‹ Bibliotheque militaireChapitre 376 sur 614 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

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Philippe, informé qu'il y avait à l'armée un Tarentin , honune de grande considération , qui se servait du Bain

chaud, lui Ata le comnumdement qu'il lui avait confié, et lui dit : a II me semble que tu ignores les usages des Macédoniens, parmi lesquels une femme même qui vient d'accoucher, ne se lave pas avec de l'eau chaude. » IL Philippe, campé devant les Athéniens à Chéronée, jugea à propos de leur céder, et plia devant eux. Stratoclès , général des Athéniens , s'écria : <( Il ne faut point cesser de les poursuivre, jusqu'à ce que nous les ayons enfermés dans la Macédoine.» Et en effet, il les poursuivit avec ardeur. Philippe dit : a Les Athéniens ne savent pas vaincre. » En lâchant toujours pied, il fit serrer sa phalange, et la tint à couvert sous les armes, jusqu'à ce qu'étant parvenu dans un poste avantageux, il encouragea la multitude, et faisant demi-tour, il .attaqua si vivement les Athéniens, qu'il remporta la victoire.

III. Pendant que Philippe faisait la guerre aux Thébains, il fut informé que deux de ses chefs avaient fait venir d'un lieu public, dans le camp, une chanteuse. Il les chassa tous deux des limites de son royaume.

IV. Philippe avait des ambassadeurs dans une ville ennemie de Thrace.

Les habitans convoquèrent l'assemblée et ordonnèrent aux ambassadeurs de parler. Pendant qu'on était attentif à les écouter, Philippe surprit les habitans qui ne s'y attendaient point, et ayant attaqué la ville, s'en rendit maî^ tre.

Y. Philippe demanda trêve aux Illyriens ses ennemis, afin de pouvoir re-

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tirer ses morte. 11% la lui accordèrent , et comme on enlevait les derniers, il donna le signal, et fondit sur les ennemis, dans le temps qu^ib ne s'y atten* daient point.

VI. Philippe et Ménégète , maîtres d'exercices , luttaient ensemble dans un lieu destiné à ces sortes d'occupations. Les soldats qui renyironnaient se mirent à crier pour lui demander leur prfit. Philippe n'avait point alors dé finances. Il s'avança tout trempé de sueur , et s'étant frotté de poussière, il leur montra un visage riant, et leur dit : a Camarades , c'est pour cela que je m'exerce , afin d'en être plus disposé à battre les Barbares, dont la défaite me mettra en état de récompenser vos services. » En disant cela, il se mit à battre des mains, et courant à travers ses soldats, il alla se précipiter dans le bain. Les Macédoniens se mirent à rire, et le roi demeura si long-temps à se jouer dans l'eau avec Ménégète, et à se faire jeter par lui de l'eau au visage , que les soldate, làs de l'attendre, se retirèrent l'un après l'autre. Philippe parlait souvent depuis de cette ruse, quand le vin le mettait en gaîté, et se savait bon gré dTavoir éludé l'importunité des demandes par cet artifice.

Vil. Lorsque Philippe était à Chéronée , il fit réflexion que les soldats des Athéniens avaient beaucoup d'ardeur et fort peu d'expérience ; au lieu que les troupes macédoniennes étaient endurcies au travail, et exercées de longue main. Il difiéra le plus qu'il put de combattre, et ce délai ayant amorti le feu des Athéniens , il les vainquit plus facilement.'

Vin. Phitippe faisait la guerre dans le pays d'^Amphïsse. Les Athéniens et les Thébains s'étaient emparés de cèrtmns passages étroits , et il lui était

impossible de faire avancer ses troupes. Pour donner le change aux ennemis , il écrivit à Antipater , en lAtcédoine, qu'il remettait à un antre temps la guerre d'Amphisse, et qu'il fallait se hAter d'aller en Thrace , parce qu'il avait appris qu'ily avait quelque moavement. Le courrier traversant ces lieux étroite, fut pris par les géoé raux Charès et Proxéne. Ils ouvrirent la lettre , la lurent, et ayant été trompés , ils abandonnèrent la garde de ces lieux. Philippe les trouvant libres , passa en toute sûreté, vaioqm't les généraux qui s'étaient avisés de revenir sur leurs pas, et se rendit maître d'Amphisse.

IX. Philippe vint à bout de beaucoup plus de choses par la négodatioa et par les discours,, que par la force des armes. Il s'en savait beaucoup plus de gré , et avec raison ; car les avantages qui dépendaient des combats, il les devait en partie à ses troupes, ao lieu qu'il ne partageait avec personne l'honneur de la persuasion.

X. Philippe exerçait ses troupes pour le péril, en les obUgeant de marcher l'espace de trois cente stades, armés de toutes pièces , et leur faisait porter tout à la fois le casque, les boucliers, les bottines , les longues lances, les vivres et les ustensiles qui servent chaque jour.

XI. Philippe étant arrivé à Larisse, voulut détruire les maisons des Alenades. Pour en venir à bout , il feignit d'être malade , dans le dessein de les faire arrêter lorsqu'ils viendraient le voir. Boësque leur découvrit l'embûche , et par ce moyen la ruse n'eut point d'effet.

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