‹ Bibliotheque militaireChapitre 483 sur 614 · CHAPITRE XI, DAaius · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI, DAaius

Pendant que Darius était campé contre les Scythes, il arriva qu'un lièvre se mit à courir devant la phalange des Scythes. Aussitôt ils s'attachèrent à poursuivre le lièvre. Darius dit: «Je crois qu'il est juste de fuir les Scythes, puisqu'ils méprisent assez les Perses, pour s'amuser en leur présence à courir après un lièvre. x> En effet, il fit sonner la retraite, et pensa au retour.

II. Darius et les autres Perses de sa ligue, ayant résolu d'attaquer les Mages lu nuit, réglèrent entre eux, par l'avis de Darius, pour pouvoir s'entrereconnattre tous sept pendant les ténèbres, de faire sur le front le nœud qui liait la tiare, au lieu qu'ils le faisaient ordinairement derrière la tète.

De cette manière le seul toucher pouvait servir de reconnaissance aa miUea des ténèbres.

III. Darius fut le premier qui mit des impAts sur les peuples. Afin de les leur faire supporter plus patiemment, il ne les ordonnait pas4ui-4iiéme, mais il les faisait régler par ses Satrapes, qui en mettaient d'excessifs. Darius, sous prétexte de favoriser ses sujets, réduisait ces impositions k la mcritié.

Les peuples recevaient la diminution comme un bienfait considérable, et payaient le fBste de bon cœur.

IV. Darius, dans une expédition contre les Scythes, ne put avoir aucun

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avanlage sur eus ; il manquait même de fines. Il fut dooc obligé de songer à la retraite. Mais afin de le cacher aux Scythes, il laissa son camp tel qu'il était, avec un grand nombre de blessés, d'Anes» de mulets et de chiens, et ordonna qu'on allumAt la nuit quantité de feux. Les Scythes voyant tout cela, et les tentes sur pied, et entendant le bruit de cette multitude d'animaux, cnft-enl que les Perses étaient encore «a même lieu. Mais ils étaient bien loin. Les Scythes apprirent leur fuite trop tard. Ils voulurent aller après ; nais il ne leur était plus possible de les atteindre.

y. Darius assiégea Chalcédoine. Les murs étaient si forts et la ville si bien garnie de vivres, que les habitans ne se mettaient pas en peine du siège.

Darius ne fit point approcher ses troupes des murs, et même il ne fit point le dégât dans le pays. Il se tint en repos CMHne s'il eût attendu un renfort considérable de troupes auxiliaires.

Mais pendant que ceux de Chalcédoine gardaient leurs murs, il ouvrit au tertre d'A|^ase, éloigné de la ville de quinze stades , une mine souterraine, qui fut conduite par les Perses, jusques sous la place du marché. Ils jugèrent qu'ils étalent dh-ectement sous ce Keu, par les racines qu'ils trouvèftnl des olnriers, qu'ils savaient qui Maient dans cette place. Alors ils donnèrent jour A leur mine, et montant par cet endroit, ils prirent la ville d'asaaut, pendant que les assiégés étaient encore ocaupés à la garde des murs.

YI. Darius faisait la guerre contre les Saques, (Uvisés en trois corps. Après avoir vaincu l'un des trois, il fit prendre à ses Perses, les habits, les ornemens et les armes des vaincus, et les envoya, ainsi déguisés, vers le second eorps des Saques, auxquels ils se pré-

sentèrent comme amis. Les Saques trompés par les habits et les armes, reçurent ces gens avec de grandes démonstrations d'amitié. Mais les Perses, selon Tordre qu'ils en avaient ; les tuèrent tous. Après cela Darius marcha contre le troisième corps des Saques, qui n'étant plus soutenu des deux autres, ne fit aucune résistance.

VIL Les'Égyptiens ne pouvant supporter la cruauté du Satrape Oryandre, se révoltèrent. Darhis traversa l'Arabie déserte, et vint à Memphis. 11 arriva dans le même temps que les Egyptiens étaient dans la douleur, pour la perte qu'on avait faite d'Apis qui ne paraissait plus. Darius donna une déclaration par laquelle il promettait cent talens d'or a celui qui ramènerait Apis. Les Egyptiens, charmés de sa piété, quittèrent le parti de la révolte, et se soumirent à Darius.

CUAPITRE XII.

STRACâS.

Darius faisait la guerre aux Saques.

Saquespharès, Uomargès et Thamyris , rois des Saques , tenaient conseil dans un lieu désert sur l'état présent des affaires. Un palfrenier, nommé Syracès, vint se présenter devant eux, et promit de faire périr l'armée des Perses, si Ton voulait s'engager par serment à donner à ses enfans et à ses desccndans des biens et des maisons.

On le lui promit, avec toutes les assurances qu'il put souhaiter. Aussitôt ayant tiré sa dague, il s'en coupa le nez et les oreilles, et se fit d'étranges blessures dans tout le reste du corps.

Dans cet état, il passa, comme transfuge, dans le camp de Darius, et dit

W4 VOLYKH, UV* VIL

qa'il avait été traité de la sorte par les

rois des Saques. L'excès da mauvais traitement rendit Darius facile à persuader. Alors Syracès, après avoir pris à témoin le feu éternel et Teau sacrée, dit: <( Je punirai les Saques; et voici de quelle manière, La nuit qui vient ils doivent lever le camp. Nous n'avons qu'A leur couper chemin en prenant par le plus court, et nous les prendrons tous comme au piège. Je suis palfrenier ; ma profession est d'élever des chevaux ; je connais le pays, et je vous servirai de guide. Prenez seulement des vivres et de l'eau pour sept Jours. » On le crut et on le suivit. Au bout de sept jours il mit l'armée des Perses au milieu d'un pays aride, où il n'y avait ni eau ni vivres. Rhanosbate, l'un des Chiliarques , lui dit : a A quoi as-tu pensé de tromper un si grand roi, et de mener une si grande multitude de Perses dans un lieu sec où nous ne voyons ni oiseau, ni autre béte, et où l'on ne peut ni avancer n'y reculer? x> Syracès frappant des mains, dit avec un grand éclat de rire : a J'ai vaincu. Tout mon dessein était de sauver les Saques mes compatriotes, et de faire périr les Perses de faim et de soif. )» Le Chiliarque coupa sur-lechamp la tète à Syracès. Darius monta sur une hauteur fort élevée, et ayant enfonéé son sceptre à terre, il mit dessus sa robe, sa thiare, et son diadème. C'était au point du jour. Il pria le dieu Apollon de sauver les Perses, et de leur envoyer de l'eau du ciel. Le dieu l'exauça, il tomba une pluie abondante.

Les Perses la ramassèrent dans des peaux et dans des vases, et eurent le moyen de se retirer sains et sauves au fleuve de Bactre, en rendant grâces au dieu d'avoir procuré leur salut. Mais il ne tint pas au palfrenier qu'ils ne périssent tous. Cet homme fut depuis

imité par Zppjre, qui l'étaiit pmlisment mutilé le visage, trompa lai Bibyloniena et les subjufptM.

GHAMTftBXm.

lOPnB.

Darius assiégeait Babjtone ikfé long-temps, et ne pouvait venir i M de s'en rendre nuitre. Zopyre^l'iDée ses satrapea, se mutila le visip, i passa, eemme transfuge, du otté la 1 Babyloniens^ à qui il se plaignit unèn- | ment de la cruauté de Darius. LsbIibyloniens furent persuadés parl'eioès de l'outrage, 6t abandonnèrent à 2»pyre le gouvernement de la ville. liai | ouvrit les portes la nuit, et Dariu s'a empare. Hais il dit cette parole n^ morable : « Je ne voudrais pis mir ^ vingt Babylone à pareil prix : j'aiaerÉ mieux que Zopyre n'eût rien wifert. »

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