Ces soupçons étaient appuyés de
inm cerUiÎDCS , que c'était lui qui
nainfert aox Suisses un passage par
hFanehe-Comlé, qu*il les avait en-
n^ à se donner des oCnges, et qu*il
^vk bit loot cela » non-sculemcnt sans
oidRdesa république ni de César» mais
à lar ima. César crut donc que celte
MtnsatioD du magistrat le mettait en
M de di&tier lui-même Dumnorix »
««lekreiiToyer en son pays pour y
^n pini. due seule chose retenait Cé-
ar- U conittisBait le grand attachement
deKTJtiacuSy son frère, pour le peuple
>^Det pour lui ; sa fidélité parfaite,
»jttaice,sa modération; et il craî-
P^ (ie ToUenser par le supplice de
''iBQorix. Avant donc de passer ou-
î'C'Q iâit venir Divitiaciis, et , sans
^iDlerprètequeValcrîus Procillus,
iWe le plus distingué de toute la
^ ittrbonnaise , et en qui il se fiait
^'liiRnMat, il le fait souvenir de ce
fi'on atait dit de son frère dans Tas-
*>^eten sa présence, Tinstruil de
tt 91*00 en avait dit en particulier, et
''ptiedene pas trouver mauvais que
A ville 00 lai y après avoir instruit son
}^i prononce sur son sort.
%• Ûvitlacus tout en larmes Tem- '^Qsn, et le pria de pardonner à son **«; ajoaiam qu'il savait bien que ^ ce (jn'on lui avait dit de Dumno- ^tbiiTraî; que personne n*en était pi^sffligé que lui, qui , ayant du cré- ^ <lans son canton et dans le reste de ^ Gaule, tandis que ce jeune frère n'en ^it point du tout, avait contribué à ^éJération ; que Dumnorix employait «n crédit, non-seulement pour dimi-
nuer le sien , mais encore pour le perdre ; que malgré cela l'amour fraternel et l'estime publique touchaient son cœur ; que si César punissait Dumnorix , personne , h cause de la bienveillance dont il l'honorait, ne pourrait croire que ce fût contre sa volonté, et qu'il serait odieux à toute la Gnule.
C^sar, touché de ses raisons et de ses larmes, lui prend la main et le rassure en lui dis;mt qu'il fait tant de cas de son :imitié, qu'en sa faveur il pardonne h son frère , non-seulement ses propres injures , mais encore celles qu'il avait faites a la république. Sur cela il fait venir Dumnorix , et , en présence de son frère, lui déclare les sujets de plainte qu'il avait donnés tant aux Romains qu'à ses propres citoyens , et l'exhorte à se conduire de manière qu'il ne laisse à l'avenir aucun soupçon : il lui dit qu'il lui pardonne le passé en considération de Divitiacus, après quoi il le renvoie; mais il fait pourtant épier ses discours et ses actions.
Si. Le même jour, il fut averti que l'ennemi était campé h huit milles de lui au pied d'une montagne; il la fit reconnaître. On lui rapporte que la pente en était douce et aisée : sur cela, après minuit , il détache T. Labiénus avec deux légions, lui donne pour guides ceux qui avaient été la recon* naître, l'instruit de son dessein et le charge de se poster sur le haut de cette montagne. Deux heures après il marche aux ennemis par le même chemin qu'ils avaient suivi, et envoie devant toute sa cavalerie. P. Gonsidius, qui avait fait la guerre sous Sylla et ensuite sous Crassus, et qui , pour cette raison, passait pour très-habile oiBcier, eut la conduite des coureurs.
29. Au point du jour, lorsque Labiénus s'était rendu maître du haut de la montagne, et que César n'était qu'à
CÉSAR
quinze cents pas des ennemis, sans qu'ils eussent connnaissaiîce ni de son arrivée ni de celle de Labiénus » comme on rapprit ensuite des prisonniers, Considius vient à toute bride lui dire que les ennemis étaient maîtres de la montagne; qu'il l'avait aisément reconnu à leurs drapeaux et à leurs armes. Sur cet avis , César se retire sur une éminence , et y range son armée en bataille. Labiénus , qui avait ordre de ne point donner qu'il ne le vit proche , afin de tomber tous deux en môme temps sur l'ennemi, se tenait tranquille en Tallendant. Mais, Ioi*squ'il fit grand jour. César apprit la vérité par ses coureurs; que Labiénus était dans le poste qu'il lui avait marqué; que les ennemis avaient décampé, et que Gonsidius, aveuglé par la peur, avait fait un faux rapport. César les suit à quelque distance, selon sa coutume, et campe à trois milles de leur armée.
25. Comme on devait distribuer du blé aux troupes deux jours après, et qu'il n'était qu'à dix-huit milles d'Antun , la ville la plus grande et la mieux approvisionnée des Autunois , il quitta l'ennemi le lendemain, Jùi se dirigea vers cette ville pour donner ordre aux vivres. Cette nouvelle parvint aux ennemis par les déserteurs de L. Êmilius, ofBcier de cavalerie gauloise. Les Suisses , ou croyant que la crainte faisait retirer les Romains, d'autant plus que la veille, après s'être emparés des hauteurs, ils ne les avaient pas attaqués; ou se flattant de pouvoir leur couper les vivres, cliangent de dessein , et , rebroussant chemin , ils se mettent à suivre et à harceler notre arrière-garde. 24, César, voyant ce mouvement, se range en bataille sur une hauteur voisine , et envoie sa cavalerie soutenir leur elïbrt. Il poste ses quatre vieilles légions sur trois lignes vers le milieu de
la colline, et sur le haut les deux qu'il avait nouvellement levées dans la Lombardie, et couvre ainsi toute la colline, tant de ses troupes que de celles de ses alliés. En même temps il fait mettre le bagage d?ns un endroit qu'il fait fortifier, et charge les légions qui étaient au haut du coteau de le garder. Les Suisses, qui l'avaient suivi avec tous leurs chariots, rassemblent aussi leur bagage, et, après avoir repoussé notre cavalerie, montent serrés à l 'attaque de notre première ligne. 25. César, pour 6(er aux siens toute espérance de retraite, et pour rendre le péril égal entre lui et eux, renvoie tous les chevaux sans en excepter le sien , les exhorte à faire leur devoir, et commence l'attaque. Les troupes qu'il avait placées sur la hauteur, ayant facilement rompu les rangs des ennemis avec leurs javelots , fondent aussitôt sur eux l'épée à la main. Les Suisses éprouvaient une grande gène pour combattre ; la plupart de leurs boucliers avaient été percés et comme liés, par le seul coup du pilum romain. Le fer de ce javelot s'élant replié , ils ne pouvaient ni l'arracher, oi se servir de leur bras gauche ainsi em** barrasse. Après de longs et inutiles di" forts, ils préférèrent presque tous jeter le bouclier et combattre découverts* Mais enfin , accablés de blessures , les Suisses commencent à lâcher pied , et reculent vers une montagne qui était environ à un quart de lieue de là. Les Romains les suivent; et pendant qu'ils montent après eux , un corps de Boîes et de Tulinges faisant environ quinze mille hommes, et servant de corps Ai réserve aux ennemis, les prend en flanc et vient les envelopper. Les Suisses , qui s'en aperçoivent du haut de la mouUgne où ils s'étaient retirés, reviennen à la charge; de sorte que les Romaini sont obligés de faire front des deux c6
fi
COBUtE MES GACUES. — L1V. I.
ai
iés : pv les deox premièreft lignes, con- IM can qu'ils poursuivaient sur la BoottgM, Cl paf l'auire» contre ceux qoi hmkùi eofeloppés.
X. Ainsi le combat fui long-temps opiniâireei douteux. Enfin les ennemis ne pooîant plus soutenir noire attaque eietirùent, les uns sur la montagne fi'ibafaieni commencé de monter» et teaoïres Yers leur bagage et leurs dialutsicv pendant toute la bataille, qui don depuis une heure après midi jusfin soir, on ne vit jamais tourner le te à reimemi. On combattit m6me "^ ^a^^ jusque bien avant dans la Mil, paice que les Suisses , s*étant fait » rempart de leurs chariots , lançaient «s tniis sur nos gens du haut de ces *»K»», ou les blessaient , à travers les '"MSi i coups de pique et de halle- ««. EûGn, après une longue résistei lottt leur bagage fut pris et leur ««Pfcfcé; la fille d'Orgélorix et un ««»fik y furent laits prisonniers. Les *»tt, dont il restait environ cent Emilie, marclièrent toute la nuit **'arrtier, et le quatrième jour ils JniTèat dans le territoire de Langres , ^oiitres D'ayant pu les suivre» parce V'fcresièrcni trois jours dans cet en- ^1 tant à cause des blessés qu'à ^*» des morts qu'il fallait enterrer.
^*W ce temps César écrivit à ceux •ï^ngies de n'accorder ni vivres ni tan autre secours aux ennemis , ajou- *loe, s'ils les aidaient» il les trai- Nt comme les Suisses. Trois jours iN> César suivit les ennemis avec P*» ses troupes.
r^' Les Suisses, réduits à l'extré- P> lai envoient des députés qui, Rf^RDContré en chemin, se jettent N pieds et lui demandent la paix p iarmeg. II les renvoya dire de sa F^ leurs gens, de l'attendre dans Ntott ou ils étaient actuellement ; ils
obéirent. Quand il y fut arrivé, il leur demanda des otages, leurs armes, les esclaves qui s'étaient retirés parmi eux. Pendant que tout cela s'exécutait, environ six mille d'entre eux, qui étaient du canton de Berne, craignant qu'il ne les fit mourir après les avoir désarmés, ou espérant qu'on ne s'apercevrait pas de six mille hommes de moins dans une si grande multitude, se dérobèrent au commencement de la nuit et se retirèrent vers le Eliin auprès des Allemands.
28. César, l'ayant su, ordonne à ceux sur le territoire desquels ils avaient passé, de les ramener incessamment s'ils voulaient se justifier de leur fuite ; ce qui fut fait. César traita en ennemis ces six mille fugitifs. Les autres ayant donné des otages , rendu leurs armes et les transfuges, il leur pardonna et leur ordonna de retourner chacun chez eux ; et comme ils n'avaient plus de vivres, il chargea les habitants de la Savoie et du Dauphiné de leur en fournir, et en* joignit aux Suisses de rebâtir leurs villes et leurs bourgades. Il ne voulait pas que ce pays demeurât désert, de peur que la bonté du terroir n'engageât les Aile* mands d'au-delà du Rhin à s'en emparer, et que par-Ià ils ne devinssent trop voisins de notre province et de la Savoie. Les Aulunois lui demandèrent de leur laisser les Boîes, peuple en grande réputation de valeur, pour les placer sur leurs frontières, et il y consentit, ils leur donnèrentdes terres, et dans la suite ils leur firent part des mêmes droits et des mêmesprivilégesdont ils jouissaient.
29. On trouva dans le camp des Suisses un état écrit en lettres grecques de ceux qui étaient sortis en Age de porter les armes , des femmes, des enfans et des vieillards. On y comptait deux cent soixante-trois mille Suisses, trentesix mille Tulingcs, trente-deux mille Ik)ïcs, quatorze mille hommes du Pris*
CteAR.
gau, vingUiois mille du pays de B&lc, et trente-six mille des environs de Dut- Hngen. Dnns toute cette troupe, qui montait en tout & trois cent soixantehuit mille hommes, il y avait quatrevingt-douze mille combaitaus. César ayant fait Taire le dénombrement de ceux qui retournèrent , il ne s*en trouva que cent dix mille.
30. Cette guerre des Suisses étant ainsi terminée, les principauxde presque touto la Gaule celtique vinrent en féliciter César. Us lui dirent que, quoiqu'il n'eût pas enirepris celle guerre pour leur vengeance particulicre, mais pour celle du peuple romain , la défaite de ces peuples leur était pourtant aussi avantageuse qu'à lui; que les Suisses, quoique leurs affaires fussent dans un état florissant , n'avaient quitté leur pays que pour venir s'emparer du leur, et, après avoir pris le meilleur, rendre le reste tributaire. Us lui demandèrent permission d'assembler les états de toute la Gaule , parce que d'un commun ac* cord ils avaient une prière .5 lui faire. César y ayant consenti , ils prirent enfre eux jour pour s'assembler, et ju- Tèreni de n'en parler à personne que du consentement de tous.
31. Après la clôture de leur assemblée les mêmes députés revinrent lui demander une audience particulière, parce qu'ils avaient , disaient-ils, à lui proposer des dioses qui intéressaient le bien général, et qui requéraient un fort grand secret. L'ayant obtenue , ils se jettent à ses pieds en pleurant , et lui disent que, dans cette occasion , son secret leur était aussi nécessaire que son secours, parce que, si ce qu'ils avaient à lui communiquer était découvert, ils auraient risque d'être perdus. Divîtiacus, qui portail la parole, lui repré- ^nia que la Gaule celïique était divisée en deux factions; que les Auvergnats
étalent à la lôte de l'une et les àtttttnois à la tête de l'autre; qu'après s'to long-temps disputé la souveraineté, h Auvergnats, unis aux PrancsComiûîl avaient fait venir les Allemands à loi secours; que d'abord il en avait (M dans la Gaule environ quinte milte qui , ayant reconnu la bonté da pijl y en avaient attiré tant d'autrti qu'ils étaient bien à présent cent ^ mille; que ceux d'Auiuu et leurs aW dans deux batailles contre eux atilil perdu leur cavalerie , leur noblcwl^ leur sénat ; qu'accablés de tant de JE tes, ils avaient élé obligés de dofllj les principaux d'entre eux en M aux Francs-Comtois , avec sermcnll ne les jamais redemander, ^ ^\ jamais recourir au peuple romain (j se soustraire à leur dominalion}!
du rang qu'ils tenaient aupamj dans les Gaules par leur valeur et I alliance avec les Romains , il ne 1 restait qu'une soumission à un dtif | clavage; qu'il était le seul qui n'eJ^ se résoudre à prêter ce serment J donner ses enfuns en otage, et qu^J cette raison, il avait été conlrainl!
bandonner le pays, pour tenir îm|l le secours du sénat, parce qu'il û^ tait pas lié comme les autres; mail l'état des Francs-Comtois était à plus triste que celui des An!
puisque Arioviste, roi des AU s'était établi dans la Franc!
le meilleur canton de la Gaule dont il tenait le tiers , et en encore vouloir un autre tiers pour de Constance, qui, depuis peu, " venus le joindre au nombre de quatre mille ; que si Ton n'y c ordre, bientôt tous les Allemandll seraient le Rhin, inonderaient la 0 et en chasseraient les habitani , f que le terrain en était bien mtA que le leur e! la façon de vivre beaw
cm» DES GAULES. — UT. I.
|Ai$ polie; qa'Arioirisle était dereno si ionieBi et 8J fier depuis la bataille qu'il liiil|i|gpée8ur les Gaulois à Magsiat, fillfOQbit stoir eu otage les enians il BHiilleares maisons , et qu'il les MbÉcraellemeot quand tout n'allait filsibotaisie; que c'était un homme latt, emporté , furieux , dont la lyinle était insupportable ; et que si iMleor refusait son secours, ils selioi breés de quitter le pays, comme WtBt Elit les Suisaes , et d'aller loin il Alkmaods chercher aillairs une ^Mre paisible , quelque choae qu'il r es pAt arriver; que si ce tyran Aqo'ib fussent venus se plaindre |hi, il ferait périr leurs otages dans Itûsnaens, et qu'il n'y avait que son ses armes victorieuses et le I Al peuple romain qui pussent le tekai respect, empêcher le reste des AIsde passer le Rhin , et défendre nieide la violence d'Arioviste.
Jà. Kvitiacus ayant cessé de parler, leeoiqni étaient présens imploré- Inee larmes le secours de César ; ttttb députés des Francs-Comtois > i»abaitus, les yeux baissés, demeu- Idaos le silence. César surpris leur Ifananda plusieurs fuis la cause, iso pouvoir tirer de réponse, et sans t diminuer leur accablement. Alors répondit pour eux, qu'ils Id'autaut plus misérables qu'ils l pas même se plaindre, ni rerli quelqu'un qui adoucit leurs >} qu'ils tremblaient au seul nom ^e présent ou absent ; qu'au t les autres pouvaient se garantir IUlArbarie par la fuite; mais qu'eux Iftnient reçu Arioviste, aujourd'hui B de toutes leurs villes, ils se trout en proie à tous ses mauvais traita- César» ainsi instruit » les rassure set leur promet do faire altenlion à
leurs demandes : il leur dit qu'il espérait qu'Arioviste, à la considération du peupie romain et à la sienne, les traiterait mieux i l'avenir ; après quoi il les congédia. Plusieurs raisons l'engageaient à penser sérieusement à cette affaire ; car d'abord il était honteux pour lui et pour le peuple romain que , dans le temps le plus florissant de la république, les Autunois, à qui le sénat avait donné par plusieurs décrets le titre de frères et d'alliés, fussent réduits en esclavage par les Allemands, et obligés de donner des otages à Arioviste et aux Francs-Comtois. D'ailleurs, il croyait que Rome avait intérêt d'empêcher les Allemands de s'établir dans les Gaules; que lorsqu'ils en seraient maîtres , ces peuples féroces et barbares ne manqueraient pas de se jeter sur notre province et de là sur l'Italie, comme avaient fait les Cimbres et les Teutons ; d'autant plus que les Francs-Comtois n'étaient séparés de la province romaine que par le Rhône ; et il était persuadé qu'il fallait s'opposer de bonne heure à une pareille invasion. Ajoutez à cela qu'Arioviste s'était rendu insupportable par son orgueil et son insolence*
34. Sur ces considérations , César jugea à propos de lui envoyer demander une entrevue, pour traiter avec lui d'aRaires importantes qui concernaient le bien commun. Arioviste répondit aux députés que , s'il avait besoin de César , il Tirait trouver , mais que , César voulant lui parler , c'était à lui de venir le chercher ; qu'outre cela il ne pouvait sans armée entrer sûrement sur les terres des Romains , et qu'une armée ne pouvait s'assembler sans beaucoup de dépense et d'embarras; qu'au reste il ne comprenait pas ce que Cosar et les Romains pouvaient avoir à dt^môler avec lui touchant sos conquêtes.
CÉSAR
55. Sur celte réponse. César reivvoie lui dire que, puisque, sans égard pour le peuple romain et pour lui , sous le consulat duquel il avait été nommé roi et ami de la république, il refusait Tenlrevue qu'il lui proposait, et ne se mettait point en peine de ce qu'il avait à lui dire pour le bien commun, voici ce qu'il exigeait de lui : qu'il ne fit plus passer d'Allemands dans les Gaules ; qu'il rendit aux Autunois leurs otages; qu'il permit aux Francs-Comtois d'en faire autant; qu'il ne tourmentât plus les Autunois et qu'il ne Ht plus la guerre à leui-s alliés; moyennant quoi le peuple romain et lui, seraient toujoursde ses amis : sinon, que le sénat ayant réglé , sous le consulat de H. Messala et de M. Pison, que celui qui aurait le gouvernement des Gaules protégerait les Autunois et leurs alliés autant que la chose serait possible sans faire tort à la république, il ne souffrirait pas qu'on les maltraitftt.
36. Arioviste répondit que les lois de la guerre laissaient au vainqueur la liberté de traiter les vaincus à sa fantaisie; que les Romains, dans leurs conquêtes, ne se réglaient pas sur la volonté d'autrui , mais sur la leur ; et que comme il ne prétendait pas leur rien prescrire à cet égard, ils ne devaient pas non plus le gêner dans la jouissance de ses droits; qu'il n'avait imposé un tribut aux Autunois qu'après les avoir vaincus; et que César lui faisait grand tort de vouloir, par son arrivée, diminuer ses revenus; qu'il ne rendrait point les otages, mais qu'il ne ferait la guerre ni à eux ni à leurs alliés, pourvu qu'ils demeurassent dans les termes du , traité , en lui payant ponciuellemenl tribut ; qu'autrement le titre d'amis et d'alliés du peuple romain ne leur servirait de rien. Quant à ce que César lui avait fait dire» qu'il ne souffrirait
pas qu'on leur fit injure, qu'il pouvait venir quand il lui plairait ; que per* sonne ne l'avait attaqué qu'il ne s'ea fût mal trouvé; qu'il apprendrait à ses dépens de quoi était capable une naiion invincible^ versée dans l'art de la guerre et qui , depuis quatorze ans, n'avait pas couché sous un toit.
37. Au moment que l'on rapportait celte réponse à César, ceux d'Autua et de Trêves viennent se plaindre, les piemiers, que ceux de Constance» qui depuis peu avaient passé dans les Gau* les, faisaient des courses dans leur paji malgré les otages qu'ils avaient donnés à Arioviste; les seconds^ que les ceol cantons des Suêves étaient campés sot le bord du Rhin» prêts à le passer sovi la conduite des deux frères Nasua e( Cimbérius. César, jugea qu'il fallait fl hâter, et qu'il serait moins facile ^B résister aux Barbares]» si les Suèvesll joignaient aux anciennes troupes A% riovisCe. Ayant donc ramassé des vivrti le plus promptement qu'il lui M possible, il marche à grandes joarné^ contre Arioviste.
38. Après trois jours de marche^l apprit qu'Arioviste dirigeait ses pa&éjf puis trois jours vers Besançon , ca{A^ de la Franche-Comté, à dessein de 8*4 saisir. César crut qu'il fallait mettre W^ en œuvre pour le prévenir, parce (fi c'était une place forte, bien munie» j qui, par sa situation, était très-commol{ pour tirer la guerre en longueur : Of la rivière du Doubs l'environne presqi toute» et le reste, qui n'est guère que^ cent vingt pas» est fermé par une moil tagne fort haute» dont le pied toudi des deux côtés à la rivière. Le mur dofl on a entouré cette montagne en fiii une citadelle, et la joint à la ville. 0 sar ne cessa jour et nuit de marcher va cette ville, el, s'en étant rendu malin il y mit garnison*
GamnE Ms càuua. — uv. i.
iS
SS.Bjpa» quelques jours pour
musttia vÎTrcs, pendant lesquels
J» Uoopes s'éiani entretenues des Al-
IcBttds avec les Gaulois» et les roar-
àtté, ceox-ci leur en exagérèrent
Aw b haute taille . la iraleur ,
raipoienec dans la guerre , le regard
inibleaqa'oQ ne pouvait soutenir»
fKb fciyeor saisit et troubla toute
fanée. Ce mal commença par les prin-
ôlSKodiders, et par ceux qui, par
«Éié pour César, l'avaient suivi de
loKyinais qui, n'entendant que peu le
■«ùidchguerre, croyaient le danger
^Mnp plus grand qu'il n'était en
^la ODS, sous diflerens prétextes,
■ fattndaient permission de se re»
^fks autres étaient retenus par la
Me, mais leur peur était peinte sur
^niaps;et seukou retirés dans
w Mes avec leurs amis , ils déplo*
■■* fcnr triste sort, et ne pouvaient
'iM leurs larmes; partout on faisait
IfetHiioem. Les discours et la frayeur
*nc<i troublaient insensiblement
•fii avaient plus d'expérience, les
^1 les centurions et les officiers de
•*îe. Pour qu'on ne les crût pas
*%bdeces discours, ils disaient que
••*Wl pas l'ennemi qu'ils crai-
^■W.qaec'élail la difficulté des che-
P»jla profondeur des forêts, qui
^ffWraient au transport des vivres.
jNfKSrons allèrent jusqu'à dire à
?^fK, lorsqu'il ferait donner le si-
iNdeh marche, le soldat effrayé n'o*
Ifcîl pas, et refuserait de décamper.
^ A la vue d'une consternation si
{IP^> César assembla tous les offi-
jttsqa'aux derniers centurions , et
i'u vivement de ce qu'ils vou-
féoéAter ses desseins , et contrôler
que sous son consulat,
avait recherché avec le dernier
t l'amiiié des Romains, et
00 ne devait pas se mettre dans l'es*
prit qu'à présent il y voulût renoncer sans raison; qu'il était persuadé qu'après avoir pesé l'équité de ses demandes, il ne rejetterait ni son amitié ni celle du peuple romain; que s'il était assez insensé et assez furieux pour vouloir lui faire la guerre» qu'avaient-ils tant à craindre, et pourquoi désespéraient-ils de leur valeur et de sa conduite? Que cet ennemi était déji connu par les grandes victoires qu'on avait remportées sur lui, lors de la délaite des Cimbres et des Teutons par C. Marins, victoires qui n'avaient pos moins acquis de gloire aux soldats qu'à leur général ; que l'Italie avait encore depuis peu appris à le connaître dans b guerre des esclaves, qu'on avait heureusement terminée, quoiqu'ils eussent appris quelque chose de notre nuiniére de faire la guerre et de notre discipline mi* liuiire ; que l'on pouvait juger par-là quel avantage il y avait à marquer du courage et de la résolution, puisque ceux que l'on avait craints désarmés avaient été vaincus victorieux» et les armes à la main; qu'enfin c'étaient ces Allemands que les Suisses d<Hit on venait de triompher avaient plusieurs fois battus, tant en Gaule qu'en Allemagne; que si quelques-uns d'entre eux étaient effrayés de la défaite des Gaulois par Arioviste, ils verraient , en examinant la chose, que les Gaulois étant las d'une longue guerre» Arioviste, après s'être tenu plusieui-s mois dans son camp et dans des marais, les avait atuqués, lorsque , désespérant de le combattre , ils s'étaient dispersés; qu'ainsi il les avait vaincus par habileté et par adresse plutôt que par sa valeur; mais que les Romains n'étaient pas gens à se laisser surprendre par la ruse , comme des Barbares ignorans; que ceux qui couvraient leur crainte de la difficulté des chemins et du manque de vivres avaient tort de
CiSAK.
lui pfMrire 8ôn devoir, et d'avoir mauvaise opinion de sa conduite ; qu'il avait pourvu aux vivres; que les Francs- Comtois, les Lorrains et ceux de Langres lui en fourniraient, outre que la moisson était toute prête; que bientôt ils jugeraient eux-mêmes si les chemins étaient si difflciles ; qu'à Tégard de la menace de n*ôtre pas obéi lorsqu'il commanderait de nuircher, il ne s'en inquiétait pas, parce qu'aucun général n'avait eu ce malheur qu'après la perte de quelque bataille, ou pour quelque tache d'avarice; que pour lui son innocence, et le bonheur de ses armes contre les Suisses, éuiient connus de toute l'armée; qu'ainsi, quoiqu'il eût projeté de différer encore son départ , il était résolu de partir le lendemain avant le jour, afin de voir plus tôt si la crainte l'emporterait chez eux sur leur devoir ; que si personne ne voulait le suivre , il éiait assuré que la dixième légion ne l'abandonnerait pas, et qu'il en ferait sa cohorte prétorienne. C'était en effet celle qu'il affectionnait le plus , et sur la valeur de laquelle il fiûsait le plus de fond.
4i. Ce discours fit un changement surprenant dans les esprits; on vit renaître la joie parmi tous les soldats , et ils ne respiraient plus que la guerre, La dixième légion le fit remercier la première par ses officiers de la bonne opi* nion qu'il avait d'el le, et l'assura qu'elle le suivrait partout. Les autres lui font des excuses par l'entremise de leurs principaux officiers , l'assurent qu'elles n'ont jamais douté de son habileté, ni rien appréhendé sous son commandement ; qu'enfin elles éUiient persuadées que c'éuiit à elles à recevoir les ordres , et non pas à les donner. Après avoir reçnleursoumis6ion,et8'ètreinformédes chemins à Diviliacus, celui de tous les Gaulois en qui il se fiait le plus, il ré*
solut , pour mener son armée par u pays découvert , de prendre un détoc de douze ou treize lieues, et partit ] lendenmin avant le jour, comme il Vi vait dit. Le septième jour, comme continuait sa marche, il apprit par s coureurs que les troupes d'Ariorfl n'étaient plus qu'à vingt-qoaUe mill des nôtres.
43. Arioviste, informé de son arrtfi lui envoya dire qu'il acceptait Tenl vue, à présent qu'il s'était approd et qu'elle pouvait se faire sans risfl César ne rejeta point son offre , ccO}^ qu'il écoulait la raison , puisqu'il p| mettait de plein gré ce qu'il avait i paravant r^usé ; et il se flattait qaS rioviste, se rappelant ses bienbHI ceux du peuple romain , devieall trailable quand il aurait réfléchi siH^ demandes. L'entrevue fut fixée i à jou rs de là . Cependant , par les cotttq qu'ils s'envoyaient souvent de pail d'autre, Arioviste demanda qtie»| peur de surprise, ils ne se fissent' compagner que de la cavalerie, psi tant qu'il ne viendrait qu'à cette i dition. César qui ne voulait pas roÉ pour un si mince sujet , et qui d'aiii| ne se fiait pas trop à la cavalerie É loise, fit monter sur leurs chevaii{ dixième légion sur laquelle il co«a|| le plus, afin d'avoir un secours ai en cas de besoin ; ce qui fit dire i plaisamment à un soldat de cette « que César leur tenait plus qu'il ni avait promis , puisqu'au lieu de leil prétoriens il les faisait chevaliers.!
43. Il y avait une plaine spaeit et dans cette plaine un tertre asseséj Cet endroit se trouvait presque ^ ment éloigné des deux camps. CN rendit pour la conférence. César d rêler ses cavaliers à deux cents pi ce tertre; ceux d'Arioviste flrenl i à la même distance. Arioviste den
GCCME M8 CACtfS. — UV. !•
tr
ft b cooltreDce se tint à cheval , et ftlku hswnt accompagnés que de iKcmliaschacan. Élaiii tous deux m rbIb-toqs, César commença par Uipfderses bienfaits et ceux du sé- Hfîi'anil déclaré roi et ami du
rlkiomain, et qui lui avait envoyé HsfDDdi présent y honneur qu'il Uûàpeo de personnes , H qu'il n'ac- •tt qu'apits de grands services ; fA n'aaTait pourtant rendu aucun , IfTiln avait rien fait qui pût le mettre •faicTy pnHendre; qu'il n'en avait indeiable qu'à l:i générosité du sé- S«aàa propre sollicitation. Ensuite Ik ffpféaenta la juste et ancienne .Avequi était entre les Romains et Mtaiois, ks fréquens et honorables !■* du sénat en leur Taveur; qu'a- . Vlatee leur liaison avec le peuple .^Mù>,ili avaient toujours tenu le jl^ lang dans les Gaules , et que ^pipde Rome était non-seulemeni 'Ralliés et ses amis ne perdissent à leur puissance 9 mais qu'elle les voir augmenter en crédit , , en honneurs» et qu'elle ne en aucune manière consentir kl ftt déchoir de leur première César finit par lui réitérer les propositions qu'il lui avait Faites dépotés, de laisser en paix les et leurs alliés , de leur rendre •hges, et s'il ne pouvait renvoyer ta les Allemands qui avaient le Rhin, au moins de n'en plus |*scr d'autres.
jjLiloui ce discours, Arioviste répeu de choses; mais il s'étendit p sur ses louanges. Il dit qu'il jamais songé k passer le Rhin *• Gaulois ne l'en avaient prié, et ■^riwient appelé à leur secours ; qu'il fiiué son pays et ses proches sur pïwte espérances et les récom- **» dont on Tavalt flatté; que les
terres qu'il occupait dans h Ganle, et les otages qu'il avait entre ses mains, lui avaient été accordés volontairement , et que les impôts qu'il levait étaient le fruit de sa victoire ; que ce n'était pas lui qui avait commencé la guerre; que tons les Gaulois réunis éuiient venus fondre sur lui ; qu'il les avait tous défaits dans une seule bauiille,ct que s'ils avaient envie de tenter une seconde fois la fortune dos armes, il était tout prêt i recommencer ; que s'ils préféraient fat paix , ils ne devaient pas lui refuser le tribut qu'il lui avaient payé jusqu'aloit de leur bon gré ; que son alliance avec les Romains , bien loin de lui être désavantageuse, devait, au contraire, lui être utile et honorable ; que c'était dans cette espérancequ'il l'avait recherchée; que si Rome luitôtait ses tributaires, il reoon* cerait ù son alliance d'aussi bon cœur qu'il l'avait désirée; que s'il fkisaU passer tant d'Allemands dans fat Gaule, ce n'était que pour sa sûreté, et notfl pour attaquer personne; et pour preuve de l'innocence de ses intentions, il al» léguait qu'il n'était point venu de lui* même, qu'il y avait été sollicité, et qu'au lieu d'attaquer, il s'était toujouis tenu sur la défensive : qu'il était dans la Gaule avant les Romains qui , avant cette époque, n'étaient point sortis de leur province. Que lui voulait César T Pourquoi venait-il dans ses états? celte Gaule lui appartenait, comme la nôtre était à nous; et s'il n'était pas Juste qu'il entreprit rien sur ce qui était fc nous, il y avait la môme injtistice à nous de faire quelque entreprise que ce fût sur ce qui était à lui; qu'à l'é* garddenoire alliance avec les Autunois, il n'était pas tellement ignorant dos affaires du monde qu'il no sût fort bien qu'ils ne nous avaient donné aucun secours dans notre dernière guerre contre la peuples de la Savoie et du Dauphiné;