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DES SURPRISES D'ARMÉE

Nous n'entendons pas examiner ici ces petites surprises de détachemens qui constituent la guerre des partisans ou des troupes légères, et pour lesquelles la cavalerie légère russe et turque ont tant de supériorité. Nous foulons parler des surprises d'armées entières.

Avant Tinvention des armes à feu, les surprises étaient plus faciles, car la détonation de rartillerie et de la roousqueterie ne permet guère aujourd'hui de surprendre entièrement une armée, à moins qu'elle n'oublie les premiers devoirs du service, et ne laisse arriver Tennemi au milieu de ses rangs, faute d'avant-postes qui fassent leur devoir. La guerre de sept ans offre la mémorable surprise de Hochkirch, comme un exemple assez digne d'être médité ; elle prouve que la surprise ne consiste pas positivement à tomber sur des troupes endormies et mal gardées, mais aussi à combiner une attaque sur une de leurs extrémités de manière à les surprendre et à les déborder en même temps.

En effet, il ne s'agit point de chercher à prendre l'ennemi tellement en défaut qu'on puisse fondre sur des hommes isolés dans leurs tentes, mais bien d'arriver avec ses masses, sans être aperçu, sur le point où l'on dési-

rerait d'assaillir Tennemi avant <|tt*B ait le temps de faire des contre-d ispo* sitions.

Depuis que les armées ne campeiftC plus sous la tente , les surprises cam— binées d'avance sont plus rares et plus difficiles , car pour les préméditer H faut savoir au juste la situation da camp ennemi. A Marengo, àLutzen et à Eylau , il y eut comme des espèces de surprises, mais ce n'étaient aa fond que des attaques inattendues auquelles on ne peut donner ce nom. La seule grande surprise que nous paissions citer, est celle de Taroutin en 1812, où Murât fut assailli et battu par Benningsen : pour justifier son défaut de prudence , Murât allégua qu'il se reposait sur un armistice tacite ; mais il n'existait aucune convention pareille, et il se laissa surprendre par une négligence impardonnable.

Il est évident que la manière la plus favorable d'attaquer une armée , c'est de tomber un peu avant le jour sur son camp, au moment où elle ne s'attend a rien de pareil ; le trouble j sera inévitable , et si l'on joint à cet avantage celui de bien connaître les localités, et de donner à ses masses une direction tactique et stratégique convenable , on peut se flatter d'uue victoire complète, à moins d'événemens imprévus. C'est une opération de guerre qu'il ne faut point mépri-

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