‹ Bibliotheque militaireChapitre 528 sur 614 · CHAPITRE XYI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYI

9CIPI05.

Sdrpkm étant en Ibérie, ftat informé que l'armée ennemie venait an combat sans avoir repu. Il affecta de la lenteur à mettre ses troupes en ordre de bataille. Ce ne fut qu'à la septième heure du jour qu'il fit aller à la charge, et rencontrant des ennemis affaiblis par la faim et la soif, il n'eut pas de peine à les vaincre.

n. Scipion chassa de son camp toutes les filles de joie, et leur dit d'aller dans les villes où l'on était en fête. Il commanda d'Ater les lits, les tables,, les vases, et toutes sortes de meubles, excepté à chaque soldat une marmite, une broche et un pot. Il leur défendit d*avi»ir Mcun gobelet d'argent, plus grand que de la capacité de deux co- ^s/et de se baigner. Il voulait que ceux q«l M frottaient dliuile, se frettasseoi eux^^vêaies. Il disait qu'il n'y avait que les bétes de charge qui avaient besoin de frotteurs étrangers.

Il voulait qu'on dinftt debout, et qu'on ne prît rien de cuit à dîner. A souper il permettait la viande rôtie et boniUie. Pour vêtement il voulait qu'où se servit de la saïe gauloise, et kû, tout le premier, en prit une noire, qof il attacha avec une a^afe. Voyant un jour les oflSciers généraux couchés aur des nattes, il dit qu'il ne pouvait s'empêcher de déplorer la mollesse et le luxe où il voyait les troupes pion-

m. SopioD VQyanb un soldat qui

portait un pieu pour le retranchement, lui dit : «Camarade, il me paraît que tu as de la peine. — Beaucoup, dit le soldat. — C'est bien fait, reprtt Scipion, puisque tu te fies pkisà une pa« lissade qu'à ton épée. »

lY. Scipion trouvant un soldat q«l s'en faisait accroire, 4 cause de la beauté de son bouclier, lui dit : « D aat honteux pour un Romain d'avoir plot de confiance en sa matai gandie qu'ea sa main droite. »

y. Scipion , voyant le peuple aai* mé et en mouvement contre loi, dit:

« Je n'ai pas peur des cris tumultueux des soldats en armes; je ne serai pas étonné par le bruit d'une foule de gens, dont je sais que l'Italie n'est pas la mère ; elle n'en est que la marâtre. > Ce discours fit apaiaer le tumulte, et le bruit cessa.

VL Qaand Scipion eut pris la viHe d'Enysse en Ibérie, CMX qui poursin* valent les fuyards , lui amenèrent ooe fille d'une beauté merveilleuse. Il en fit chercher le père, et hi lui reaut entre les mains. Le pêne hu offirjt de grands présens, et Sdpion les lui rendit, en disant que c'était pour la dot do la fille. A toutes les antres femmes de condition, anx fifies et aux jeune» garçons qu'on avait pris, il donna à chacun une garde de deux Romains sages et des plus âgée, pour en avoir soin, et il fournit à tous les captifs ce qui leur était nécessMre, à chacun selon son état. La tempérance de Scipion gagna la plupart de» villes de ribérie, qui enCr^ent volontiers dans l'alliance des Romains.

Vn. Scipion ayant fait alliance avec Syphax, roi des MassésyUens, était passé en Sicile. Asdrubal avait une fille d'une beauté admirable. Il promit de la donner en mariage à Syphax, s'3 vouJWt abandonner les Aornaina^ 3s^

POLYBN, LIV. VîII.

phax épousa la fiMe, et 9'étant nni d'intérêt an Carthaginois, il écrivit ansflitAt à Scipion, pour M défendre d'entrer dans la Lybie. Seipion, sachant que tes Romains, qui avaient fait grand fond sur l'amitié de Syphai, ir'oeeraient rien entreprendre contre la Lybie, s'ils étaient informés de sa défection, les assembla tous, et changeant le sens de la lettre de Syphav, il leur fit entendre qu'jl appelait les Romains en Lyhie ; qn'il s'étonnait de leur retardement, et lev représentait qu'il fallait mettre à profit son secours et son alliance. Par ces discours, Scipion anima les Romains. Ils demandèrent avec empressement qu'on leur fixât au plus tôt le jour de leur embarquement.

YIII. On prit trois espions carthaginois, et selon les Iqis romaines on devait les faire mourir. Scipion ne voulut pas user de cette rigueur. Il leur fit fake le tour de l'armée, et ils y Tirent les Romains qui s'exerçaient, tes uns à tirer le javelot, les autres à lancer des traits, d'autres à sauter, d'autres qui préparaient leurs armes, et d'autres qui aiguisaient leurs épées. Quand ils eurent tout obaervé, on les ramena à Scipion, qn , les ayant fait diner, leur dit : « AHea^-vous^n dire à celui qui vous a enfoyés, to«t ce que vous avez vu. « Les espions, de retour, firent un firièle récit de toutes choses aux CartkagiiKHS, qui furent frappés d'étonnement, en apprenant les grands préparatib des Romains, et la grandeur d'âme de Scipion.

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