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CHAPITRE II

ALEXANDUB DE PUÉllÉS.

Pendant que Léosthène assiégeait Panorme, Alexandre n'osant combattre à découvert contre tous les navires de l'Attique, envoya la nuit une chaloupe avertir les soldais enfermés dans la place, que si quelques navires quittaient leur poste au premier feu qui serait élevé, d'en allumer un second,

pour le faire voir à ceux qui étaient i^ Magnésie, qui feraient le môme signal à ceux de Pagases. En effet Léosthène fit partir trois galères, dont l'une pris la route de Samos, l'autre celle de Thase, et la troisième alla vers l'Hellespont. Les assiégés firent les signaux avec les feux, et Alexandre survenant tout d'un coup avec ses navires, attaqua les Athéniens, et gagna sur eux une victoire navale.

II. Après la bataille navale de Pèparèthc, Alexandre espéra de surprendre les Athéniens, que la joie de leur victoire avait rendus négligens. Il ordonna à ceux qui étaient sur ses navires, de se hftter d'aborder au marché du port de Pirée, et d'y enlever tout ce qu'ils trouveraient sur les boutiques.

Les Athéniens virent aborder ces gens, et crurent que c'était des vaisseaux amis. Mais les soldats d'Alexandre ayant pris terre, sonnèrent la charge, et tirant l'épée, fondirent sur les boutiques du marché. Les Athéniens coururent dans la ville, annoncer aux généraux la prise de Pirée, et les soldats d'Alexandre ayant tout pillé, remontèrent sur leurs vaisseaux, et se retirèrent.

CHAPITKE III.

ATHÉNOCLE.

Alhénoclç soutenant un siège, opposa aux béliers et aux trépans, des poutres de plomb qu'il flt poser eu travers sur les créneaux des murs, aOn que les machines des ennemis frappant contre, se rompissent. Les ennemis s'avisèrent d'une autre invention, au moyen de laquelle frappant dans un bout de ces poutres, ils les faisaient tomber en ligne perpendiculaire à terre, de dessus les créneaux, sans eu

POLTBN, LIV. VI.

être blessés. Après cela ils firent avancer des tortues, dans le dessein d'ébranler les murs par la sape. Les assiégés munis de plomb Fondu qu'ils portaient dans des vaisseaux de cuivre, le versaient sur les assiégeans, et disloquaient toutes leurs tortues. A ce plomb fondu, et à toutes les autres matières enflammées que Ton jetait du haut des tours, les assiégeans opposaient le vinaigre, qui a une propriété particulière d'éteindre le feu ; et c'est le plus sûr remède contre la brûlure, car le feu ne fait rien sur le vinaigre. On se sert aussi d'épongés imprégnées d'eau. D'autres, pour préserver les machines contre l'injection du plomb fondu, les enduisent de mortier fait de terre et de crin.

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