‹ Bibliotheque militaireChapitre 70 sur 614 · Cependant des députés lui ar · texte numérisé non relu

Cependant des députés lui ar

rivent de Vacca » ville de Zerbi dont nous avons vu qu'il s'était rendu maître; ils le prient et le conjurent de leur envoyer garnison» rassurant qu'ils sont en état de lui fournir plusieurs ofajeta nécessaires pour continuer la campa* gne. A la même époque» la faveur spA* ciale des dieux envers César permit qu'un déserteur de cette ville vint avei^ tir ces députés» qu'avant l'arrivée de notre garnison » Juba y était accouru avec ses troupes» l'avait assMfte-, prise

GUBAM PAFATOCB.

ttf

tl Uvrte au j^lll^f^* apriB avoir lait au fil de Tépée loua saa babi-

76. AyaQi iail la revue générale de son araoée le 31 mais» César aoriit de lea leihiDchenieiit le lendemain avec teniea aea foicea, s'avança piès de deux lieues dans la plaine, et parui en ba* taille environ à deux milles du camp de Scîpion. Après y être resté aases longtemps à inviter l'ennemi su oombai, voyant qu'il n'y était nullement disposé, il ramena ses troupes. Le lendemain il décampe, et marche vers la ville de Sarsura » où Scipion tenait une gsmison de Numides, et avait des ma* gasîoa de blé. Instruit de sa marche , Labiénus part aussitôt avec ses cavaliers et ses gens de trait, attacpie notre ar* rière-garde , et enlève quelques chariots de vivandiers et de marchands; enflé de ce léger soccès , il approche hardi* ment de nos liions , qu'il croyait chargjte de bc^jige, a conséquemment hors d'étal de lui résister. Hais César avait prévu cet accident; dans chacune de ses légions il entretenait environ trois ^ettts hommes armés i la l^ère. Il les fil doM marcher pour soutenir sa ca<^ vnlede contre celle de Labiénus. Alors edui-ci n'ent pas plutôt aperçu les drafenux des légions, que toumam bride > il prend honteusement la fuite, apite avoir eu plusieurs soldats tués ou blessés. Ensuite les nMres rejoignirent le eorpe de bauille, et continuèrent leur marche; ce qui n'empêcha pas Labiénus de nous suivre de loin sur la droite par les hauteurs.

76. Arrivé devant Sarsura, César la prit a la vue de Labiénus, et passa au fil de l'épée la garnison , sans que ce général osAt la secourir : P. Cornélius, volontaire qui commandait dans la pbœ, se défendit avec courage, y fut mvelqppé et tué. César, ayant distribué

entre ses troupes tout le Ué qn*il j trouva, arrive le lendemain devant Gairôaa , où s'était jeté Censidius ane^ une forte garnison , et sa oohorte de gladiateurs. César eommenoa.par rat connaître la place, et comme il asan^ quait des choses indispensables pev en faire le siège , il part ausaiiôt» camps environ i quatre milles de là, dan» on endroit où il trouve de Teau , le quitté au bout de quatre joura, et «egagnesosi camp proche d'Agar. Seipion, i wé exemple , ramène ses soldais dans lanif anciens retranckemens.

77. Cependant ceux de ThabeaiNa^ ville à l'extrémité du royaume de luba^ dans un canton voisin de la mer, apais avoir vécu jusqu'alors sous les lois si la domination de oa prmoe, massa»

crent la garnison qu'il avait mise dans leur place , et députent vers César peitt lui appmndre ce qu'ils vismieni de faire, le priant de les soutenir et de Isa pioiéger en coasîdénition d'un tel ê&t^ vice rendu au peuple romain. Apptaui vaut cette action, il leur cnoya k tribun M. Crispius, lui joignant cohorte , quelques aicbem , et un | nombre de machines pour la de leur ville. Dues ce même teusps* les soldats de toutes les liions, qui, pour cause de maladie, ou par suite descend gés obtenus , n'avaient pu passer ep Afrique avec leurs corps, arrivèrent au nombre de quatre mille iégimmiissi, de quatre cents dievaux, et de asîtts hommes , tant arehers que irondsuia.

César, ayani donc ùiit sortir ces Iroispm et toutes ses l^ons, s'avança en k^ taille dans la plaine à hait Bsillas ds son camp, et à quatre de celui de Scr> pion.

78. Au-dessus des retranchemenasa* nemia, se trouvait une ville nommée Tegea, où Scipion avait coutume d'oatretenir une garnison de quatre cents

ntRTItS.

«ata)ier8« Il 1^ i^nge à droite et à gauche de cette plaoe^ fait sortir ses lé* gians de leurs lignes, et les dispose en liaiaiile au pied d'une colline à un mille environ de ses fortificalions.

Gonrnie Seîpion restait immobile au môme poste, et que le jour se passait Hiotilement , César ordonne à une parlie de ses cavaliers de chaiiger ceux de l'ennemi postés proche de la ville , et détache à la fois toute son infaiilerie légère avec ses archers et ses frondeurs pour la soutenir. Cet ordre exécuté, notre cavalerie ayant donné très<vive* ment» Pacidius commence à étendre la sienne sur un grand front , aGn de pouvoir nous envelopper; il n'en continue pas moins de se battre» en déployant fine vigueur et une activité extraordinaires. A cette vue y César dirige contre lui trois cents soldats de la légion la plus voisine, du nombre de ceux qu'il frisait marcher avec leurs seules armes , el les envoie au secours de ses cavaliers. De son c6té, Labiénus détacliait aussi sans cesse de la cavalerie fraîche pour Ttlever et secourir ceux qui étaient blessés ou épuisés de fatigue. EnHn , ttos escadrons composés de quatre cents hommes seulement, étant hors d'état île soutenir l'effort des ennemis au ■ombre de quatre mille, et se voyant liressés d'ailleurs par l'infanterie des Mumides, commençaient à plier, lorsifue César fit partir un autre corps de cavrierie pour aller à leur secours.

Alors les nôtres, reprenant couiiige, diargent tous ensemble les ennemis, les repoussent , en tuent et blessent un grand nombre ; après les avoir poursuivis l'espace de trois milles, et chassés jusque dans les montagnes, ils viennent rejoindre le gros de l'armée. César était resté jusqu'à quatre heures du aoir en bataille; enfin il rentra au camp lans aucune perte. Dans cette action ,

Pacidius fut grièvement Meteé à It tète d'un coup de javelot ; quant à l'en* nemi , une foule de ses officiers sapérieurs et de ses plus braves soldats y furent tués ou couverts de blessures.

79. Voyant^u'il lui était impossible d'auirer les ennemis dans la plaine, ou de les engager à faire l'épreuve de leurs légions contre les nôtres; conai* dérant d'ailleurs qu'il ne pouvait transporter son camp plus proche d'eux faute d'eau , César sentit qu'ils comptaient moins sur leur courage que sur l'extrémité où le réduisait le genre de privation dont nous venons de parler.

En conséquence , le 4 avril , éunt parti de son camp d'Agar à trois heures du matin, après avoir (ait environ cinq lieues dans l'obscurité, il vint camper devant Thapse , où Virgilius commandait avec une forte garnison. Le jour même de son arrivée, il fit travailler à la circonvallation de la place , et se saisit de plusieurs postes avantageux oè il disposa des troupes, pour empêcher l'ennemi de pénétrer jusqu'à lui, et d'approcher de celte ville. Cette entreprise mit Scipion dans la nécessité d'en venir à une bataille , pour éviter l'affrcfnt d'abandonner lâchement et de perdre Virgilius et ceux de Thapse qui se montraient si fidèles à son parti. H suivit donc César par les hauteurs, et arriva enfin à trois lieues de cette place, où il établit deux camps.

80. Il y avait un marais d'eau salée, et entre ce marais et la mer un passage d'environ quinze cents pas , sur lequel Scipion voulait se frayer un chemin pour secourir les assiégés; mais César, qui s'y attendait, avait eu soin d'y construire un fort dès la veille , et d'y mettre triple garnison , tandis qu'avec le reste de ses troupes campées en croissant, il continuait les travaux autour de la ville. Scipion trouva donc ce cbe*

CLEAM l»AraiQUl.

•prtsafoîr fNMé le jmr MÛvMt ei b mniiiMieBiuB da nuanit, le sarieDdenMiii dès la poime du jour il fiiii cuÊf&t d« oôié da h mer^ «h fiion à qvine cenis pfis de bm lignes ddn fortdosi on a parlé; il commença dèsleit à s'y remneher. César» Tayant appris» retire aossitôt les siens da tralail» laisse le piocoosnl Asprenas avec deux légions à la gpiide des letranchenMBS,ec marche airecsen arméedégagée desss begages ?ers le poste qn'occnpait rcoDcnit* En partant , il laissa ime partie de sa ikMte datant Thapse, recomfliaadant i Tautre de tenir se ranger dsmère Sdpion le pins pr6s qu'elle psnrrait du rivage» et d'obserter avec loin le signal qu'il donnerait ; afin qn'a» kcs^ib jetassent aussitôt de grands cris , eiqtieses adversaires» frappésde crainte et uciiblés par ce tumulte» fuaMit contminis de tourner la léte.

U • A son arrivée» ayant reooimu que kl troupes de Scîpion étaient disposées m bataille i la lAte de ses retranchemns» les éWpbanssur les deux ailes»

nodis qu'mié partie de ses soldats traitHIait avec ardeur à fiwtiHer le poste» Céiar mngea hii-mème son armée sur tnis lignes» plaça h dixième et la se« cinde 1^^ à raite droite »'la huitième et la neuvième à h gauche » et cinq légions au centre; il place en outre cinq cohortes à chaque aile vis-à-vis des fléphans» distribue ses atcheis et ses frondeurs par égale partie sur ses Ihncs et entremêle ses troupes légères parmi sa cavalerie. Après cette dispontion » parcourant à pied tous les fsngs» il eKcite les vétérans à bien Taire par le souvenir de leurs exploits dans les expéditions précédentes» et il leur prodigue les noms les plus fiattenrs.

Qtiant aux nouvelles levées» qui n'anient point encore combattu en bataille nngée» il les exhorte i imiter le oou-

rage des vétérans» et i s'eSMcer d'ao^ quérir par la victoire l'honneur» la renommée et la phce dont ceux-ci étaiem en possession.

8S. Tandis qu'il parcourait ainri son armée » il aperçut àum le camp ennemi des symptômes de trouble et de frayeuf; les soldais consternés» allant et vsenaolt çft et li sans aucun ordre» remraient dans leurs retrandiemens » ou en soi^ talent sans <^MerVer nulle discipline »

et comme des hommes épenhis. Plu*»

sieurs autres ayant remarqué des mouvemens semblables» tous aussitôt l'ei»»

vironnent» généraux et volontaires; ib le conjurent de ne pas babnceridonner le signal » jurant que les dieux immosteb lui offraient une victoire asstirée. Gomme il hésitait encore de satisfafiQ leur ardeur empressée» s'écriant qu'itA tel genre d'attaque hii déplaimii » et mettant tout en œuvre pour arrêter letnr fougue» lout-à-coup» sans attendre ses ordres » on entendit à l'aile droite un trompette» forcé par les troupes» dom^ ner le signal du combat. En même temps tomes les cohortes s'ébranlem »

et marchem à rennemi malgré ToppCsition de leurs centurions» qui s'efforçaient » mab en vain » de les retenir» et de les empêcher de charger sans k commandement de leur général.

83. Comprenant alors qu'il n'y avait pas moyen de changer les dispositions du soldat» après av<Mr donné pour mot d'ordre le mot bonhtm'. César Inonte i cheval > et se dirige vers Tennemi à b tète de ses légions. Cependant la troupe des archers et des frondeurs de l'aife droke accable les éléphans d'une grêlé de traits; et ces animaux» effrayés^ sifflement des frondes et des pierres qu'on leur lance» se tournent contre leurs propres gens qui marchaient ler*rés derrière eux » les foulent aux pieds» et se précipitent en foule vers les porM

JIIA71V6*

AU ^v^(f$i n'était em&re éi»bU qu'à moHé. fin indme Ifimps le» cavalie»

jpiMire$ pcnités à la lataie aile qm les éléphans, se voyant privé» de ce aeicouis» pteaoem ks premien la fuite.

Aiosi * apiôs s'être fMrompteinait déAmt- Basâtes éd «es aeinoaux » nos légions •'eni|)ar»nt des reteaiicheoiepB enae- Hi ; iqu«lques4iD8 se font luier en sa déi^ndaai avec courage; la» auurea s'enfiMDi en désordre vess le camp qu'iis avaieni<Mx:ttpc la veilla»

84. Jis ne crois pas devoir ouUUer ici le tnûivde courage d'un soldat vé- ^nuu de h cinquièBdeiogion. Uaéiéfbml de l'aile gauche, devenu furieux 4W le mal que lui biaaît éprpuver une blessure qu'il <ivait reçue, s'était jeté ^jut un valet sane armes, et le lenant ^Qus^ses pieds ei sous ses genoux» il ^'écrasait de tou^ son poids, élevant et ^âiaai sa trocnpe avec des hurleneiie ^ipouvanUibles; louché de ce spectacle»

Je véiôrai» laonrehe oonue œt animai.

.Cetui-ci » h voyant approcher le javelot à, la main , abandonne le cadavre de sa vjoxne, lenlace ^ aoldat de ea trompe, et l'enlève um armé. Mais le brave Rû^ matn» qui dans ce péril imminent voit iqu'ii|ie iaut pas perdre aa présence d'es- 4|rit, donne 4ant de coups d'épée sur celte tnompequi Teiweloppajt» que son «n^qnî^ laiACtt par la douleur> le Itehe, M a'enCuit vera les autres éiéphans » en fOMispant dea cris ler-riblQS.

, 9&» Cependant les troupes en garni- «pu )dana T^iapse firent une eortie du lOdié de la wer> aoh pour secourir leuos «faiiîsaus^ soit pour évacuer la place et 4|heficl»er lepur «dut dans la luite; s'édani jetées à Teau dont elles avaient j^aqu'à te, ceinture, dles a'efiofçaient 4efyRendre terre , lorsq^^ les valets de i'.ainaée et le» esdaves qui gardaient le Gunp tea r^pouBSÈseat à coups de pier- Mi(a|d0 dasdSi^et toeontii^ijiaireHtà

rentrer dans la vîlk. Came da aciptai ainsi mia en déocuM,^ fu|ant daiM côtés dauB la plaine^ noa U|ieiis a'sfttaebeni nuasilftt à leu^ pouasuite, satt leur donner le lempa dene inacounatiie.

Arrivés au camp oè ils a^émasut aauVA, dans respéranoa de pouvoir de aouieia a'y retcanober et a'y défendre^ te fuyards dierdiem ungénéialcapàblade left commander at de las conduite. Ii'# voyant paraiireauctta , Us lAaodoniMBt de suite leurs armée, el a'fanfttîÉai y«s le camp du roi» Amvée la» iJa le ttanvent occupé psi noa uonpes: aloo désespérant de leur aalui, ils s*aratMl4iir nne hauteur , baissant leuira armas , ai font le aalut habiuiel des ^mdegttea«' Mais cette aoumisaioti ne fut qu'un faible eecours pour œs malbeureus : cir no& vétérwa» tianspoHéa île fuseur et de rage, non-seulement ne piii^t ^ résoudre à leur Caire gcftce,que>qiM^ efibrta que l'on fit pour lea y anipger; mais même ils maasvccéreni ou bksatjrent i»lusiaurs citoyena diatsa^gu^ ^ Rome qui se trouvaient fnacmi lesumpes, et qu'ils accusaient de lenif iKMT |0 parti. oontraûe*. D^ ce pouabve htm^ Tullius Rufus, ancien. qtieaieur»fit'in^ soldat frappa morieUement de ma j^ velot ; et Pompéias Ruftia»qiit «KUt m coup d'épée dans le braa » ^ ^ii^ perdu la vie, ê*il ne a'éuit réfegî^ prompL^moK auprès de Gésar. GeMaiaaolence de la aojdatfasque obligea pli»aieuçs eénaieufs ef, chevaliers foaaaiiv de se retirer» pour-ne pas çé^r viiwnP des troupes» qui , apîiaupe si gmiafe victoire et d'aussi mémorables expk>il^' se croyaient tout «permis» «et s'invur aaient pouvoir t4mt osqt inyNmémaui* Ainsi ces soldatade£eipion , bî^qu'^'^ împhMUsseat la tlémance de dtésir» f ^ que lui-même aupplilt les sî^ 4» tei^ .pardonoeri, fuient toua^igés aeus st»

yeux, sii«.i«ii'a «B^égbsvfAii ua imI.

GLERRE l>ArRIQUR«

M. Aprt9 8'Mre rendu maitre des irOB cmps da l*eniieai , lui avoir lue dis miHe boBiows, et mis le reste en (ml%, Gter rentra dans ses retranchemMf aveo une perte de cinquante askbtsei neeompiaBt qa*un petit nom« bie de blessés. De là il fini se présenter dsisiil Thapse, fiiisant marcher à la lâle de ses légions soixante-quatre éléphsBS annés en guerre et chargés de tons» ponr voir si Virgiiius et les autitn assiégés persisteraient dans leur otMinalioo, quand ils auraient dfs pmves si nanifesies de la défaite de leiu parti. Loinn^me appelle Viigilius, lasoUicitedese rendre^ et loi fait tout eipérer de sa douceur et de sa clémence ; mais voyant qu'il n'en recevait aucune réponse, il se relira de devant la ville, U lendemain, aprte avoir sacrifié aux dieux, il^asaenable son armée à la vue d* oenx deTbapse» lacouAle d'éloges, léûonipense tous les vétérans, et, du iMBt de son tribunal , disUibue des lugoses i chacun selon aun mérite et Masrvioes. De là il part, laisBant le pncensul G. ftébellus avec trois lélîms pour continuer le si^e; et il «Mie Go. Domiiiua avec deux autres auiéger le Gairlian, oè commandait Gomidins* Pour lui, il marche sur Dlifua, après avoir fait prendre les denns à M. Messala et à sa cavalerie.

tl. Cependant celle de Scipion qui (*«lsit sanvée de la bataille, ayant pris h latae route , arrive à Parada, Ses UUlans, instruits par la renommée de Il vidoîre de César, réinsèrent de lui •touvrir les portes : elle les força; et, s'élsat emparée de la ville, elle dnssse tt grand bèdier au milieu de la place, 1 iakis tout os qui pouvait appartenir Ml citoyens, el après y avcnr mis le te» les y précipite ench^nés, et les 1 hrûU cruelienient lonl vife, sans A'iffi ni da sesc, puis se

dirige aussitôt vers Utiquc. Caion , qui précédemment n'avait pas cru celte ville fort aRVctionnéc à son parti, en raison des privilèges que lui accordait la loi Julia, s'était occupé d'on faire sortir la populace, après Tavoir désarmée , et contrainte de rester hors do la porte Beliica , cam[) qu'il avait environné d'une faible fortification, autour de laquelle il plaça des gardes; à l'égard du sénat, il le retenait dans la ville. La cavalerie de Scipion , n'ignorant dooc pas que ces peuples favorisaient lepartideCosar, attaque leurcamp d'abord dès son arrivée , à dessein de venger par leur mort la honte de sa dé* (aite; mais notre victoire leur donnant de l'audace, ils s'arment de pierres et de bAtons, et la repoussent. Ainsi dés« espérant d'emporter ce poste, elle en^ vahit la ville, tue plusietirs citoyens, pille et ravage leurs maisons. En vaiir Galon fit ses efforts pour l'engager à cesser de pareils briganJages> et à dé* fendre, de concert avec Uû , la place; voyant qu'il ne pouvait y réussir, et sachant ce que ces cavaliers demandaient, pour se débarrasser de leurs sollicitations importunes, il leur fit compter à chacun cent sesterces. Faustus Syll«i leur en donne autant de ses propres deniers, et partant d'Uiique ensemble, ils gagnent les états du roi Juba.

88. Cependant plusieurs autres fuyards s'étant rendus aussidansUtiqne, Gaton les assemble avec les trois cents qui avaient fourni à Scipion des subsides pour entreprendre la guerre , les exhorte à meHre en liberté les esclaves et à défiendre la ville; mais voyant qu'il y en avait peu qui voulussent prendre ce parti, et que les autres dans leur frayeur et leur consternation ne songeaient qu'à effectuer leur retraite, il ne leur en parle plus , et leur donne

HlftTJUS.

des vaisseaux pour aller chacun où il leur plairail. Pour lui , après avoir réglé ses affaires, et recommandé ses enfans à L. César, qui lui tenait alors lieu de questeur, il se retira dans sa chambre pour se coucher, sans que son visage ni se% discours annonçassent rien d'extraordinaire ; il y porte secrètement son épée, et se la passe au travers du corps. Gomme il ne mourut pas du coup, et qu'il fit du bruit en tombant, son médecin et les gens de sa maison , qui soupçonnaient un tel suicide, accourent aussitôt, enroncent la porte de son appartement, et se mettent en devoir de bander sa plaie ; mais il ar* niche impitoyablement l'appareil de ses propres mains , et se tue lui-même de sang-froid. Bien que la cause qu'il avait suivie l'eût privé de l'affection de ceux d'Utique , néanmoins en considération de sa rai*e intégrité, qui le distinguait des autres généraux du même parti , et parce qu'il avait admirablement fortifié leur ville, et augmenté le nombre de ses tours, ils lui rendirent les honneurs de la sépulture. Après sa mort , L. César, voulant tirer avantage de cet événement , assemble le peuple , le harangue» et l'exhorte à ouvrir ses portes à César, l'assurant qu'il espérait tout de sa clémence. Les porter .de la ville s'ouvrent donc , il en sort , et vient -au-devant du vainqueur.

Dans ce moment arrive Hessala, qui d'après ses ordres , s'assure de la place, et met des gardes à toutes les portes.

89. Cependant César, parti deTbapse, parvint à Usceta , où Scipion avait de grands approvisionnemens de blé, des armes, des traits et autres munitions de guerre; cette ville n'était défendue que par une (aible garnison; aussi s'en rendit-il maître d'abord. De là il gagne Adrumète, où pénétrant sans opposition , il se fait donner un état de l'ar-

gent, des vivres et des armes qui s'y trouvaient , et pardonne à Quintus Ligarius et à Caîus Considius le fib, qui alors y était renfermé. le même jour il en partit, après y avoir laissé Livineius R^lus avec une légion , et continua sa route vers Dtique. Dans 9»

marche , il rencontre Lucius César, qui se jetant d'abord à ses pieds , lui demande la vie pour toute grâce. César, naturellement porté à la clémence, hi pardonna facilement selon ses principes d'humanité , ainsi qu*à Gécina , C. Ateius, P. Atrius , L. Cella père et fils, M. Eppius, M. Aquinius; son pardon s'étendit sur les fils de Gaton et les enfans de Damasippe ; et, arrivant devant Utique la nuit aux flambeaux , il coucha hors de la ville.

90. Le lendemain nuitin il y fait son entrée, convoque le peuple, loue et remercie les habitans d'Utique de l'affection qu'ils lui ont témoignée :

il censura vivement au contraire les marchands romains et les trois cents qui avaient fourni de l'argent à Varas et à Scipion, s'étendit longuement sur l'énormité de leur crime, et finit par conclure qu'ils pouvaient se montrer sans crainte, déclarant qu'il leur accordait la vie, mais qu'il ferait vendre leurs biens, de manière f!K>urtant qa^ si quelqu'un d'entre eux voulait racheter ce qui lui appartenait, il pourrait le faire à l'enchère, en payant pour sa grâce par forme d'amende la somme à laquelle on la porterait. Ceux-ci glacés de frayeur, et désespérant d'éviter la mort qu'ils méritaient , voyant à quel prix on leur offrait Ja conserntion de leur existence , acceptèrent ta condition avec joie et empressement i et le prièrent d'imposer lui-même une certaine somme sur tous les trois cents solidairement. Il y consent, et les taxe, envers le peuple romain , à deux cent

GunsK d'afuiql'b.

milb gnmb loierees, payables en trois aot» de 8ix mois en six mois. Loin ^s'sn pbittdie, tous le remerdèrenl el leooQDQrenl que » ce jour*là , il leor aiail rendu la ?ie.

M . Cependant le roi lubQ> qui s'était aso^ de Tactien , se cachait de jour dans les villages aYec Pétréius, et , ne marchant que de nuii , il arrive enfin dans son royaume et se présente d'abord dennt Zamora, ^ille où it faisait sa résidence ordinaire , où étaient ses femmes et ses enfiins , dans laquelle il avait fait porter tout l'argent de ses étais et ce qu'il possédait de plus préoieux, qu'enfin dès le commencement de la guerre il avait fortifiée avec le plus grand sois. Mais les habitans qui , à leur vive sadabction , avaient déjà conaaiiwancB de notre victoire» lui en inlerdiroDt l'entrée» parce qu'après avoir déclaié la guerre au peuple romain» il avait bit dresser un vaste bûcher au aàlieu de la place» dans le dessein , en cas de défaite» de les y précipiter tous avec leurs biens après les avoir égorgés, d'y mettre ensuite le feu» de s'y tuer enfin lui-même» et de s'y brûler ainsi fie ses femmes» ses enfans» ses sujets et tous ses trésors. Ëlant resté longtemps aux portes à les menacer sans rien obtenir» il eut ensuite recours aux prières » les suppliant de permettre qu'il veiltses pénates. Enfin » voyant qu'ils penistaient dans leur refus , et que ni ses prières ni ses menaces ne pouvaient les engager à le recevoir, il les conjure de loi tendre ses femmes et ses enians , afin qu'il pût les emmener avec lui.

Me recevant aucune réponse et ne pouvant rien obtenir» il s'éloigne de la ville» et se retire à sa maison de campagne» suivi de Pétréius et de quelques cavaUeia.

93. Aussitôt ceux de Zamora dépuim vers César qui était k Utique, l'in-

forment de ce qui vient d'avoir lieu »

et le prient de leur envoyer du secours» avant que Juba n'ait réuni des troupes pour les attaquer» l'assurant en même temps que tant qu'ils vivraient» eux el leur ville seraient à sa disposition* Après avoir loué ces ambassadeurs de tels sentimens. César les renvoya ches eux annoncer sa prompte arrivée. Il quitte en eflet Utique le lendemain, et marche avec sa cavalerie vers le royaume deluba. Cependant viennent à sa rencontre sur son passage plusieurs officiers de ce prince » qui implorent sa pitié : il accorde à leurs prières le pardon qu'ils demandaient ; et ils arrivent à sa suite dans Zanaora. Le bruit de sa clémence et de sa douceur se répandant partout y attira auprès de lui presque toute la noblesse du royaume; il la rassure » et la met en état de ne rien craindre.

93. Cependant Gonsidius » qui était dans la ville de Gairdan avec sa famille » une garnison de Gétules et une troupe de gbdiateurs » ayant appris la déroule de ses partisans » redoutant l'arrivée de Domiiius et de ses légions» et désespérant de pouvoir garder cette place» l'abandonna » en sortit secrètement avec quelques Barbares » et chargé d'or» prit le chemin du royaume de Juba ; mais les Gétules qui l'accompagnaient l'assassinèrent sur la route pour avoir son argent ; puis chacun d'eux se retira où il put. Pour Virgilius» quand il vit qu'enfermé dans Thapse par mer et par terre » il se trouvait hors d'état de rien entreprendre; que tous ceux de son parti étaient morts ou en fuite ; que Caton s'était tué à Utique; que Juba errait » abandonné et en butte au mépris général; que Sabiua et ses troupes avaient été taillées en pièces par Sitius ; qu'on avait reçu sans opposition César dans Utique ; que d'une si grande

29i ninTii».

armcc ii ne restait personne qui pût le secourir lui et ses enfans; après avoir reçu la parole du proconsul Ganinius qui l'assiégeait, il se rendit avec la place et tout ce qui lui appartenait.

94. De son c6tô^ le roi luba, qai trouvait les portes de toutes les villes fermées pour lui » désespérant de son salut, après s'être déjà battu contre Pétréius , afin qu'il parût du moins périr généreusement, en vint aux mains de nouveau avec lui; et comme Juba était plus vigoureaux que Pétréius» il le tua sans peine. Ensuite s'eflbrçant de se passer son épée au travers du corps, il ne put y parvenir, et pria un de ses esclaves de lui 6'ter la vie; ce qu'il obtint.

95. D'une autre part, Sitius, après avoir défait et tué Sabura , général du prince, traversait la Mauritanie avec un petit corps de troupes pour venir trouver César, lorsque le hasard lui fit rencontrer Faostus Sytia et Afranius, lesquels allaient en Espagne avec la même cavalerie qui leur avait servi à piller Ulique ; elle était d'environ quinze cents chevaux . Sitius , leur ayant dressé une embuscade de nuit, les attaque dès l'aurore; et, à la réserve d'un petit nombre de cavaliers qui des premiers s'enfuirent, tout le reste fut tué ou pris. Faustus et Afranius furent faits prisonniers eux*mèmes, avec la femme de Faustus et ses enfans. Quelques jours après, dans une sédition qui s'éleva parmi les troupes, on massacra Faustus et Afranius. César ao corda la vie à Pompeia, épouse de Faustus, et à ses enfans, et leur laissa tout leur bien.

96. A l'égard de Scipion, il s'était embarqué sur ses galères avec Damasippe, Torquatus et Plélorius Rustianus, à dessein de passer en Espngne,

lorsque, après avoir été long-temps k jouet des flots , il fat enfin jelé à Bon, où se tenait la flotte de P. Bititis. Ui vaisseaux de Scipion , peu nombraa, furent d'abord enveloppés ^ ooallii fond par ceux de Sitius qm remfortaient en grandeur ; et Scipion pM, ainsi que tous ceux que nous Tenon de nommer.

97. Après avoir bit à Zamon h vente publique des biens de loin, a de ceux des citoyens romains fh avaient porté les armes contre la rtp blique, César gratifia les habifanè cette ville qui avaient été d'avis fa fermer les portes au monarque » rédiisit ce royaume en province» supprias tous léjs impôts étabife par Jubt, j laissant Grispus Salluslias en quiGlé de proconsul , et de là se iendh à CMque. Il y fait vendre les biens te sfi* ciers qui avaient servi sous lidia et sas Pétréiùs; condamne ceux de Thapiei 50 mille écus d'amende, et leur dbtrict à 75 mille ; ceux d'Adranto 1 75 mille également « et leur i«8MNî1 250 mille : moyennant de fuélks taxes il exempta ces Tilles et feins biens du pillage. Ceux de Ubéds dont Juba, les années précédentes, wA ravagé les terres, et en faveur desqacb, sur leurs plaintes, le sénat avftit nrâmé des arbitres, chargés de leur feiire mdre ce qui leur avait été enleré, foiol condamnés à fournir diaque aafltt trois cent mille livres d'buile, ptiee qu'au oommeneement de la guérit, la division s'étant mise entre les priiH cipaux d'entre eux, ils s'étaient aUift avec Juba , et lui avaient fourni di armes , des soldats et de l'argent» Eaffl la ville de GairOen , eomme peu oonsi»

dérable, ne fut soumise, pour confia* buf ion , qu'à payer uhe certaine ifM* tité de blé.

98, Im affaires ainsi organisé»,

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