REMARQUES SUR POLTBN ET FRONTIN
de ce genre sachent borner lenr travail. Ib s'attachent plutôt à remplir le volume qn'à écrire avec choix et discernement; voilà pourquoi ils confondent les notions et les caractères des choses. C'est le défaut des auteurs stratagématiques dont il a été question, et de presque tous ceux qui s'occupent i faire des recueils, de quelque espèce que ee soit.
Le mot stratagème vient des Grecs qui l'employaient à énoncer les ma- BOBQvres adroites et fines de la guerre : les Latins l'ont adopté, et il a passé diez les modernes. Yalère Maxime dit que, sans ee terme, on aurait eu de la peine à exprimer en latin cette subtilité et cette adresse supérieure de Tesprit, exempte de tous reproches : c'est
donc aux auteurs que Ton doit s*êii prendre, s'ils ont mêlé avec ce qui n'càsf que stratagèmes, des faussetés et des fourberies. Au reste les Latins avalent les mots astui, astutia, et ealliditaâ qui pouvaient équivaloir à stratagème, et que les grammairien^ ont fal| mal à propos synonymes de dolu$ et fallacia. Nous rendons très bien It sens des premiers par les termes, msç et finesse, qui présentent une id^ différente de la fourberie et de rfrtifloe; mais tous ces mots sont confondus dans les dictionnaires latins et firaor çais. Cependant, quand on parle éf ruses de guerre, on ne doit enteodiy que celles qui sont permises, et c'est ainsi que cette expresslQn équinut t j stratagème.