POLTEN, LIV. I
Gela fit que les sentinelles veillèrent sans cesse en attendant toujours le signal du général.
IV. Alcibiade conduisant son armée navale en Sicile, prit terre à Corcyre; et comme ses troupes étaient nombreuses, il les partagea en trois corps, afin qu'elles pussent subsister plus aisément, en attaquant plusieurs villes à la fois, n se présenta devant Catane; et ceux de la ville refusèrent de Tadmettre. Il proposa d'entrer seul pour haranguer le peuple, et lui représenter des choses qui regardaient le bien public. Les habitans consentirent qu'il entrftt et accoururent au lieu de rassemblée. Pendant ce temps-là, ceux qui accompagnaient Alcibiade rompirent, par son ordre , les portes de la ville qu'As tfouvèrent les plus faibles , entrèrent et se rendirent maîtres de Catane dansle moment qu* Alcibiade commençait à haranguer les habitans.
V. Alcibiade , assuré de la fidélité d'un homme de Catane, connu des Syracusains, l'envoya secrètement à Syracuse, comme de la part des habitans dé Catane, dont il récita les noms, et dit que si dès la pointe du jour les Syracusains voulaient se loger dans le camp qu'avaient occupé les Athéniens, il leur serait aisé de prendre ces gens qui étaient à Catane, sans armes et sans défiance. Les chefs des Syracusains se laissèrent persuader, et sortirent avec tout le peuple pour l'expédition de Catane. Ils campèrent auprès du fleuve ;Sy«iothe; et Alcibiade les voyant en tnarche, se hâta d'armer ses galères. Il Xitigla du côté de Syracuse , où il ne trouva point de résistance , et ayant tnis par terre les fortifications d'un côté ^ fa ville, il y fit un grand ravage.
yt . Alcibiaée, emmené de Sicile pour îmbhr le jugement à l'occasion des statues de Mercure mutilées, et des mys-
tères profanés, s'échappa sur un vaisseau rond et s'enfuit è Lacédémone.
Y étant, il persuada aux habitans d'envoyer incessamment du secours à Syracuse, avant que les Athéniens eus* sent achevé de fortifier Décelie, et représenta que si l'on y manquait, on ne pourrait plus lever, ni tes revenus du pays, ni les taxes, et que les Siciliens mêmes se voyant abandonnés des amis et pressés des ennemis, entreraient en composition avec ceux-ci. Les Athéniens, instruits des pratiques d' Alcibiade, donnèrent un décret par lequel il lui fut permis de revenir à Athènes.
VIL Alcibiade campé contre lesSy*racusains, prit garde qu'entre les deux camps il y avait de grosses touffes de fougère séché, et qu'un grand vent qui soufflait, portait au dos des Athéniens, et dans le visage des ennemis. Il fit mettre le feu à la fougère, et la fumée lui aida à mettre les Syracusains en fuite.
YIII. Alcibiade fuyait devant llribaze , et il n'y avait qu'un chemin.
Quand il s'arrêtait, Tiribaze ne combattait point : mais quand il se mettait en marche, Tiribaxe le harcelait. Alcibiade ayant fait halte une nuit, fit couper beaucoup de bois, et l'ayant fait entasser, y mit le feu et partit Les Barbares voyant briller la flamine , se persuadent que les Grecs séjour^ naient. Quand ils surent qu'Us étaient échappés, ils voulurent aller après « mais trouvant le i^emin bouché par le feu, ils cessèrent de les poursuivre.
IX. Alcibiade envoya du côté de Cy* zique Théramènc et Trasybule, avec un grand nombre de vaisseaux, pour boucher aux ennemis le chemin de cette ville; et lui, tint la mer avec un petit nombre de navires. Mindare méprisant cette flotte peu considérable , avança contre Alcibiade qui fit sem-
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blant de prendre la (taite. Mindare, croyant la défaite des Athéniens assurée, leur donna la chasse avec beaucoup de satisfaction. Mais Alcibiade, l'ayant attiré du cAté où étaient Théramène et Trasybule, donna le signal, et virant de bord , présenta la proue aux ennemis. Mindare voulut alors prendre la route de Cyzicpie, mais les vaisseaui de Théramène lui coupèrent le passage. Mindare prit le parti d'aborder à Clères dans le pays de Cynique , mais Pharnabaze s'opposa à sa descente. Alcibiade de son côté frappa de l'éperon de ses vaisseaux ceux des ennemis qui étaient en haute mer, et se saisit avec des crocs de fer de ceux qui étaient sur le rivage, pendant que Pharnabaze mettait en pièces les troupes de Mindare qui avaient débarqué.
Enfin Mindare fut tué , et Alcibiade remporta une victoire éclatante.