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CHAPITRE XXm

GÉSAB«

Gèaar étant sur mer, poor aller trou? er Nicomède, Ait pris nir la cAte de Malée par des pirates de Gilide, qui kd denandèrent une rançon considérable. César leur promit le double de ce qn'ib demandaient. Ils abordèrent à lUet, an dehors des mors. César envoya dans la ville Epicrate, esclave milésien, qni était k son service, et pria par Ini les Milésiens de Ini prêter de l'argent. On lui envoya dans le moment tout ce qu'il demandait. Epiante avait en Â-dre en même temps de préparer un grand festin, avec une emche pleine d'épées, et du vin mêlé de suc de Mandragore. César compta aux pirates la double rançon qu'il leur avait promise, et leur présenta le festin qui leur avait été préparé. Les pirates joyeux de voir une si grosse somme, acceptèrent le régal, et burent amplement. La quantité de vin qu'ils prirent, et la mixtion qu'il y avait, les livrèrent au sommeil. César les voyant endormis, les fit tuer, et rendit sur-le-champ aux Milésiens l'argent qu'ils lui avaient prêté.

'H. César entrant dans les Gaules, eut les Alpes à traverser. On lui apprit que les troupes des Barbares montagnards gardaient les passages. Il étudia la nature du climat, et vit que du haut des montagnes il descendait en bas beaucoup de rivières, qui formaient des lacs, d'une grande profondeur, desqu^, à la pointe du jour, il s'élevait des bKQUiUards fort épais. Gé*

UT. Tin.

sar prit ce temps, même pour fhire fdre le tour des montagnes à la moitié de ses troupes. Le brouillard en déro* ba la vue aux Barbares, qui ne firent aucun mouvement. Mais quand César se trouva sur la tête des ennemis, ses troupes jetèrent de grands cris. L'au^ tre moitié de son armée, qui était en bas, répondit à ces cris par d'autres, et toutes les montagnes des environs en retentirent. Les Barbares furent épouvantés, et prirent la fuite. Ce fut ainsi que César traversa les Alpes sans combat.

m. César faisait la guerre aux Helvétiens. C'est une Dation de la Gaule, et ils avaient fait une incursion sur les terres des Romains, au nombre de trois cent mille hommes, dont il y en avait deux cent mille qui portaient les armes. César faisait toujours retraite devant eux, à une journée de distance.

Cette timidité l^parente animait d'autant pins les Barbares à le poursuivre.

Eufiu ils arrivèrent au Rhône : et comme ils étaient sur le point de le passer, César campa auprès du fleuve. Le fleuve est rapide, et les Barbares eurent bien de la peine à le passer. Ils n'avaient encore mis que trente mille hommes de l'autre cAté, et le reste ne devait passer que le jour suivant.

Ceux, qui étaient passés, se reposaient de leur fatigue sur le bord du flcMre. César survint la nuit, efles ayant ffiaqués, les mit tous en déroute, à cause que le fleuve les empêchait et de se joindre et de faire retraite.

ly. Dans une incursion des Germains, César n'osait donner combat.

Mais ayant appris que leurs devins les avaient avertis d'éviter d'en venir aux mains avant la nouvelle lune, il se hâta de faire avancer ses troupes, dans Tes* pérance que la superstition rendrait les Barbares moins ardens an combat. En

MLTBlft LIT. Vm.

cflèti pour avoir Uen pris «m temps, îl remporta une tictoiré éclitente sm* leaGermaiQS.

Y. César étant danaTHe de Bretagne, vonlait passer an grand fleuYO.

Gassivellane, roi des Bretons, s'opposait an passage^ avec une cavalerie ■ombreuse et beaucoup de ekariots.

César avait un très grand éléphant, animal que tes Bretons n'avaient ja* mais vu. Il Tanna d'écaiUes de fer, lui mit sm* le dos une grande tour garnie de gens de trait et de frondeurs, tous adroits, et le fit avancer dans le fleuve. Les Bretons furent frappés d'étonnement à l'aspect d'une bête si énorme qui leur était inconnue. Et qu'est-ii besoin de dire 4ue leurs chevaux en ftirmt effrayés, puisqu'on sait que parmi les Grecs même, la vue d'un éléphant nu fait fuir les chevaux ? à plus forte raison ceux des Barbares ne purent supporter la vk d'uo éléphant armé et diargé d'une tour d'où volaient des pierres et des traits. Bretons, chevaux, et chariots, tout cela prit la fuite, et les Romains, par le moyen de la terreur que donna un seul animal, passèrent le fleuve sans danger.

VI. César, informé que Q. Cicéro, assiégé par les Gaulois^ perdait courage, envoya un soldat avec un billet qu'il lui ordonna d'attacher à un javelot, lancer dans la place. Le solfit, et les gardes des murs ayant trouvé le billet, le portèrent à Q. Cicéro qui y lut : a César à Cicéro. Courage ; attends du secours. » Peu de temps après on vit s'^vw de la fumée et de la poussière, c'était César qui ravageait le pays. Il fit lever le siége« et non seulement il délivra Cieéro, mais il chfttia encore les assiégeans.

Yn. César, à la tète de sept miDe hoanoaa» faisait la guerroaiu Gaulois*

et^l darle

Pour fUre crob'e qu'il avait encore moins de troupes, il fit dresser des re* tranchemens de peu d'étendue, et ayant choisi un lieu couvert, qui loi parut commode, il s'y cacha avec la plus grande partie de ses soldats.

Quelques cavaliers sortirent des retranchemens pour escarmoucher avec les Barbares qui, voyant si peu de gens, vinrent à eux en sautant. Les R<maains se mirent à couvert de leurs tranchées, et les Barbares s'attachèrent à défaire la palissade. Pendant ce tempa-là le signal fut donné par la trompette, et à l'instant les gens de pied sortirent des retranchemens, et César sortant de son embuscade avec la cavalerie, vint attaquer les ennemis de l'aotra o6té. Les Gaulois se trouvèrent enfermés au milieUi et la plupart fÉreiA tués.

VIII. César assiégeait un tort des Gaulois. Après que les Barbares eurent fait une longue résistance, il tomba une pluie si abondante, que eeux q« gardaient les murs, abandonnèrent tous leurs postes. César fit prendre les armes au même instant, et attaquant les murs, il les trouva sans défense. 11 n'eut pas de peine à monter desa»^ et la place fut emportée.

IX. César avait entrepris de se rendre maître de la plus grande ville des Gaulois, nommée Gergovîe. Il avait devant lui Vercingetorix, roi des Ga»* lois, avec une armée de sa nation. Il y avait un grand fleuve qui portait bateaux, et dont le passage paraissait nn* possible. Les Barbares avaient du mépris pour César, et se persuadaient qu'il n'osait passer le fleuve. Pendant la nuit, il cacha dans une forêt épaisse deux légions, qui, pendant que kê Gaulois observaient César, rétablirent tin ancien pont qui était vers le haut de la riviém. On l'avait romput

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Ifls piles de bok étaient encore sur pied, et les trarerses qoî nanqnaient, ftnrent conpées dans la forêt, et mises en place avec tant de proraptitade, <|oe les Romaina passèrent de Tantre cAtê avant cpie les Barbares s'en fussent aperçus. Ce passage exécuté contre tonte apparence, les étonna et les obligea de prendre la fuite. César fit traverser le flenve au reste de ses troupes sur des radeaux, et apprit aux Oaulois à le craindre.

X. César assiégeait Gergovie, qui était une ville très forte, par la bonté de aea murs, et par son assiette avantageuse. Elle était bfttie dans un lieu élevé et sûr, sans hauteurs du voisinage qui la dominassent. A gauche il y avait des taillis bas et épais, qui joignaient la colline sur laquelle était la vflle ; à droite, (tétait un précipice où il n'y avait qu'un petit sentier que les Gergôviens gardaient avec beaucoup de soin et de troupes. César prit les plus dispos de se^ soldats et les plus endurcis à la fatigue, et les envoya la nuit dans les taillis. D ne leur donna que des javelots très courts, et des dagues de peu de longueur, à cause de l'embarras des broussailles, et leur ordonna de se couler doucement dans ces taillis, non pas tout debout, mais couchés et en se traînant sur les genoux. Ces gens se traînèrent ainsi jusqu'au point du jour, au cAté gauche de la colline. Au cAté droit. César présenta son armée, pour y attirer les Barbares. En effet, ils s'opposèrent fortement à l'ennemi qu'ils voyaient, pendant que ceux qu'ils ne voyaient pas gagnaient la hauteur.

XI. César assiégeait Âlésia, ville des Gaules. Les Gauloi» avaient rassemldé contre lui jusqu'à deux cent mille hommes. La nuit, César fit un Ailidicniaiit é§ trois -tf^ soldats

UT. tm.

Men armés , et de toute la cavale^ rie, et leur ayant faire ihire le tour du camp des ennemis à droite et à gauche, leur ordonna de se montrer le lendemain à la seconde heure du jour, d'attaquer ks derrières des ennemis, et de cMbattre vigoureusement. Au point du jour il mena le reste de ses troupes au combat. Les Barbares, fiers de leur multitude, reçurent les Romains comme en badinant. Mais quand ceux qui étaient derrière, se forent montrés, en poussant de grands cris, les Barbares environnés n'espé^ rèrent plus de pouvoir s'échapper. Ib se troublèrent, et l'on convient qu'il y eut un très grand carnage de Gaulois.

xn. César voulant s'emparer de Dyrrachium, dont Pompée était le mitftre, avait peu de cavaliers ; au lieu que la cavalerie des ennemis était nom*^ brense. Yoici fartiBce dont il usa, pour donner i croire qu'il avait beaucoup de chevaux. Ayant fait monter à cheval quelque peu de cavaliers; il les fit précéder par trois compagnies d'rn^ fanterie, qui n'avaient d*autre ordre, sinon d'exciter, en traînant les pieds, le plus de poussière qu'ils pourraient.

Les nuages qui s'en élevèrent, firent croire aux ennemis que César avait un corps considérable de cavalerie; k penr les saisit, et ils prirent la ftaiie.

Xin. César se retirait avec son ar^ mée par un chemin étroit. Il avait à sa gauche un marais , la mer à sa droite, et les ennemis en queue. Il contenait ceux-ci par de vigoureuses attaques et par des haltes fréquentes. La flotte de Pompée , qui le côtoyait « l'incooK modait fort, en tirant sur ses troupes. Pour rendre inutiles tous les traita qu'on lançait du côté de la mer, il o^ donna à ses soldats de passer leur boil' dier de la main gauche à la maâi droite; ^par ce ffoyea itaan tiomiroiH

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BOIUTW, UV. ?lli.

àccNivertda côté de la flatte ennemie.

XIY. Pendant que Géwr et Pompée étaient en Thessalie, oehii-ci, qui était dans l'ationdance de tontes choses, entait de combattre ; tandis qne César arait impatienc^d'en venir à one action décisive. Pdr exciter les en* nemis à se dét^miner an combat, César fit semUant de décamper, comme ponr allor ani vivres, et mit ses tronpes en marche. Celles de Pompée prenant cela ponr one Aiite, méprisèrent Tarmée de César ; et ne pouvant plus se modérer, elles s'avancèrent et forcèrent Pompée à les emmener au combat. Quand César les vit en mouvement, il les attira dans une plaine; et ayant fait volte-face, en ce lieu, il donna une bataille fameuse, dont le succès lui fut glorieux, par une victoire complète.

XY. Les soldats de César, ennuyés de porter les armes, se soulevèrent, et demandèrent leur congé avec grand bruit. César s'avança au milieu de la multitude, avec un visage gai et une contenance assurée ; il dit : « Camarades, que demandez-vous ? » Ils crièrent tous : « D'être congédiés. » Il répondit : «A la bonne heure, citoyens, demeurez en repos, et ne faites point de tumulte, x» Ce terme de citoyens, employé par César, au lieu de celui de camarades, piqua les soldats; ils changèrent de sentiment à l'heure même, et crièrent : «c Nous aimons mieux être appelés camarades, que citoyens. »

César répondit en riant : a Pour redevenir Camarades, faisons donc de nouveau la guerre ensemble. »

XYI. Dans une bataille contre le jeune Pompée, César voyant les soldats prendre la fuite, descendit de cheval, et s'écria : « Camarades, n'avez^vous point de honte de m'abandouer m pouvoir des ennemis, .en

fuyant Itebement? » Ce discours don»

na de la confusion aux fuyards; ila firent volte face, et revinrent au a»Bh bat.

XYn. César voulait que ses soldats se tinssent toujours prêts à marcher ; les fêtes, pendant la pluie, la nuit, le jour, à toute heure ; et c'est pour ceia qu'il ne marquait jamais d'avance, ni le jour ni le moment.

XYIII. César faisait toujours ses irruptions à la course, afin qne les tral* neurs ne pussent l'atteindre.

XIX. Quand César voyait ses soldats troublés par le bruit qui se répandait que les ennemis attendaient de nombreuses troupes, loin de le nier, il faisait encore le renfort pins considérable qu'il n'était, et disait à ses troupes, pour les animer, que plus on avait d'ennemis, plus il fallait apporter de courage à les combattre.

XX. César voulait que les armes de ses soldats fussent enrichies d'or et d'argent, non seul^ent parce qu'elles en étaient plus belles, mais aussi parce que les voyant d'un grand prix, ils combattraient d'autant plus vivement pour ne les pas perdre.

XXL César ne faisait pas d'attention à toutes les fautes des soldats ; et les coupables , il ne les punissait pas toujours selon la rigueur des lois, n estimait que l'indulgence dont il usait en ces rencontres, rendait les soldats plus courageux. Biais il ne pardonnait jamais de s'être révolté , ni d'avoir quitté son poste.

XXIL César appelait ses soldats camarades, dans le dessein de les rendre plus courageux dans les combats, par l'honneur qu'il leur faisait de les égale» à lui.

XXIII. César ayant appris qne des légions avaient été dédites dans lei Ganles, jura denese peintfaiieoMver

poLt»; Lrr. vm; 813

les cheTeni, qn'il n*eflt Tengé la mort | soldai, qni ne s'atteBdaient point à

une pareille surprise.

des Romains. Cela loi causa raffection de tout le monde.

XXIV. César, dans une disette de grains, fit faire du pain pour ses soldats, avec une certaine plante. On donna un de ces pains à Pompée, pendant la guerre qui se faisait entre César et lui. Pompée fit cacher ce pain, pour ne pas apprendre à ses soldats jusqu'où les ennemis pouvaient pousser l'abstinence.

XXY. César étant près de donner bataille à Pompée, vers Pbarsail, observa que la plupart des ennemis étaient de jeunes gens que leur beauté rendait vains. Il ordonna à ses soldats de pousser la pointe de leurs lances et de leurs javelots, non pas contre les corps des ennemis, mais contre leurs visages. Ces beaux garçons craignant d'être défigurés, prirent bonteusement la fuite.

XXVI. Les soldats de César ayant reçu un échec aux environs de Dyrradiîum, s'offrirent d'eux-mêmes à être décimés. Non seulement César ne voulut point les punir : mais il les consola, et les exhorta i réparer le malheur par de nouvelles tentatives. Cela fit que dans les combats suivans, le grand nombre des ennemis ne les empêchait point de remporter la victoire.

XXVn. Pompée avait fait dénoncer comme ennemis tous ceux qui se tiendraient neutres entre César et lui; César, au contraire, déclara qu'il regarderait comme amis ceux qui ne se porteraient ni pour l'un ni pour l'autre.

XXVni. César était en Ibâ'ie auprès d'Ilerda. Il s'était fait une trêve, et pendant qu'elle durait encore, les ennemis ayant fait irruption dans ses quartiers, y tuèrent beaucoup de ses

César fit ren* voyer sains et saufs tous ceux qui se trouvèrent dans son camp ; et cela lui fit gagner l'estime et la bienveillance des ennemis.

XXIX. César ayant vaincu Pompée i Pharsale, vit que ses troupes n'u* saient pas de la victoire avec modération. Il s'écria : < Épargnez les ennemis. »

XXX. César ayant heureusement terminé toutes ses guerres, permit à chacun de ses soldats de sauver celui des ennemis qu'il voudrait. Par oette humanité il rappela tous les Romains qui lui avaient été opposés , et la ville se remplit de gens qui lui devinrent afiectionnés.

XXXI. César fit redresser les statues de Pompée et de Sylla, ses ennemis, que la multitude avait renversées.

Cela plut extrêmement aux Romains, et lui en attira la bienveillance.

XXXII. Un Aruspice dit une fois que le sacrifice n'était pas de bon augure. César répondit : < Il le sera, quand je voudrai. i> Par ce discours il rassura les soldats.

XXXin. Une victime fut trouvée sans cœur, a Quelle merveille, dit César, qu'une bête manque de cœur I »

Ces paroles donnèrent du coq^ge aux soldats.

couve I

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