CHAPITRE lY
PHORXION.
Phormion ayant fhlt descente en Cfaaicide, fit un grand butin dans le pays, et l'emportant sur ses vaisseaux, alla prendre terre, à Gjr. Les Ghalcidiens envoyèrent une ambassade pour demander la restitution de ce butin.
Pendant qu'on était occupé à cette négociation, il disposa sous main un ▼aisseau de service, qui parut au port, comme envoyé d'Athènes, pour prier Phormion, de la part du peuple, de se rendre en diligence au port de Pirée.
Dans l'impatience qu'il témoignait d'aller où l'invitaient les Athéniens, il restitua aux ambassadeurs de Qialdde, tout ce qu'ils demandaient ; monta sur un vaisseau, et alla se cacher la nuit derrière une petite Ue. Les Chalddiens, contons de ravoir ce qui était à eux, et voyant que Phormion avait mis à la voile pour se rendre à Athènes, n'eurent pas grand soin de garder Jour ville et leur pays. Pendant qu'ils se négligeaient, svr cette assurance, Phormion fondit sur eux. Peu s'en fallut qu'il ne prit la ville. Mais tout ce qu'il y avait de bon à prendre dans le pays, il s'eu empara, et l'emporta avec lui.
II. Phormion n'ayant que trente vaisseaux, se trouva en face des ennemis, qui en avaient cinquante* Il divisa . sa flotte en cinq files ou escadres^ et les mena ainsi droit aux ennemis* Les vaisseaux de eeuxHJ, conduits par des gens qui s'assuraient de la vidoire, se furent bientôt séparés les uns des autres. Phormion voyant ce désordre, mit les six vaisseaux de son escadre sur une ligne de front, et fondit sur les galères qui se trouvèrent les piu^ proches de lui, et les ayant coulées i fond, il alla chercher les autres. Ceux
qui conunandaient les quatre autres escadres, firent la même chose. Les ennemis prirent la faite, après avoir perdu ta plupart de lears fsalères coulées à fond, et Phonaion remporta une victoire signalée.
m. Phormion faiMot route sur les côtes de Naupacte, rencontra deux galères qui lui donnèrent la chasse. Il y avait à la rade un vaisseau de chaige. Phormion, sur le point d*être pris, se mit à couvert de ce Taisseau, et ea ayant fait le tour, il alla donner daos la poupe de la plus lente des deux galères, et la coula à fond. Revirant aussitôt sur l'autre, il la fit de même périr sans beaucoup de peine.
CHAPmUB ▼.
Clisthène assiégeait Cirrha. Il y avail un oracle qui disait que cette ville ne serait point prise jusqu'à ce que là mer touchât la terre sacrée. Les Cyrrhéens méprisaient cet oracle, parce que la terre sacrée était fort loin de U mer, et leur ville était entre la mer et cette terre. Clisthène, informe du coiitenu datis l'oracle, consacra au dîea d'Apollon le pays et la ville de Cyrrha; afin que devenu terre sacrée, il fat sujet au tnftiheur prédit par roracle; parce qu'alors la mër baignerait fa terre sacrée. En effet il eut la victoire^ et dédia le pays au dieu.