‹ Bibliotheque militaireChapitre 384 sur 614 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

fitJMÉNE.

Eumène était poursuivi par les Gail'> lois, et son indisposition l'obligeait à se faire porter dans une espèce de litière. Sa fuite était lente, et les ennemis étaient près de l'atteindre. Ayant trouvé sur sa route un tertre élevé, il commanda à ses porteurs d'y poser sa litière. Les Barbares, qui n'étaient pas éloignés, se persuadèrent qu'Eumène

X. Démétrius se retirait par un che- 1 n'en eût pas usé de la sorte s'il n'avait nin fort serré. Les Lacédémoniens 1 eu aux environs quelque renfort con-

MLTra, LIT. rr.

sidérable cfché. C'est poQrqnoi ils cessèrent de le poorsoîTre.

n. Eomène était informé, que les Argyraspides commençaient à penser à la révolte; et voyait snrtont qu'Antigène et Teatamate leurs chefs, prenaient des manières bantaines avec lui, et négligaient de se rendre à sa tente. Il rassembla tons les chefs, et leur dit que deux fois de suite il avait eu le même songe, accompagné de promesses du salut commun, si Ton obéissait, et de menaces d'une ruine totale , si Ton n'obéissait pas. C'était le roi Alexandre dans sa tente au miUeu du camp, assis sur un trdne d'or, le sceptre à la main , qui donnait ses ordres à tous, et qui commandait particulièrement aux chefs de ne traiter d'aucune affaire publique et royale hors de la tente royale, et d'appeler cette tente seule, la tenin d' Alexandre. Les Macédoniens adorèrent Alexandre , et ordonnèrent que du fond de l'épargne de la couronne, on dressAt une tente royale ; qu'il y fût fait un trône d'or paré royalement, avec une couronne d'or au-dessus, accompagnée d'un diadème royal ; qu'on mit auprès du trdne des armes, un sceptre au milieu ; audevant du trAne une table d'or et dessus un petit foyer et un encensoir aussi d'or, avec de l'encens et des parftams ; enfin que la tente fût garnie de tabourets d'argent pour placer les chefs quand on tiendrait conseil sur les affaires publiques. Tout cela fut exécuté sur-leH^hamp. Eumène dressa sa tente joignantcelle d'Alexandre, et lesautres chefs dressèrent les leurs ensuite delà sienne. Il arriva de là que lorsque Eumène entrait dans la tente d'Alexandre, c'était lui qui recevait les autres chefs, et parmi eux Antigène et Teutamate, commaudans des (Argyraspides,

qui allaient effectivement trouver Eumène, quand il paraissait qu'ils ne voulaient qu'honorer Alexandre.

m. Eumène voyant que les troupes qu'il avait en Perse étaient sur le point d'être débauchées par Peuceste , qui leur faisait distribuer du vin et des présens, craignit qu'il n'eût dessein de partager l'empire. Il fit voir une lettré, qu'il supposa que lui avait écrite en syriaque Oronte, satrape d'Arménie, par laquelle il mandait qu'OIympias venait d'Épire avec le fils d'Alexandre, et se rendait maîtresse de la Macédoine, après la mort de Cassandre.

A ces nouvelles , les Macédoniens ne pensèrent plus à Peuceste ; ils se livrèrent à la joie, et proclamèrent rois la mère et le fils.

lY. Eumène avait mis ses troupes en quartierd'hiver dans quelques bourgades de la Perse. Antigène en ayant été averti, résolut de les attaquer. Eumène ordonna aux chefs de prendre leurs valets la nuit, de monter à cheval, de porter du feu dans des vaisseaux, et de gagner les hauteurs, jusqu'à la distance de soixante-dix stades, et d'allumer, sur les sommets les plus exposés à la vue, des feux éloignés les uns des autres d'environ vingt coudées, de les faire fort grands à la première veille, un peu moindres à la seconde, et très faibles à la troisième , afin que tout cela donnât l'idée d'un véritable campement. A cet aspect Antigène se persuada qu'Eumène avait été joint par toute son armée, et n'osant l'attaquer, il fit sa retraite par un autre chemin qui n'était point occupé par les ennemis.

y. Eumène voyant ses soldats dans la disposition de piller le bagage des ennemis, les en détourna comme d'une entreprise qui ne convenait pas. Mais n'ayant pu gagner cela sur eux, il en-

FOLTBlf, UV. IV.

yojra doDBer «fis «ax enaeniis de f «ve boond garde à leur bagage. Left soidato d'Ëumène y trouvant les gardes rentoreéea, abaudooeèrent leur dessein.

CHAPrrRE IX, sÉLBucrs.

Séleucas et AsUgope se donnèrent bfttoiUe. Il n'y eat rien de décMé ; la nuit sépara les ^ambatltns , et tous deux forent d'avjs de remettre le reste m lenderaaw^ Le» troupes d'Aatigoae eaiftpèreot et se dâsarmèreot : mais Séleucus ordonna à ses soldats do souper et de dorm» tous armés^ et de bien garder leurs raiigs. Dès la pointe du jour les troupes de Séleueus se.pré^ sentèrent en boù ordre et sous les armes, et celles d'Afttigone, surprises, dérangées et sans armes^ furent vaincues avec beaucoup de facilitéi

IL Séleucus était campé contre Démétrius. Séleucus était animé de confiance, «t Démétrius au contraire comptait peu sur un succès favorable; La puU survint ^ et Démétrius voulant la mettre à profit, entreprit d'attaquer l'ennemi è la faveur des ténèbres, dons Vespérance que cette surprise imprévue lui poiirirait être uvantageuse. Ses troupes lui ob^rient volontiers^ et crurent trouva dans une choee qui paraissait si fort eonfre raison, une ressource capable de leur domier la victoire. Ils s'arnèrest donc et se mirent ou mouvement. Deux jeunes Étoliens, ffià portaient le bouclier dans les troupes dç Démétrius, ayant rencontré la garde de Séleucus, demandèrent d'être menés prompteaaent au roi. Aus^tôt qu'ils lui eurent été présentés, ils lui apprirent ce qui se devait faire la uait mAme. Séleucus eut peur que les «enneniB ne fusseiit ptas ardens à l'atta-

quer qM les siens diUgens è prendre les armes. Il onleBiiu «ux tronq^eltes de sonner la charge « aux soldats qai s'armaient, depouasec de grands cris, et à chacun d'allumer devant sa tente tout cequi se trouvemit de fagots et de bourrées. Démétrims voyant leeai^) ennemi si éclairé de toutes pertâ, et entendant retentir les trompettes at les cris militaires, sentit Ueu qu'Oa ae prépi^ait à le reeev^ir , «t n'osa l'atlaquer.

III. Séleucus informé que lessoiéils de Démétrius perdaient courage^ prit les plus robustes deses fardes, etajrsat mis au-devant d'eux huit éiéphans, le coula le long d'un sentier étroit, à cMé des ennemis; et ayant jeté son casque, il se mit àerler : <c Jusqu'à quand mh rei^vous la rage de demeinrer avec an chef de brigands^ qui mOitrt de fdm, pendant que vous pouvez 0tgoer votre solde auprès d'un rai fiche^ etprandie part à une royauté véritaUe et eiilh tante, au lieu d'un empire eUmériiiae et qui ne subsiste encore qu'en idée?»

La plupart entendant ce discours, j^ taient leurs dards et ieur» épéet, et tendant les mainsv se joigmiiant è S^ leucus.

IV. Séfettcus attaquait la citadelle* Sardes, où étalent les trésdr»gardfe par Tbéodote , à qui Lysimacbus eo avait confié le soin. Séleucus fie poovant forcer la place, qui étaitbieD nmnie, fit publier qu'il donnerait cent talens à qui pourrait tueir Tbéodote.

Cette grande récompense tentait m grand nombre de soldats, etThéodete, vivant dans la crainte et la défiance t n'osait se montrer dehors. Ses 9ff^ çons lui attirèrent l'indignation de la plupart de ceux de dedans. Tbéedota, pour se délivrer de ses craintes, pf^ vint les mal intentionnés, et ayant ouvert la nuit une fausse porte» il i^^^

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