‹ Bibliotheque militaireChapitre 400 sur 614 · A6ATH0GLE · texte numérisé non relu

A6ATH0GLE

Agathocle, tyran de Sicile, après avoir fait serment aux ennemis, le viola, et tua ceux qui s'étaient rendus sur sa parole. Il tourna la chose en raillerie avec ses amis, et dit: «c Nous avoqs soupe ; vomissons les sermens que nous avions avalés. i>

II. Agathocle ayant vaincu les Léontins, leur envoya Dinocrate, l'qn de ses généraux, pour leur dire qa*il voulait imiter à leur égard l'humanité dont avait usé Denis pour sauver les Italiens qui avaient été vaincus auprès du fleuve Elépore. Les Léotins le crurent, et s'estimèrent heureux. Agathocle étant entré dans la ville, ordonna qu'ils se rendissent tous à l'assemblée sans armes. Le général dit : a Que celui-là lève la main, qui est du même sentiment qu' Agathocle. » Agathocle dit aussitôt :<( Mon sentiment est qu'ils soient tous mis à mort. » Ils étaient dix mille ; et les soldats d'Agathoclp les tuèrent sur le lieu même.

m. Agathocle, informé que les principaux de Syracuse penchaient à la révolte, prît occasion d'une victoire remportée ^ur les Carthaginois pour faire un sacrifice et un festin où il convia cinq cents hommes du nombre de ceux qui lui étaient suspects. L'appareil du banquet était magnifique, et quapd le vin eut mis tout le nionde dans la joie, Agathocle parut au milieu de l'assemblée, vêtu d'une robe légère à 1^ tarenUne^ joua de la flûte et de la Ip'e, et dpnsa. Le plaisir avait tout mis en mouvement, et l'assemblée était tumultueuse. Il feignit que la lassitude l'obligeait de se retirer, et dans le moment des gens armés en grand nom* bre environnèrent le lieu de rassem-

blée, n^ étaient mille, de 9011e g»

deux ^ mirent contre cbacuii des ooaviés, et les tuèrent tous.

IV. Opbélas le Cyrénieo T^smi k guerre avec des troupes nombreiiseï:

Agathocle ayant su qu'il aiaiait lesgvçons, lui donna en otage son fil« Hénclide, qui était d'une grande beauté. II avertit seulement son fils de rësirier pendant quelques jours, et de i|e pis céder aux caresses d'Opbélas. L'entel vint, et le Cyrénien, cliarmé de a beauté, ne s'occupait que de iiii,etli donnait tous ses soins. Agathocle aiMnant les Syracusieps sur ces eiitreUtes, tua Opbélas, s'empara de ton! a qui était sous sa domination, et ntof vra sou fils qui n'avait point mm été déshonoré.'

y. Agathocle voulait aller porter la guerre. du côté de Cartha^è. ÈbuL près de mettre à la voile, il fit, daosfc dessein d'éprouver ceux qui seraiedt en disposition de le suivre couragewment, courir une déclaratioD, psr laquelle il permettait à ceui: qui l'oadraient penser à leur conservatloD, 4^ sortir des vaisseaux, et d'emporter ce qui était à eux. Il y eut assez d^ pas qui prirent ce parti. Agathocle les fil tous mourir, comme l&ches et sans foi.

et ayant loué comme courageux etfidè^ les ceux qui étaient demeuras, ii)fitl( trajet avec soixante vaisseaux, eta^afli pris terre en Lybie, mit le feu à tpuss^ navires, afin que ses soldats pçrdant l'espérance de la fuite, missent \ff$ leur salut dans leurs efibjrts et dans b victoire. Qe fut ainsi qu'Agathocle demeura maître des Carthaginois et de plusieurs villes de la Lybie.

VI. Agathocle demanda aux Syncusiens deux mille soldats équipés i»

tout, sous prétexte de les mener es Phénicie, où il disait que l'appelait on^ faction qui s'était déclarée en sa ffl-

poLmi; UT. T.

veur. Les Syracasieiia le murent, et lui donnèrent ce qu'il souhaitait. Mai^ ayant reçu les soldats, il laissa là la Phénicie, et fondant sur les alliés, il alla raser les forts de la c6te de Tauromène.

yn. Agathocle fit trèye arec Amilcar. Celui-ci s'en retourna en Lybie, et Agathocle ayant convoqué rassemblée à Syracuse, dit: « Voici le jour que j'ai souhaité avec tant d'empressé* ment, jour heureux où je vois ma patrie joi|ir de la liberté. r> Dans le moment il dta son manteau militaire et son épée, et paraissant au milieu de tous comme un simple habitant sans distinction, il donna lieu d'espérer que l'autorité demeorereît entre les mains d'un homme populave et modéré.

Mais au bout de six Jours, il tua un grand nombre d'habitans, en chassa phis de dnq mille, et s'empara de la souveraine puissance dans Syracuse.

ym. Agathocle ayant été informé que Tysarque, Anthropin, Dioclès, et leurs amis, entreprenaient quelque chose contre lui, les fit venir et les mit à la tète des troupes nombreuses, qu'il voulait, disait-il, envoyer sous leur conduite, au secours d'une place des alUés que les ennemis attaquaient, ce Trouvez-vous demain, dit-il, au palais de Timoléon avec vos armes et vos chevaux, et nous réglerons le temps et l'ordre de l'expédition. » Cette proposition fit d'autant plus de plaisnr aux conjurés, qu'ils voyaient qu' Agathocle leur fournissait lui-même des troupes pour exécuter leur dessein. Mais quand ils furent assemblés le lendemain au palais de Timoléon, des gens préparés par Agathocle e^t qui attendaient son signal, ayant été avertis, fondirent sur Dioclès, Tysarque et Anthropin, et percèrent de coups plus de deux cents 1

courir, et de ceux-ci il en demçnrn fjx cents sur la place.

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