‹ Bibliotheque militaireChapitre 573 sur 614 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

POLYEN as FRONTIN.

Les ouvrages que nous avons de Frontin et de Polyen, quoique très abrégés , seront long-temps utiles à ceux qui voudront s'instruire des îisages militaires et de la tactique des anciens. Leur titre paraît désigner qu'ils ne renferment que ce qui porte, véritablement l'empreinte de la ruse et de l'adresse : néanmoins, on y trouve encore des moyens simples et des pratiques communes à la guerre , avec d'excellentes maximes d'ordre et de discipline. Frontin est celui qui en a fait un meilleur choix, et l'on reconnaît de suite qu'il avait fait la guerre et l'entendait. Les dispositions et les manœuvres qu'il décrit, quoique trop concises, se présentent d'ailleurs claires et intelligibles; telles on reconnaît celle de Paul-Émile contre Persée, celle de César à Pharsale.

Polyen n'a pas suivi le plan judicieux de Frontin, et il n'écrit pas avec le même discernement. Dans le nombre des faits qu'il a rassemblés , il s'en trouve plusieurs qui sont d'insignes trahisons et des perfidies indignes d'un homme de guerre. Il est vrai que son septième livre renferme beaucoup de fourberies familières aux Barbares , et que la préface parait annoncer que ce livre est destiné à faire connaître celles dont ils étaient capables. Gela u'empéche pas qu'il n'y en ait encore plusieurs du même genre répandues dans son ouvrage , et mises au rang des Stratagèmes. Frontin, plus éclairé, n'est pas exempt du même défaut.

J'ai pensé qu'il ne serait pas inutile de discourir sur la nature des ruses permises , afin de prévenir les fausses idées que quelques esprits peuvent concevoir de cette partie si importante de la guerre, surtout en s'autorisant de la lecture de ces deux auteurs. Il est des ruses qu'il ne faut apprendre que pour s'en garantir. L'homme de guerre fait autant profession de franchise et de droiture , que de courage et de prévoyance ; et s'il emploie les ressources de son génie pour vaincre, il déteste en même temps la perfidie , et tout ce qui porte atteinte à la parole donnée ou à la foi publique.

REMARQUES

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PCbTB» 8T mdJTTZlSr.

ARTICLE PREMIBIL

S'U était peraûs d'sser de tons les moyens à la guerre, pour réussir dans ses desseins, cet art, qui est celui de yaiucre par la râleur, la prudence et l'adresse, deviendrait Téeole des plus gmds crimes. Les /hoBumes s'habitueraient à la trahison , et bientôt se feraient gloire des actions les plus odieuses. Mais il est une régie pour en fixer le choix, et mesurer la distance qui sépare la finesse de la perfidie.

L'honneur et la probité feront toujo^jHTs comprenifre oà il faut marquer le point de séparation.

Vous connaissez la résolution de Zopyre, qui, pour rendre Darius maître de Babykme, se fit couper le nez et les oreiltes, et Tint en cet état se présenter aux Babyloniens, comme une vietime de l'injustice et de la cruMité de son maître. Son but était de s'attirer leur confiance, et de leur Ater tout soupçon. Les trop crédules Babyloniens n'hésitèrent point à recevoir un des princîprax seigneurs de Perse, qui devait consener le plus vif ressentiment du traitement indigne

qu'il pariyssait avoir reçu : ils lui donnèrent le conunaodement de leurs troupes et lui confièrent la garde de leur ville, dans laquelle 11 introduisit bientôt Darius. Tarquin se servit d'un moyen semblable pour s'emparer de la ville de Gabie. Il fit maltraiter Sextus son plus jeune fils, qui se réfugia chez les Gabions, s'attira leur confiance par beaucoup d'exploito contre les Romains, et gagna si lûen Irar e^ time qu'ils en firent kur générât Lorsqu'il fut revêtu du pouvoir, il se défit, par le conseil de son père, dea plus puissans des Gabions. Cette rase perfide, était digne tf un tyran tel que Tarquin : on vit heureusement d'autres vertus paralfare dana ta répuMi-* que.

J'ai entendu quelquefois parler aveô éloge de l'action de Zopyre, et traiter môme d'héroïsme un si généreu dé»

vouement. Mais n'y voit^m pas dans le fond une perfidie, une trafaisra infâme? Si quelque chose peut justifier • Zopyre, c'est le génie des peuples d'Orient, ou l'impression du despotisme asservit les esprits. Dans un gouvernement monarchique , il ne viendrait

REMARQUES

pas même l'idée au prince de souhaiter un pareil sacriflce ; et s'il l'exigeait encore, l'honneur aurait (troil de mettre une barrière à la soumission. On sait la réponse de Grillon à Louis XJII , lorsqu'il lui proposa de tuer le maréchal d'Ancre : «c Ma vie et mes biens sont à vous, Sire; mais je serais indigne du nom français si je manquais aux loi| de l'houneur. »

n offrit de se battre contre le maréchal l'épée à la main.

Mithridate avait dans son armée un seigneur dardanien nommé Olthacus, bien fait, dit Plutarque, hardi et estfané par son bon sens, sa politesse et ses agrémens. Il offrit au roi, pour gagner sa bienveillance, de tuer Lucullus : le roi l'approuva, et pour lui fournir un prétexte, lui fit des outrages devant tout le monde. Olthacus, paraissant ne respirer que la vengeance, se rethra vers LucuHos, et gagna si bien sa confiance par sa valeur, son esprit et ses manières insinuantes, qu'il le fUsàit manger avec tuf et l'appétait fr tiras ses conseils. Croyant un jour avoir trouvé Toceasion favorable d'4iéc«ter son projet, il alla sur le midi à la tetite du général comme pour lui parler iTallMres importantes. Heurénsenient pour LueuHus , il dormait :

siB gens ne voulurent point laisser entrer le Dardanien, quelque instance qu'lï pftt fahe; de sorte que craignant d'être découvert, il s'enfuit. Cette vote de se débarrasser de son ennemi élBk une perfidie^ que les défaites de MMMiHite et r extrémité la plus (tare ne peuvent jusIlBer. On connaît leemrtère de Louis XI, et m poHHqw pea scrupuleuse; néanmoins de pareils majrens htiparaisMiient odieux.

OMBpebim, i«iHeîer du duc 'dé Brâr- gegM, qu'ttfaîsail selHriter dleutrer à seii seffMie, non soQleneirt y eoiisen-

tit, mais s'offrit de tuer son maître ou de le lui livrer : le roi eut horreur de sa tfufajaoo, et malgré la haine qu'il portait au duc, il l'en avertit. Cet avis fut négligé, parce que le duc de Bourgogne, prévenu pour Campobasse, crut que c'était un mo jen dont on se servait pour lui rendre suspect un de ses meilleurs oflBciers qu'on n'avait pu gagner. Cette confiance aveugle lui coûta dans la suite la vie à la bataille de Nancy , car il y fkit trahi par ce même Campobasse.

Oronte et Rhéomitre étaient deux satrapes qui eonunandaient dans les provinces de l'Asie nûneure , lorsqu'elles se soulevèrent sous le régne d'Artaxerxèa llnémoa. Ils se mirent à la tète des rebelles et reçurent d'eux rargeut deatinè à lever des troupes, chacun dana son département.

Après s'être attiré leur conAmee , ils firent assembler un jour les diefs du parti, et les livrèrent au prince. Ceux qui prétenéettl qu'il est permis d'oeor de toutes sortes de vraies pour réduire les reb^es, ae regarderont paaeeci comme une perfidie : il est du moine certain que c*e8t une lâcheté.

La rébellion est un c^ime qu'il faut poursuivre par toutea les voles de la puissance et de FautoriCé. On peut même y employer t'adresse; par exemple, si l'on était sotlieité deHvrer une place, ou d'entrer dans quelque eonspiration contre son pays, <n» peurraît feindre d*eii écouter Atvorable*»

ment les propesitioM, pour nrieux découvrir la trame et en donner aussi* têt avis. Mats on ne doit prendre mk cun engagement «his la foi du ser<^ ment. Celid qui ne se feraîl pas un ^drupule de servir ainsi sa peMe, ae* rdt avec raison soupçonné d*ètre tout au^i capable de la trahir.

. Si les arilMs que Je viens de rap«

SUR POLTBN W FMNTIN.

porterontiHièli^apiiroiiyées, etmé* ritèrent des récompenses, elles ne seraient pas moins jugées dignes de blÉne parmi nous, qui devons nons coodnire par les motifs de Phoonear.

Les peoptos d'Orient, enohatnés sous dea despotes, n'avaient d'autres lois que leur volonté, rt pliaient facile* ment leor espirit à tontes ces souples* saa. Anssi les émigrations qui se firent à Rome des Grecs d'Asie, des Phéniciens et des Syriens., achevèrent-eiles d^ corrompre la justice et les mœurs.

11 ne faut donc pas confondre, comme ont fait nos deux auteurs stratagém^ues, les ruses avec les trahisons.

Les premières sent tonjoors permises, jamais les autres; et rien ne peut discnlper oehii qui manque à sa parole.

Si Von prend des engagemens téméraires, il est sage de s'en repentir; mais il parait qu'on ne doit plus rien fake qui aille dnreetament contre ses sermcns. On trouve dans l'histoire de Tiivenne un exemple mémorable de la fidélité qu'on dmt à sa parole, ce qui prouve quels eussent été ses sentinens dans toote autre occasion. Ayant été arrêté par des voleurs, il leur promit cent louis pow conserver une bague qu'il chérissait. Un d'eux eut le lendemain la hardiesse de venir loi demander l'exécution de sa promesse :

il fit donner l'argent et laissa le temps au voleur de s'éloigner avant de racpnter l'aventure.

On peut donner à Tennemi de faux avis, le trompa par de& démonstratiflM feinles, l'iMirer dan» quelque piège : mais le iransiuge contraete par l'osile qu'il reçoit un engagement ta^ cite que le <koit dea geae rend inviolaUa. Voilà pourquoi des gens de guerre scmpuleux ne voudraitBt pas se prêter à une ruse comme celterque Smitin attflbtte à Aiwihal le inor de

la batatlie de Cannes. Il envoya, At-il, six cents cavaliers numides se rendre aux Romains, qui les désarmèrent et les mirent à l'arrière-garde. Lorsqu'on fut aux mains, ils tirèrent des épées courtes qu'ils portment sous leurs casaques , et se saisissant des boucliers épars, chargèrent les Romains par derrière. Appien et Tite-Live rapportent le même fiiit comme une des causes de la perte de cette bataille , bien.qu'il soit peu probable qu'un pa« reil stratagème eut pu contribuer beaucoup à la victoire d'Annibal.

Néanmoins ces sortes fie ruses n^ont pas toujours paru illégitimes. On a souvent fait déserter des soldats qui se rendaient dans une place à dessein de s'y emparer d'une porte/ ou d^en faciliter la prise par quelque autre voie. On a fait passer à l'ennemi de faux transAiges pour lui donner des avis qui pussent l'engager dans de mauvais pas. Hermocrate , qui coni'mandait dans SyVacnse, ayant su que les Athéniens, après leur dernière défaite devant cette place , étaient réscdus de se retirer, leur envoya dire que leurs amis les avertissaient , ée ne point se mettre en marche la nuit, s'ils voulaient éviter les embuscades qu'on leur avait préparées. Micias leur . général te oral, difllira jusqu'au lendemain, et donna le traips^à Hermocrate de faire occuper les passages et les défilés, et de les défont entièrement.

Grotitts admet toute entreprise sur le chef des ennemis par hi veiede la surprise ; en se glissant, par exempiet furtivement ou déguisé dans le camp ou dans la ville ; il s^appuie 4t quelques exemple» mtmm, etitna antres de celui de Mttips Scévola ot dlSIéasEar. Mais coque rintirèt de la religion oaf amour do UJiberté pouvait faire»

entreprendre anirofoisi (fons la crainte

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UMAlIQimt

de Uambet sous une domioatioD tyraaniqiie, ne doit pas être permis entre des chrétiens : c'est ce zèle pour la patrie et la religion qui a consacré, sous le titre d'héroïsme, l'action de Judith, qui serait actuellement très crimioelle.

S'il est permis à un général de se servir de ces derniers moyens, du moins est-*il s&r qu'il y a de la honte pour ceux qui s'y prêtent et en deviennent les instrumens. Il n'en est pas de même de ceux qui se travestissent pour s'introduire dans une ville et la livrer, ou pour observer ce qui se passe chez l'ennemi. Catinat se déguisa en charbonnier pour entrer dans Luxembou^ et reconnaître l'état de la place. Quoique ce métier ne nous paraisse point honorable , il s'excuse cependant par l^ zèle du service et par son but désintéressé : car dans le fond wtrce autre chose que ce que fojat tous les jours des oiBciers qui, i la faveur de la langue, se mêlent parmi l'ennemi ou qui, étant à la tête d*ttne troupe, trompent ceux qui viennent les reconnaître, en déguisant leur parti et donnant le mot qu'ils ont surpris?

La reine de Carie, ayant battu la flotte des Rhodiens, arbora leurs pavil* loQS et fit couronner les poupes de ses vaisseaux en signe de victoire. Les Rbodiens caroyant que c'étaient leurs gens, les reçurent dans le port avec des acclamatkMis de joie qui firent hientAt phice à la douleur et à la honte.

En 1672, on s'empara d'un fort en Hollande, en faisant prendre aux troupes qu'mi y employa des habits de Hollandais : elles s'approchèrent du fort en plein jour et feignant d'être poimuivies par les ennemis, demandèrent un asile* Le commandant trom*

pé par la langue que parlaient très ikm plusieurs oflBciers et soldids, et par les habits, ouvrit les portes.

Le chevalier de Luxembourg, chargé de passer un convoi de pondre dans Lille, trompa de même la garde des lignes : il eût fait passer tonte sa trompe qui était de mille chevaux avec chacun un sac de poudre en croupe , si quelqu'un, pour ne pas allonger la file , n'eût crié : « Serre. » Cela les fil reconnaître; la garde tira dessus, ferma la barrière et arrêta ce qui n'était pas passé.

Quoique dans tous les genres de stratagèmes, les nuances qui les dîfiérencient se rapprochent et paraissent quelquefois se confondre, il est cependant des notions qui n'échappentpoîDl aux idées de l'honneur et de la délicatesse. Par exemple, il serait bien permis à des officiers prisonniers et renfermés, de pratiquer des intelligences, de corrompre des habitans on des sol<faits de la garnison , de donner des avis et de faire surprendre la place s'ils le pouvaient; mais cela ne conviendrait point à ceux qui auraient la liberté sur leur parole. Toutes les occasions où elle est engagée directement, où elle établit une confiance réciproque, excluent la snrfH'ise, quelqu'avantage qui en revienne.

La guerre est un jeu, où, comme dans tous les autres, les ruses d'adresse et de finesse sont permises , et non la friponnerie. Ce mot de Lysandre : <c Qu'il faut amuser les enfans avec des osselets et les hommes avec des sermons, » est une maxime indigne d'être mise au rang des stratagèmes.

Lorsque le maître d'école de Pbalère ofirit à Camille de lui remettre entre les mains ses jeunes écoliers , Camille trouva cette action horrible, et se tournant vers oeux qui étaient avec

VCVL MLTBR KT mOimN.

Ml

lai, il leur dit : «C'est une méchante chose que la gaerre et une cause d'injustices et de mauvaises actions; cependant il ne laisse pas d'y avoir des règles et de certaines loisppur les gens de bien, et il ne faut pas être si avide de la victoire , qu'on n'évite avec soin le reproche de la devoir à des moyens impies et honteux. Car un général doit compter sur sa propre vertu et nullement sur la méchanceté et la perfidie des autres. »

€alUcratidas , ayant dessein de se rendre mattre du fort de Magnésie , demanda en grftce à celui qui commandait, de recevoir quatre des siens qui étaient malades, ce qui lui fut accordé. Il les mit chacun dans un lit, munis de cuirasses et d'épées cachées sous les couvertures: chaque lit fut porté par quatre soldats, ce qui formait le nombre de vingt. Ils tuèrent les gardes et s'emparèrent de la place. Ce genre de surprise, sous telle face qu'on l'envisage, ne paraît point excusable, n prouve qu'il faut se méfier de son ennemi jusque dans les services qu'on lui rend.

La surprise d'Amiens par les Espagnols sous Henri IV ; celle d'Uim par l'électeur de Bavière en 1702, sont bien différentes pour les moyens qui n'ont rien que de légitime. La première s'exécuta à l'aide d'une charrette de noix que l'on fit répandre sur le pont ; et pendant que la garde s'occupait à les ramasser, des soldats travestis en paysans regorgèrent et s'emparèrent de la porte. La seconde se fit en introduisant dans la ville quelques officiers déguisés, les uns en paysans et les plus jeunes en femmes. Ils étaient armés de poignards et de pistolets : à une heure désignée , ils se trouvèrent auprès d'une porte, où ayant fait un signal convenu, ils furent

renforcés par d'autres ottkAets aussi travestis, jusqu'au nombre de quarante. Cette troupe se rendit maîtresse de la garde qui fut désarmée et renfermée dans le corps de garde. Pen-dant ce temps six cents dragons, embusqués dans un petit bois voisin, accoururent et s'emparèrent des bastions les plus proches, d'une tour et de l'arsenal. Ils s'y maintinrent jusqu'à l'arrivée de deux régimens de cavalerie, dont chaque maître portait un fantassin en croupe. On occupa les principaux postes, et l'électeur fut ainsi maître de la ville , malgré les eS'orts de la garnison et de la bourgeoisie qui avaient pris les armes à la première alarme. La même année le prince Eugène entra dans Crémone an moyen d'un prêtre et de quelques bourgeois qu'il avait gagnés; mais l'entreprise, si bien conduite jusqu'au point de l'exécution, manqua par un concours d'incidens imprévus. (Voyez plus loin les extraits de Feuquiéreg. )

ART. Il,

Il n'est personne qui, par un principe naturel d'équité et de droiture, ne puisse sentir ce qui lui est permis en bonne guerre : tous les détours que la subtilité de Tesprit peut suggérer, ne changent point le caractère des procédés. Montaigne, qui raisonne sur cette matière, sans rien définir, fait dire au philosophe Chrisippe : « Que ceux qui courent à l'envi doivent bien employer toutes leurs forces à la vitesse, mais qu'Une leur est aucunement loisible de mettre la main sur leur adversaire pour l'arrôter ou pour le faire choir. )>

8li

aUlARQITBI

Un cûmbat singoUer devait déoider eatrePittacos etPhrinoD, un différend q^ib afaient snr Sigée. Ils étaient convenus de se battre à armes égales, et véritablement il n'y avait pas de différence à rextérieur. Mais Pittacus avait caché sous son bouclier un filet dont il se servit pour embarrasser Phrinon et le tua. Polyen, qui n'a pas oublié ce stratagème» ne manque pas da faire une mauvaise pointe à cette occasion, en disant que Pittacus prit Sigée d'un coup de filet : il ajoute qu'il est le premier qui se soit avisé de c^e ruse dont se servent encore les gladiateurs dans les duels. L'invention n'en était pas par là fort anoblie , et l'orateur qui se vantait d'écrire pour riostruction des deux empereurs Lucius-Yerus et Marc-Aurèle, ne leur donnait pas toujours d'excellentes leçons.

L'application de la maxime de Ghrisippe dont parle Montaigne, suivie à la lettre , serait belle et généreuse. Alexandre, conseillé par Polysperchon, de proGter de Tobscurité de la nuit, pour attaquer Darius dans la plaine d'Arbelles, lui répondit qu'il ne voulait pas dérober la victoire.

Il faut convenir qu'il y a dans cette résolution d'Alexandre bien de la grandir d'âme : cependant elle était peut-être autant l'effet de sa prudence que de son courage. Il n'ignorait pas que les combats de nuit sont très dangereux ; que tout s'y passe au hasard, dans le trouble et la confusion ; que l'on peut tomber dans mille erreurs, et que l'obscurité favorise les Uk^es : le jour, au contraire, éclaire tes actions du moindre soldat. La maxime d'Alexandre , prise dans un sens trop gtaécal, pourrait être vicieuse. Il ne fisnt pas à la vérité se mettre dans le cas de rougir de la victoire ; mai» il est,

pour se la procurer, des moyens per« mis qu'il ne faut pas mépriser.

L'art de la guerre ttt cdui des ruses et des stratagèmes.

Fù'l vincer sempré mai laudabil cota Vincasi per fortuna 6 per ingegno.

Montaigne, dont les réflexions portent souvent à faux, et dont les maûmes n'ont pas toujours un carad^ fort élevé , fait une mauvaise application du distique italien. C'est à Toccih sion de la surprise de Ligny en Barrois , assiégé par Charles-Quint Bertheville, qui y commandait, étant sorti pour parlementer, pendant le pourparler la ville se trouva prise; ce qui était contre le droit de la goene, puisqu'il y avait une suspension d'armes. Or, l'italien dit,|i0r în^^no, esprit , et non per ingaimo , tromperie ; ce qui changerait la thèse et ferait une fort mauvaise maxime. Il est bien permis à un honune qui se bat i'épée à la main de feindre tierce pour tirer quarte ; mais il ne lui siérait pas de jeter de la poussière aux yeux de son adversaire, ni de se servir d'un filet conune Pittacus. Ce serait une trahison ; et l'on ne permet que les stratagèmes, c'est-à-dire ce qui est food4 sur les idées reçues et sur le droit de la guerre ; ce qui est autorisé et anobli par plusieurs exemples chez les nations policées.

Frontin rapporte un fatt (pi va de pair avec celui de Pittacus. Il dit qpie Mélanthe, général des Athéniens, étant défié en combat singulier par Xaitthe, chef des l'hébains, lui dit lorsqu'ils furent en présence, qu'il trouvatt mmrvais qu'il eût amrâé quelqu'un à ob rendez-vous ou ils se devaient trouver seuls. Comme l'antre se fal retoumé

SUR POLTSn ET FEONTIN.

pour wrir si on le saiwit, Mélanthe kii passa son épée aa travers du corps et le toa. Une traliisoii aussi infAme devrait-elle trouver place au rang des skatagèmes militmres ?

Frontin rapporte encore que Cli^ tènesée Sicywe, assiégeant mie ville, détourna Tean d'nn aqueduc, et l'ayant empoisonnée hii rendit son cours ordinaire. Ce moyen a été quelqueft» employé , et appliqué même aix farlMs, on puits, aui fontaines; choses qui en bonne guerre ne sont pas plus permiies que de faire empoisonner ou assassiner le chef des ettMnis. Grotius condamne de même l'usage pratiqué quelquefois par tes Gèles et les Partiies d'empoisonner les flèches, quoiqu'il ne le regarde pas comme contraire au droit universel des gens.

On petit imaginer tous les moyens pessftles de nuire à l'ennemi défensivement ou offensivemeni , pourvu qu'on n'y mêle point de perfidie. On peut non seulement se servir de ruses où il ti'entre point de perfidie, dit Grotius; mais il est aussi permis de profiler de l'infidèle de ceux que Ton peut corrompre. Cet usage n'est point contesté , et plusieurs opérations à la guerre ne s'exécutent que par ce moyen. Cependant il faut se méfier des traîtres et se tenir en garde contre les doubles infidélités. Celui qui peut trahir ses devoirs ou son pays par un motif «^'intérêt , est tout aussi capaUe de manquer à sa foi et à ses engagemens.

On peut même corrompre les siens et se servir de leur infidélité , mais sans les employer à des attentats persMnels. Lorsque les Romains renvoyèrent h Pyrrhus son médecin qui olMt de Tempoisonner, Ils ne firent pH une m^iM $i merveillease de ne

vouloir pas tremper dans une trahison inftane ; Tibère rejeta de même la (ta'oposition qui lui fut faite de le débarrasser d'Arminius. Mais Camille s'acquit Inen plus de gloire en refusant de recevoir tous les enféns des principaux de la viHe de Phalère, ^pie leur mattre d'école voulait lui Uvrer.

Camille le renvoya les mains liées derrière le dos/ fouetté par ses jeunes écoliers à qui il avait fait donner des verges. Cet acte de frandûse hui fut pins utile que s'il avait profité de la trahison. Les assiégés eharmés de sa justice et de la générorité romaine, députèrent au sénat et se soufluirent de leur plein gré.

Les Bomains n'imitèrent pas toujours cette droiture de procédés, hm^ que leur grandeur en aeoraissant leur ambition les eut corrompus : ils posi^ suivirent partout Annibal qui s'eoH poîsonna , voyant que Pruaias, qu'ils avaient gagné , était résolu de le U^ vrer: Sylla engagea aussi Bocchus à trahir les droits de l'hospitalité à l'é-** gard de Jugurtha son parent et son allié ; et .sur le prétexte le plus frivole, les Romains déclarèrent la gnerreaux Carthaginois et détmisirent leur ville.

On tâche de corrompre les troupes, de les débaucher, de séduire tons ceux qui peuvent éoimer de bons avis; on ménage des iateUigences contre une armée on une place ; ou bien l'en pro* file de cdies de l'ennemi qu'on a dé«couvertes , comme fit le prince d'O**^ range lorsqu'il voulut surprendre le maréchal de Luxembourg à Steiidier'* que.

Luxembourg avait pour espion mi' secrétaire du prinœ d'Orange qtti Tin* formait de tous ses desseins. Le prHiee' l'ayant découvert, l'obligea dMcriM' an mwéchal de ne point s'îaqtiélèr d'un mouvi^ent qu'U versait e km*

BBHAmOIIES

demaia , parce qa'on n'avait d*aatre dessein qne de foire un grand fourrage : le maréchal, comptant trop tut cet avis, manqua d'être pris dans son camp. Le chevalier Bayard, commandant à Vérone en Italie, eut avis d'un de ses espions, gagné par les ennemis, qne le capitaine Manfron devait aller un certain jour à Lignago avec trois cente orchers. Bayard se préparait à le surprendre, lorsque Téspion fut arrêté au sortir d'une maison suspecte et lui ftat amené. Il lui promit sa grftce s'il avouait la vérité :

celui-ci lui découvrit que le capitaine Manfron, au lieu de trois cents archers , devait avoir deux mille hommes, avec lesquels il comptait l'envelopper dans une embuscade. Bayard, mieux instruit, marcha plus en force et fit tomber Manfron dans le piège qu'il lui tendait. Il accorda la vie à Tesinon comme il lui avait promis, ce dont bien d'autres se seraient crus dispensés ; mais il était esclave de sa parole. Ces exemples prouvent combien H faut se précautionner contre les espions qui souvent peuvent être donUes.

On tire avantage de la confiance d'un ennemi qm se laisse amuser par des pourpalers, sans prendre les précautions d'usage; mais on ne doit pas se servir du temps d'une suspension d'armes pour faire un acte d'hostilité.

Il n'est pas permis de violer la foi d'un sauf-conduit, d'attirer dans une embuscade sous ptétexte d'une conférence, comme il arriva au duc de Bourgogne, qui, comptant s'entendre à Montereau-sur-Yonne, avec le dauphin, depuis roi sous le nom de Charles Vil, y fut assassiné par Tanneguy Duchètel. On ne peut rompre une capîUdÉtioii signée et terminée, comme fivNit ceu: de Kamur, qui, s'étant

rendus à César et lui ayant même U* vré une partie de leurs armes, sortirent tottt-à-coup pendant la nuit et attaquèrent son camp. Leur perfidie eut le sort qu'elle méritait; Ib furent repoussés et obligés de se sonm^tre à la discrétion du vainqueur qui les fit tons esclaves.

Il est encore illicite de donner on sens captieux à un traité on de se servir de distinctions frivoles et sophistiques, comme Cléomène, qui ayant fait trêve pour sept jours avec ceux d'Argos, les attaqua la deuxième nuit, disant que les nuits n'étaient pas comprises. Le landgrave de Hesse étant venu trouver Charles^int, sur la foi d'un sauf-conduit, cet empereur te fil arrêter, et prétendit se disculper par l'intèrprétalion d'un mot auquel on donna une toute autre signiîScation que celle qu'il exprimait dans les termes naturels du sauf-conduit. De semblables supercheries sont très condamnables.

Mais on ne peut pas dire que ce soit détourner le sens d'un traité où d'une capitulation , lorsque l'oubli on l'ignorance de l'ennemi peut clonner lieu à une interprétation arbitraire :

dans ce cas on n'est pas obligé de suivre son intention, et l'on est libre de prendre le sens qui nous est le plus avantageux. Santa -Crux cite l'exemple de huit cents Anglais qui en .1707 capitulèrent à Alvira pour être conduits à Lérida; mais n'ayant pas ajouté que ce serait par le plus court chemin, et sans aucun retard, on les promena l'espace de trois mois, pendant lequel temps Lérida fut assiégée avant qu'ils aient pu y entrer.

Ces sortes de détours, que l'exacte probité ne souflre point entre particuliers, se prennent souvent sans semdans les affaires poMiqnes. C'est

SUR roLYBN BT VRONTlN.

poiurqiH)! ceux qui en sont chargés y doivent apporter une très grande attention. Le goQTecnenr de Téronanne assiégée parremperenr Charles^oint, omit de stipuler une suspension d'armes avant de faire sa capitulation ; pendant qu'elle se traitait, la ville fut surprise, pillée et détruite jusqu'aux fondémens.

Pour savoir jusqu'où peut aller la ruse à la guerre, il faut d'abord considérer que la première qualité d'un soldat, étant l'honneur et la fidélité à ses promesses, on peut tout entreprendre contre l'ennemi lorsqu'il n'y a point de parole engagée et que la foi publique n'en peut être violée : car alors toute entreprise devient trahison, et n'est pas plus permise que le poison et l'assassinat.

La plupart de nos écrivains ont vanté la franchise gauloise avec raiaon; Grébillon, dans sa tragédie de Gatilina, a pris soin de faire surtout briller ce caractère dans les ambassadeurs des Allobroges, qui étaient à Rome lors de la conjuration. Salluste, historien contemporain, leur fait jouer dans ce drame un rôle moins noble : il rapporte que gagnés par Cicéron, ceux-ci avaient feint d'entrer dans la conjuration; qu'ils se servirent de Gabinhis pour conférer avec les autres conjurés; qu'ils leur demandèrent par écrit leurs sermons et leurs signatures pour les faire voir à leurs concitoyens ; car ils ne pouvaient , di« saient^ils, sans cela s'engager dans une entreprise de cette importance. Ayant obtenu ce qu'ils demandaient, ils convinrent qu'ils iraient avec T.

Voltumius, un des conjurés, trouver Calittna dans son camp pour confirmer le traité. Le consul , informé de tout par les ambassadeurs, suivant Salluste, dressa une embuscade qui

arrêta les GaoMs avec leur escorte , et par ce moyen il eut un détail de la conjuration avec les noms des principaux conjurés. L'adresse et la vigilance de Cicéron sont dignes de louanges ; mab la conduite des Gaulois convenait peu à leur caractère : il y a apparence qu'ayant reçu le serment des conjurés , ils avaient aussi donné les leurs, du moins pour le secret.

ART. m.

Les anciens exerçaient un droit de guerre très rigoureux : tous ceux qui étaient faits prisonniers dans quelque occasion que ce fi^t, s'il n'y avait point de capitulation, étaient à la discrétion du vainqueur, qui pouvait à son choix les mettre à mort, ou les rendre esclaves, même les femmes et les enfans. Ce droit s'étendait aussi sur les tètes couronnées. Les Romains en usèrent constamment à l'égard des rois qui leur tombèrent entre les mains ; ils les réservaient avec les plus apparens des captifs et les meilleures dépouilles, pour le jour du triomphe, ou on les montrait chargés de chaînes; ensuite on les faisait mourir. C'est ainsi qu'ils traitèrent Gentius, roi d'Illyrie ; Persée ; Jugurtha et les rois des Teutons. Mais on les voit religieux observateurs des capitulationa et des traités , et ils n'entrq;)reRaient point de guerre, sans l'avoir dédarée avec toutes les formalités d'usage. Dans, les traités , le pater pairatut , qui était comme le stipulateur ou maHre des cérémonies^ lorsque les articles étaient accordés, assommait un pourceau, en prononçant des imprécations, et souhaitant le même sort à celui des deux

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peuple^ qui le prmner romprait la paix , de propos délibéré ou par supercherie. Lorsqu'il était question de guerre, si elle était trouvée juste, un des Féciaux allait exposer les motifs de plaintes ; et si au bout de trente jours on n'y faisait pas droit, il se transportait sur la frontière, portant en main de la terveîne et un javelot qu'il jetait sur le sol ennemi , en renonçant à toute alliance et amitié.

Les Grecs se servaient d'un héraut qui portait un caducée. Polybe se plaint que de son temps il y avait déjà une sorte d'émulation à se tromper les uns les autres dans les affaires politiques et militaires : il dit qu'à force de voir de ces exemples, plusieurs se persuadaient que la fraude et Tartifice étaient devenus nécessaires ; mais il loue beaucoup les Achéens qui n'adoptaient point cette façon de penser. Loin de se servir de ruse dffns les affaires publiques, ils ne voulaient pas même qu'elle eût part à leurs victoires : ils ne fondaient leurs succès que sur leur courage, méprisaient la voie des surprises et des embuscades, ainsi que les combats de loin et à coups de traits, et ne croyaient légitimes que ceux qui se donnent en serrant de près son ennemi ; ils s'avertissaient aussi du jour et du lieu du combat. Les Romains, continue-t-il, conservent encore quelques traces de cette ancienne manière de faire la guerre; car ils la déclarent, et se servent rarement d'embuscades.

Toute cette éescripCion ie la prudliomie des Achéens paraît être fort chargée : Mraient4b été seuls si dif-^ férens des autres Grecs, qui étaient très fins et fertiles en stratagèmes?

On peut seulement en conclure qu'ils se montraient fmies et sans détours ; qu'étant pesaraaient armés, la guerre de chicane ne leur convenait point, et

que leur génie les poitiit à les affiûlaïqin se pasantomerlMMQt.

C'était aussi la méthode des BmMîiii, qui furent toujours bien oioins habiles que les Grecs dans l'art des stratagèmes. Les ËtoUeos, voisina des Achéens et leurs ennenûs , en diffâraieftt beaucoup : peu fidèles à leur parole, subtils à l'éluder, accoutumés au btigandoge et à faire des excursions subites chez leui^ voisins « leur manière de combattre répondait à leur caractère et à la nature de leur pays. Ils évitaient avec soin les batailles rangées, tAchaient d'attirer l'ennemî dans les montagnes et les détroits , et ne se faisaient pas honte de fuir pour l'engager dans quelque mauvais pas et le combattre à leur avantage. Cette façon de faire la guerre^ eoafonne à leurs armes et à leur géniei n'eût été que louable, si d'ailleurs ils avaient plus respecté le droit des gens, et ne se fussent pas fait un jeu d'en violer les règles.

Montaigne rapporte que les Ftorentins avertissaient leurs * ennenu» un mois avant de se mettre en oampagoe, par le son d'une cloche appeiiée U^iineUa^ et que lorsque les peuples du royaume de Ternate déclarent ia guerre, ils dannent en nsiême teaips avis des moyens qpOk ont pouc la fiwe. Le procédé des Florentins n'était qu'une forme de déclaratioB de guerre. Quant aux peuples de Teraate, il pouvait y ratrer autant de vanîlé et de rodomontades, que de «eatàaiÊM d'une conscirace déUeate. Soppoaé Dépendant que la chose soit vraîa à la lettre, ainsi que la peinture que Palybe fait des Achéens, il en résulterait seulement que les idées <ta droit de la gu^re auraient été outrées quelquefois : les exemples de cette nature ne font point une loi dont on ne

SUR PM.VM n I^RONTIN.

imitie se diBpeMer «ms scrapnle.

Les roies sont «mri ancfennes qne Il guerre et y otit toujours été admises ; elles sont sartout la ressource du plus frit>le. Lorsque la peau du lion ne suffit pas U faut y coudre celle du renard* Par l'adresse et rbabfleté de f esprit, on remporte plus de gloire que par la force ourerte : dans le premier cas on doit le succès à son génie, et tes troupes u'ont que l'honneur d'une exécution factte. Dans le second, tout est dA à leur valeur. Hais il faut prendre garde à la nature des stratagèmes, snrtout dans les cas où la parole interrient : on trouve des exemples de délicatesse ([ue l'on ne peut trop admirer et qui n'ont pas toujours été suivis.

Milord Péterboroug commandait les troupes anglaises au siège de Barcelonne en 1705 : le gouverneur voyant les dehors emportés, se rendit A la porte de la rille pour capituler avec lui.

Pendant le pourparler les troupes du prince d'Harmstat entrèrent par un autre oAté. Le général anglais dit au gouverneur, qui se plaignait de cette infraction, que ce ne pouvait être que les Allemands ; qu'il n'y avait d'autre parti à prendre que de le laisser entrer avec ses Anglais dans la place, pour empêcher le désordre ; qu'enfuite il reviendrait achever la capitulatkm. Le gouverneur y consentit, et, lord Péterboroug ayant fait retirer les Allemands, revint à la même porte eooHBe il l'avait promis. Exemple mé* noraMe du respect que l'on doit à sa parole«

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