‹ Bibliotheque militaireChapitre 382 sur 614 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

AimUONB.

A'ritfgone se rendit maître de Corinne pat cette ruse. Alexandre, au pouvoir de qui était la citadelle de Corintbe, mourut et laissa veuve sa femme Nicée assez avancée en Age. Antigène la demanda en mariage pour son fils Démétrius. Nicée accepta avec joie pour époux un jeune roi. On fit un sacrifice

magnifique ; on indiqua une assemblée générale des Grecs. Amebée devait y jouer de la lyre; chacun s'empressait pour voir le spectacle ; et les gardes conduisaient en cérémonie Nicée, portée sur un brancard royal. Elle faisait voir dans ses manières mêlées de mollesse et de hauteur les dispositions de son Ame. Hais comme elle entrait au théâtre, AnUgone laissant là le joueur de lyre et la noce, surprit la citadelle que les gardes avaient abandonnée pour courir au spectacle. Il n'y trouva aucune résistance, et s'en empara aussi bien que tout le reste de Corintbe, par le moyen de ce faux mariage.

II. Lorsqu'Antigone recevait des ambassadeurs, il avait soin de marquer sur ses mémoires quels étaient les ambassadeurs qu'on lui avait envoyés, quels étaient leurs compagnons, et quelles affaires on avait traitées. Dans les négociations il savait rappeler tout cela exactement, et spécifiait chaque chose dans un grand détail, en sorte que les ambassadeurs étaient surpris de lui trouver une mémoire si vaste et si présente.

III. Antigone assiégeant Mégare, fit avancer des éléphans. Les Mégariens prirent des pourceaux, et les ayant frottés de poix liquide, y mirent le feu, et les poussèrent hors de la ville. Les pourceaux, dévorés des flammes, et grognant d'une manière épouvantable, allèrent donner au milieu des éléphans, qui, entrant en fureur, se mirent à fuir de côté et d'autre. A cette occaaion Antigone ordonna aux Indiens de nourrir désormais des pourceaux avec les éléphans, pour éviter que la vue et les cris des pourceaux ne produisissent une autre fois le même désordre.

IV. Antipater était sur le point d'ô tre lapidé par les Macédoniens. Voie

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comme Antigonc te sauva. L'armée était séparée en deux par un fleuve rapide sur leqael il y ayait mi pont.

Antîgone avait ses teotes d'un côté, et de Taatre était Antipater, avec le reste de l'armée et quelques cavaliers dont il était sûr. La partie de Tar^ mée qu'il commandait, lui demandait sa solde avec de grands cris, et menaçait de Faccabler 4e pierres s'il ne la payait à l'instant. Antipater était sans Qnances, et dans Fimpossibilité de satisfaire lies muttes. Àntlr gone lui manda : « J'aurai soin de te faire évader. » Il part aussitM, couvert de toutes ses armes, court au pont, le traverse, et s'insinuant dans le milieu des phalanges, il s'approchait des uns et des autres comme s'il eât eu dessein de haranguer. Les Macédoniens s'ouvrirent volontiers pour faire place à l'un de leurs chefs de la plus grande distinction, et tous le suivirent, pour entendre ce qu'il avait à dire. Quand Antigone se vit entouré de la multitude, il fit un long discours pour excuser Antipater; il promit, il consola, il tâcha de concilier les esprits. Pendant qu'il amusait les auditeurs par un discours qui ne finissait point, Antipater, suivi des cavaliers qui lui étaient fidèles, fila par le pont, et évita de cette sorte d'être lapidé par ses soldats.

V. AnUgone, leprcmi^ (de ce nom), quand il se voyait à la tète d^une armée plus ferte que celle des ennemis, faisait la guerre plus mollement et avec une espèce de négligence ; mois (l«and il se trouvait le plus faible, il aflTrontait les dangers avec on courage intrépide; persuadé qu'il est plus avantageux de mourir généreusement, «lue d'être redevable de la coasery»lion de sa vie à une lâche timidité.

YL Ce même Antîgoqe aviât ses

quartiers d'Iûver ep Capyadoce. T^^ mille piétons tfacédoqfeps, aipés i»

toutes pièces, désertaient, et ^'étant saisis de quelques hautmrs très fortes, ravagèrent la Lycaonie et lu Bhrygie.

Antigone estima qu'il y aurait 4e la cruauté à mettre à mort t«nt île gêna; mais il appréhendait aussi qu'ils oe se joigiiissant au enoeniis emamj^ dés par Alcetas. Il leur détacha Léonidas, l'un de ses capitaines, avec ordre de feindre qu'A avait déserté comme eux. Ces gens le reçurent avec joie, et le firent leur général.

Léonidas commença par leur persuader de ne se joindre à personne ; et ce fut déjà un grand service rendu au roi. Ensuite il les aipena dans une plaine favorable aux opérations de la cavalerie, d'autant qu'ils étaient à pied. Antigone fondit sur eux avec sa cavalerie ; et prit Holcias et deux autres chefs de leur révolte. Ceux-ci demandèrent la vie avec de grandes instances, et Antigone promit de les laisser aller, s'ils voulaient s'en retourner paisiblement en Macédoine. Ils le promirent avec serment, et partirent sous la conduite de Léonidas, qui les escorta jusqu'en leur pays.

VII. Antigone essayait de couper les vivres à trois généraux macédoniens de grande réputation, Attale, AIcétas et Docime^^oi s'étaient campés dans un vallon de Pisidie. Le cri et le frémissement des éléphans leur fit connaître qu'A^9j{^j(l^ approchait: car il n'y avait que lui qui en eût. Aussitôt Alcétasprenant les porteurs d'écus, se pressa de se rendre maître d'uue route scabreuse et difficile qui traversait les oiontagnes. Aptigone ne jugea pas à propos de pousw Alcetas ; mais faisant marcher ses trontpes de i>iais, il les mena par les côtés des montagnes, et.$e bâta 4e se pré-

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sauter devml ks cmp^ des ennemis.

U tes ^rpril, les uns 41Û s'amaient, les autres désainiés, tout le monde en désordre. 11 ne tua personaa^ promit la we à tMS« et Yatmiiiit sana aivoir conbatto.

Ylil. AHUeMie avait mia flotte de cent trente vaisseaux, commandée par NieaAor, et ell» se battit sur THellespttftt eootre celle de Polyapcvchon, «ommasdée par Glitus. Le peu d'ex* périeoM te pilotes et de» troopea de Nîcinor, et la vietence des flots, M firent perdre sahaAtenlix navireir ab les eoMmia remportèrent one éda^ tante victoire. Antigcme se troufe le soiff sur le lieu, et ne fat pmat étonné de cette défaite. U ordonna que la mémo nuit eenx qui étaient sur les soixaaAe vaisseaux de ceste, se tHMSent prêts à combattre de nouveau. Il choisit les plus vigoureux de ses gardes, et les ayent fait monter sor des esquifs, il leur commanda dfe menacer de la mort tous ceux qui n'iraient pas au combat. On n'était pas ktto de Byaance, ville qui était da«s ses intérêts. 11 en Ql venir à la bêtD des vaisseaux de charge, et les ayant remplis de porteurs d'éeus, d'in* fanterie léfère, et de mille arebers, il leur donna ordre de tirer, tant de oes> vaisseans, que da^ rivage, des dards et desi flêcbes contre les navires ennemis qui> paraStraient. Tout cela ftat prêt dans une nuit Au point du jour tous ces gens coaunemeèrent à tfaer de dessus les côtes et de ces vaisseaux leurs flêcbes et leurs dards; une partie des ennemis dormait encore ; les autres ne faisaient que de s'éveiller; tous se trouvaient percés de coups , sans avoir le temps de se mettre à couvert. Les uns amenaient leS' amarres^ les autres retiraient au Aidans' les ponton9> d'antre» lemeirt

les ancres; on n'entendait qiue crie et que tumulte. Antigène ftt donner, le signet aux soi«iilte nnviraa, qui s'avancèrent avec courage ^ imyétWH site. De cette aorte, tant pai la secouM^ de ceux qiii tkaient de dessue bi eête« que par l'irruptiottq/ae firent les soixante vaisseaiub, ceuquiaaaiaMk été vaineue rempoctèreat enfin 1» via»

toire.

EX. Antigeoe, aprèa cette yiOmm navale remportée siirl'Iifelleflpent,.fiÉ avanœr sa flotte du côté de bi Pbtli nicie. U ondoana' auK mabil^ts. doi prendre des couaonnes,. d'ecner kn poupea de leva viiisseaQK( <kia dér poutlles dea eimemta> eh dea ban4e^ rôles des galères vaincues»; et ami pis lotes de mouiUef à^ toutes lei> radei^el à toutes les villes marâtioies^ qu aci trouveraient sur leur route, afin'qtto le bruit de cette victoire se pâpandtt dans tottta l'Asie. Il y avait des* ner* vires de Pbénicie, cpi avaifiKt aborda au port de Rose ea CilieîQ« Ile étaîeni cbargés d'argent qu'ta portait à Bu«« mène, et Sosigène^ qui en avait le conduite, s'amusait à Orthiomagfte A considérer le mouvement de. la mer« Ceux qui âtaient sur les vcusaaaun pbé*' nidens voyait la flotte vioteriense .aï magnifiqnemeotocnée, enlevèfent l'aise gent d'Ëumène, efr s'enfoiroat sur lea galère» d' Antigène^ qui. partirent eusaîf tût avec ces richesses' et oe mrfonl d'alliés» pendant qiie SosigènOi satisr faisait sa curiosité à regarder k mer agitée.

X. Antigone et Eumène se don*nèrent bataille: la victoire nesedé^ Clara point. Eumène envoya un:b^»Bt demaucler la permission d'enlever ses morts.. Antigone voulant lui oaetaerte nombre des siens, qui était plusgnlnd que celui des soldats d'Eumànet, amnad I le béreut jusqu'à ce. qv^om eût bHUé

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les morts d'Antigone. Aussitôt que cela fat fait, il renvoya le héraut avec la permission qu'Eumène avait fait demander.

XI. Antigone avait pris ses quartiers aux environs de Gadamartes en liédie. Eumène l'avait prévenu, s'était saisi du chemin jusqu'à mille stades, et avait tout garni de ses troupes. Le chemin était bordé de montagnes, et la plaine qui s'étendait au devant était unie, sans eau, sans aucune habitation, sans herbes, sans aucune plante, sans arbres, pleine de bitume et de mares salées, en sorte que ni hommes ni bétes n'y pouvaient passer.

Cependant Antigone, pour éviter le chemin si bien gardé par les ennemis, résohit de traverser cette triste ptadoe. Il ordonna de coudre dix mille outres , et de les remplir d'eau , de cuire des vivres pour dix jours, et de porter de l'orge et du fourrage pour les chevaux. Tout fut préparé, et il se mit en marche avec son armée par le mâieu de la plaine. Il avait eu la précaution de défendre d'allumer du feu la nuit, pour dérober la connaissance de sa marche aux ennemis qui étaient en garde an pied des montagnes. Effectivement ils auraient ignoré son passage, si les ordres d' Antigone eussent été fidèlement exécutés. Mais vn petit nombre de ses soldats ne pouvant supporter la gelée qu'il fit une nuit, allumèrent du feu. Les ennemis virent la flamme, et devinèrent ce que c'était. Us donnèrent sur la queue des troupes d'AnUgone qui était déjà hors de la plaine, et tuèrent quelques tra!neurs« Mais il ne tînt pas à Antigone que tous ne s'échappassent en sûreté ; ce qu'il avait ordonné fut salutaire à ceux qui furent exacts à lui obéir.

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