Afin de ne pas les laisser se forti
fier dans cette opinion , César donne la garde de ses quarsiers d'hiver au que»» leur M. Antoine, part d'Autun le der* 4iief de décembre avec sa cavalerie, el va joindre la dotizième légion qu*il avait établie sur les frontières du Berri, peu loin du territoire d'Aum*i , lui joignant la onzième qui était tout proche. Ensuite, ayant laissé deux oohories pour garder le bagage, il fit entrer le reste de son armée sur les terres fertiles des habitans du Berri, qui, possédant un grand territoire , où il y avait piU-sieurs villes, et ne voyant cfaeE eux qu'une l^ion, n'avaient pu s*empô* cher de cabaler et de ae préparer à la guerre.
3. A l'arrivée subite de César, ils éprouvèrent ce que devaient néoessai* remenl ressentir des hommes non pré* parés et dispersés de côté et d'autre; cultivant leurs terres sans aucune dé^ fiance , ils furent accablés par noira cavalerie» avant qu'ils pussent gstgner les villes : car César avait expressément défendu de mettre le feu nulle part, signe ordinaire de la venue des entier mis, de peur d'épouvanter les habitans»
et de ne trouver ni vivres ni fourrages eu cas où il voulût pousser plus loin. Il fit un grand nombre de prisonniers; et ceux que la crainte précipita dies les voisins à notre première arrivée »
ou qui se crurent en sûreté ches eux oa chez leurs alliés, s'en flattèrent eti vata parce qu'il se trouvait partout, sans donner le temps à aucun de Ces peuplas de penser au salut des autres plulM qu'au sien propre. Par cette extrême diligence, il conserva ces fidèles amiS» et, grâce à la tera'ur qu'il sut inspirer» il détermina ceux qui balatiçaieoi a se soumettre. Lorsque les peuples du Berri virent toutes les nations voisines donner des otages et ôtra reçues à composition , et que la démeiioe de César
CUEUaF. J>BS GAtttJS. «— UV. VUI.
leur 4iflhik son araiiié aux mèoicâ oméiiioi», ils suivirent leur exempte.
4. EorfcompetiM de tant de travaux Cl de fatigues au cœur de l'hiTeT) à liavers des chemins difliciles , el par des froids insupportables » travaux sapporWs avec le plus grand tèle» César pomii a titre de butin 300 sesterces aux y soldats et 3,000 aux ceifiturions : puis tjanl renvoyé les légions dans leurs fHurtiera» il se rendit à Auiun quarante jouis a|»rès en être surti. Il y était occupé à rendre la justice» lorsque ceux do Berri lai envoyèrent demander du secours contre ceux de Chartres qui leur Sfaient déclaré la guerre. Sur cet avis» quoiqu'il ne fût que depuis dix- huit jeais dans son quartier d'Autun , il fit venir la sixième et la quatorsième lé* gion qui» comme on Va dit dans le livre péeédeoi , avaient leun quartiers sur k Saône pour la sûreté des vivres. Il naicha conlreceux deCkartres» soutenu de ces deux légions.
&. Sar le bruit qu'il venait fc eux ives «De armée, les ennemis» craignant d'être réduits aUx mêmes calamités que hs autres , abandonnèrent les Tilles et ks bourgs, oè la nécessité de se meure à couvert des rigueurs de l'hiver leur avait fait dresser quelques misérables cabanes ( car une partie de leurs villes avâ/t été ruinée dans la guerre précédente)» et ils s'enfuirent dé divers côtés. César» ne voulant pas exposer ses troupes aux rigueurs de k saison qui régnait alors» alla camper dans Orléans » ville du pays Ghartrain, et logea ses soldats» moiiié dans les maisons des habitans»
i qui étaient enoore debout » et moitié dans ces cabanes abandonnées qu*il fit su plus vile couvrir de paille. Mais il envoya sa cavalerie et son infanterie légère dans tous les lieux où l'on disait que h» ennemis s'étaient retirés. Ce ne fut pas tm vain i car les nôtres reviii»
rent pour la plupaK chiigés de butin»
Les ennemis» accablés par la rigueur de la saison, eflîayés , chassés de leurs chétives chaumières, ne sachant où se retirer en sûreté , et les Torèts ne pou« vant les garantir des yents impétueux et glacés , dispersés sans feu ni lieu, se retirèrent ches leurs voisins sprès avoir essuyé une perte considérable d'hommes.
6. SatisTait d'avoir dans une saison aussi rigoureuse dissipé les compkns des ennemis et de les avoir empêchés de reprendre les armes; sachant que»
suivant les lois de la raison, il ne pou< vait s'allumer de grandes guerres avant les beaux jours , César mit en quartier d'hiver à Orléans les deux légions qui l'avaient accompagné. Pour lui, informé par les fréquentes députaiions des Rhé* mois, que ceux du Beauvoisis, peuplé le plus brave de la Gaule et des Belges» secondés de leurs voisins, assemblaieni une armée sous les ottires de Gorréus de Beauvais, et de Comius» d'Ar* ras» pour venir tous ensemble tôm« ber sur oeux de Soissons qui étaient annexés aux Rhémois » il jugea wm^ seulement de sa dignité , mais même de son intérêt» de ne pas soufirir que des alliés qui avaient rendu de grandi services à la répuMique fussent mal^ traités en aucune manière. Pour prête»
nir ce malheur » il tim une eeoondé fois là onzième légion de ses quartiers» donna ordre à C. Fabius de se rendre sur les frontières du Soissonnais avec les deux légions qu'il commandait » et fit venir une de celles qui servaient sous Labiénus» Ainsi» autant que le per« mettaient la situstion des quartiers et le bien du service , il n'employait ses légions que l'une après l'autre) quoique lui-^néme il fût toujours en action.
7. Ayant rassemblé ces troupes, il marche oonlreks peuples dufieauvoisis»
CÉSAR
campe sur leurs frontières, et délaclie sa cavalerie pour parcourir la campagne ei faire quelques prisonniersqui pussent l'instruire des desseins de l'ennemi.
Ses cavaliers ayant rempli leur devoir lui rapportèrent que toutes les maisons étaient désertes , et que ceux qu'ils y avaient trouvés n'étaient point restés pour labourer la terre» maisquec*étaient des espions. César ayant demandé à ces captifs où les ennemis seiaient rassemblés, et quel éiait leur dessein, apprit que tous ceux du Beauvoisis , capables de porter les armes , réunis avec ceux de TAmiénois, du Maine, du pays de Gaux, de Rouen et de TAr-» tois, étaient campés sur une montagne environnée d'un marais, et avaient mis tout leur bagage dans les forêts voi« sines; qu'ils étaient commandés par plusieurs chefs qui les excitaient à la guerre ; mais qu'ils avaient surtout confiance en Gorréus , parce qu'ils savaient qu'il baissait mortellement le peuple romain; que Gomius s'était mis en marche depuis quelques jours, pour amener le renfort que les Allemands leurs voisins avaient promis , et qui devait être très-considérable *, que tous les généraux avaient résolu, de concert avec ceux de Beauvais et l'armée entière, dans le cas où César n'aurait que trois légions , comme on le disait , de lui présenter bataille, de peur d'être obligés de combattre dans la suite avec plus de désavantage contre toutes ses troupes ; que si,au contraire, il avait plus de trois liions, ils demeureraient renfermés dans leur camp, et travailleraient à lui couper les vivres et les fourrages qui étaient rares pour la saison, et dispersés endifférens endroits.
8. Sur ce rapport qui lui fut encore confirmé par d'autres. César jugea que, bien loin de se conduire en imprudens el en téméraires , comme c'est assez la
coutume des Barbares , leurs desseins étaient pleins de sens et de sagesse; il résolut donc de mettre tout en usage pour leur faire mépriser ses forces, afin de les attirer plus vite au combat. Il avait avec lui trois légions de vieilles troupes sur lesquelles il comptait principalement , savoir la septième , la huitième et la neuvième; et de plus fat . onzième, toute composée d'une jeunesse d'élite et de grande espérance, et qui avait déjà huit ans de service, avec celle différence que relativement aux autres, elle n'avait pas eu le temps de donner autant de preuves de valeur. 11 fait donc assembler le conseil, y eipose ce qu'il vient d'apprendre, encourage ses troupes; et dans la vue d'attirer l'ennemi au combat , sur la persuasion qu'il n'aurait affaire qu'à trois légions , il r^le que la septième, la huitième et la neuvième l^ion marcheraient avant le bagage, qui n'était pas considérable , comme c'est l'ordinaire dans une simple expédition , et qu'il viendrait derrière sous l'escorte de la onzième légion , afin qu'il ne parût pas aux yeux des ennemis plus de monde qu'ils n'en voulaient. Par ces motifs, il avait à peine formé son armée sur trois colonnes , qu'il se montra devant eux plus t6t qu'ils ne s'y attendaient,
9. Les Gaulois voyant tout-à-coup les légions marcher à eux en bataille et d'un pas assuré, quoiqu'on eût rapporté à César qu'ils étaient pleins de confiance, néanmoins, soit qu'ils appréhendassent le danger, soit qu'ils fussent surpris de notre arrivée, ou qu'ils voulussent attendre quel parti nous prendrions, se contentèrent de ranger leurs troupes en bataille à la tête de leur camp , sans quitter leur position avan* tageuse. Quoique César brûlât d'en venir aux mains, cependant, ayant fait attention à leur multitude campée si