‹ Bibliotheque militaireChapitre 516 sur 614 · ROMULUS · texte numérisé non relu

ROMULUS

Les Romains n'avaient point de femmes. Pour leur en procurer , Romulus fit publier dans les villes voisines qu'il célébrerait une fête publique à l'honneur de Neptune» dompteur de chevaux, et donnerait des prix considérables pour les courses ; le spectacle attira beaucoup de mande des villes des environs, hommes, fem* mes et filles. Romulus défendit de toucher aux hommes et aux femmes ; il ordonna seulement d'enlever les filles , non pas pour les insulter, mais pour les épouser. Ce fut ainsi que les Romains commencèrent à se créer une postérité.

II. Romulus campa à dix stades de la ville de Fidène. La nuit il fit sortir ses troupes des retrancbemens. En ayant pris la moitié, il la fit marcher de front, et ayant ordonné aux autres de marcher en colonnes, il marqua en secret aux chefs ce qu'ils avaient à faire. Pour lui , accompagné de quelques-uns des plus dispos, tous armés de haches , il se présenta aux murs , après avoir conunandé au reste de ce corps d'armée de se tenir en embuscade près de là. Au point du jour il fit attaquer les portes à coups de hache. Les Fidénates, troublés par la témérité de cette entreprise, ouvrirent les portes , et fondirent en désordre sur les ennemis. Les Romains lâchèrent pied. Les Fidénates, ne

POlYfiN, LIV. VUI.

voyant que ceux qui leur faisaient face, sans apercevoir ceux qui étaient derrière, méprisèrent ceux qu'ils voyaient, et les poussèrent vigoureusement, dans l'espérance de les exterminier. Quand ils se furent avancés plus loin , les chefs qui conduisaient les colonnes couverts par la ligne de front, les firent approcher, et s'as^seoir à terre, afin que les ennemis ne le vissent point. Cela fait , ceux de la ligne de front prirent la fuite , et s'étant coulés derrière les colonnes, firent volte-face contre ceux qui les poursuivaient. Alors les colonnes se levèrent, et ces soldats frais se jetèrent avec grand bruit sur les Fidénates harrassés , qui furent attaqués en même temps par ceux qui avaient fait semblant de fuir. Les Fidénates, poussés de toutes parts, furent mis en déroute, et la plupart tués , et leur ville fat prise.

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