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CHAPITRE XLI

ÂRCHIDAME.

Archidame campé en Arcardie, et la veille d'un jour qu'il devait livrer bataille, s'avisa, pendant la nuit, pour donner du courage aux Lacédémoniens, de dresser un autel, de l'orner de belles armes, et de faire marcher tout autour deux chevaux, tout cela secrètement, A la pointe du jour, les chefs et les autres officiers voyant cet autel merveilleux et les traces des deux chevaux, publièrent que c'étaient des marques visibles que les deux fils de Jupiter venaient à leur «ecours. Les ^Idats le crurent ainsi, et pénétrés de confiance en la protection divine, ils combattirent vaillamment, et remportèrent la victoire sur les Arcadiens.

II, Pendant qu' Archidame assiégeait

Corinthe, la ville était partagée eu deux factions, celle des riches ^t ceRe des pauvres. Ceux-ci accusaient les premiers d'aspirer à se rendre maîtres du gouvernement ; et ceux-là disaient que les pauvres avaient du penchant à livrer la ville aux Lacédémoniens.

Archidame informé de cette division, ralentit les efforts qu'il faisait contre Corinthe. Il ne faisait plus approcher de machine ; on ne faisait plus de tranchées ; et le pays n'était plus ravagé. Les riches s'imaginent que ces rnénugemens d' Archidame étaient la récompense de la trahison des pauvres, et qu'ils avaient sans doute pris le parti de lui livrer la ville. Ils crurent qu'Q était de leur intérêt de le prévenir, et en effet ils traitèrent avec lui, et le rendirent maître de Corinthe.

m. Dans un tremblement de terre, toutes les maisons de Laéédémone tonn bèrent, à la réserve de cinq. Archidame voyant les habitans occupés à sauver ce qui était dans les maisons, eut peur qu'ils ne fussent accablés sous les débris. Il fit sonner la trompette, comme si les ennemis se fussent présentés. A ce signal tous lesLacédémoniensBe rassemblèrent auprès d' Archidame; les maisons qui restaient sur pied tombée rent, et le peuple fut sauvé.

IV . Archidame vaincu par ceux d* Atcadie, et dangereusement blessé, leur envoya des héraultspour demander ta permission d'enlever ses morts. Mais son véritable dessein était d'empêcher, par la suspension d'armes, que le reste de ses troupes ne pérît,

y. Archidame marchait la nuit contre les Carions, et conduisait ses troupes par des chemins rudes et sans eau* La traite étaif pénible, et les soldats murmuraient hautement. Archidam*e les consolait de son mieux, et les exhortait à prendre courage. Quand ils

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iareiit parveniis en haut , ite donnèrent sur les ennemis, en tirent un grand carnage, et s*étant rendus maîtres du lien, ils célébrèrent leur victoire par des réjouissances* Alors Archidame leur demanda : « Quand croyez-vous que nous nous sommes rendus maîtres de cette ville? » Les uns dirent : a Ça été quand nous avons marché à Tatta- . que. » Les autres : a Quand nous avons lancé des traits contre les ennemis. — Point du tout, dit Archidame ; nous ne sommes redevables de la victoire qu'à la patience avec laquelle nous avons supporté la longue marche dans un pays raboteux et sans eau. Car qui souflre volontiers et sans se décourager, vient enfln à bout de tout ce qu'il sonhaite. >)

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