa contre lui de menaces. Au sortir de l'assemblée Pisistrate se fit quelques plaies qui n'étaient pas dangereuses, et se montrant le lendemain en public, il donna lieu de croire qu'il avait été maltraité delà sorte, pour avoir pris le parti du pen" pie et soutenu ses intérêts. Le peuple

animé par cette injore prétendue, donna trois cents gardes à Pisistrate, qni les ayant armés de massues, Ven servit à s'assurer l'empire souverain de la ville, et il le transmit à ses-enfans.

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