CHAPITRE XIV
THRASmiDB.
Thrasîmède, fils de Philomële, aimait la fille de Pisistrate. La rencontrant un jour qui marchait en cérémonie dans une procession, il courut lui donner un baiser. Les frères de la fille se plaignirent de cette action, comme d'une grande insulte. Mais Pisistrate dit : « Si nous punissons ceux qui nous aiment , que ferons-nous à ceux qui nous haïssent? »
II. Thrasimëde ne pouvant plus résister à la violence de son amour, prit avec lui quelques jeunes gens de son flge, et épia l'occasion que la fille de Pisistrate allait faire un sacrifice au bord de la mer. Ils mirent l'épée à la main, écartèrent la foule, prirent la fille, la mirent sur un vaisseau, et s'en allèrent à Égine. Hippias, fils aîné de Pisistrate, qui donnait la chasse aux écumeurs de mer, ayant fait rencontre de ce vaisseau, jugea à l'ardeur avec laquelle il le voyait ramer, que c'était un ph-ate, et l'ayant attaqué, le prit, n délivra sa sœur, et emmena prisonniers Thra&imède et ses compagnons.
Quand on les eut présentés devant le tyran , ils n'eurent point recours aux prières. Ils lui dirent hardiment qu'ils pouvait les traiter comme bon lui semblerait, et que dans le moment qu'il s'étaient résolus à l'enlèvement de sa fille, ils avaient tous fait état de mépriser la mort. Pisistrate admira le courage intrépide de ces jeunes gens, et consentit au mariage de sa fille avec Thrasimède. Il acquit par là leur estime et leur amitié. Ils ne le regardèrent
plus comme un tyran, maiscomnea bon père et un bon citoyen.