XII. Antigone, campé devant Eu
mène, sur le penchant d'une colline, s'aperçut que les troupes de l'ennemi postées dans la plaine, n'étaient ni fennes, ni bien retranchées. Il détacha contre les gardes de la queue quelques escadrons de cavalerie, qui enlevèrent une partie du bagage d'Eumène.
Xin. Antigone en vint aux mains avec Eumène, auprès de Galuenne.
La bataille se donna dans un lira sablonneux, où la terre était sèdbe et légère. Au mouvement des deux armées, il s'éleva de toutes parts des nuages de poussière qui offusquaient la vue des amis et des ennemis.
Gomme on en était aux prises, Antigone comprit que les soldats d'Eumène avaient abandonné leur bagage, où étaient leurs femmes, leurs enfans, leurs maîtresses, leurs esclaves, leur or et leur argent, et tout ce qu'ils avaient gagné aux guerres d'Alexandre. Il ordonna à des troupes d'élite d'aller attaquer ce bagage et de le détourner dans son camp; ce qu'il leur fut facile d'exécuter, pendant que l'ennemi était occupé au combat et aveuglé par la poussière. La bataille se termina. Antigone y perdit cinq mille hommes, et Eumène n'y en perdit que trois cents. Les Euméniens se retiraient tout fiers de leur victoire.
Mais quand ils virent leur bagage perdu, avec tout ce qu'ils avaient de plus cher au monde, les vainqueurs tombèrent dans le découragement et la tristesse. La plupart, excités par la tendresse qu'ils avaient pour les objets de leur amour, envoyèrent des ambassadeurs vers Antigone, pour le supplier d'accepter leur réunion. Antigone, maftre de tout ce que lea Euméniens regrettaient si douloureusement, fit publier qu'il rendrait gratuitement tout. Cette publication fit
MLTn, UV. IV.
changer de {Mrti, mu seolenent les MMédonienH, mais encore dix mîBe persesoomniaBdéspftrPeiioeste, quand il vit que les Macédoniens s'engageaient avec Antigène. Enfin il se fit nn si grand cliangenient de sentimens et de fortnae, qne le corps même de oenx qui portaient des boucliers d'argent se saisît d'Eoniène, et le livra lié à Antigone ; et Antigone ftit proclamé roi d'Asie.
Xrv. Antigone, infonné que Pithon, satrape de Médie, levait des troupes étrangères et faisait amas d'aidant, dans le dessein de se révolter, fit semblant de ne point ajouter foi à oe qu'on lui en disait, a Je ne saurais me persuader, disait-il, que Pithon en use de la sorte, lui à qui j'avais dessein d'envoyer dans son gouvernement un renfort de cinq mille Macédoniens armés de toutes pièces, de Thraces, et de mille gardes. D Pithon ayant été instruit de ce discours, fit fond sur la bonté d' Antigone, et se hitai de venir recevoir ce renfort. Antigone fit venir Pithon au milieu des Macédoniens, le prit et le punit du dernier supplice.
XY. Antigone honora de présens les Argyraspides , qui lui avaient livré Eumène lié, mais ne se fiant pas trop à des gens dont la fidélité devait naturellement être suspecte, il en détacha mille pour renforcer les troupes de Siburte, satrape d'Aracosie, et mît le reste en garnison dans plusieurs lieux difiérens et de difficile accès, sous prétexte de leur commettre la garde du pays : de cette sorte il les fit tous disparaître en peu de temps.
XVI. Antigone assiégeant Rhode, donna la conduite du siège à son fils Démétrius. Il fit publier qu'il donnait sûreté à tous les Rhodiens qui étaient dans la ville. U la promit de même par
à tous les nuffdiaiids et mariniers rhodiens qui étaient répandus dans la Syrie, laPbénicie, la Gilide ethiPamphilie. Son but était de les empêcher de venir au secours de la ville, parce que dénuée de ces forces, elle ne pour> rait résister, avec les seules troupes auxiliaires de Ptolomée, aux attaques de Démétrius.
XVII. Antigone soudoya des troupes de Gaulois, commandées fiar Bi« dore, et promit à chacun d'eux une certaine somme d'or de Macédoineu Pour sAreté de sa parole, il leur donna euAtagedes hommes et des enCnns des meilleures maisons. Suivit la bataUe contre Antipater. Après l'action, les Gaulois demandèrent leur récompense, et Antigone oflrit de payer tous ceux qui portaient la targe. Les Gau* lois voulaient que les gens sans armes, même les femmes et les eofans, tirassent pareille solde, vu que le marché portait : a Tant par tête à chaque Gaulois. » A ne payer que les gens armés, cela faisait trente^talens, et il en eût fallu cent en payant tout le reste. L'armée gauloise se retira, et menaça de tuer les otages. Antigone craignant pour eux^ envoya un ambassadeur aux Gaulois pour leur dire qu'il donnerait tout ce qu'il avait promis, et qu'ite n'arvaient qu'à lui envoyer des gens pour recevoir l'or. Les Gaulois, leurrés de cette espérance, qui les comblait de joie, envoyèrent les principaux d'entre eux pour recevoir cet or, Antigone les arrêta tous, et manda aux autres qu'il ne les rendrait point s'ils ne loi renvoyaient les étages. Les Gaulois, pow sauver leurs gens, rendirent les étages, et Antigone leur renvoya Irars députés avec les trente talens.
XVIII. Antigone assiégeait Gassan^ drie, dans le dessein de détruire la do* mination d'Apollodore, qui s'était fait
mltm.
tyreo des Cassaadriens. Après dix moh de siège Antigone se retira : mais H se servt d'Amiims, chef des pirates, et ni persuada de feindre de lier amitié aivee Apollodore. Aminîas envoya au tjEraa un héraut pour Fassurer qu'il viendrait à beut d'adeucir Antigène.
Le héraut ajouta wcore par son ordve qu'il fournirait à la ville des vivres en abondance et du yki. AminiaB parut an Ci^sandriens homne de bonne tùU et Apollodore se reposant sur son aflritii et sur rabsence* d' Antigène qu'iLcommengMt à mépriser, ne veilla paa assez' àr la garde de la place. Pendant ce temps Aminias fil fabriquer dea éehellea de la hauteur des murs, et eacher sous un lien appelé Bolus;, qui n'était pas éloigné des murs, deux mille soldats, auxquels se joignirent dix pirates ÉtoUens commandés par Métotas. Ces gens voyant, à la petite pointe' du jour, qu'il y avait peu de gardes sur les murs, se coulèrent au pied de la courtine qui joignait les leurs, et posant les éelielles, levèi^ent le signal. Alors Aminias s'approchant avec ses deux mille soldats , escalada les murs et se mit dans la ville* Antigène* parut aussitôt, se rendit maître de Gassandf ie^ et mit fin à l'usurpation d^ApoHedore.
XIX. Antigène, avec des troupes inférieures en nombre, était campé devant celles d'Eumène. Il y avait entre le» deux camps de ft*équens pour« paliers. Antigène ordonna que dans le moment que le héraut d'Eumène reviendrait, il accourût un soldat tout hors d'haleine et couvert de poussière, qm dtt: « Les alliés arrivent. » Anti* gooe, à' cette nouvelle^ sauta de joie, et renvoya le héraut Le jour suivant*, deubiant te front de sa phalange, il la fitisoftur des retrancbemens. Les en*mini»>iafoMésiwto h^ikt d» Varri*
wv. »v.
vée prétendue des alUts, el voyantce vaste front, sans savofp quelle en éfiril la profondi8«r, nF''esèreiit en vem> aux mains, et prirent la ftaite.
XX. Anlfgone voulant se- rendre Hiatlre (T Athènes^ fit ta pak sur la fin de rantonme. Les Athénjeneensenencèrent leurs terres^ et negaidâneat de grains que ce qu'il en^faMait}usq[u1à' la récolte. UaisqMiiAle'teBpsdto'IanMh turité fut venu, Antigène cottArisit de neoveau son année dans I? AlMipie. Les Athénkne ayant conamié ee qefWs avaient de vivres^ et ne pouvwfeffi&e la récolte, reçurent Aat^ene dans leur vHte , et promirent dtobéiïr à ton» ses ordres.
CBAPITRB YU; DÉMÉTim^
Quoique Démétrius manquât d'argent, il ne laissait pas de soudoyer des troupes au double de ce qu'il en avait auparavant. Quelqu'un taî en marqua sa surprise , en lui disant : « On n'a point d'argent pour payer le pcHt nombre , et où en prendre pour tant de gens?» Il ^é)lendit^<t Plus nous serobs forts, plus nous ' trouverons les ennemis faibles. Nous nous rendrons maftres delteur pays ; les-uns nous^ apporteront des tributs, tes autres* nous enverront des courownes. Ce sera l'effet de la crainte que leur dbnnera notre grand nombrei d
IL Démétrius voulant naviguer en Europe, sans que 1- on pût savoir oà il avait dessein d'uborder, donna à cbacun des pilotes un paquet cacheté. «9 non» faisons route ensemble, leur ditil, ne les décachetei point ; mais s'il ai^ rive que nous soyons séparés, vousou^ vrirea le paquet^ et vous vous rendrei au lieu q»e vous y ttouwre» désignée»
PlWiTIMIir LPF» Vf.
GeochréA» et y pusan plwif «ra jwn»
4iw te» plaisir^ et la iléi^avcfa». ûnnad. U ¥it q«e Ie4 Sw^Mûeiia étftfefi^ sans au^iii» aonnw» 4efipQ4^^, ce qu'il avait de tvpupaft é^aagèFfsacm lacfia* <}pite4^ Dîodor^, il Te^roya^ la nuit, attaqaer les portes (||i oftté 4(î la vi|^ 4e Pitlèii»; (as troiyiçs (te q^er il la^fit se fawtrer ^ao&téctapo^; ^^ ]p re||0 de ^ arni&e, s^ pr^ota d^- ^oi |« ¥ill^« îi^ ce^ imiqi^e, i} 1'^^. tfdliil (jb tooa le^ c6té4 à lii f oi^ et s'isf, casait mattrfs.
ly. Démétrifis «v^til pqnfié la «ardfi 4'£phèseà Diodore, cQowaqdant (^ la garnison, et était allé avec sa flotte em Carie. Biodo^e traita secrètement ^veç Lysimaclws, et promit de; kii lir Yrer Éphèse pour cinquante talens. ])éipétrius, informé de cette traliisop^ prit ses gri^nds vaisseaux, et en ayant envqyé la plus grande partie de côté et d'autre dans le pay^, il se mit sur un, et preoant avec lui Nicanor, il flt voile à^hèse. Étant arrivé au port« il se ^cl^a so9^ le tillac, et ne ^t paraître que Nicanor, qui appela Diodore soi^s prétexte de traiter avec lui de ce qui regardait les soldais, et d'obtenir la liberté de mouiller et de se retirer. Diodore, persuadé que Nicanor était venu seul, monta sur une felouque, et parut disposé à traiter avec lui. Dans le moment gfi'il iipprcueh^, DémétrK^ s^rfa^t (le d^^q\K 1^ tUl^c « ^ coule^ ^ fe|E^i la felpuqif^ f veç tout ca qui était dj^ms^ et saisir ^qus ceux q^i ass^iyèrcAti de $Q sauver à la naj^e. Ce fut ainsi fue, prpeuftqt la trabi^n, il sut cQUr server Splièse d^p^ son obéissance*
y. Déqiétrius ayant pris Egipe et Sa:
lapine dans TÂttique, eovoyaimde S(ss généraux au po,rt de Pirée dgmau;
sompriMMAiiHi^iAMfe au hahH tapa contre le tyran {^achwia. On te cr«l, et les armes lui {«ireiit eAVoyéea ; midis les ^ant rewea, Q s'en aarfife pour armer des fiws , a^c le seown desquels il ^ rendit o^tre 4e Pirée.
y{. QuandDéq^iufl! se roodit nal»
tre de Pirée, il n'y nena pas d'abor^ to^te sa flottç. Il fit Fefter soos, te op de Suuiuni la p)^ griwd^. 9li^^ dq I sea galères, çt en ayant détacha liagt de celtes qui étaiaojt les. ptea légèvcaJi U coif)^^ il lienfç prdoow 4e voguer, noA pas droit è la viltei m^is p^ prendre 1^ covAf ^ Déj^^ius de iPlu^re, gép^L des ^tbéuieusy qui étaiit dai^ \fiA intéorfttp de Cas^ajvidre, ot)servaMt. dAt l^at de te citadelle , et voyant ces vingt; gol^reA p]iendi;e la rqiU^ d^Sa^im^^ ji^gaoi qu'elles étaient ennemies e^ ^'eltea»
s'en allaient à Carif)|tl^e. ItfaiiiQew ipii montaient ces vin^gt^galèr^s» aip>^coan pé courte se préseot4r,ent devant Pifféo et fureat jointes par le. re^te de te flotte partie dfi cap, de Supiuia. L»
plas grande par.tie des trouQes.dékar** qua et s'empara dps. (purs eti du port^ Les hérauts cripjeqt : a. Oétnétfiiiai délivre Athènes du joi^ » Jtea Athéniens, à ce cri de iihçfft^^ a^mtealLést noiétriuSr
VII« i)éo&étfM^.awié8Mit!$atemiike»
en Chypre, avec c^^t «latiscHfîflglftgas
lères. MénélaSf gj^éial d€|»I!t#)éuiée«
gjigcdait la ,yiUe avef^soÎMQtft naniiesi,.'
! et l'on attendait de jffoii autiailN^^te^
mé^ qui devait ar^iv^ ave<>ceiifequan
rante.vaisseaux.. Démétrius nesf^trioiH
I vaut pas en état de, résiste^, à. dem^
cents galères à ly foiî§ «.dput^e, ur £^
iqui s'avançait, et se o^iteitieoibu^eade»
d^ins une ai)se oq. le o^oiû^w)^ étaid
I bon et où sqs galères étaient- caçt^^
; derrière de haql^jocberA*. i^iqlfigèe,
^r des ^mes poujc ^iljie bi^^me^. \m& piieudre ^))e à G^4}|ji'i}.})||sMtt
POtTlri; Ùt. IT.
derrière lui, prit terre aune racte étendue où la dedcente était facile. Pendant qu'il faisait débarquer ses troupes, Démétrius sortit de son embuscade et se montrant aux ennemis, donna sur les navires égyptiens, qui ne faisaient que d'aborder, et remporta la victoire en J^u de temps. Ptolémée prit aussitôt la fuite, et Ménélas, qui s'était avancé pour le soutenir, s'enfuit avec lui.
YIIL Démétrius s'avança la nuit , pour se mettre en possession de Corinthe qu'on lui avait donné parole de lui livrer. Gonune les auteurs de la trahison devaient lui ouvrir les portes de la hauteur , il craignit que pendant qu'il entrerait par là, ceux de la ville ne lui dressassent des embûches. Pour les attirer d'un autre côté, il fit marcher un grand nombre de troupes du c6té des portes qui donnaient vers le fort de Léchée. Aux cris militaires de ces troupes, les Corinthiens coururent tous de ce côté, pendant que les traîtres ouvrirent les portes de la hauteur et y firent entrer les ennemis. C'est ainsi que Démétrius surprit Corinthe, pendant que les habitans gardaient les portes du côté de Léchée.
IX. Démétrius était campé contre les Lacédémoniens. Les deux armées étaient séparées par la montagne Lycéen, et les Macédoniens n'étaient pas sans crainte a la vue d'un lieu qu'ils ne connaissaient point. Il faisait un vent de bise violent, qui portait contre les ennemis. Démétrius fit mettre le feu au bois et aux broussailles , et le vent poussant la flamme et la fumée contre les Lacédémoniens, les obligea tous à tourner le dos. Démétrius et ses troupes profitèrent de ce désordre, et ayant attaqué vigoureusement les ennemis remportèrent la victoire
presBrient son arrièr&^arde , et t&i blessaient beaucoup de monde. Il entassa dans rendroit le plus étroit loua les chariots de bagage et y mit le fco. Les ennemis ne purent passer à travers cet incendie, et pendant que les chariots brûlaient, Démétrius gagna du terrain , prévint les ennemis , et évita leur poursuite.
XI. Démétrius envoya un héraut aux Béotiens pour leur déclarer la guerre.
Le héraut se rendit à Orchomène, et présenta aux commandans de Béotie la déclaration par écrit. Dès le lendemaûi, Démétrius assiégea Chéronée, et les Béotiens furent bien surpris de voir la guerre commencée en même temps que déclarée.
XII. Démétrius avait à passer le fleuve Lycus, qui est très rapide, et an courant duquel son infanterie ne pour vait résister. Il choisit parmi ses cavaliers les plus grands, les plus vigoureux , et les mieux montés , et en ayant fait trois lignes, il s'en servit à rompre l'efibrt du fleuve, en l'opposant à son courant , et par ce moyen il rendit le passage de ses gens de pied plus facile.